Petit canard au corps compact, au cou court
Longueur comprise entre 33 et 46 cm
Mâle :
- corps gris ardoise avec marques blanches et noires
- taches blanches à la base du bec, sur l'oreille et le côté du cou
- flancs roux vif
- fin collier blanc bordé de noir
- ligne blanche bordée de noir en travers de la poitrine
- pattes gris-bleu
Femelle :
- plumage brun terne
- deux taches blanches sur la tête
- ventre blanc, pommelé de taches brun clair
Garrot arlequin, canard arlequin, souris des mers, canard arlequin de l'est
Harlequin Duck (GB), Moretta arlecchino (I), Pato arlequín (E), Kragenente (D), Pato-arlequim (P), Harlekijneend (NL)
Amérique du Nord, Europe du Nord, Asie septentrionale
Zones DORIS : ● Eau douce d'Europe, ● Atlantique Nord-Ouest, ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]L’arlequin plongeur est présent en Amérique du Nord, notamment au Québec
durant la période de reproduction (Gaspésie, Basse-Côte-Nord, Nunavut)
et plus largement dans l’est du Canada (Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve et
île d’Anticosti).
L’espèce est également présente en Europe du Nord (Groenland, Islande) ainsi qu’en Asie septentrionale. Des observations plus occasionnelles sont signalées au Mexique, en Europe de l’Est et au Kazakhstan. Il a été introduit en France et en Tchéquie.
Il hiverne sur les côtes généralement moins froides et peut s'égarer en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne et en Scandinavie.
Ce canard s'installe le long des eaux vives et peu profondes, à haut débit, ou près des récifs battus par les vagues. Il niche souvent en groupe le long des rivages rocheux ou sableux des torrents ou des rivières à fort débit.
Il s'agit d'un petit canard au cou court et au bec court et pointu. Son corps est compact, adapté à la nage dans les rapides, et ses pattes palmées sont positionnées très en arrière du corps.
Si la taille du mâle et celle de la femelle (entre 33 et 46 cm) sont similaires, l'arlequin plongeur présente dans son plumage un fort dimorphisme* sexuel.
Le mâle se distingue par un plumage contrasté. Globalement, le plumage du corps est gris ardoise, marqué de taches blanches et noires, en particulier sur les ailes. Ses flancs sont roux vif ; son croupion et sa gorge sont sombres. Sa robe est complétée par de longues lignes blanches cernées de noir : l'une part en diagonale du bas de la nuque vers le ventre, l'autre est positionnée en collier.
La tête gris ardoise porte plusieurs dessins blancs : le plus important s'étale sur la joue et remonte en croissant depuis le bec jusqu'au-dessus de l'œil. Il est bordé de noir sur la joue et de roux sur le crâne. Le deuxième est vertical, à l'avant de la nuque et bordé de noir. Le dernier est un cercle situé derrière l'œil, près de l'oreille.
Sa queue est relativement longue et parfois relevée. Son bec est gris pâle ; ses pattes gris-bleu.
La femelle a un plumage beaucoup plus terne : elle est brune sur le dos et beige pommelé sur le ventre et la poitrine, qui sont striés de plus foncé. Sa tête est brune, marquée d'une grosse tache blanche sur la joue, qui remonte au-dessus de l'œil, et d'une seconde tache blanche, en arrière, avant la nuque et proche de l'oreille.
Les juvéniles ressemblent aux femelles, avec un dos plus foncé et quelques fines rayures. Leur plumage définitif arrive pendant leur deuxième année.
Ce canard nage peu enfoncé dans l'eau et secoue souvent la tête selon le mouvement de ses pattes. Il peut avancer à contre-courant.
Il doit "courir sur l'eau" pour s'envoler et son vol est bas, silencieux et puissant.
Le mâle du garrot à œil d'or, Bucephala clangula, a la tête vert olive, le dos bronze et le ventre blanc. Il a une grosse tache blanche sur la joue. La femelle est globalement blanche et chamois, à tête rousse. Globalement, il vit en Europe.
Le mâle du garrot d'Islande, Bucephala islandica, a le dos noir, le ventre blanc et de petites touches de blanc au bout des ailes et sur les joues. La femelle est globalement blanche et chamois, à tête rousse et croupion sombre. Il vit en Islande.
Les femelles de macreuse brune, Melanitta fusca, et de macreuse à lunettes, Melanitta perspicillata, bien que plus grandes et à gros bec, sont très semblables à la femelle d'arlequin plongeur.
Dans les eaux agitées, il se nourrit de larves* d'insectes aquatiques, de mollusques ou de crustacés (petits crabes et amphipodes), parfois aussi de vers ou de petits poissons. Il fait d'ailleurs partie du groupe des canards plongeurs, ce qu'il fait les ailes ouvertes.
L'arlequin atteint sa maturité sexuelle entre 2 et 3 ans. Les couples se forment en hiver et au printemps, puis se séparent.
Le nid, bien caché, est un trou, repéré dans un arbre ou sur le sol. Il est construit par la femelle, au même endroit, année après année, et garni de duvet.
La ponte se compose de 5 à 7 œufs crème, couvés pendant un mois environ. Le mâle quitte la "famille" dès la ponte.
Les petits sont nidifuges* et se nourrissent seuls à terre. Ils peuvent voler après 5 à 6 semaines.
Des études menées en Amérique du Nord ont montré un faible taux de reproduction.
Durant la période de reproduction, l'arlequin plongeur se mélange peu aux autres espèces de canards. Mais, en dehors de cette période, il peut s'inviter dans des groupes de plus gros canards comme l'eider commun, la macreuse à front blanc ou la macreuse noire.
Différentes espèces de grands goélands peuvent attaquer l'arlequin pour lui voler ses proies. Par ailleurs, des rapaces ou des mustélidés attaquent les canetons et donc les femelles qui les protègent. Ce constat pourrait expliquer les différences de taux de mortalité entre mâles et femelles.
Le poids de l'arlequin est d'environ 450 g pour une femelle et 650 g pour un mâle ; son envergure se situe entre 60 et 67 cm.
Ce canard pousse de petits cris aigus, comme ceux d'une souris (d'où un de ses noms). Généralement silencieux, le mâle peut siffler doucement, la femelle émet plutôt un son nasal.
Ce canard est très farouche et difficile à approcher.
Les Anatidés, dont l'arlequin plongeur fait partie, sont une famille d'oiseaux palmipèdes de toutes tailles
(cygnes, oies, canards) habitant surtout les zones humides, associées à
certaines surfaces terrestres car ils doivent nicher au sec. Le plumage
des femelles est plus terne que celui des mâles : cela assure un
meilleur camouflage aux femelles nicheuses.
Cette famille regroupe 53 genres et 174 espèces. L'arlequin plongeur est la seule espèce du genre Histrionicus.
Depuis 2018, cette espèce est classée dans la liste rouge de l'UICN* sous le statut LC (Least Concern), soit "préoccupation mineure".
Dans les provinces de l'est du Canada, sa population est en déclin (pollution des eaux, destruction des habitats, chasse excessive). L'espèce y est protégée et désignée vulnérable depuis 2009 dans la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (Québec). En 2013, Le Comité sur la Situation des Espèces en Péril au Canada (COSEPAC) a attribué le statut préoccupant à l’espèce.
En Europe, l'arlequin plongeur est protégé au niveau international dans le cadre de l'annexe II de la convention de Berne et l'annexe II de la convention de Bonn, relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe.
En France, il appartient à la liste des oiseaux protégés (Articles 4 et 5 de l'Arrêté du 29 octobre 2009).
Arlequin : son plumage est considéré comme coloré même si, en réalité, il se compose de trois couleurs ;
plongeur : car il appartient au groupe des canards plongeurs qui, depuis leur position en surface, plongent pour attraper leur nourriture.
Histrionicus : de l'étrusque [ister] = acteur, comédien (sans doute en référence au personnage Arlequin). A Rome, l'histrion était spécialiste de farces grossières ou de satires.
Numéro d'entrée WoRMS : 159092
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Chordata | Chordés | Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. |
| Sous-embranchement | Vertebrata | Vertébrés | Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. |
| Classe | Aves | Oiseaux | Vertébrés à plumes, ovipares. Les membres antérieurs sont transformés en ailes. |
| Ordre | Anseriformes | Anseriformes | |
| Famille | Anatidae | Anatidés | |
| Genre | Histrionicus | ||
| Espèce | histrionicus |
Oiseaux
Femelle et mâle
Si la taille du mâle et celle de la femelle (33 à 46 cm) sont similaires, l'arlequin plongeur présente dans son plumage un fort dimorphisme sexuel.
Ici, le mâle est à droite.
Islande
Hervé et Laurence GRAILLOT-DENAIX
06/1996
Oiseaux
Mâle très coloré
Ce sont les belles couleurs de son plumage qui lui ont donné son nom d’arlequin.
Islande
06/2014
Mâle
Le mâle se distingue par un plumage contrasté. Globalement, le plumage du corps est gris ardoise, marqué de taches blanches et noires, en particulier sur les ailes. Ses flancs sont roux vif. Sa robe est complétée par de longues lignes blanches cernées de noir : l'une part en diagonale du bas de la nuque vers le ventre, l'autre est positionnée en collier.
Juan de Fuca, île de Vancouver, Colombie Britannique, Canada
12/06/2025
Femelle
La femelle a un plumage terne : elle est brune sur le dos et beige pommelé sur le ventre, strié de plus foncé. Sa tête est brune, marquée d'une grosse tache blanche sur la joue, qui remonte au-dessus de l'œil, et d'une seconde tache blanche, en arrière, avant la nuque.
Landmannalaugar (Islande)
Hervé et Laurence GRAILLOT-DENAIX
07/1998
Couple
Le couple s’isole généralement du groupe pour nidifier. La femelle a un plumage plus terne que celui du mâle. Elle est à droite ici.
Islande
06/2014
Bon nageur
Il est capable de nager et de remonter le courant dans des eaux tourmentées sans difficulté.
Islande
06/2014
Bon apnéiste
L’arlequin est un excellent plongeur et pêcheur : il peut rester longtemps la tête sous l’eau à la recherche de sa nourriture.
Islande
06/2014
Grégaire
L'arlequin plongeur est grégaire ; il se nourrit et hiverne en groupe. Il s'isole pendant la période de nidification.
Islande
Hervé et Laurence GRAILLOT-DENAIX
06/1996
Côte battue
Ce canard s'installe le long des eaux vives et peu profondes, à haut débit, ou près des récifs battus par les vagues.
Juan de Fuca, île de Vancouver, Colombie Britannique, Canada
12/06/2025
En groupe
Il niche souvent en groupe le long des rivages rocheux ou sableux des torrents ou des rivières à fort débit.
Juan de Fuca, île de Vancouver, Colombie Britannique, Canada
12/06/2025
Planche naturaliste
NAUMANN, NATURGESCHICHTE DER VÖGEL MITTELEUROPAS : Band X, Tafel 18 - Gera (Germany), 1902
Cette image fait partie de Klassiker der Biologie im Internet - Universität Hamburg
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Reproduction de documents anciens
1902
Rédacteur principal : Sylvie DIDIERLAURENT
Vérificateur : Laurent FEY
Responsable historique : Jean-Pierre COROLLA
Responsable régional : Sylvie DIDIERLAURENT
COSEPAC.,2013, Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus) population de l'Est au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 42 p.
La page sur Histrionicus histrionicus sur le site de référence de DORIS pour les oiseaux : Oiseaux.net
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