Siphonophore fer à cheval

Hippopodius hippopus | (Forskål, 1776)

N° 1189

Cosmopolite

Clé d'identification

Siphonophore de 3 à 7 cm de long
Quatre à seize nectophores creux et aplatis en forme de fer à cheval
Nectophores alternés sur deux rangées contigües
Quatre protubérances arrondies sur chaque nectophore
Un stolon porteur de cormidies dans le sillage de la colonie
Colonie transparente et souvent bleutée

Noms

Autres noms communs français

Siphonophore pied de cheval

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Gleba hippopus Forskål, 1775
Hippopopus neapolitanus Kölliker, 1853
Polyphyes ungulata Haeckel, 1888
Hippopodius luteus Leloup, 1933

Distribution géographique

Cosmopolite

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Indo-Pacifique, Caraïbes

La distribution de cette espèce est mondiale. Elle s'étend aux océans Atlantique, Pacifique et Indien, ainsi qu'à la Méditerranée. Elle est absente des hautes latitudes.

Biotope

Ce siphonophore est pélagique et affectionne en général les faibles profondeurs. On pourra en principe l'observer toute l'année, dans les eaux chaudes et tempérées.

Description

Hippopodius hippopus est un étrange siphonophore, dont la taille est comprise entre trois et sept centimètres. Il se présente sous la forme de flotteurs, les nectophores*, réunis entre eux en deux rangées contigües. Ces nectophores sont en fait des méduses modifiées qui ont la forme d'un fer à cheval et dont la taille oscille entre un et deux centimètres. Chaque nectophore est creux, aplati, est parcouru par deux canaux radiaires et porte dorsalement quatre protubérances arrondies. Chacune des deux rangées comporte de quatre à seize nectophores, disposés de manière alternée, avec un décalage entre les deux rangées.
Le nectosome (ensemble des nectophores) permet, grâce aux contractions de ces méduses modifiées, le déplacement de la colonie. Comme chez la plupart des siphonophores, il est transparent, souvent teinté de bleu.
Tous les nectophores ne sont pas au même stade de développement : le nectophore apical* est le plus jeune. Ce dernier porte un stolon qui s'insinue entre les flotteurs et sur lequel s'enracinent de nombreuses cormidies* que la colonie traîne dans son sillage. Ce stolon est extensible et rétractable. Les cormidies possèdent, entre autres, des polypes nourriciers (les gastrozoïdes*) équipés de filaments pêcheurs garnis de cnidocytes*, filaments dont la longueur est bien plus importante que celle du nectosome.

Espèces ressemblantes

Cette espèce présente des nectophores en forme de fer à cheval caractéristiques et ne peut pas, en principe, être confondue avec une autre !

Alimentation

Cette espèce est carnivore. Elle capture le zooplancton grâce aux nombreux cnidocytes urticants qui garnissent les tentacules des gastrozoïdes*, les polypes nourriciers de la colonie.

Reproduction - Multiplication

Le cycle de vie des siphonophores recèle des zones d'ombre et demeure encore mal connu.

Il existe au sein des cormidies* des polypes spécialisés pour la reproduction, les gonozoïdes*, qui fabriquent des gamètes mâles et femelles. Seuls les spermatozoïdes sont libérés en pleine eau. De la fécondation, croisée et interne, résulte le développement d'une larve dite protozooïde, à partir de laquelle se développe une nouvelle colonie. Cette larve n'est pas libre mais reste fixée à la colonie mère.

Cet organisme peut également se reproduire de manière asexuée. Des cormidies entières peuvent se détacher de la colonie mère et se spécialiser dans la reproduction, sans pour autant régénérer un nectosome. Ces cormidies particulières sont appelées eudoxides.

Vie associée

La colonie est souvent parasitée par des vers plats (Trématodes).

Divers biologie

Chez les Hippopodiidae, les nectophores* de la colonie sont soumis à un renouvellement continuel, les nouvelles cloches se formant par bourgeonnement sur un petit nectophore accessoire, simple diverticule du stolon. Les cloches les plus anciennement formées sont dans le même temps refoulées vers le bas de la colonie. Elles y perdront leur activité et deviendront caduques au fur et à mesure de leur vieillissement.

Comme beaucoup d'organismes du plancton, Hippopodius hippopus accomplit des migrations verticales journalières (jusqu'à 300 mètres de profondeur) et saisonnières. Comme les autres espèces de sa famille, sa "nage" est qualifiée de lente, s'effectuant par "petits bonds".

Lorsque la colonie est manipulée, les nectophores émettent, à titre de stratégie défensive, une forte bioluminescence.

Informations complémentaires

De manière générale, il est plus prudent de se maintenir à bonne distance des siphonophores. Ce groupe de Cnidaires est réputé très urticant !

Il s'agit d'une espèce fort méconnue, dont l'observation en plongée reste exceptionnelle, et il existe très peu d'informations à son sujet.

Origine des noms

Origine du nom français

Siphonophore fer à cheval : il n'existe pas de nom vernaculaire pour cet organisme dans la littérature naturaliste. Par commodité, nous avons choisi de reprendre la traduction du nom scientifique. Ce nom est donc une proposition du site DORIS.

Origine du nom scientifique

Hippopodius : du grec [hippo] = cheval et du grec [pod] = pied.
hippopus : du grec [hippo] = cheval et du grec [pus] = pied.
Les noms de genre et d'espèce signifient exactement la même chose et mettent l'accent sur la forme en fer à cheval (mot-à-mot en pied de cheval) des nectophores.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Hydrozoa Hydrozoaires Cnidaires dont le cycle de vie est alterné, mais de façon inconstante, par deux phases différentes : le polype et la méduse. Présence d’un velum dans la méduse (dite craspédote), gonades ectodermiques, perte des septes, perte des cnidocytes endodermiques. Coloniaux ou solitaires. Quelques espèces d’eau douce.
Sous-classe Hydroidolina Hydroïdes Hydrozoaires dont le cycle de vie présente toujours une phase polype.
Ordre Siphonophorae Siphonophores Hydroïdes coloniaux exclusivement pélagiques. Les colonies présentent des méduses et des polypes associés et fortement différenciés, disposés le long d'un stolon long parfois de plusieurs dizaines de mètres.
Sous-ordre Calycophorae Calycophores Siphonophores dépourvus de pneumatophore et dont le nectosome est réduit.
Famille Hippopodiidae Hippopodiidés
Genre Hippopodius
Espèce hippopus

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