Hamlet timide

Hypoplectrus guttavarius | (Poey, 1852)

N° 1363

Atlantique tropical ouest

Clé d'identification

Tête jaune et corps noir à brun
Deux points noirs bordés de lignes d’un bleu irisé sur le museau

Noms

Noms communs internationaux

Shy hamlet (GB), Vaca medioluto, vaca bicolor (E)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Plectropoma guttavarium Poey, 1852, combinaison originale
Plectropoma accensum (Poey, 1852)
Hypoplectrus guttavarium (Poey, 1852)

Distribution géographique

Atlantique tropical ouest

Zones DORIS : Caraïbes

Le hamlet timide est présent en Floride, en Jamaïque, aux îles Caïmans, aux Bahamas, dans les Caraïbes ainsi que le long des côtes du Honduras.

Biotope

C’est une espèce solitaire, qui vit près du fond sur les zones coralliennes ou rocheuses à des profondeurs variant généralement entre 3 et 15 mètres, mais parfois plus. Elle est peu commune.

Description

Bien que ressemblant à des demoiselles (Pomacentridés), par leur taille et leur apparence, les hamlets sont en fait des mérous en miniature. Comme ces derniers, ils ont un corps massif, un dos arrondi, un profil plat et une bouche relativement grande avec des lèvres épaisses.

Le hamlet timide a une taille d’environ 13 cm à l’âge adulte. Sa tête est  jaune et le reste du corps noir à brun. Les parties jaunes et noires sont de part et d’autre d’une ligne diagonale partant de la nuque jusqu'à la nageoire anale. Toutes les nageoires sont jaunes. Deux points noirs bordés de lignes d’un bleu irisé sont présents, le plus souvent, sur le museau au niveau des narines.

Espèces ressemblantes

Les hamlets peuvent être confondus avec les demoiselles (Pomacentridés) dont certains d'entre eux miment le comportement pour mieux chasser.

Alimentation

Les hamlets sont carnivores : poissons et petits crustacés composent leur menu.

Reproduction - Multiplication

Ces poissons sont hermaphrodites* synchrones (ou hermaphrodites simultanés), c'est à dire qu'ils portent gonades* mâles et femelles en même temps. Ils s'assemblent par couple au crépuscule. Le "mâle" s'enroule alors autour de la "femelle" alors qu'ils s'élèvent tous les deux à environ un mètre du fond et libèrent leurs gamètes*. Pour éviter l'autofécondation, œufs et sperme sont émis alternativement (on a ici nommé "mâle" l'individu relâchant les gamètes mâles).

Le frai a lieu, dans la très grande majorité des cas, avec un membre de même coloration, exceptionnellement avec un hamlet d'un autre groupe de coloration.

Vie associée

Les hamlets ont été observés accompagnant ou mimant des espèces de poissons non piscivores avec des couleurs similaires (Pomacentridés, Chaetodontidés). Ils mettent à profit la ressemblance pour surprendre leurs proies non chassées habituellement par ces poissons.

Divers biologie

Les hamlets défendent farouchement un territoire vaste contre les envahisseurs ayant le même régime alimentaire.
Ils se laissent facilement approcher à condition de le faire sans mouvements brusques. Le hamlet timide porte bien son nom. L’approcher demande de la patience et des mouvements contrôlés.

Informations complémentaires

Le problème de définition d'une espèce se pose quand il s'agit de décrire les hamlets : leurs livrées sont extrêmement diverses et pourtant leur morphologie est identique. Le débat a longtemps porté sur la question de savoir si les hamlets sont des variations polychromatiques d'une seule espèce (Hypoplectrus unicolor) ou de plusieurs espèces différentes :

- dans les années 1850, Poey a décrit de nouvelles espèces sur la base de subtiles variations de couleurs. Certaines de ces variations étaient si légères qu'elles ne furent pas considérées comme valides mais d'autres furent finalement reconnues comme espèces (Lobel & Hildebrand, 1941);

- les hamlets ne montrent pas de différences structurelles entre les espèces et semblent très similaires génétiquement (Domeier, 1994). Des recherches plus récentes ont montré que sur les récifs où cohabitent différents hamlets, les accouplements se font de façon significative entre poissons ayant la même coloration, le choix d'un partenaire d'une autre couleur se faisant par défaut pour donner des "espèces" hybrides (Lobel, 1992 et Domeier 1994). Ces hybrides sont rares et présentent des couleurs issues des deux parents (Domeier, 1994);

- aucune différence écologique n'est clairement définie et les espèces ont une large distribution dans la zone avec des centres d'abondance dans certaines régions.

Aujourd'hui, la communauté scientifique s'accorde à dire qu'il s'agit en fait d'une même espèce Hypoplectrus unicolor, avec différentes robes de couleur (variétés). Il faudrait donc le nommer ainsi: Hypoplectrus unicolor, var. guttavarius.

Origine des noms

Origine du nom français

Hamlet : reprise du nom anglais. L'origine de ce nom "Hamlet" est inconnue, toute info à ce sujet serait bienvenue !
timide : du fait de son caractère farouche.

Origine du nom scientifique

Hypoplectrus : du grec [hypo] = sous et (plektron] = ergot.
guttavarius = du latin [gutta] = goutte, larme, moucheture, et [varius] = moucheté, bigarré, sans doute à cause de l'allure des motifs colorés sur la tête.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Famille Serranidae Serranidés 1 à 3 épines sur l’arrière de l’opercule.
Genre Hypoplectrus
Espèce guttavarius

Nos partenaires