Murène-porcelaine

Gymnothorax miliaris | (Kaup, 1856)

N° 2390

Atlantique tropical Ouest

Clé d'identification

Corps brun pointillé de jaune
Intérieur de la bouche blanc
Nageoires dorsale, caudale et anale fusionnées
Œil doré cerclé de bleu
Ouverture branchiale réduite à un trou

Noms

Autres noms communs français

Murène dorée

Noms communs internationaux

Conger moray, goldentail moray (GB), Morena de cola dorada (E), Moreia dourada, moreia banana (P)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Thrysoidea miliaris Kaup, 1856
Gymnothorax flavopictus (Kaup, 1856)
Thyrsoidea irregularis Kaup, 1856
Lycodontis miliaris (Kaup, 1856)
Muraena flavopicta (Kaup, 1856)
Muraena elaborata Poey, 1860
Muraena multiocellata Poey, 1860
Gymnothorax scriptus Poey, 1867
Muraena myrialeucostictus Fowler, 1912
Muraena trinitatis Miranda Ribeiro, 1919
Muraena aurea Mowbray, 1931



L'abondance de synonymes reflète la grande variabilité de livrée de cette murène, qui a conduit à croire à plusieurs espèces distinctes. En effet, tous ces noms d'espèces essaient d'être descriptifs : flavopictus, irregularis, multiocellata, scriptus, myrialeucostictus, aurea signifient respectivement "peint en jaune, variable, à ocelles multiples, couvert de signes, à mille taches blanches, dorée..."

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest

Zones DORIS : Caraïbes

La murène-porcelaine est assez commune dans tout l'arc antillais, on la trouve aussi plus rarement aux Bermudes, dans le golfe du Mexique, en Floride et au Brésil (au sud de l'Amazone).
Elle a été signalée aux Canaries et aux îles du Cap Vert.

Biotope

La murène-porcelaine se trouve dans les récifs et pentes coralliennes vers 15 - 30 m , parfois jusqu'à 60 m. Elle passe généralement la journée dans un trou et sort la nuit pour chasser, mais elle n'est pas strictement nocturne et on la rencontre aussi très souvent de jour.

Description

La murène-porcelaine est un poisson au corps serpentiforme et de petite taille : 30 à 50 cm, exceptionnellement plus de 90 cm.
Comme chez toutes les murènes, il n'y a pas de nageoires paires (pectorales et pelviennes). La dorsale, la caudale et l'anale sont fusionnées en une seule bande continue qui commence derrière la nuque et finit sous le ventre, à peu près à mi-longueur.



Malgré la grande variabilité de couleur, on peut distinguer deux variantes principales : une à dominante claire et une à dominante sombre.
La plus commune, la phase sombre, présente une couleur de fond brune avec une infinité de petits points jaune doré très serrés. Ces pointillés fusionnent aux deux extrémités : le bout du museau et le bout de la queue sont jaunes. On trouve parfois des spécimens où les pointillés fusionnent en tirets, ou dessinent des motifs réticulés, ou encore sont peu distincts du fond sombre.
La version claire, moins fréquente, présente soit un fond clair avec des marques réticulées rappelant des hiéroglyphes, fusionnant plus ou moins, soit un fond crème avec de larges taches sombres espacées.



Il n'y a pas d'opercule*, un simple trou derrière la tête fait office d'ouverture branchiale.



L'œil est situé en avant de la tête. Il est cerclé de bleu ardoise avec le tour de la pupille doré.
Deux courtes narines tubulaires sont visibles à l'extrémité du museau, deux autres orifices au-dessus des yeux.
La bouche est largement fendue, bien au-delà de l'arrière des yeux. L'intérieur de la bouche est blanc. Les dents sont petites, fines et serrées, aussi blanches que le reste de la bouche.



La peau est lisse et nue (pas d'écailles), recouverte d'un mucus protecteur.

Espèces ressemblantes

Partageant la même zone géographique, la murène tachetée (ou moringue), Gymnothorax moringa, plus commune, est de taille plus importante et se laisse voir plus fréquemment à découvert. Il est difficile de les confondre car la livrée de la moringue est marquée de grosses taches brunes sur un fond blanc ou jaune très pâle, son museau est plus allongé et pointu, et sa nageoire dorsale dessine une crête beaucoup plus marquée.

Alimentation

La murène dorée est un petit carnassier, mais pas très rapide dans ses mouvements. Elle se contente de petits invertébrés : ophiures, mollusques, petits crustacés, mais à l'occasion peut attraper un petit poisson.
Gymnothorax miliaris appartient à la catégorie des murènes à museau court, se nourrissant de crustacés. Elles utilisent principalement l'odorat pour chasser (espèces dites macrosmatiques*), contrairement aux espèces à museau long, plutôt piscivores*, qui chassent principalement à vue.

Reproduction - Multiplication

La reproduction a été très peu étudiée chez les murènes d'une façon générale. On sait qu'il existe des cas de protandrie*, de protogynie*, mais aucune donnée précise n'a été publiée sur la murène dorée.

Vie associée

La murène-porcelaine est solitaire, mais il lui arrive de partager, sans manifestation d'aggressivité, son refuge temporaire avec une autre murène. Elle s'y trouve aussi fréquemment avec une ou plusieurs espèces de crevettes nettoyeuses.



Il arrive que la murène dorée, comme d'autres serpentiformes, soit "suivie" par un ou plusieurs poissons, principalement des mérous de petite taille. On peut supposer que ceux-ci profitent du passage de la murène dans les trous inaccessibles pour eux afin de débusquer éventuellement les proies qui s'y cachent.

Divers biologie

C'est une espèce inoffensive pour le plongeur et peu craintive. Par rapport à d'autres espèces de murènes, sa taille réduite, son absence de fanon (plis de peau au niveau du cou), son œil relativement grand et son museau court lui donnent un "air sympa".



C'est une espèce relativement casanière : elle reste dans un rayon de 2,5 m autour d'un trou principal. Bien sûr cet abri peut évoluer au cours de sa vie mais cela veut tout de même dire que durant de longues périodes (allant jusqu'à plusieurs semaines) elle s'écarte très peu de son "home".

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom de murène-porcelaine est peut-être inspiré par son aspect lisse, précieux, propre et délicat.

Origine du nom scientifique

Gymnothorax : du grec [gymno-] = nu et [thorax] = poitrine, à cause de l'absence de nageoires pectorales.



miliaris (latin) signifie "relatif au mil, qui ressemble à des grains de mil". Allusion au poudroiement de pointillés dorés sur la peau de la murène, aussi petits et nombreux que des grains de mil.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Anguilliformes Anguilliformes Corps allongé, serpentiforme, nageoires anale et dorsale en continuité avec la caudale, pas de nageoires pelviennes.
Famille Muraenidae Murénidés Absence de nageoires paires, peau sans écaille.
Genre Gymnothorax
Espèce miliaris

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