Girelle de Gaimard

Coris gaimard | (Quoy et Gaimard, 1824)

N° 2397

Océan Pacifique Ouest et central, archipel indo-australien

Clé d'identification

Juvéniles orange vif avec 5 taches blanches bordées de noir sur le dessus du corps
Femelles à tête orange clair, corps vert puis bleu
Corps parsemé de points bleu vif
Nageoires dorsale et anale rouges, nageoire caudale jaune vif
Mâles à tête bleue striée de bandes vertes
Corps variant du vert au bleu parsemé de points bleus
Nageoires dorsale et anale jaunes, nageoire caudale bordée de jaune vif

Noms

Autres noms communs français
Girelle bariolée, coris à queue jaune, coris bariolé, girelle rouge, labre-clown rouge
Noms communs internationaux
Red coris wrasse, yellowtail coris, clown wrasse, rainbow wrasse, African clown wrasse, African coris, Gaimard's wrasse (GB), Lippfisch (D)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Julis gaimard Quoy et Gaimard, 1824
Coris gaimard gaimard (Quoy et Gaimard, 1824)
Coris gaimardi (Quoy et Gaimard, 1824)
Julis greenovii Bennett, 1828
Coris greenovii (Bennett, 1828)
Julis ganymede Bennett, 1830
Julis leucorhynchos Bleeker, 1856
Coris greenoughii Günther, 1861
Coris pulcherrima Günther, 1862
Julis pulcherrima (Günther, 1862)
Julis gaimard speciosa Fowler, 1946
Coris gaimard speciosa (Fowler, 1946)
Coris gaimard africana Smith, 1957

Distribution géographique

Océan Pacifique Ouest et central, archipel indo-australien

Zones DORIS : Indo-Pacifique

Coris gaimard est présent à l'ouest et au centre de l'océan Pacifique, depuis les îles Coco, à l'ouest de l'Australie, jusqu'à la Polynésie française, puis du nord du Japon jusqu'à l'archipel d'Hawaï. On le rencontre également au sud de l'Australie.

Biotope

Les girelles de Gaimard fréquentent les zones des platiers tournées vers le large ainsi que les lagons, particulièrement les zones mixtes composées de roche ou récif, et de sable et gravier. Ce sont des animaux bentho-pélagiques* fréquentant le fond récifal et nageant en pleine eau entre 1 m et 50 m de profondeur.

Description

La girelle de Gaimard mesure au maximum 40 cm pour les mâles et 10 à 25 cm pour les femelles.
Les livrées des juvéniles, des mâles et des femelles diffèrent. Comme cela s'observe chez d'autres espèces de labres, la girelle de Gaimard passe par plusieurs phases de croissance, qui correspondent à un changement de forme, de couleurs et de sexe.

La première phase correspond aux juvéniles : ils sont orange vif avec 5 taches blanches sur le dessus du corps en forme de selles, réparties depuis le dessus du museau jusqu'au pédoncule* caudal. Chez certains spécimens, la troisième tache descend jusqu'au ventre. Les taches sont bordées de noir. Les nageoires sont orange sauf la nageoire caudale qui est transparente. Les nageoires dorsale et anale sont bordées d'un liseré noir puis d'un liseré bleu vif.

La seconde phase, appelée phase initiale, est la phase des femelles sexuellement matures. La tête est orange et peut présenter les deux premières taches blanches ourlées de noir des juvéniles. Le corps est orange à vert du côté de la tête et devient bleu foncé du côté de la queue. Il est parsemé de points bleu vif, plus rapprochés à l'arrière du corps. Les nageoires dorsale et anale sont rouges et la nageoire caudale est jaune vif. Le premier rayon de la nageoire dorsale forme une pointe. Chez les femelles dont la transformation est plus aboutie, des traits verts autour de l'œil sont plus apparents et seule l'extrémité de la nageoire caudale est jaune vif.

La phase terminale est la phase des mâles. La tête est bleue striée de bandes vertes : une bande joignant la bouche à l’œil, une bande joignant la bouche à la nageoire pelvienne, 2 bandes partant de l’œil vers le corps. Les mâles présentent derrière les branchies* une bande verticale jaune plus ou moins large, barrant le milieu du corps depuis le ventre jusqu'au milieu du dos. La couleur du corps varie du vert (côté tête) au bleu (côté queue). Comme chez les femelles, le corps est parsemé de points bleus, très visibles sur le pédoncule caudal, et le premier rayon de la nageoire dorsale forme une pointe. La nageoire caudale est bordée de jaune vif. Les nageoires dorsale et anale sont jaunes. Une bande orange en souligne le bord. Ces bandes sont bordées de lignes bleues séparées en deux par un tireté bleu.

Ce poisson est très vif, toujours en mouvement, se déplaçant essentiellement à l'aide de ses nageoires pectorales.

Espèces ressemblantes

Coris cuvieri, qui a pour synonyme Coris gaimard africana, était considéré jusqu'à la fin des années 90 comme une sous-espèce de Coris gaimard. Coris cuvieri est présent en mer Rouge et dans l'océan Indien et partage avec Coris gaimard la côte nord de Java. Les jeunes sont très difficiles à différencier de ceux de Coris gaimard. Par contre les adultes diffèrent : ni les femelles ni les mâles n'ont la nageoire caudale jaune. Les mâles ont le front légèrement bombé, sont moins colorés que les mâles de Coris gaimard et ne possèdent pas les points bleu vif.

Les juvéniles de Coris formosa ressemblent à ceux C. gaimard. On les distingue aux nageoires pelviennes et anale qui sont noires et à la présence d'un ocelle* noir sur la nageoire dorsale.

Alimentation

Coris gaimard se nourrit essentiellement de mollusques, crabes, crevettes, ophiures, bernard-l'ermite et occasionnellement de tuniciers et foraminifères.

Reproduction - Multiplication

Coris gaimard est une espèce hermaphrodite* protogyne* : tous les individus naissent femelle et peuvent changer de sexe. C'est la taille ou des facteurs liés à la taille qui déterminent qui deviendra le mâle : les plus grandes femelles sont candidates pour remplacer le mâle d'un harem lorsque celui-ci vient à disparaître. L'évolution des individus du stade juvénile au stade femelle puis éventuellement au stade mâle s'accompagne de profonds changements dans les couleurs et les dessins de la livrée.

Certaines espèces du genre Coris, comme Coris julis par exemple, sont diandriques* : certains mâles, dits mâles primaires, se développent à partir du stade juvénile sans passer par le stade femelle. A ce jour (Avril 2013) et à notre connaissance, aucune espèce du Pacifique du genre Coris n'a été identifiée comme une espèce diandrique.

Le comportement de ponte a été observé chez différentes espèces de labridés dans un atoll des îles Marshall situées au nord de l'Océanie. Les couleurs du mâles s'intensifient pendant la période de séduction, la barre verticale au milieu du corps devenant plus foncée. Il est possible, mais pas certain, que le mâle s'accouple au sein d'un harem. De temps à autre le mâle se rue sur les femelles et les encercle. Lorsque la femelle est prête à pondre, elle remonte vers la surface. Le mâle se tient au-dessus d'elle.

Les œufs sont fécondés en pleine eau, et les larves* sont planctoniques*. La durée du stade larvaire observée sur les côtes d'Hawaï et de Palau est d'environ 45 jours avec une variabilité de plusieurs jours.

Divers biologie

Le corps des espèces du genre Coris est couvert de très nombreuses petites écailles.

La nageoire dorsale possède 9 rayons épineux et 12 à 13 rayons mous. La nageoire anale possède 3 rayons épineux et 12 rayons mous.

Les adultes sont souvent solitaires, notamment les mâles, et peuvent se montrer très agressifs les uns envers les autres. Les juvéniles évoluent parfois en petits groupes. Dérangés ou effrayés, ils peuvent s’enfouir entièrement dans le sable.

Les girelles adultes ont des canines saillantes utiles pour retourner les pierres sous lesquelles se cachent leurs proies.

Informations complémentaires

Des empoisonnements à la ciguatera* ont été rapportés.

Les juvéniles de Coris gaimard sont très colorés et très appréciés des aquariophiles.

Réglementation

Cette espèce a une distribution très large. Elle est pêchée mais peu de choses sont connues concernant l'évolution de la population ou sa biologie. Aucun danger particulier ne semble la menacer. Elle est donc classée par l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) dans la catégorie LC pour Least Concern en anglais, se traduisant en français par "préoccupation mineure".

Origine des noms

Origine du nom français

Girelle : du provençal "gyr" qui signifie tournoiement, lui-même du latin [gyrus] = cercle, tour, en référence à la nage de ce poisson caractérisée par de multiples changements de direction.

de Gaimard : voir l'origine du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Coris : selon Bernard-Germain de Lacépède (1756-1825), zoologiste français, le naturaliste médecin Philibert Commerson (1727-1773) a donné à ce genre "le nom de Coris, qui, en grec, signifie sommet, tête, etc., à cause de l’espèce de casque qui enveloppe et surmonte la tête des animaux compris dans cette famille."
Coris vient du grec [koris] = punaise.On peut ainsi faire le rapprochement entre le bouclier qui protège la tête de ces insectes et la bosse sur le sommet de la tête de certains poissons de ce genre.
Une autre interprétation est donnée sur Fishbase : Coris vient du grec [kore] = élève, servante, vierge, jeune fille. Pourquoi ne pas imaginer que ce nom aurait été donné pour évoquer le charme de ces poissons de toutes les couleurs ?

gaimard
: nom d'un médecin et naturaliste français, Joseph Paul Gaimard (1793-1858) qui a participé à de nombreuses missions autour du monde ayant pour buts observations zoologiques et découvertes de nouvelles espèces.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Labroidei Labroïdes Une seule dorsale, dents molariformes formant un puissant appareil masticatoire.
Famille Labridae Labridés Lèvres épaisses.
Genre Coris
Espèce gaimard

Nos partenaires