Erpobdelle

Erpobdella spp. | Lamarck, 1818 (genre)

N° 3409

Eaux douces de l'hémisphère nord

Clé d'identification

Taille maximum 60 mm
Quatre paires d'yeux en 2 rangées transversales

Noms

Distribution géographique

Eaux douces de l'hémisphère nord

Zones DORIS : Eau douce d'Europe

Erpobdella spp. ont été trouvées partout dans les eaux douces de l'hémisphère nord : Europe, Asie et Amérique du Nord.

Biotope

On trouve Erpobdella spp. immergée sur les pierres au bord des lacs et des étangs, des rivières et des ruisseaux. Elle préfère les zones riches en végétation qui lui fournissent un abri et un large choix de proies. Elle privilégie les substrats* durs (pierres, branches, feuilles) et évite les zones de vase et de sable où ses ventouses ne peuvent adhérer.

Description

La longueur de cette sangsue peut atteindre 60 mm (cf. infra). La couleur d'ensemble est très variable : brun jaunâtre homogène (E. testacea) ou avec des taches sombres (E. octoculata).
Son corps composé de segments ou anneaux, porte une petite ventouse à l'avant et une grande à l'arrière.
Ses quatre paires d'yeux sont disposées sur la tête en deux rangées transversales.
Elle se déplace comme une chenille arpenteuse : elle détache la ventouse antérieure (la plus petite), étire son corps vers l'avant et fixe cette ventouse, détache la ventouse postérieure (la plus grande) et en arquant le corps, la place près de la ventouse avant, et ainsi de suite.
Elle peut aussi nager.

Remarque : l'aspect varie énormément et, en plongée, seule la disposition des yeux est un critère à peu près fiable pour identifier les sangsues du genre Erpobdella. Il faut cependant noter qu'il y a parfois fusion des yeux réduisant leur nombre. En fait, seule la structure des anneaux permet d'identifier le genre Erpobdella : les anneaux sont simples (pas d'anneaux doubles) mais il faut les examiner sur une photo détaillée.

(*) Lorsqu'elle s'allonge au cours d'un déplacement, elle peut doubler voire tripler la longueur de son corps.

Espèces ressemblantes

Les quatre espèces présentes en France Erpobdella nigricollis (Brandes, 1900), Erpobdella octoculata (Linnaeus, 1758), Erpobdella testacea (Savigny, 1820), Erpobdella vilnensis (Liskiewicz, 1925) sont difficiles à distinguer en plongée car :

  • leur aspect est d'une grande variabilité morphologique ;
  • les biotopes* et les comportements se recouvrent.
Les informations de cette fiche sont donc pertinentes pour E. nigricollis, E. octoculata, E. testacea et E.vilnensis.
Sur de bonnes photos :


  • E. nigricollis : corps translucide jaunâtre, "anneau" noir sous les yeux, de jeunes individus d'autres espèces peuvent avoir cette coloration, le prélèvement est obligatoire pour confirmer l'espèce.
  • E. octoculata : corps maculé de taches claires, l'espèce est très variable, possibilité d'un lot de ronds clairs sur fond sombre mais certains individus sont très peu marqués. Espèce pouvant facilement être confirmée avec de belles photos.
  • E. testacea : corps uniforme brun clair à brun sombre, le critère le plus fiable repose sur l'examen ventral des orifices génitaux. En l'absence de bonne photo montrant le dessous du corps, l'identification est impossible.
  • E. vilnensis : ressemble à E. octoculata mais ne possède jamais de taches claires aux contours bien définis. Présence de deux lignes diffuses sur le dos et de petites taches sombres. Confirmation nécessaire par un spécialiste pour cette espèce localisée en France.
Sangsues des genres :


  • Dina : succession d'un anneau double et de quatre anneaux simples.
  • Trocheta : anneaux doubles, anneaux simples, pas de règle mais jamais d'anneaux uniquement simples.

Alimentation

Erpobdella spp. sont des espèces carnassières qui se nourrissent essentiellement de gastéropodes, d'Oligochètes, de Chironomidés et d'Amphipodes. Elles n'ont pas de mâchoire ou de trompe dévaginable* (qu'elles peuvent sortir de leur corps) mais un pharynx qui peut s'ouvrir largement pour avaler leur proie entière.

Reproduction - Multiplication

Erpobdella spp. est hermaphrodite*. Les organes sexuels se trouvent sur sa face ventrale au niveau du premier tiers de son corps : l'orifice génital mâle est situé un peu en avant de l'orifice femelle. La reproduction est exclusivement sexuée et croisée (pas d'auto-fécondation).
Au début du printemps, un clitellum* se forme à l'avant du corps et, lors de la reproduction, les deux individus sont étroitement unis par sa sécrétion. Chacun colle sur la peau de l'autre un spermatophore* d'où sortent les spermatozoïdes* qui traversent la peau pour aller féconder les œufs.

Les œufs sont pondus entre mars et mai dans des cocons collés sur le substrat (pierres, bois). Chez E. octoculata, ils sont ovales ou en forme de citron, peuvent atteindre la taille de 9 mm et abriter jusqu'à une vingtaine d’œufs. Chez E. testacea, ils sont de forme ovoïde (non pointus).

Divers biologie

La respiration se fait à travers la peau (cutanée). Celle-ci est changée très fréquemment, parfois quotidiennement si la sangsue se trouve dans une eau pauvre en oxygène.

Origine des noms

Origine du nom français

Nom proposé par DORIS : francisation du nom scientifique.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Annelida Annélides Vers segmentés (annelés) à section cylindrique, à symétrie bilatérale constitués d’anneaux identiques. Le premier segment porte la bouche et le dernier l’anus. Nombreuses formes marines, dulcicoles ou terrestres, libres ou parasites.
Classe Clitellata Clitellates Annélides hermaphrodites, dont quelques segments sont enveloppés dans une enveloppe glandulaire.
Sous-classe Hirudinea Hirudinées / Achètes Annélides aquatiques, principalement d'eau douce, sans soies ni parapodes, mais possédant une ventouse postérieure et parfois une antérieure. Ectoparasites d'animaux aquatiques et de vertébrés terrestres.
Ordre Arhynchobdellida Arhynchobdelliformes

Les Arhynchobdelliformes ont perdu le proboscis et peuvent avoir ou pas des mâchoires armées de dents.

Sous-ordre Pharyngobdella Pharyngobdelliformes

Sangsues d'eau douce ou terrestres des milieux humides. Elles ont perdu la capacité à pénétrer les tissus de l'hôte et de sucer le sang. Elles sont carnivores et possèdent une bouche relativement grande qui leur permet d'avaler en entier des vers ou des larves d'insectes. Elles possèdent 6 à 8 paires d'yeux. Leur pharynx est long sans mâchoires.

Famille Erpobdellidae Erpobdellidées
Genre Erpobdella
Espèce spp.

Nos partenaires