Cystoseire bleue

Ericaria selaginoides | (Linnaeus) Molinari & Guiry

N° 5572

​Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Clé d'identification

Thalle brun-vert présentant lorsqu’il est immergé une forte iridescence bleu turquoise
Thalle érigé arborescent avec un seul axe dressé cylindrique à sommet épineux non saillant, pouvant atteindre 60 cm
Branches latérales pouvant atteindre 60 cm de longueur arrangées en spirale et se ramifiant jusqu’au 3e ou 4e ordre
Rameaux cylindriques avec de nombreux appendices épineux
Aérocystes ovoïdes de 5 mm de long bien visibles sur les rameaux ultimes
Base discoïde digitée
Tophules absents
Médiolittoral et infralittoral supérieur

Noms

Autres noms communs français

Algue bleue, algue arc-en-ciel

Noms communs internationaux

Bushy rainbow wrack, rainbow wrack, rainbow bladderweed (GB)

Synonymes du nom scientifique actuel

Fucus selaginoides Linnaeus 1759
Fucus tamariscifolius Hudson 1762
Fucus ericoides Linnaeus 1763
Fucus erica-marina S.G.Gmelin 1768
Ericaria tamarisca Stackhouse 1809
Ericaria selago Stackhouse 1809
Phryganella ericoides (Linnaeus) Stackhouse 1816
Cystoseira ericoides (Linnaeus) C.Agardh 1820
Mackaia ericoides (Hudseon) S.F.Gray 1821
Cystoseira erica-marina (S.G.Gmelin) Naccari 1828
Cystoseira selaginoides (Linnaeus) Bory 1832
Gongolaria ericoides (Linnaeus) Kuntze 1891
Cystoseira ericoides var. laevis P.J.L.Dangeard 1949
Cystoseira ericoides var. divaricata P.J.L.Dangeard 1949
Cystoseira tamariscifolia (Hudson) Papenfuss 1950
Carpodesmia tamariscifolia (Hudson) Orellana & Sansón 2019

Distribution géographique

​Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ○ [Méditerranée française]

Cette espèce est présente en Atlantique Nord-Est, des îles Britanniques à la Mauritanie, ainsi qu’en Méditerranée où sa présence est attestée dans la péninsule Ibérique, en Afrique du Nord et en Sicile (détroit de Messine).

Biotope

Cette algue commune fréquente les milieux superficiels bien éclairés. C’est une espèce pérennante et épilithe*. L’iridescence bleue est plus intense dans les zones moins éclairées.

En Atlantique, on la trouve dans les zones abritées du médiolittoral* et jusqu’à 10 m de profondeur à marée haute.

En Méditerranée, elle forme de petites populations très denses entre 0 et 3 m de profondeur sur les rochers en mode battu.

Description

La cystoseire bleue est une algue brune dont les rameaux sont de couleur marron vert, iridescents* bleu turquoise quand ils sont jeunes et immergés. Le thalle* devient presque noir quand il sèche.

Le thalle peut atteindre de 30 à 60 cm de longueur, le port est buissonnant. Il est robuste et rugueux au toucher. La fronde* présente un seul axe central dressé de section cylindrique ou légèrement aplatie, parfois ramifié, portant des branches latérales pouvant atteindre 60 cm de longueur arrangées en spirale et qui se ramifient jusqu’au 3e ou 4e ordre. Les rameaux primaires sont très ramifiés mais ne recouvrent pas complètement l’axe central. Les rameaux d’ordre supérieur sont cylindriques et recouverts de nombreux ramules épineux courts.

Les rameaux ultimes portent des réceptacles de 1 à 2 cm de longueur ainsi que des aérocystes* ovoïdes de 5 mm de long bien visibles et disposés en chaînes. Les cryptes pilifères* sont dispersées.

L’algue ne produit pas de tophules*.

L’algue est accrochée au substrat* par une base discoïde digitée à ramifiée.

Espèces ressemblantes

Cette algue est unique en son genre sur les côtes atlantiques françaises de par sa couleur en immersion.

En Méditerranée, elle pourrait être confondue avec Ericaria mediterranea et Ericaria amentacea, car elles partagent toutes le même biotope. Cependant, E. amentacea a un thalle cespiteux* (plusieurs axes dressés à partir de la base) et Ericaria mediterranea a un seul axe court. Elles ne cohabitent pas non plus dans la même zone géographique (espèces vicariantes*) : E. selaginoides n’est présente qu’en Afrique du Nord, en Espagne et en Sicile. En Méditerranée française, elle est remplacée par Ericaria amentacea.

Alimentation

Cette algue est autotrophe* photosynthétique* : elle élabore ses composés organiques à partir de dioxyde de carbone, d'eau, de minéraux et de lumière, grâce à des pigments qui lui permettent de faire la photosynthèse.

Reproduction - Multiplication

A la fin de l'été, l’algue régresse pour ne laisser subsister que sa base.

Au printemps, apparaissent les nouveaux rameaux qui produisent à leur extrémité les réceptacles* portant les conceptacles* contenant les organes sexués mâles et femelles. Après méiose*, les gamètes*, libérés dans l’eau, s’uniront pour former un zygote* à l’origine d’un nouvel individu. Le cycle est monogénétique* diplophasique.

Vie associée

La fronde très ramifiée sert de refuge contre les prédateurs, de support de ponte et de zone de nourrissage. Elle favorise la présence de :

  • Petits crustacés : crabes juvéniles (Carcinus maenas), crevettes (Palaemon spp.)
  • Petits poissons : blennies, gobies
  • Petits gastéropodes : littorines juvéniles
  • D’autres algues épiphytes comme des Diatomées, de petites algues rouges comme des Céramiales, de petites algues vertes filamenteuses.

Divers biologie

L’espèce est vivace*, pérennante*, à cycle de vie long, vraisemblablement plus de 10 ans (sans qu’aucune étude spécifique n’ait été réalisée à ce sujet).

L’iridescence bleue des jeunes rameaux n’est pas due à un pigment mais à la présence de cristaux opalescents dans des vésicules intracellulaires, afin d’optimiser la photosynthèse* en améliorant la transmission de la lumière.

La structure est parenchymateuse*, la croissance se fait à partir d’une cellule apicale* non visible à l’œil nu. En section transversale, le centre est constitué de petites cellules hyalines* très rapprochées entre elles. La médulla* très épaisse est composée de grandes cellules hyalines* et arrondies, plus petites vers l'extérieur. La couche externe est composée de cellules pigmentées.

Informations complémentaires

Cette algue présente des propriétés antimicrobiennes et antifongiques. Elle constitue une part importante du goémon (terme générique pour les algues brunes) et est donc liée aux usages affectés à ce produit.

Statuts de conservation et réglementations diverses

C’est une espèce de la ceinture littorale très sensible aux pollutions.

Espèce en régression, elle est protégée en Méditerranée par la convention de Barcelone comme toutes les espèces de cystoseires au sens large (exceptée Cystoseira compressa). Elle est exploitée en Atlantique.

Origine des noms

Origine du nom français

Cystoseire bleue : de l'ancien nom de genre Cystoseira et de la couleur caractéristique de ses jeunes rameaux.

Origine du nom scientifique

Ericaria du latin [erica] = bruyère et du suffixe [aria] = ressemblant à, soit qui ressemble à une bruyère.

selaginoides : du latin [selago, inis] = ancien nom latin d'une plante terrestre fine et ramifiée qui se rapproche aujourd’hui de la Sélaginelle et du suffixe [-oides] = en forme de.

Le suffixe d’un ancien nom souvent trouvé dans les guides est plus explicite : tamariscifolia = à feuilles de tamaris.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 1568393

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Heterokontophyta Hétérokontophytes
Classe Phaeophyceae Phéophycées Algues brunes.
Sous-classe Fucophycidae
Ordre Fucales Fucales
Famille Sargassaceae Sargassacées
Genre Ericaria
Espèce selaginoides

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