Enhalus courbée

Enhalus acoroides | L. C. Richard

N° 1314

Indo-Pacifique

Clé d'identification

Feuilles vertes, rectangulaires allongées
Feuilles épaisses et très longues
Feuilles recourbées sur la longueur

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Enhalus koenigii

Distribution géographique

Indo-Pacifique

Zones DORIS : 4 Indo-Pacifique

Cette phanérogame borde les littoraux peu profonds inter-tropicaux des océans Indien et Pacifique Ouest.

Biotope

Enahlus acoroides colonise les fonds sablo-vaseux du bord des baies abritées. Elle forme des herbiers en mosaïque pouvant occuper de grandes surfaces.
Comme toute herbe sous-marine, son implantation dans un lieu donné est surtout conditionnée par les paramètres du milieu qui permettront on non une bonne photosynthèse* : ensoleillement, salinité de l'eau, turbidité, courantologie, type de sédiments, etc. Ceci les rend relativement dépendantes des aléas environnementaux ; elles prolifèrent ou régressent facilement selon le niveau de leur photosynthèse*.
La profondeur maximale atteinte par ces végétaux est également conditionnée par la capacité de la lumière, en un lieu donné, à atteindre les zones profondes. Dans les eaux claires, la lumière diffuse facilement et on rencontrera E. acoroides plus profondément (mais rarement au-délà de 10 m), tandis que dans les eaux chargées de sédiments, la lumière est vite stoppée et E. acoroides se cantonnera aux faibles profondeurs (cas le plus fréquent : moins de 4 m).

Description

Enhalus acoroides est une plante verte sous-marine. C'est une des herbes sous-marines tropicales les plus grandes : les feuilles peuvent atteindre 150 cm de long pour 2 cm de large. Cependant, les feuilles sont minces : près de 2 cm de large. Elles sont vert foncé, de forme rectangulaire, allongées et aplaties, telles des lames. Elles portent de nombreuses et fines nervures parallèles. Les feuilles sont relativement rigides et sont généralement enroulées sur elles-mêmes. Leurs extrémités sont arrondies et légèrement dentées ; mais la plupart du temps il n'est pas possible de remarquer ces éléments anatomiques car elles sont rongées par les herbivores.
La tige est souterraine et épaisse (1 à 1,5 cm de diamètre), c'est un rhizome*. Ce dernier est couvert de fibres brunes le rendant ainsi chevelu. Ce sont les résidus des gaines qui forment la base des feuilles tombées.
Les racines sont elles aussi épaisses, de 3 à 5 mm d'épaisseur, et longues de 10 à 30 cm. A cause de leur taille, elles évoquent de la corde. Elles partent en faisceau à partir des bourgeons qui ont aussi produit les feuilles.

Espèces ressemblantes

La confusion d'Enhalus acoroides avec une autre herbe semble difficile, grâce à la rigidité des feuilles, leur courbure et la présence de ce rhizome épais.

Alimentation

Enhalus acoroides utilise les sels minéraux prélevés au niveau des racines. La photosynthèse* réalisée au niveau des feuilles vertes est leur source de carbone, et nécessite une bonne exposition au soleil. La couleur verte est due à la présence d'un pigment vert photosynthétique, la chlorophylle.

Reproduction - Multiplication

Enhalus acoroides doit émerger pour fleurir et polliniser. Ainsi seuls les herbiers découverts à marée basse produisent des graines. Les herbiers plus profonds se développent par croissance végétative uniquement.
Les sexes sont séparés chez Enhalus acoroides : chaque plant produit des fleurs soit femelles (avec pistil), soit mâles (avec étamines). La floraison peut avoir lieu toute l'année, mais elle est induite par des conditions particulières de température, d'ensoleillement et de turbidité. Notamment la durée d'exposition au soleil détermine la période de pollinisation qui permet alors la production des graines.
Les fleurs sont blanches. Le fruit qui se développe est rond, sombre, large de 4 à 6 cm de diamètre et contient 6 ou 7 graines blanches. Ces graines peuvent flotter jusqu'à 5 heures avant de couler et s'enraciner.

Vie associée

E. acoroides est généralement associé aux autres herbes sous-marines (Thalassia hemprichii, Halodule uninervis, Cymodocea), même si certaines zones peuvent être dominées par l'une ou l'autre de ces plantes à fleur. Ensemble, les herbes sous-marines forment les écosystèmes* appellés herbiers.
En tant qu'êtres photosynthétiques*, les herbes sous-marines forment les premiers maillons des chaînes alimentaires : en se nourrissant de sels minéraux et de lumière, ce sont les premiers êtres vivants à pouvoir coloniser une zone pauvre, dépeuplée ou abîmée. Puis viennent les organismes herbivores (dugong, tortues, divers poissons, nombreux nudibranches, etc), ainsi que divers juvéniles qui se réfugient entres les herbes. Les herbiers sont donc un incroyable vivier nourricier pour les océans.
Dans les régions tropicales, les herbiers se développent généralement dans le lagon, entre mangroves et récifs coralliens. C'est pourquoi ils sont le jeu d'interactions complexes biologiques et physico-chimiques entre ces deux autres écosytèmes*.

Réglementation

Cette espèce est classée depuis 2010 dans la liste rouge de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) avec le statut LC (Least Concern, soit peu préoccupante).

Origine des noms

Origine du nom français

Ce nom commun est un rappel à une caractéristique de cette espèce : les feuilles sont courbées.

Origine du nom scientifique

Enhalus du latin [en] = dans et du grec [halos] = sel de mer.
acoroides du latin [acoron] = iris des marais, et du suffixe [oides] qui veut dire en forme de.
E. acoroides
est une herbe qui vit dans l'eau de mer, et qui ressemble à l'iris des marais du fait de ses longues feuilles.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Magnoliophyta Angiospermes Plantes à fleurs dont les graines fécondées sont renfermées dans un fruit.
Ordre Hydrocharitales Hydrocharitales
Famille Hydrocharitaceae Hydrocharitacées
Genre Enhalus
Espèce acoroides

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