Chiendent à feuilles de jonc

Elytrigia juncea | (L.) Nevski

N° 3993

Méditerranée, Atlantique Nord-Est

Clé d'identification

Plante herbacée vivace de 30 à 80 cm de hauteur
Feuilles alternes, de couleur vert-glauque, souvent enroulées sur les bords
Inflorescence de 20 à 25 cm de longueur, formée d'épillets aplatis de 10 à 25 mm de long
Epis fragiles et se désarticulant à maturité
Sur jeunes dunes de sable

Noms

Autres noms communs français

Chiendent de mer, chiendent des dunes, agropyre à feuilles de joncs, élyme des sables

Noms communs internationaux

Sand couch (GB), Gramigna delle spigge, gramigna delle spiagge (I), Agropir mediterrani, jull de platja (Catalan), Binsen-Quecke, Strand-Quecke, Gewöhnliche Strand-Quecke (D), Biestarwegras (NL), Merijuolavehnä (F), Strand-kvik (DK), Merivehnä (SE)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

La taxonomie du genre Elytrigia ne fait pas encore consensus (voir paragraphe "informations complémentaires"). Selon les sources (notées entre parenthèses), on trouve des noms différents :

  • Titricum junceum L. 1755 (basionyme, cité dans Tela Botanica)
  • Bromus truncatus Scop. 1771 (INPN)

3 autres synonymes sont cités dans [Flora gallica, 2014] :

  • Agropyron junceum (L.) P.Beauv.
  • Elymus farctus (Viv.) Runemark ex Melderis (données dans EOL, Worms, certains le considèrent en synonyme d'autres en valide)
  • Thinopyrum junceum (Viv) A. Löve

Elytrigia juncea compte 2 sous-espèces :

  • Elytrigia juncea subsp. juncea en Méditerranée
  • Elytrigia juncea subsp. boreali-atlantica (Simonet & Guin.) Hyl. sur la façade atlantique

La sous-espèce boreali-atlantica a 2 synonymes :

  • Agropyron junceum subsp. boreali-atlanticum Simonet & Guin.
  • Elymus farctus subsp. boreali-atlanticus (Simonet & Guin.) Melderis

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique Nord-Est

Zones DORIS : 1 Europe (côtes françaises), 1.1 [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], 1.2 [Méditerranée française]

En France, le chiendent à feuilles de jonc se rencontre sur toutes les côtes sableuses de métropole et de Corse.
La sous-espèce boreali-atlantica est présente sur les côtes de l'Atlantique, de la Manche et de la mer du Nord. On la rencontre jusqu'en Scandinavie, Estonie, Lituanie.
L'aire de répartition de la sous-espèce juncea est limitée à la Méditerranée
.

Biotope

Le chiendent à feuilles de jonc est très commun sur les dunes maritimes embryonnaires, jeunes et mobiles, où il contribue à fixer le sable.

Description

Le chiendent à feuilles de jonc est une plante herbacée vivace plus ou moins glauque de 30 à 80 cm de hauteur. Les rhizomes* sont longs et profonds. Les feuilles sont alternes, de couleur vert glauque, de 10 à 30 cm de long et 5 à 8 mm de large, souvent enroulées sur les bords. Leur face supérieure, très pubescente, porte des poils denses et courts. La ligule* est courte.

L'inflorescence* de 20 à 25 cm de longueur, est formée d'épillets de couleur vert glauque, aplatis, de 15 à 25 mm de long, et disposés en 2 rangées opposées et peu serrés entre eux (leur taille est presque égale à celle des entre-nœuds de l’axe). Chaque épillet contient de 5 à 8 fleurs. La longueur de la glumelle* inférieure de l'épillet (la lemme) dépasse en général 13 mm. L'axe de l'épi se casse facilement à maturité.

  • Sous-espèce juncea : l'inflorescence contient de 7 à 14 épillets, la plupart des anthères* mesurent au moins 9 mm de longueur.
  • Sous-espèce boreali-atlantica : l'inflorescence contient de 3 à 8 épillets, la plupart des anthères mesurent moins de 9 mm de longueur.

Espèces ressemblantes

D'autres Poacées (Graminées), ressemblantes de loin, sont communes sur les dunes. Parmi celles-ci, on peut citer l'oyat, Ammophila arenaria, de 50 cm à 1,2 m de hauteur. L'inflorescence est un épi d'épillets dense mesurant de 7 à 30 cm de longueur, de couleur blanc jaunâtre. Les épillets mesurent de 12 à 14 mm et sont comprimés latéralement. Ils portent une fleur unique, blanche, entourée de poils courts.

Mais c’est surtout avec les autres espèces du même genre qu’Elytrigia juncea peut être confondue :

Elytrigia acuta (D.C.) Tzvelev, le chiendent littoral, possède un épi plus épais avec des épillets en position très dense. Il ne se rencontre pas sur les dunes mais sur des terrains salés et sablonneux.

Elytrigia elongata (Host) Nevski, le chiendent allongé, est une espèce cespiteuse* dont les épillets sont courts et très espacés. Elle est protégée en région Provence-Alpes Côte d'Azur et se rencontre dans les sansouïres* méditerranéennes. Elle est par exemple fréquente en Camargue.

Alimentation

Comme tout végétal, le chiendent à feuilles de jonc élabore sa matière organique carbonée par photosynthèse* à partir de dioxyde de carbone, en utilisant la lumière comme source d'énergie. Son système racinaire lui permet d'absorber l'eau et les éléments minéraux.

Reproduction - Multiplication

La floraison a lieu en été entre juin et août. Les fleurs sont hermaphrodites* protandres*. La pollinisation est anémogame* (assurée par le vent). Les graines tombent par gravité et germent sur place (barochores).

Vie associée

Cette plante est associée aux autres plantes des jeunes dunes littorales. Par exemple, l'oyat (Ammophila arenaria), le sporobole piquant (Sporobolus pungens), l'anthémis maritime (Anthemis maritima), le cakilier maritime (Cakile maritima), la luzerne marine (Medicago marina), le panicaut maritime (Eryngium maritimum), la criste marine (Crithmum maritimum), la giroflée des dunes (Matthiolia sinuata), l'euphorbe des sables (Euphorbia paralias), le liseron des dunes (Convolvulus soldanella), le diotis blanc (Achillea maritima), ...

Informations complémentaires

La systématique du genre Elytrigia fait encore débat car les espèces de ce genre s'hybrident spontanément avec d'autres Poacées des genres Agropyron et Triticum. Cependant, de tels hybrides spontanés n'ont pas été observés en France. À l’inverse, les hybrides entre espèces du genre Elytrigia sont nombreux en France et parfois même abondants par place, ce qui accentue la difficulté de leur détermination (ils se repèrent surtout à leur pollen hétérogène à grains inégaux et en partie mal formés).
Le nom de genre Elytrigia est lui-même controversé.

Réglementation

Cette espèce n'est pas réglementée. Elle est listée depuis 2019 sous le statut NC (non préoccupante) dans la liste rouge mondiale des espèces menacées de l'UICN* sous le nom d'Elymus farctus (Viv.) Runemark ex Melderis. On la retrouve au même statut sous d'autres synonymes dans la liste rouge nationale des plantes vasculaires* de France métropolitaine et plusieurs listes régionales.

Origine des noms

Origine du nom français

Agropyre à feuilles de joncs, élyme des sables : se réfèrent aux anciens noms de genre de cette espèce.

Chiendent est le nom vernaculaire donné aux Poacées des genres Elymus et Elytrigia, dont les feuilles, le rhizome, ou les bourgeons évoqueraient des dents pointues de chien.

De mer ou des dunes : en référence à l'habitat de cette plante.

Origine du nom scientifique

Elytrigia : du grec [Elutron] = enveloppe, fourreau, d'où est tiré le mot élytre, nom de genre publié par A.N. Desvaux en 1810.

juncea : du latin [juncus] = jonc, tige semblable à un jonc.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Magnoliophyta Angiospermes Plantes à fleurs dont les graines fécondées sont renfermées dans un fruit.
Classe Equisetopsida Equisetopsida
Sous-classe Magnoliidae Magnioliales
Ordre Poales Poales
Famille Poaceae Poacées Graminées.
Genre Elytrigia
Espèce juncea

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