Grande marque blanche ou brun clair en forme de Y sur la tête
Coloration verte ponctuée de taches claires et points bleu-vert iridescents
Parapodes épais hauts et généralement refermés sur le haut du corps et joints
Ouverture siphonale à mi-longueur du corps
Rhinophores verts à la base et clairs à leur extrémité.
Élysie tuca (selon son synonyme)
Velvety elysia, velvet elysia (GB)
Elysia (Elysiopterus) verrilli Pruvot-Fol, 1946
Elysia pruvotfolae Er. Marcus, 1957
Elysia tuca Ev. Marcus & Er. Marcus, 1967
Atlantique Ouest tropical, dont les Caraïbes
Zones DORIS : ● CaraïbesElysia velutinus est répartie dans l’Atlantique occidental tropical, des Bermudes et de la Floride jusqu’au Brésil, en passant par les Caraïbes (dont la Guadeloupe et la Martinique dans les Petites Antilles) et l’Amérique centrale (signalée au Bélize, au Costa-Rica, à Panama, ...)
Elysia velutinus vit dans les zones peu profondes d’herbiers et de fonds sableux entre 0 et 15 mètres.
Elysia velutinus a un corps vert clair à vert foncé. Elle se caractérise par de grands parapodes* épais qui recouvrent généralement le dos. L’extrémité postérieure est arrondie ou parfois tronquée, pouvant aussi se prolonger par une courte queue triangulaire. La taille maximale est de 40 mm.
La partie antérieure de la tête est arrondie et lisse, sans lobes oraux. Une grande marque pigmentaire en Y, généralement blanche mais parfois brun clair, s’étend de la région située en avant du péricarde* jusqu’à la base des rhinophores*, en passant au-dessus des yeux.
Les rhinophores sont verts à la base, puis progressivement blancs ou brun clair vers leur extrémité. Leur largeur reste relativement uniforme sur toute leur longueur. Ils peuvent porter de petites papilles.
Les parapodes hauts et épais, sont généralement refermés au-dessus du dos et du péricarde. Leurs bords se courbent vers l’extérieur pour former une petite ouverture siphonale située approximativement à mi-longueur du corps. Leur surface, lisse ou ponctuée de petites papilles blanches arrondies, est marquée de taches régulièrement espacées et parfois densément parsemées et de points bleu-vert irisés. La bordure des parapodes peut présenter une pigmentation blanche à brun clair.
Des ramifications vasculaires peuvent être visibles par transparence à l’intérieur des parapodes. Un réseau de conduits reproducteurs blancs peut également apparaître sur le dos, autour du péricarde.
Elysia zuleica : l'élysie de Zuleica porte sur la tête une tache triangulaire blanche ou jaune/brune entre les yeux (vs une marque en Y sur la tête pour E. velutinus), les rhinophores sont blancs à brun violacé (vs des rhinophores verts à la base et clairs à leur extrémité) et les parapodes plutôt minces ont les bords ondulés avec une rangée de papilles blanches regroupées par 3 ou 5 alors que l'élysie veloutée a des parapodes épais et hauts, sans papilles sur leur bord.
Elysia velutinus se nourrit de diverses espèces d’algues du genre Halimeda ; elle est le plus souvent associée aux espèces dressées et ramifiées Halimena incrassata et Halimena monile ainsi qu'à Halimena discoidea.
Les parades prénuptiales et l'accouplement d'Elysia velutinus n'ont pas été décrits dans le détail à ce jour (10/2026) et on doit se rattacher aux généralités connues pour le genre, jusqu'à plus amples observations.
La reproduction d’Elysia velutinus est caractérisée par une ponte contenant un ruban orange vif de vitellus* extra-capsulaire, qui serpente entre les capsules d’œufs pour être en contact avec chacune d’elles. Les larves* utiliseront cette réserve nutritive au cours de leur développement, ce qui leur donnera une coloration orangée.
Les pontes sont souvent déposées sur l’herbier marin Thalassia testudinum ou sur l’algue Halimeda incrassata.
L’éclosion débute généralement 17 à 18 jours après la ponte (les œufs situés sur les tours les plus externes du ruban de ponte éclosent avant (± 1 semaine) ceux situés dans les tours les plus internes).
Le développement est lécithotrophe* : les larves libres se nourrissent principalement des réserves vitellines extra-capsulaires et ne dépendent pas d’une alimentation planctonique pour assurer leur développement initial durant cette phase dans la colonne d'eau.
Après l’éclosion et la phase planctonique, les larves véligères* doivent rencontrer un substrat* favorable pour se fixer et se métamorphoser*. Les algues du genre Halimeda, notamment Halimeda incrassata, Halimeda monile et Halimeda opuntia, favorisent cette transformation, contrairement aux algues non-hôtes testées par une étude (Krug 2009). Après métamorphose, les juvéniles rampants mesurent environ 0,36 mm.
Bien que ce ne soit pas formellement démontré dans les sources scientifiques, Elysia velutinus pratique très certainement la kleptoplastie*. C'est une stratégie biologique remarquable par laquelle certaines limaces de mer prélèvent les chloroplastes* des algues qu'elles consomment, puis les conservent dans leurs propres cellules. Certains de ces chloroplastes restent capables de réaliser la photosynthèse* pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Ce qui leur permet de pouvoir vivre sans apport de nourriture pendant cette période.
La radula* comporte +/-17 dents sur son ensemble avec un brin montant où les dents sont produites et un brin descendant où elles sont évacuées. La formule radulaire* 17 x 0.1.0 est généralement acceptée. La dent incisive est allongée et étroite avec une cuspide légèrement incurvée, avec de nombreux et minuscules denticules*. Une seule dent est utilisée à la fois. Quand elle est usée, elle suit le brin descendant (inférieur), jusqu'à tomber dans l'ascus*, et elle sera remplacée par la prochaine dent sur le brin montant, supérieur.
Elysia velutinus ne présente pas de comportement de nage lorsqu’elle est dérangée. Bien que cette espèce soit habituellement associée à des algues du genre Halimeda, de grands individus ont parfois été observés se déplaçant sur d’autres algues, au sein d’herbiers mixtes particulièrement denses.
Le nom actuellement accepté pour cette espèce est le résultant de plusieurs erreurs et confusions au fil du temps. Voici un résumé de l'affaire :
En 1900, Addison Emery Verrill, zoologiste américain, publie, dans une étude sur les nudibranches et tectibranches des Bermudes, une mention sous le nom d'Elysia crispata. Mais son identification a ultérieurement été considérée comme erronée et ne correspondant pas à cette espèce illustrée.
En 1946, la malacologiste* française Alice Pruvot-Fol la rebaptise donc Elysia (Elysiopterus) verrilli. Cependant, il existe déjà une espèce antérieurement nommée Elysia verrilli, décrit par Thiele en 1931, désignant une autre espèce (elle est devenue depuis un synonyme de Elysia crispata) et ce nom ne peut donc toujours pas être conservé.
En 1947, Pruvot-Fol corrigera cela dans son "Post-scriptum à la révision critique de la famille des Elysiadæ" et introduira le nom d' Elysia (Elysiopterus) velutinus, actuellement valide comme Elysia velutinus.
Plus tard (1957 et 1967), le couple Ernst et Eveline Marcus proposera d'autres noms de remplacement pour cette espèce mais ils ne seront pas retenus et demeurent des synonymes de Elysia velutinus.
Élysie veloutée : francisation littérale du nom scientifique de l'espèce Elysia velutinus.
Elysia : c'est un nom provenant de la mythologie grecque, à rapprocher des "Champs-Elysées" ; [Elysium] = l'Elysée (lieu dans les Enfers, séjour des héros et des hommes vertueux après leur mort, selon Virgile).
Le genre a été introduit en 1818 par le naturaliste niçois Joseph Antoine Risso (1777-1845), son espèce-type* est Elysia timida. Le genre Elysia contient actuellement (10/2026) 106 espèces acceptées ;
velutinus : du latin [velutinus] signifiant « velouté » ou « qui a l’aspect du velours », en référence à une texture ou à un aspect velouté.
La localité-type* de l'espèce est à Bailey Bay, aux Bermudes.
L'holotype* a, en revanche, été perdu.
Numéro d'entrée WoRMS : 883309
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Heterobranchia | Hétérobranches | |
| Super ordre | Sacoglossa | Sacoglosses | Coquille à paroi fine et en forme d’œuf ou de 2 valves, ou absente. Les espèces sans coquille sont pourvues de parapodies ou de cérates. 2 paires ou pas de tentacules sur la tête (rhinophores en tube). |
| Famille | Plakobranchidae | Plakobranchidés | |
| Genre | Elysia | ||
| Espèce | velutinus |
Gastéropodes Opisthobranches
Spécimen représentatif
Elysia velutinus a un corps vert clair à vert foncé. Elle se caractérise par de grands parapodes* épais qui recouvrent généralement le dos. La partie antérieure de la tête est arrondie et lisse, sans lobes oraux. Une grande marque pigmentaire en Y, généralement blanche mais parfois brun clair, s’étend de la région située en avant du péricarde* jusqu’à la base des rhinophores*, en passant au-dessus des yeux.
Port-Louis, Guadeloupe (971), 10 m
05/06/2021
Gastéropodes Opisthobranches
Vue de profil et taille
Voici un individu de profil. La taille maximale de l'espèce est assez difficile à estimer selon les diverses publications.
La taille de 40 mm de longueur est citée dans les pages de Wilk 2016 et par le site SeaLifeBase. Mais des guides antérieurs et des études scientifiques rapportent des tailles plus faibles, de l'ordre de
Morne-à-l'Eau, Grande-Terre, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes
04/05/2025
La tête
Une grande marque pigmentaire en Y, généralement blanche à brun clair, est visible sur le sommet de la tête. Elle va jusqu'à la base des rhinophores (où l'on peut distinguer ici les taches oculaires noires, sortes d'yeux primitifs permettant de distinguer les nuances lumineuses).
Les rhinophores, de largeur constante, sont verts à la base, puis progressivement blancs ou brun clair vers leur extrémité. Ils peuvent porter de petites papilles.
Morne-à-l'Eau, Grande-Terre, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes, 6 m
20/05/2025
Ouverture siphonale
Lorsque les parapodes sont joint sur le dessus du dos, leurs bords se courbent vers l’extérieur pour former une petite "ouverture siphonale" située approximativement à mi-longueur du corps.
Si ce passage laissé ouvert est bien décrit et nommé ainsi dans la littérature, les auteurs n'en donnent pas l'utilité ni la fonction exacte.
Au-delà de la dénomination "siphonale", plusieurs pistes peuvent être évoquées (circulation de l'eau, fonction respiratoire, évacuation d'éléments, …) mais la ou les fonctions précises restent donc à déterminer.
Petit-Canal, Grande-Terre, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes
15/07/2021
Biotope
L'élysie veloutée vit principalement dans les zones peu profondes, entre 0 et 15 mètres, garnies de végétaux.
Lagon de la Pointe d'Antigue, Port-Louis, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes
26/08/2021
Alimentation
Elysia velutinus se nourrit de diverses espèces d’algues du genre Halimeda ; elle est le plus souvent associée aux espèces dressées et ramifiées Halimena incrassata et Halimena monile ainsi qu'à Halimena discoidea.
Port-Louis, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes, 8 m
07/02/2025
Pontes
La ponte de l'élysie veloutée consiste en un ruban orange vif, couleur du vitellus extra-capsulaire. Il serpente entre les capsules d’œufs pour être en contact avec chacune d’elles.
Après éclosion, les larves utiliseront cette réserve nutritive, ce qui leur donnera également une coloration orangée, sans avoir besoin d'en trouver dans le milieu.
Le Moule, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes
20/09/2025
Distribution
La distribution connue de cette espèce s'étend dans l'Atlantique occidental tropical et subtropical, depuis les Bermudes et la Floride au nord jusqu'au Brésil au sud. Elle a été signalée en de nombreux endroits dans les Caraïbes, notamment aux Bahamas, à Cuba, à la Jamaïque, au Belize, au Panama...
Dans les Petites Antilles, Elysia velutinus a été documentée en Martinique et en Guadeloupe, comme cet individu.
Bouillante, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes
11/2/2023
Rédacteur principal : Alain GOYEAU
Vérificateur : Alain-Pierre SITTLER
Responsable régional : Jean-Michel SUTOUR
Goodheart J., Ellingson R., Vital X., Galvão F.H., McCarthy-Taylor J., Medrano S., Bhave V., García-Méndez K., Jimenez L., López, G., Hoover C., Awbrey J., De Jesus J.L., Gowacki W., Krug P., Valdes A., 2016, Identification guide to the heterobranch sea slugs (Mollusca: Gastropoda) from Bocas del Toro, Panama, Marine Biodiversity Records, 9, 1-56.
Krug P.J., 2009, Not my “type”: Larval dispersal dimorphisms and bet-hedging in opisthobranch life histories, The Biological Bulletin, 216, 355–372.
Krug P.J., Vendetti J.E., Valdés A., 2016, Molecular and morphological systematics of Elysia Risso, 1818 (Heterobranchia: Sacoglossa) from the Caribbean region, Zootaxa 4148 (1), 1-137, 82-86.
Pruvot-Fol A., 1946, Révision critique de la famille des Elysiadae, Journal de Conchyliologie, 87, 29-44.
Pruvot-Fol A., 1947, Post scriptum a la révision critique de la famille des Elysiadae, Journal de Conchyliologie, 87, 115.
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La page d'Elysia velutinus dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
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