Taille de 20 à 30 mm
Couleur verte jaunâtre à brunâtre
Nombreuses lignes blanches longitudinales
Rhinophores lisses, enroulés
Parapodes bordés d’une fine ligne noire et de rangées de papilles blanches
Limace de mer des prés, élysie à lignes (Guadeloupe, Martinique)
Lined elysia, striped elysia, meadow sea slug (GB)
Caraïbes
Zones DORIS : ● CaraïbesElysia pratensis est répartie dans les eaux tropicales de l’Atlantique occidental et des Caraïbes.
On peut la trouver depuis le sud de la Floride et des Bahamas jusqu’au golfe du Mexique, l’Amérique centrale et les Antilles.
Cette limace vit dans les zones de sable peu profondes peuplées d’algues, en particulier d’algues vertes du genre Rhipocephalus. On peut l'observer jusqu’à 12 m de profondeur.
La taille est généralement de 20 à 30 mm. Le corps est allongé et étroit de couleur verte jaunâtre à brunâtre. De nombreuses lignes blanches longitudinales de chaque côté de la face externe des parapodes*, se prolongent sur les côtés de la tête et les rhinophores*.
La tête est presque carrée. Les "yeux" sont petits, noirs, à peine visibles à la base des rhinophores.
Les rhinophores* sont lisses, enroulés, comme souvent chez les sacoglosses, généralement inclinés vers l’avant avec les extrémités jaune orangé.
Les parapodes* sont bordés d’une fine ligne noire et de rangées de papilles blanches, espacées régulièrement sur toute la longueur. Ils sont généralement maintenus ensemble et proches l'un de l'autre pour couvrir le dos.
La queue est courte, triangulaire et arrondie.
Dans son aire de distribution, Elysia pratensis peut éventuellement être confondue avec l'élysie des caulerpes, Elysia subornata A.E. Verrill, 1901. Cette dernière est de couleur verte à brun-vert, souvent plus marbrée ou tachetée. Son corps et ses rhinophores sont couverts de papilles. Une ligne sombre (parfois noire) est présente le long des parapodes. Mais elle ne possède pas de lignes blanches longitudinales.
Elysia pratensis se nourrit d’algues vertes des genres Rhipocephalus sp. En Guadeloupe, on l'observe principalement sur l’algue pomme de cèdre (Rhipocephalus phoenix).
La partie conique de l’algue se compose de fines lamelles superposées, elles-mêmes formées de filaments fusionnés. Après avoir percé la membrane des cellules de l’algue à l’aide de la radula*, la limace aspire le cytoplasme* par l’extrémité de ces filaments.
Le nom commun anglais donné aux sacoglosses est « sapsucking slugs », « limaces suceuses de sève ».
Elysia pratensis est hermaphrodite* et possède donc, à la fois, des organes mâles et femelles, situés sur le côté droit de la tête, entre le parapode antérieur droit et le péricarde*.
Lors de l’accouplement croisé, les deux partenaires se fécondent simultanément et réciproquement, la fécondation* ayant lieu de manière interne.
Elysia pratensis pond ensuite des œufs jaunâtres, contenus dans un ruban gélatineux, lui-même enroulé en spirale sur l’algue dont elle se nourrit.
Ses larves* ont un développement lécithotrophe* (Krug 2009). C'est-à-dire que les embryons* se développent dans les capsules ovigères*, se nourrissant des réserves vitellines* qui s'y trouvent. Les larves commencent leur métamorphose* (±18 jours, à 22 °C, après la ponte) à l'intérieur même des capsules ovigères. Celles-ci donneront à terme (± 24 jours après la ponte, selon la température) directement un juvénile rampant, qui n'aura pas eu de phase larvaire planctonique* libre, contrairement à de nombreux opisthobranches*.
Certains juvéniles restent ensuite temporairement dans le ruban de ponte, se nourrissant du vitellus* extracapsulaire (qui donne la couleur jaune-orange au ruban d’œufs) s'y trouvant (Krug 2009 ; Krug et al. 2015 et 2016).
C'est une espèce plutôt commune.
Les bandes longitudinales blanches d’Elysia pratensis assurent son camouflage sur son hôte, en particulier lorsque l'extrémité des filaments des lamelles de l’algue a blanchi après avoir été consommée.
Chez les mollusques, la radula* est un organe en forme de langue râpeuse garnie de petites dents, situé dans la bouche. Avec des dents pointues et grossièrement dentelées, la radula d’Elysia pratensis parait vraisemblablement adaptée pour percer les filaments calcifiés des algues dont elle se nourrit.
Krug et al.
2016, décrit la radula de l'élysie des prairies. On pourrait
résumer la description ainsi : il s'agit d'une radula unisériée* à
21 dents, la dent principale, fonctionnelle, est allongée et
robuste, sa cuspide* portant 16 à 22 petites denticules irrégulières
et grossières.
Grâce à cette dent, l'animal peut
percer précisément, telle une aiguille hypodermique, la paroi des
cellules de l'algue et aspirer son liquide cytoplasmique*.
Une
fois la dent usée, elle tombe de la radula et est stockée sous le
pharynx* dans un sac spécifique, l'ascus*, d'où le nom du taxon* Sacoglosse (= "langue en sac"). Elle est remplacée par la
dent suivante sur la radula.
La forme des dents est d’ailleurs un critère important de différenciation des genres et des espèces au sein des sacoglosses. Les espèces apparentées et coexistantes comme Elysia subornata et Elysia zemi, qui se nourrissent de caulerpes ont des dents émoussées, presque lisses, contrairement à E. pratensis.
Pour respirer, les sacoglosses, dont fait partie Elysia pratensis, absorbent l'oxygène à travers leur peau. Les dentelles de peau sur le dos, plus ou moins développées selon les espèces, augmentent la zone d'absorption.
Élysie : francisation directe du genre Elysia.
des prairies : traduit de l'adjectif latin pratensis.
Elysia : nom mythologique grec à rapprocher des "Champs-Élysées", [Elysium] = l'Élysée (séjour des héros et des hommes vertueux après leur mort).
Le genre a été introduit en 1818 par le
naturaliste niçois Joseph Antoine Risso (1777-1845), son
espèce-type* est Elysia
timida. Le genre Elysia
contient actuellement (10/2026) 106 espèces acceptées.
pratensis : du latin [pratum] = pré, des prairies, avec le suffixe [-ensis] = (étant, originaire de).
Les auteurs de la première description de cette espèce sont Jesús Ángel Ortea Rato, de nationalité espagnole et José Espinosa Saavedra de nationalité cubaine. Tous deux sont de célèbres biologistes et malacologues* (spécialistes des mollusques). Ils ont collaboré étroitement pendant de nombreuses années. Leurs travaux publiés en 1996 portent principalement sur les espèces de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique.
Les spécimens décrits ont été prélevés à Puerto Morelos, au Mexique
(localité-type* de l'espèce). Le nom scientifique qu’ils ont donné à cette espèce fait référence à son habitat, les prairies de phanérogames* marins.
Numéro d'entrée WoRMS : 494468
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Heterobranchia | Hétérobranches | |
| Super ordre | Sacoglossa | Sacoglosses | Coquille à paroi fine et en forme d’œuf ou de 2 valves, ou absente. Les espèces sans coquille sont pourvues de parapodies ou de cérates. 2 paires ou pas de tentacules sur la tête (rhinophores en tube). |
| Famille | Plakobranchidae | Plakobranchidés | |
| Genre | Elysia | ||
| Espèce | pratensis |
Gastéropodes Opisthobranches
Biotope
Cette limace vit dans les zones de sable peu profondes peuplées d’algues, en particulier d’algues vertes du genre Rhipocephalus. On peut l'observer jusqu’à 12 m de profondeur.
Port Louis, Guadeloupe (971), 8 m
14/07/2026
Gastéropodes Opisthobranches
Robe rayée
Les bandes longitudinales blanches sur fond vert d’Elysia pratensis assurent son camouflage sur son algue hôte, en particulier lorsque l'extrémité des filaments des lamelles de l’algue a blanchi après avoir été consommée, comme on le voit sur cette photo. On peut distinguer ici la tache oculaire noire, à la base du rhinophore droit.
Pointe noire, Guadeloupe (971), 5 m
04/04/2019
Parapodes
Les parapodes* sont bordés d’une fine ligne noire et de rangées de papilles blanches, espacées régulièrement sur toute la longueur. Ils sont généralement maintenus ensemble pour couvrir le dos.
Port Louis, Guadeloupe (971), 8 m
17/01/2025
Végétariens
Comme tous les sacoglosses, l'élysie des prairies se nourrit de végétaux. On la trouve généralement sur les algues vertes des genres Penicillus ou Rhipocephalus.
Malendure, Bouillante, Guadeloupe (971), 8 m
02/10/2019
Ponte
Cette limace est en action de ponte. La couleur jaune est donnée par le vitellus extracapsullaire, à l'intérieur du ruban gélatineux contenant les capsules ovigères (qui possèdent aussi leurs réserves vitellines, dites intracapsullaires).
Port Louis, Guadeloupe (971), 8 m
10/02/2022
Œufs
Les œufs sont jaunâtres et forment un ruban gélatineux, lui-même enroulé en spirale et posé sur l’algue dont l'espèce se nourrit. Les larves de cette espèce se développeront et se métamorphoseront à l'intérieur même des capsules ovigères et, à terme, des juvéniles rampant en émergeront directement. Il n'y a pas de phase larvaire planctonique chez Elysia pratensis.
Malendure, Bouillante, Guadeloupe (971), 7 m
27/04/2020
Sur l'algue pomme de cèdre
En Guadeloupe, on observe principalement l'élysie des prairies sur l’algue pomme de cèdre (Rhipocephalus phoenix).
Port Louis, Guadeloupe (972), 8 m
19/03/2022
Rédacteur principal : Alain GOYEAU
Vérificateur : Alain-Pierre SITTLER
Responsable régional : Jean-Michel SUTOUR
Krug P.J., 2009, Not my "type": larval dispersal dimorphisms and bet-hedging in opisthobranch life histories, Biol Bull., 216(3),355-372.
Krug P.J., Vendetti J.E., Ellingson R.A, Trowbridge C.D., Hirano Y.M., Trathen D.L., Rodriguez A.K., Swennen C., Wilson N.G., Valdés Á.A., 2015, Species selection favors dispersive life histories in sea slugs, but higher per-offspring investment drives shifts to short-lived larvae, Sys. Biol., 64(06), 983-999.
Krug
P.J., Vendetti J.E., Valdés A., 2016, Molecular and
morphological systematics of Elysia Risso, 1818 (Heterobranchia:
Sacoglossa) from the Caribbean region, Zootaxa 4148
(1), 1-137, 82-86.
Ortea
Rato J.A., Espinosa J., 1996, Description of a new species of
the genus Elysia Risso, 1818 (Opisthobranchia: Sacoglossa) collected
from Puerto Morelos, Mexico, Avicennia : revista de
ecología, oceanología y biodiversidad tropical, 4/5, 115-119.
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