Corps court et large
Tête petite avec des yeux bien visibles
Parapodes hauts et épais avec une ligne de pigments blancs opaques
Rhinophores relativement grands
Couleur jaunâtre translucide avec des taches vert foncé ou noires
Yellow sap-sucking slug, yellow elysia (GB), Elisia gialla (I)
Caraïbes, Atlantique tropical et subtropical, Méditerranée
Zones DORIS : ● Caraïbes, ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française]Il s'agit d'une espèce documentée de part et d'autre de l'océan Atlantique (dite espèce amphi-atlantique*).
Sur la façade ouest, elle est connue depuis les Bermudes jusqu'au Brésil équatorial, en passant par le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes (dont la Guadeloupe et la Martinique).
Sur la façade est, Elysia flava est signalée dans les archipels de Macaronésie*, notamment Madère et les Canaries.
On connaît également E. flava en mer Méditerranée, dans les deux bassins, oriental (Grèce) et occidental (en particulier en Espagne et sur les côtes françaises provençales, azuréennes et corses).
Dans l'Indo-Pacifique, elle est remplacée par Elysia obtusa Baba, 1938 qui, selon certains auteurs, aurait pu n'être qu'un synonyme de E. flava (ce qui a été écarté depuis 2016).
Elysia flava vit à faible profondeur, sur des fonds rocheux abritant une végétation marine. Nocturne, elle se cache, le jour, sous les pierres à l'abri de la lumière. Elle est généralement documentée du premier mètre jusqu'à une dizaine de mètres, mais ce ne sont pas des limites arrêtées pour l'espèce.
Chez Elysia flava, le corps est court, large et légèrement surélevé. Sa taille maximale est de
La couleur générale est jaunâtre translucide (plus rarement jaune orangé). Les ramifications de la glande digestive, d’un vert foncé plus soutenu, sont parfaitement visibles à travers la peau.
La tête, petite, fait environ le quart de la longueur du corps. Les rhinophores* relativement grands sont enroulés. Ils sont épais et les extrémités sont arrondies.
Les petits yeux noirs sont situés sur la tête, derrière les rhinophores et sont généralement assez visibles.
On peut parfois, mais pas systématiquement, observer des taches blanches disposées de manière relativement symétrique, près de chaque œil et sur chaque rhinophore.
Derrière la tête et située au début des parapodes* se trouve une petite proéminence : il s'agit de la zone cardiaque, marquée d'une granulation blanche.
Les parapodes* sont hauts et épais. Ils ont des bords ondulés lorsque l'animal est au repos et droits lorsqu'il se déplace. Leurs bordures présentent une ligne de pigments blancs opaques avec des tubercules coniques de même couleur. Des papilles blanches semblables sont également présentes sur leur face interne. De fines nervures sombres sont parfois visibles, convergeant vers la partie arrière de la zone péricardique*.
Derrière les parapodes, la queue est courte, triangulaire et pointue.
Dans la zone de distribution d'Elysia flava, citons :
En dehors de sa zone :
Elysia flava se nourrit d'algues vertes filamenteuses, probablement du genre Cladophora ou Bryopsis. Mais les données sur l'écologie alimentaire de cette espèce sont assez limitées et les espèces consommées ne sont pas encore connues avec précision.
Comme la grande majorité des limaces de mer de l'ordre des
sacoglosses, c’est une "suceuse de sève". Elle utilise sa radula* spécialisée
pour perforer la paroi cellulaire de l'algue afin d'en aspirer le fluide
contenu. Ce contenu cytoplasmique* des cellules algales renferme les organites* et les molécules dont l'élysie tire ses nutriments.
Elysia flava est hermaphrodite* et possède donc à la fois des organes mâles et femelles, situés sur le côté droit de la tête.
Lors de l’accouplement croisé, les deux partenaires se fécondent simultanément et réciproquement, la fécondation* ayant lieu de manière interne.
Peu après la fécondation, les minuscules œufs blancs sont pondus sous forme d’un cordon gélatineux enroulé qui vient se coller sur un substrat* comme une pierre ou une algue. Le développement larvaire* après éclosion n'est pas documenté à ce jour (11/2026) dans la littérature scientifique consultée.
Bien que ce ne soit pas formellement démontré dans les sources scientifiques, Elysia flava pratique très certainement la kleptoplastie*. C'est une stratégie biologique remarquable par laquelle certaines limaces de mer prélèvent les chloroplastes* des algues qu'elles consomment, puis les conservent dans leurs propres cellules. Certains de ces chloroplastes restent capables de réaliser la photosynthèse* pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Ce qui leur permet de pouvoir vivre sans apport de nourriture pendant cette période.
Chez les mollusques, la radula* est un organe en forme de langue râpeuse garnie de petites dents, situé dans la bouche. Il s'agit d'un élément utilisé dans la Classification, chaque espèce présentant une composition de dents qui lui est propre.
La radula des sacoglosses est spécialisée pour la diète herbivore de ces animaux. Si, sur le ruban radulaire, de nouvelles dents futures sont créées en permanence, il n'y a en général qu'une dent active à la fois. Grâce à cette dent, l'animal peut percer précisément, telle une aiguille hypodermique, la paroi des cellules de l'algue et aspirer son liquide cytoplasmique*. Une fois la dent active usée, elle tombera de la radula et sera stockée sous le pharynx* dans un sac spécifique, l'ascus*, d'où le nom du taxon* sacoglosse (= "langue en sac"). Elle sera remplacée par la dent suivante sur la radula.
Pour respirer, les sacoglosses, dont fait partie Elysia flava, absorbent l'oxygène à travers leur peau. Les dentelles de peau sur le dos, plus ou moins développées selon les espèces, augmentent la zone d'absorption.
Élysie jaune : le nom commun français est la traduction littérale directe de son nom scientifique Elysia flava.
Elysia : c'est un nom provenant de la mythologie grecque, à rapprocher des "Champs-Elysées" ; [Elysium] = l'Elysée (lieu dans les Enfers, séjour des héros et des hommes vertueux après leur mort, selon Virgile).
Le genre a été introduit en 1818 par le naturaliste niçois Joseph Antoine Risso (1777-1845). Son espèce-type* est Elysia timida ;
flava : vient du latin [flavus] qui signifie jaune, doré ou blond. L'espèce a été décrite en 1901 par l'américain Addison Emery Verrill (1839-1926), alors professeur de zoologie à l'Université de Yale et conservateur au Yale Peabody Museum, après la seconde expédition (la première était en 1898) à laquelle il a participé dans les Bermudes, au printemps 1901.
La localité-type* d'Elysia flava est donc dans les Bermudes, bien que l'holotype* original soit considéré comme perdu. Deux iconotypes*, déposés au Musée d'histoire naturelle du comté de Los Angeles (LACM) font actuellement référence pour l'espèce.
Numéro d'entrée WoRMS : 139679
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Heterobranchia | Hétérobranches | |
| Super ordre | Sacoglossa | Sacoglosses | Coquille à paroi fine et en forme d’œuf ou de 2 valves, ou absente. Les espèces sans coquille sont pourvues de parapodies ou de cérates. 2 paires ou pas de tentacules sur la tête (rhinophores en tube). |
| Famille | Plakobranchidae | Plakobranchidés | |
| Genre | Elysia | ||
| Espèce | flava |
Gastéropodes Opisthobranches
Jaune verdâtre avec un feston blanc
Il s'agit d'une petite espèce (
On peut la retrouver, plus ou moins localisée, sur les deux côtes de l'océan Atlantique ainsi qu'en Méditerranée.
Port-Louis, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes, 8 m
21/08/2025
Gastéropodes Opisthobranches
De face
Sur la petite tête, les rhinophores sont enroulés, épais et ont des extrémités arrondies. Ce sont des organes sensoriels.
Entre les parapodes entrouverts, hauts et épais qui commencent à se développer vers l'arrière, on peut apercevoir, ici, la petite proéminence cardiaque.
"Cimetière", Port-Louis, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes, 3 m
21/08/2025
Des ramifications vertes
Les ramifications de la glande digestive, d’un vert foncé soutenu, sont ici parfaitement visibles à travers la peau jaune translucide des parapodes.
Pointe-Noire, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes, 10 m
21/08/2023
Vue de dessus
On peut observer les proportions de l'animal et quelques détails : la petite tête qui fait environ le quart de la longueur du corps, les deux parapodes épais et, au milieu, le dos, avec deux veines vertes qui partent vers l'arrière depuis la protubérance cardiaque derrière la tête. Le fait qu'une des taches sur cette zone forme un cœur blanc... n'est bien entendu qu'une coïncidence !
Vieux-Fort, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes, 6 m
13/12/2025
Bordures des parapodes
Les hauts parapodes ont des bords ondulés lorsque l'animal est au repos et droits lorsqu'il se déplace. Leurs bordures présentent une ligne de pigments blancs opaques avec des tubercules coniques ou des papilles de même couleur.
On peut aussi voir que des papilles blanches semblables sont présentes sur la face interne des parapodes.
Vieux-Fort, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes, 6 m
13/12/2025
Petits détails
On peut parfois, mais pas systématiquement, observer des taches blanches disposées de manière relativement symétrique, près de chaque œil et sur chaque rhinophore.
Îles des Saintes, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes, 3 m
07/02/2026
Alimentation
Elysia flava se nourrit d'algues vertes filamenteuses, peut-être du genre Cladophora ou Bryopsis. Mais les données sur l'écologie alimentaire de cette espèce sont assez limitées et les espèces consommées ne sont pas encore connues avec précision.
Comme la grande majorité des limaces de mer de l'ordre des sacoglosses, elle utilise sa radula pour perforer la paroi cellulaire de l'algue afin d'en aspirer le fluide contenu. Ce contenu cytoplasmique des cellules algales renferme les organites* et les molécules dont l'élysie tire ses nutriments.
Bouillante, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes, 6 m
07/01/2023
Distribution caraïbe : en Guadeloupe
L'espèce est principalement présente sur la face ouest de l'océan Atlantique. Elle est connue, du nord au sud depuis les Bermudes jusqu'au Brésil équatorial, en passant par le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. Et notamment la Guadeloupe, d'où cet individu est issu.
Malendure, Guadeloupe (971), mer des Caraïbes, 5 m
07/01/2023
Distribution méditerranéenne : en Provence
A proximité d'un champ d'algues rouges, dans le Parc National des Calanques, devant Marseille et environs.
L'espèce a été rencontrée plusieurs fois dans cette zone protégée.
Calanque de Sormiou, Marseille (13), Méditerranée
20/082025
Distribution méditerranéenne : sur la Côte d'Azur
Pour l'instant, la plus orientale des observations sur les côtes méditerranéennes françaises a été faite dans la rade de Villefranche-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes.
Rade de Villefranche-sur-Mer (06), Méditerranée, 8 m
16/08/2013
Rédacteur principal : Alain GOYEAU
Vérificateur : Alain-Pierre SITTLER
Responsable régional : Jean-Michel SUTOUR
Krug P.J., Vendetti J.E., Valdés A., 2016, Molecular and morphological systematics of Elysia Risso, 1818 (Heterobranchia: Sacoglossa) from the Caribbean region, Zootaxa, 4148 (1), 1-137, 82-86.
Martín-Hervás M.R., Carmona L., Jensen K., Krug P., Vitale F., Cervera J.L., 2023, A global phylogeny of Elysia Risso, 1818 (Gastropoda: Heterobranchia): molecular systematic insights focusing on European taxa and description of a new species, Zoological Journal of the Linnean Society, 200, 670-689.
Thompson T.E., Jaklin A., 1988, Eastern Mediterranean Opisthobranchia: Elysiidae (Sacoglossa = Ascoglossa), Journal of Molluscan Studies, 54, 59-69.
Verrill A.E., 1901, Additions to the fauna of the Bermudas from the Yale expedition of 1901, with notes on other species, Transactions of the Connecticut Academy of Arts and Sciences, 11, 15-62, 9 plates.
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