Doriopsille de Pelseneer

Doriopsilla pelseneeri | d'Oliveira, 1895

N° 6232

Atlantique Nord-Est tempéré et Méditerranée occidentale (sur des zones restreintes)

Clé d'identification

Corps ovale, taille maximale : 50 mm
Couleurs variables : blanche, jaune, orangée ou rougeâtre
Présence sur le manteau de verrues semi-sphériques, bien espacées, plus grosses au centre qu'en bordure du manteau
Fin anneau blanc opaque marquant le bord du fourreau branchial
Panache de 4 à 5 branchies tripennées, de couleur similaire à celle du corps
Rhinophores lamellés de même couleur que le corps

Noms

Autres noms communs français

Doriopsille verruqueuse (mais attention à la confusion avec la doris verruqueuse Doris verrucosa)

Synonymes du nom scientifique actuel

Dendrodoris minima Pruvot-Fol, 1951
Dendrodoris racemosa Pruvot-Fol, 1951

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est tempéré et Méditerranée occidentale (sur des zones restreintes)

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

On peut rencontrer cette espèce en océan Atlantique, depuis le pays basque français et toute la péninsule ibérique. De même, elle est présente en Méditerranée, sur les provinces espagnoles de Grenade et d'Andalousie (avec un signalement avéré en Catalogne).

Biotope

Ces limaces de mer peuvent être observées sur des zones rocheuses recouvertes d’algues de 10 à 40 mètres de profondeur.

Description

Le corps de la doriopsille de Pelseneer est ovale. Il peut atteindre une taille maximale de 50 mm.
La coloration peut varier : blanche, jaune, orangée ou rougeâtre.
La coloration dépendrait de l'âge : coloration blanche, puis jaune, puis orange (à l'âge adulte) et enfin rouge. Mais peut-être aussi de l'alimentation, comme cela est aussi le cas pour d'autres espèces de limaces de mer.
Les rhinophores*, le panache branchial* et le pied ont la même couleur unie que le manteau*.

Le manteau porte des verrues qui sont bien espacées et qui auront une forme semi-sphérique à légèrement pointue. Celles du centre sont plus grosses que celles situées près du bord du manteau. De petites verrues sont aussi dispersées entre les plus grandes.
Les viscères sont parfois visibles, par transparence.

Les rhinophores sont lamellés et possèdent jusqu'à 25 lamelles. Ils sont rétractiles dans un fourreau présent à la base de chacun d'eux, mais difficilement visible. cette base est lisse et transparente, ce qui permet d'apercevoir parfois la base du fourreau.
Les branchies* sont composées de 4 à 5 feuillets tripennés*, disposés en un cercle complété par l'anus à gauche. La gaine branchiale est surélevée et présente un fin cercle blanc opaque sur sa bordure. La doriopsille de Pelseneer a la capacité de rétracter ses branchies dans cette cavité du manteau.

Espèces ressemblantes

  • Doris verrucosa : les verrues de la doris verruqueuse ont une répartition plus dense, sur le manteau que celles de la doriopsille de Pelseneer. Elles sont également davantage proéminentes.
  • Doris ocelligera : chez la doris ocellée, la surface du manteau est parsemée de tubercules* peu élevés, de taille légèrement différente entre le centre et les bords, et de forme irrégulière, comme hérissée. Les tubercules sont grossièrement disposés en 6 ou 7 lignes longitudinales. Chaque tubercule peut classiquement porter un petit point noir ou violet à son sommet (d'où le nom de l'espèce), inconstant selon les individus.

Alimentation

La doriopsille de Pelseneer est carnivore. Cette espèce est dépourvue de radula*.
Elle se nourrit de spongiaires, en aspirant via le bulbe buccal.
Elle va pouvoir extraire des éponges consommées des substances biochimiques qu'elle utilisera ensuite pour se défendre.
Elle va aussi pouvoir extraire les pigments qui pourraient influencer sa coloration (Pérez-Dieste et al. 2021).

Reproduction - Multiplication

Ces limaces de mer sont hermaphrodites* simultanées. La reproduction est sexuée. Celle-ci se déroule généralement du mois d’avril à septembre. La fécondation* est interne et réciproque.

La copulation est croisée, elle se fait tête-bêche. Les organes copulateurs, qui se trouvent sur le côté droit des individus, vont saillir et se rapprocher l’un de l’autre.
Chaque individu possède conjointement un appareil génital mâle (« pénis »), pour permettre la transmission des gamètes* mâles (spermatozoïdes*) ainsi qu'un orifice génital femelle (« vagin ») afin de permettre la réception des spermatozoïdes et leur acheminement jusqu’aux ovocytes* femelle. Donc, chez les deux individus, le pénis, armé de crochets, va pénétrer dans le vagin de l'alter ego et les deux limaces de mer vont transmettre leurs gamètes mâles respectifs au partenaire.

Après la fécondation, chacune des deux Doriopsilla pelseneeri va aller pondre sur le substrat*.
Les pontes se composent de larges rubans gélatineux spiralés, contenant de minuscules œufs. La coloration des pontes varie, tout comme celle de ce doridien, allant du jaune à l'orange. Selon Pérez-Dieste et al. 2021, la nourriture pourrait également influer sur la couleur de la ponte.

Divers biologie

Informations complémentaires

Techniques de défense :

  • Couleurs aposématiques* : les doriopsilles de Pelseneer arborent une livrée très voyante pour signaler qu’elles sont toxiques.
  • Défense chimique : les Doriopsilla pelseneeri vont utiliser certaines substances contenues dans les éponges qu'elles consomment (terpènes), dans un but répulsif pour éloigner les prédateurs.
  • Rétractation dans le manteau : les rhinophores et les branchies sont rétractables grâce à des fourreaux qui sont présents dans le manteau et situés à la base des rhinophores et du panache branchial.

Origine des noms

Origine du nom français

Dioriopsille de Pelseneer : francisation du nom scientifique de l'espèce

Origine du nom scientifique

Doriopsilla : composé de [Dori-], dérivé de " Doris ", une nymphe marine de la mythologie grecque dont le nom désigne tout un groupe de nudibranches, avec les parties grecques [opsi-] qui signifie "en forme de", et [-illa], qui est un diminutif. On pourrait donc traduire par "qui est une petite doris".
La malacologue française Alice Pruvot-Fol (1873-1972) précise que ce nom de genre a été sciemment choisi en 1880 par son descripteur, Rudolf Bergh, pour sa proximité avec un ancien genre, Doriopsis (devenu depuis Dendrodoris) avec lequel le nouveau genre avait de fortes affinités.
L'espèce-type* du genre est Doriopsilla areolata.

pelseneeri : nom donné en l'honneur du Dr Jean Paul Louis Pelseneer (1863-1945), zoologiste belge spécialiste des Mollusques et de leur développement.
Cette espèce a été initialement décrite en 1895 par le naturaliste portugais Manoel Paulinos d'Oliveira (1837-1899) d'après des spécimens récoltés à Sinès (Portugal). L'holotype* a été perdu mais la description (sans illustration) était suffisante pour savoir de quelle espèce il s'agissait. En 1997, Valdès et Ortéa ont confirmé la validité de l'espèce mais en absence de l'holotype, l'ont redécrite en désignant un néotype* de 1992, provenant du nord de l'Espagne et déposé au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris.
Par la suite, les syntypes* originaux (5 individus), bien conservés, ont été retrouvés par G. Calado au Musée zoologique de l'Université de Coimbra, suite à une réorganisation des collections et sont redevenus les types* de l'espèce, le néotype de 1992 ayant par conséquent été écarté.
La localité-type* retenue est donc la ville de Sinès, au sud Portugal.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 139521

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Heterobranchia Hétérobranches
Infra-classe Euthyneura Euthyneures

Gastéropodes hétérobranches possédant une disposition particulière non croisée du système nerveux, résultant de la torsion puis détorsion de la larve véligère.

Subter-classe Ringipleura
Super ordre Nudipleura Nudipleures
Ordre Doridida
Super-famille Phyllidioidea Phyllidioidés
Famille Dendrodorididae Dendrodorididés Corps mou ovale à allongé, manteau large portant des tubercules. Rhinophores à extrémité lamellée. Branchies en arc autour de l’anus.
Genre Doriopsilla
Espèce pelseneeri

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