Corps ovale, taille maximale : 50 mm
Couleurs variables : blanche, jaune, orangée ou rougeâtre
Présence sur le manteau de verrues semi-sphériques, bien espacées, plus grosses au centre qu'en bordure du manteau
Fin anneau blanc opaque marquant le bord du fourreau branchial
Panache de 4 à 5 branchies tripennées, de couleur similaire à celle du corps
Rhinophores lamellés de même couleur que le corps
Doriopsille verruqueuse (mais attention à la confusion avec la doris verruqueuse Doris verrucosa)
Dendrodoris minima Pruvot-Fol, 1951
Dendrodoris racemosa Pruvot-Fol, 1951
Atlantique Nord-Est tempéré et Méditerranée occidentale (sur des zones restreintes)
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]On peut rencontrer cette espèce en océan Atlantique, depuis le pays basque français et toute la péninsule ibérique. De même, elle est présente en Méditerranée, sur les provinces espagnoles de Grenade et d'Andalousie (avec un signalement avéré en Catalogne).
Ces limaces de mer peuvent être observées sur des zones rocheuses recouvertes d’algues de 10 à 40 mètres de profondeur.
Le corps de la doriopsille de Pelseneer est ovale. Il peut atteindre une taille maximale de 50 mm.
La coloration peut varier : blanche, jaune, orangée ou rougeâtre.
La coloration dépendrait de l'âge : coloration blanche, puis jaune, puis orange (à l'âge adulte) et enfin rouge. Mais peut-être aussi de l'alimentation, comme cela est aussi le cas pour d'autres espèces de limaces de mer.
Les rhinophores*, le panache branchial* et le pied ont la même couleur unie que le manteau*.
Le manteau porte des verrues qui sont bien espacées et qui auront une forme semi-sphérique à légèrement pointue. Celles du centre sont plus grosses que celles situées près du bord du manteau. De petites verrues sont aussi dispersées entre les plus grandes.
Les viscères sont parfois visibles, par transparence.
Les rhinophores sont lamellés et possèdent jusqu'à 25 lamelles. Ils sont rétractiles dans un fourreau présent à la base de chacun d'eux, mais difficilement visible. cette base est lisse et transparente, ce qui permet d'apercevoir parfois la base du fourreau.
Les branchies* sont composées de 4 à 5 feuillets tripennés*, disposés en un cercle complété par l'anus à gauche. La gaine branchiale est surélevée et présente un fin cercle blanc opaque sur sa bordure. La doriopsille de Pelseneer a la capacité de rétracter ses branchies dans cette cavité du manteau.
La doriopsille de Pelseneer est carnivore. Cette espèce est dépourvue de radula*.
Elle se nourrit de spongiaires, en aspirant via le bulbe buccal.
Elle va pouvoir extraire des éponges consommées des substances biochimiques qu'elle utilisera ensuite pour se défendre.
Elle va aussi pouvoir extraire les pigments qui pourraient influencer sa coloration (Pérez-Dieste et al. 2021).
Ces limaces de mer sont hermaphrodites* simultanées. La reproduction est sexuée. Celle-ci se déroule généralement du mois d’avril à septembre. La fécondation* est interne et réciproque.
La copulation est croisée, elle se fait tête-bêche. Les organes copulateurs, qui se trouvent sur le côté droit des individus, vont saillir et se rapprocher l’un de l’autre.
Chaque individu possède conjointement un appareil génital mâle (« pénis »), pour permettre la transmission des gamètes* mâles (spermatozoïdes*) ainsi qu'un orifice génital femelle (« vagin ») afin de permettre la réception des spermatozoïdes et leur acheminement jusqu’aux ovocytes* femelle. Donc, chez les deux individus, le pénis, armé de crochets, va pénétrer dans le vagin de l'alter ego et les deux limaces de mer vont transmettre leurs gamètes mâles respectifs au partenaire.
Après la fécondation, chacune des deux Doriopsilla pelseneeri va aller pondre sur le substrat*.
Les pontes se composent de larges rubans gélatineux spiralés, contenant de minuscules œufs. La coloration des pontes varie, tout comme celle de ce doridien, allant du jaune à l'orange. Selon Pérez-Dieste et al. 2021, la nourriture pourrait également influer sur la couleur de la ponte.
Techniques de défense :
Dioriopsille de Pelseneer : francisation du nom scientifique de l'espèce
Doriopsilla : composé de [Dori-], dérivé de " Doris ", une nymphe marine de la mythologie grecque dont le nom désigne tout un groupe de nudibranches, avec les parties grecques [opsi-] qui signifie "en forme de", et [-illa], qui est un diminutif. On pourrait donc traduire par "qui est une petite doris".
La malacologue française Alice Pruvot-Fol (1873-1972) précise que ce nom de genre a été sciemment choisi en 1880 par son descripteur, Rudolf Bergh, pour sa proximité avec un ancien genre, Doriopsis (devenu depuis Dendrodoris) avec lequel le nouveau genre avait de fortes affinités.
L'espèce-type* du genre est Doriopsilla areolata.
pelseneeri : nom donné en l'honneur du Dr Jean Paul Louis Pelseneer (1863-1945), zoologiste belge spécialiste des Mollusques et de leur développement.
Cette espèce a été initialement décrite en 1895 par le naturaliste portugais Manoel Paulinos d'Oliveira (1837-1899) d'après des spécimens récoltés à Sinès (Portugal). L'holotype* a été perdu mais la description (sans illustration) était suffisante pour savoir de quelle espèce il s'agissait. En 1997, Valdès et Ortéa ont confirmé la validité de l'espèce mais en absence de l'holotype, l'ont redécrite en désignant un néotype* de 1992, provenant du nord de l'Espagne et déposé au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris.
Par la suite, les syntypes* originaux (5 individus), bien conservés, ont été retrouvés par G. Calado au Musée zoologique de l'Université de Coimbra, suite à une réorganisation des collections et sont redevenus les types* de l'espèce, le néotype de 1992 ayant par conséquent été écarté.
La localité-type* retenue est donc la ville de Sinès, au sud Portugal.
Numéro d'entrée WoRMS : 139521
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Heterobranchia | Hétérobranches | |
| Infra-classe | Euthyneura | Euthyneures | Gastéropodes hétérobranches possédant une disposition particulière non croisée du système nerveux, résultant de la torsion puis détorsion de la larve véligère. |
| Subter-classe | Ringipleura | ||
| Super ordre | Nudipleura | Nudipleures | |
| Ordre | Doridida | ||
| Super-famille | Phyllidioidea | Phyllidioidés | |
| Famille | Dendrodorididae | Dendrodorididés | Corps mou ovale à allongé, manteau large portant des tubercules. Rhinophores à extrémité lamellée. Branchies en arc autour de l’anus. |
| Genre | Doriopsilla | ||
| Espèce | pelseneeri |
Gastéropodes Opisthobranches
Caractéristiques en version jaune
On peut voir sur cette belle image la doriopsille de Pelseneer dans sa version jaune et remarquer d'emblée les tubercules dorsaux arrondis. Ceux du milieu du manteau sont généralement plus gros que ceux se rapprochant de la marge, même si des petites verrues viennent ici ou là se loger entre les grosses.
À l'avant, on peut observer les rhinophores lamellés. Le panache branchial est rétracté mais on devine la bordure blanche de la gaine qui le protège.
Socoa, Ciboure (64), golfe de Gascogne, océan Atlantique, 30 m
26/06/2021
Gastéropodes Opisthobranches
Version blanche
Pour les observateurs de la côte basque, la couleur blanche semble être rencontrée dans les mêmes proportions que la jaune. La version rouge paraît localement beaucoup plus rare.
Le panache branchial de ce spécimen est rétracté, les verrues dorsales sont espacées. On peut deviner par transparence les organes de l'animal.
Hendaye (64), golfe de Gascogne, océan Atlantique, 23 m
14/05/2022
Version orangée
L'individu, tête en bas (on distingue un des rhinophores à gauche), joue l'alpiniste.
Hendaye (64), golfe de Gascogne, océan Atlantique, 20 m
01/05/2022
Taille
L'espèce adulte fait généralement autour de 40 mm (50 mm max)
Les syntypes originaux de 1895 vont de 8 mm à 21 mm mais leur conservation dans l'éthanol leur a obligatoirement fait perdre de la longueur (classiquement 10 à 20 % chez les nudibranches). Il nous reste les observations de terrain, pour pouvoir estimer plus justement leur taille adulte et des animaux de 40 mm ont été régulièrement observés au Portugal.
Hendaye (64), golfe de Gascogne, océan Atlantique, 12 m
01/05/2026
Vue sur les rhinophores
On peut observer, sur cette vue rapprochée, les deux rhinophores dressés à l'avant de l'animal. Ils possèdent chacun jusqu'à 25 lamelles et sont rétractiles en cas de danger (ce qui semble un trou à l'apex n'est probablement une simple dépression apicale).
Les rhinophores sont des organes chémosensoriels, qui permettent à l’animal d’appréhender son environnement distal (recherche de nourriture, de conspécifiques, détection de dangers...) en analysant les molécules chimiques dissoutes dans l'eau.
Hendaye (64), golfe de Gascogne, océan Atlantique, 28 m
12/12/2024
Panache branchial
A l’arrière du manteau, on peut voir le panache branchial de la doriopsille de Pelseneer.
Remarquons une caractéristique importante pour reconnaître l'espèce : le liseré blanc opaque sur la bordure de la gaine branchiale dans laquelle les feuillets peuvent se rétracter.
Socoa, Ciboure (64), golfe de Gascogne, océan Atlantique, 30 m
23/05/2025
C'est le pied !
Cet animal, en équilibre sur une algue, soulève les bords de son manteau et nous laisse voir son pied.
Socoa, Ciboure (64), golfe de Gascogne, océan Atlantique, 30 m
23/05/2025
Biotope
Ces limaces de mer peuvent être observées sur des zones rocheuses recouvertes d’algues de 10 à 40 mètres de profondeur.
Pour déterminer un individu peu verruqueux, le liseré blanc opaque sur la bordure de la gaine branchiale est caractéristique de l'espèce.
Hendaye (64), golfe de Gascogne, océan Atlantique, 10 m
01/05/2026
Entre blanc et jaune
Les nudibranches sont hermaphrodites et donc vont être simultanément inséminateurs et inséminés. Visiblement, la couleur de la robe n'a pas trop d’importance !
La copulation est croisée, elle se fait tête-bêche (ici le blanc est tourné vers le haut, le jaune vers le bas, leurs flancs sont en contact).
Les organes copulateurs, qui se trouvent sur le côté droit respectif des individus, vont saillir du flanc et se rapprocher l’un de l’autre jusqu'à "connexion".
Puis chacun donnera à son partenaire ses gamètes mâles, produits dans l'ovotestis.
Hendaye (64), golfe de Gascogne, océan Atlantique, 22 m
29/05/2022
Entre jaune et orange
L'échange de spermatozoïdes terminé, ceux-ci vont être amenés dans les réceptacles séminaux respectifs (spermathèques*) et chacun des protagonistes pourra alors féconder ses propres ovocytes au niveau de l'oviducte* proximal (sorte de chambre de fécondation). Puis, les œufs fécondés (zygotes*) seront enrobés dans des sécrétions, mucus glaireux complexes, en passant par les glandes nidamentaires.
Et enfin, ils seront pondus et fixés sur le substrat en un large ruban gélatineux spiralé, jusqu'à éclosion des larves.
Hendaye (64), golfe de Gascogne, océan Atlantique, 25 m
12/06/2022
Distribution : au pays basque français
La distribution de cette espèce n'est à ce jour (07/2026) connue que depuis le pays basque (seule présence sur le territoire français) et sur les deux façades de la péninsule ibérique.
Elle n'est pour l'heure pas signalée sur les côtes méditerranéennes françaises.
Hendaye (64), golfe de Gascogne, océan Atlantique, 22 m
29/05/2022
Rédacteur principal : Myriam LAPLACE
Vérificateur : Jacques COVES
Responsable régional : Alain-Pierre SITTLER
Calado G. 2004, Rediscovery of the syntypes of Doriopsilla Doriopsilla pelseneeri D'Oliveira, 1895, The Nautilus, 118(3), 129-130.
Valdès J., Ortea J., 1997, Review of the genus Doriopsilla Bergh, 1880 (Gastropoda, Nudibranchia) in the Atlantic Ocean, The Veliger, 40(3), 249.
----------
Les textes et images sont sous licence et ne sont pas libres de droit.
Pour les ayants-droits, connectez-vous.
Pour toute demande d'utilisation (exemple d'un formateur Bio de la FFESSM...) contactez nous ici.