Cystoseire aplatie

Cystoseira compressa | (Esper) Gerloff & Nizamuddin

N° 3548

Méditerranée, Atlantique Nord-Est (Canaries, Açores, Cap Vert)

Clé d'identification

Grande algue souple à port dressé
Hauteur variable entre 5 cm et 1 m
Base discoïde portant plusieurs axes très courts
Rameaux primaires aplatis, au moins à la base
Ramification distique
Rameaux secondaires et tertiaires aplatis ou cylindriques
Forme en rosette des jeunes thalles
Pas de ramules épineux ni de tophules
Aérocystes en chaîne et réceptacles terminaux
Substrats durs éclairés, en mode calme et semi battu, cuvettes

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Fucus compressus Esper 1799
Cystoseira filicina Bory de Saint-Vincent
Cystoseira abrotanifolia f. fimbriata Sauvageau
Fucus fimbriatus Desfontaines 1799
Cystoseira fimbriata Bory de Saint-Vincent 1832
Cystoseira compressa subsp. rosetta Ercegovic 1952
Cystoseira compressa f. rosetta (Ercegovic) M.Cormaci, G.Furnari, G.Giaccone, B.Scammacca & D.Serio 1992

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique Nord-Est (Canaries, Açores, Cap Vert)

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Méditerranée : dans le bassin occidental au nord (France, Espagne, Italie), comme au sud (Maroc, Algérie, Tunisie, Malte) ; en mer Adriatique ; dans le bassin oriental (Grèce, Turquie, Chypre, Levant, Libye, Egypte).

Atlantique Nord-Est : depuis l'Espagne (et le Maroc) jusqu'aux îles du Cap Vert, présente également dans les îles Canaries, Madère, Açores.

Atlantique Nord-Ouest : l'espèce a été découverte en épave en 1961 dans l'archipel des Bermudes où elle est considérée comme une espèce introduite.

Biotope

Espèce photophile* fixée sur les substrats durs de l'infralittoral* le plus souvent près de la surface, entre 0 et 2 m de profondeur, mais parfois plus profondément (signalée jusqu'à 40 m).

Elle est présente en mode semi-battu ainsi qu'en mode calme. Elle colonise aussi les cuvettes littorales non stagnantes.

Parmi les cystoseires, c'est l'espèce la plus résistante à la pollution, ce qui explique sa présence dans certaines zones portuaires modérément polluées.

Description

Cystoseira compressa est une grande algue brune souple à port dressé, arborescent, de couleur jaune verdâtre à brun foncé. Sa hauteur varie de quelques cm en milieu battu à plus de 50 cm et jusqu'à 1 m en milieu calme (petits ports).

Elle est fixée sur la roche par une petite base discoïde d'où partent plusieurs axes courts dressés, cylindriques ou aplatis mesurant 2 à 3 cm (algue cespiteuse*). Ces axes, qui sont pratiquement inexistants chez les jeunes, portent de longs rameaux primaires aplatis à la base et ramifiés dans un plan (distiques*). Ces rameaux se ramifient ensuite jusqu'au troisième ou quatrième ordre.

Le thalle* est lisse, dépourvu de ramules* épineux. Les rameaux primaires sont aplatis, au moins à la base alors que les rameaux secondaires et tertiaires sont aplatis ou cylindriques.

Ces algues lorsqu'elles sont jeunes, forment des rosettes caractéristiques, avec leurs rameaux plats et courts disposés plus ou moins à l'horizontale sur le substrat*. Au printemps et début d'été, les thalles deviennent érigés et très ramifiés surtout dans la région apicale.

Les individus âgés peuvent présenter, dans la partie terminale des rameaux, de petits flotteurs (aérocystes*) isolés ou en chaînes puis des organes reproducteurs (réceptacles*) courts, simples et ovoïdes ou ramifiés et digités, parfois creusés d'un aérocyste.

A la fin de l'été et en automne, les rameaux les plus âgés tombent.

Hormis la forme classique (C. compressa f. compressa), une sous-espèce et une autre forme ont été décrites :
- Cystoseira compressa subsp. pustulata qui se distingue aisément des autres C. compressa par sa couleur beige très clair, ses rameaux primaires à peine comprimés à la base et ses cryptes pilifères* grosses et saillantes (aspect pustuleux),
- et C. compressa f. plana qui ne possède que des rameaux comprimés et se rencontre en général en profondeur (entre 30 et 40 m).

Espèces ressemblantes

Plusieurs espèces cespiteuses peuvent être confondues avec Cystoseira compressa f. compressa :

Cystoseira amentacea var. stricta Montagne : cystoseire toujours localisée près de la surface, en mode battu, s'en différencie par ses rameaux primaires longs cylindriques, souvent sinueux, couverts de nombreux ramules courts épineux assimilés à de petites feuilles.

Cystoseira brachycarpa J. Agardh = cystoseire à petits fruits : espèce photophile* qui s'en distingue par ces rameaux cylindriques jamais comprimés et ses épines espacées plus ou moins longues.

Cystoseira compressa subsp. pustulata (Ercegovic) Verlaque : cystoseire qui se caractérise par sa couleur beige très clair, ses rameaux primaires à peine comprimés à la base et ses cryptes pilifères grosses et saillantes (aspect pustuleux).

Cystoseira crinita Duby : cystoseire qui a des axes longs, noirâtres avec des bouquets de rameaux adventifs latéraux sans ramules épineux (sauf parfois dans la partie terminale).

Cystoseira foeniculacea (Linnaeus) Greville : a un thalle couvert de fines épines, plusieurs axes courts épineux et des rameaux primaires longs, aplatis à la base mais à bords découpés en dents de scie, et des réceptacles terminaux compacts et tuberculés.

Alimentation

C'est un végétal autotrophe* qui élabore sa matière organique par photosynthèse* à partir du gaz carbonique, de l'eau et des sels minéraux, grâce à sa chlorophylle* verte et à ses autres pigments qui captent la lumière solaire.

Reproduction - Multiplication

Reproduction sexuée : L'espèce est monoïque* (hermaphrodite*).

Les thalles fertiles portent de petits organes reproducteurs, long de 1 cm, simples ou ramifiés et lisses, les réceptacles* situés en position terminale sur les rameaux et parfois creusés d'un aérocyste. Ils portent des petites cavités fertiles appelées conceptacles* et contenant les organes reproducteurs mâles (spermatocystes*) et femelles (oogones*) ainsi que des filaments stériles (paraphyses*). Les conceptacles peuvent être hermaphrodites*, mâles ou femelles et un même réceptacle peut abriter les 3 types.

A maturité, les spermatozoïdes* puis les oosphères* sortent par l'ouverture (ostiole*) du conceptacle et la fécondation a lieu à l'extérieur de l'algue.

Vie associée

Cystoseira compressa peut former des peuplements denses dans les premiers mètres de l'infralittoral. Elle abrite diverses espèces d'algues, de polychètes, de mollusques et de crustacés vivant en épibiontes* ou sur le substrat.

L'association à Cystoseira compressa correspond à un faciès caractéristique d'un mode semi battu.

Divers biologie

Certains auteurs considèrent le cycle de vie des cystoseires comme étant monogénétique* diplontique* (une génération à 2n chromosomes), mais de plus en plus de scientifiques le classent parmi les cycles digénétiques hétéromorphes haplo-diplontiques*, avec alternance d'un sporophyte* (génération macroscopique à 2n chromosomes) et de gamétophytes* mâles et femelles (génération microscopique à n chromosomes) vivant en parasites dans les conceptacles.

Structure et cytologie (observations en laboratoire) : structure uniaxiale avec 3 types de tissus (constituant les axes et rameaux) qui, en section transversale, se succèdent depuis la surface :

  • un épiderme constitué d'une seule couche de cellules, arrangées en palissade, contenant de nombreux chloroplastes*
  • un épais cortex ou zone de cellules arrondies (isodiamétriques) claires, devenant plus grandes vers l'intérieur
  • une zone centrale, médullaire constituée de petites cellules hyalines très proches les unes des autres.

Croissance : La cystoseire plate est pérenne*. Elle perd ses rameaux les plus âgés à la fin de l'été et en automne.
Sa croissance est dite apicale, car la zone de croissance se situe à l'extrémité des axes et des rameaux.

Informations complémentaires

Cystoseira compressa est la seule cystoseire méditerranéenne qui ne figure pas sur l'Annexe II (Liste des espèces en danger ou menacées) du Protocole ASP/DB (Aires Spécialement Protégées et la Diversité Biologique en Méditerranée) de la Convention sur la protection du milieu marin et du littoral de la Méditerranée (Convention de Barcelone).

Intérêt en pharmacologie et cosmétologie : cette algue est une source potentielle de composés antimicrobiens, anti-inflammatoires, antioxydants et gastroprotecteurs, due en particulier à sa teneur en polyphénols et en fucanes (= fucoïdanes, polysaccharides). Quelques firmes proposent actuellement des traitements capillaires contenant des extraits de Cystoseira compressa.

D'après des études génétiques préliminaires, le genre Cystoseira mériterait d'être scindé en plusieurs genres distincts. Cystoseira compressa est génétiquement proche de Cystoseira foeniculacea.

Origine des noms

Origine du nom français

Francisation du nom scientifique : Cystoseire comprimée ou aplatie.

Origine du nom scientifique

Cystoseira du grec [cysto] ou [kustis] = vésicule, vessie et [seira] = série, chaîne : « vésicules ou flotteurs en chaîne »
compressa du latin [compressa] = comprimé, pressé.

Cystoseira compressa a de longs rameaux primaires aplatis à la base et ramifiés dans un plan.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Ochrophyta Ochrophytes ou Hétérokontes, ou Straménopiles: présence d'un stade unicellulaire à 2 flagelles, un lisse et un à poils tubulaires.
Classe Phaeophyceae Phéophycées Algues brunes.
Ordre Fucales Fucales
Famille Sargassaceae Sargassacées
Genre Cystoseira
Espèce compressa

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