Cystoseire dorée

Cystoseira barbata | (Stackhouse) C. Agardh

N° 1533

Méditerranée, proche Atlantique

Clé d'identification

Grande algue souple de couleur brun jaune
Fixée sur la roche par une base discoïde
Un axe unique, court, cylindrique (H : 1 à 30 cm, D : 2 à 7 mm) avec sommet de teinte plus claire, saillant, nu, tronqué et lisse
Longs rameaux souples, minces et cylindriques, ramifiés
Aérocystes (flotteurs) fusiformes souvent en chapelets
Réceptacles fertiles sur les divisions ultimes

Noms

Noms communs internationaux

Golden cystoseira (GB), Cistosira barbuda (E)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Fucus barbatus Goodenough & Woodward, 1797
Abrotanifolia barbata Stackhouse 1809
Cystoseira hoppei C. Agardh 1820
Cystoseira barbata var. hoppei (C. Agardh) J. Agardh 1842
Cystoseira barbata f. hoppei (C. Agardh) Woronichin 1908

Distribution géographique

Méditerranée, proche Atlantique

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Méditerranée, mer Noire, Atlantique Nord-Est du Portugal aux îles Canaries ; océan Indien (Inde et Pakistan).

Biotope

Cette espèce tolère des variations importantes de salinité (euryhaline*) et de température (eurytherme*). Elle se développe sur les substrats* durs naturels (rochers, galets) ou artificiels (digues, enrochements) bien éclairés, dans des eaux marines à saumâtres, calmes et d'assez bonne qualité. Elle peut tolérer une pollution organique faible à modérée.
On peut la trouver dans des flaques littorales (cuvettes infralittorales*), des lagunes à affinités marines, dans des baies peu profondes et en milieu portuaire généralement près de la surface mais parfois jusqu'à 10 m de profondeur.

Description

Cystoseira barbata est une grande algue souple de couleur brun jaune, avec un port dressé grâce à des flotteurs (aérocystes*). Sa hauteur varie de 15 cm à 1,3 m.

Elle est fixée sur la roche par une base discoïde d'où part un axe unique, court et cylindrique d'un diamètre de 2 à 7 mm. Cette «tige» qui peut mesurer 1 à 30 cm, a un sommet (apex*), de teinte plus claire, lisse, longuement saillant et paraissant tronqué. Cet axe engendre de longs rameaux souples, minces et cylindriques (diamètre : 1 à 2 mm et longueur jusqu'à 80 cm) couverts de cryptes pilifères*. Ces rameaux primaires sont eux-mêmes ramifiés.

Les rameaux peuvent porter de courts renflements fusiformes intercalaires remplis d'air : les aérocystes. Plusieurs aérocystes peuvent se suivre et former des sortes de "chapelets". Les rameaux sont caducs, après leur chute il reste des moignons d'où peuvent, par la suite, bourgeonner de nouveaux rameaux.
Les rameaux les plus âgés sont fructifères et portent sur leurs divisions ultimes les réceptacles fertiles.

L'aspect de l'algue varie au cours de l'année. La «tige» avec sa base est pérenne* et vit plusieurs années. Les nouveaux rameaux commencent à se développer en automne et le thalle* atteint sa taille maximale au printemps. En été, après la chute des rameaux les plus âgés, l'algue se fait plus discrète.

Il existe une forme libre de C. barbata, très répandue en mer Noire et observée ponctuellement dans l'étang de Thau, qui a été décrite sous le nom de Cystoseira barbata f. aurantia (Kützing) Giaccone (= Cystoseira barbata forme repens). Il pourrait s'agir d'une espèce distincte.

Espèces ressemblantes

Sargassum muticum : la sargasse japonaise qui se trouve dans le même type d'habitat, lui ressemble beaucoup mais se distingue par la présence, surtout près de la base, de rameaux aplatis en forme de "feuilles", et par ses flotteurs (aérocystes) pédicellés* et latéraux sur les rameaux.

Cystoseira compressa
: qui a de longs rameaux primaires aplatis à la base et ramifiés dans un plan.
Il y a aussi 26 autres espèces de Cystoseira en Méditerranée qui se distinguent par d'autres caractères.

Alimentation

C'est un végétal autotrophe* qui élabore sa matière organique par photosynthèse* à partir du gaz carbonique, de l'eau et des sels minéraux, grâce à sa chlorophylle* verte et à ses autres pigments qui captent la lumière solaire.

Reproduction - Multiplication

Reproduction sexuée : le cycle de vie est monogénétique*. Les thalles fertiles portent de petits organes reproducteurs (réceptacles*) en position terminale sur les rameaux. Ces réceptacles sont de petits renflements lancéolés ou cylindriques à extrémité effilée, de couleur plus foncée que les rameaux, et à surface plus ou moins lisse. Ils sont creusés de cavités appelés conceptacles*, hermaphrodites* ou mâles, contenant les organes reproducteurs mâles et femelles (spermatocystes* et oogones*). A maturité, les spermatozoïdes* puis les oosphères* passent à l'extérieur par l'ouverture (ostiole*) du conceptacle et la fécondation a lieu.

Vie associée

La cystoseire dorée supporte et abrite une flore et une faune abondantes. Le nombre d'espèces associées et leur masse croissent en fonction du développement et de la complexité de son thalle.

Divers biologie

Croissance : La cystoseire dorée est pérenne. Sa croissance est dite apicale, car la zone de croissance se situe à l'extrémité de l'axe principal (et des rameaux). L'axe principal grandit de 1 à 2 cm par mois et produit des rameaux assimilateurs longs et minces qui grandissent beaucoup plus vite que la "tige" qui les porte (5 à 20 cm/mois).

Structure et Cytologie : Structure uniaxiale avec 3 types de tissus qui se succèdent depuis la surface : (1) un épiderme constitué de petites cellules à paroi épaisse et riches en physodes*, (2) une zone claire de cellules isodiamétriques, (3) une zone centrale plus foncée constituée de cellules allongées conductrices des nutriments. Vers l'extérieur, les cellules contiennent de nombreux petits chloroplastes* pariétaux sans pyrénoïde*. La cuticule* de l'épiderme étant imperméable, les échanges avec l'eau de mer se font au niveau des cryptes pilifères*

Le cycle monogénétique des Fucales incluant les cystoseires est actuellement interprété comme le résultat d'une réduction extrême du gamétophyte* aboutissant à un sporophyte* diploïde* qui héberge les gamétophytes mâle (spermatocyste) et femelle (oogone), extrêmement réduits, produisant les gamètes.

Informations complémentaires

Potentiel d'utilisation : Cystoseira barbata est riche en alginates (jusqu'à 35% de sa matière sèche), en stérols, dérivés terpéniques et phénoliques et ses extraits ont des propriétés bactéricides. En mer Noire, la forme libre (f. aurentia) a fait l'objet d'essais de production d'une part en fertilisant des baies et d'autre part en tentant de la cultiver en lagunes.
Cystoseira barbata est un bon indicateur biologique de la bonne qualité du milieu marin ou lagunaire. Malgré un bon potentiel de restauration cette algue régresse lorsque la pollution et la turbidité augmentent ainsi qu'avec une oxygénation insuffisante du milieu (eutrophisation*, anoxie*). Il faut noter aussi sa capacité à accumuler certains éléments toxiques comme le mercure. Elle partage son habitat avec d'autres espèces photophiles* dont certaines, d'introduction relativement récente comme Sagassum muticum, sont parfois de rudes concurrentes.

Réglementation

Inscrite dans l'annexe II de la convention de Barcelone comme toutes les Cystoseires à l'exception de C. compressa (Décision des parties contractantes à la Convention de Barcelone 2009).

Origine des noms

Origine du nom français

Cystoseire : dérivé du nom scientifique ;
dorée : fait référence à la couleur brun jaune de l'algue.

Origine du nom scientifique

Cystoseira : du grec [cysto] ou [kustis] = vésicule, vessie et [seira] = série, chaîne : "vésicules ou flotteurs en chaîne",

barbata : du latin [barbatus] = barbu, velu, couvert de poils ; peut quelques fois signifier sale, négligé.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Ochrophyta Ochrophytes ou Hétérokontes, ou Straménopiles: présence d'un stade unicellulaire à 2 flagelles, un lisse et un à poils tubulaires.
Classe Phaeophyceae Phéophycées Algues brunes.
Ordre Fucales Fucales
Famille Sargassaceae Sargassacées
Genre Cystoseira
Espèce barbata

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