Crimora à papilles

Crimora papillata | Alder & Hancock, 1862

N° 979

Atlantique Est et Sud, Méditerranée occidentale

Clé d'identification

Corps blanc translucide à jaune pâle
Marge du manteau avec ligne distincte d'expansions jaunes arborescentes sur la partie antérieure
Petits tubercules sur le manteau de même teinte
Rhinophores* lamellés et panache branchial à bout jaune vif

Noms

Autres noms communs français

Crimora

Noms communs internationaux

Crimora (GB, I, E, D, P, NL)

Distribution géographique

Atlantique Est et Sud, Méditerranée occidentale

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Cette espèce se rencontre sur la côte Atlantique Est et Sud, des îles Britanniques jusqu'au Maroc et en Méditerranée occidentale.

Biotope

Ce nudibranche fréquente les fonds rocheux riches en algues couverts de bryozoaires dont il se nourrit. Il évolue jusqu'à environ 40 m de profondeur.

Description

La couleur du manteau varie du blanc translucide au jaune pâle.
La marge, très fine, est bordée d'une ligne distincte d'excroissances de teinte jaune profond (huit à douze expansions). Certaines sont courtes, non ramifiées, d'autres digitées et arborescentes, notamment au niveau de la marge frontale, leur extrémité pouvant présenter une couleur orange cadmium.
D'autres papilles de même pigmentation sont clairsemées sur le manteau.
Le panache branchial et les rhinophores* sont d'un jaune vif, leur base est translucide.
Les tentacules oraux sont courts. Les rhinophores* dont la gaine est basse, présentent jusqu'à quinze lamelles obliques (dix pour un individu de 15 mm). Le panache est constitué de trois à cinq branchies ramifiées à bout jaune.
Sa taille atteint régulièrement 35 mm. Les individus observés mesurent généralement entre 15 et 40 mm de long et 8 mm de large.

Espèces ressemblantes

Parmi les opisthobranches semblables pourvus de papilles jaunes, citons :
Limacia clavigera, qui est présente en Atlantique et en Méditerranée. Elle comporte des appendices plus longs sur la marge du manteau, avec une extrémité en forme de massue. Les ponctuations jaune orangé sur le manteau, en relief, sont semblables à des boutons.

Alimentation

Crimora papillata est carnivore. Elle se nourrit de bryozoaires du genre Flustra (F. foliacea)ou Chartella (C. papyracea ou C. tenella), selon la localisation géographique. Elle a été observée sur Securiflustra securifrons et Membranipora membranacea. Elle râpe les colonies avec sa radula* formée de dents chitineuses (de 2 à 50 µm).

Reproduction - Multiplication

Ces mollusques se reproduisent par voie sexuée et sont ovipares*. Ils sont hermaphrodites simultanés.
Le gonopore* (orifice du conduit génital) est situé sur le tiers antérieur droit du corps, un peu au-dessus de la marge du manteau. L'accouplement tête-bêche est nécessaire pour l'échange de gamètes* et la fécondation*.
L'appendice reproducteur est en forme de spirale, pourvu d'épines incurvées, plus large à la base.
La ponte forme une bande spiralée gélatineuse blanche ou jaune de 10 mm environ. Les œufs mesurent 0,07 à 0,08 mm de diamètre. Les eaux à 16° C sont propices à leur éclosion. Les plongeurs pourront souvent découvrir la ponte sur les bryozoaires Flustra sp.

Divers biologie

Crimora papillata n'est pas une espèce commune, elle a été cependant observée en grand nombre sur les côtes sud et ouest des îles Britanniques. On peut la rencontrer à Belle-Île et à la sortie du Bassin d'Arcachon. Quelques individus ont été vus à Cerbère.
La couleur vive, aposématique*, de cette espèce met en garde les éventuels prédateurs sur sa toxicité.
La coloration aposématique fait partie des modes de défense des animaux. Ces colorations d'avertissement sont vives et contrastées (rouges/jaunes/noires). L'animal devient facilement repérable, mais tout prédateur gardera en souvenir le mauvais goût ou sa toxicité et établira un lien avec ces couleurs.
De ce procédé de défense dérivent deux types de mimétisme* :
1- le mimétisme müllérien (du naturaliste allemand Fritz Müller – 1878) est le fait pour différentes espèces dangereuses de copier une même coloration aposématique et ce, dans l'idée de s'assurer que l'avertissement est bien acquis par les prédateurs. Le sacrifice d'un seul individu appartenant à une espèce, sera en effet suffisant pour assurer la survie des membres d'autres espèces.
2- Le mimétisme batésien (du naturaliste anglais Henry Bates – 1862) consiste de la part d'une espèce comestible, à copier les couleurs d'une espèce toxique. Cette livrée aposématique étant intégrée par les prédateurs, l'espèce comestible profite ainsi du même message d'avertissement que celui affiché par l'espèce toxique.

Origine des noms

Origine du nom français

Crimora à papilles : ce nudibranche garde son nom de genre, Crimora, et le nom commun met en avant les petites éminences à la surface de la peau (ou des muqueuses), caractéristiques de l'espèce.

Origine du nom scientifique

Crimora : fille de Rinval, héroïne de la poésie gaélique (poèmes d'Ossian traduits ou écrits par James Mac Pherson), morte de douleur après avoir par erreur tué d'une flèche son amour Connal.

papillata
: du latin [papilla] = bouton du sein et par extension papille. Donc, animal qui porte des papilles.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Doridina Doridiens Corps aplati. Anus dorsal entouré complètement ou partiellement par des branchies de remplacement ramifiées qui peuvent être rétractées (voire absentes). Mangeurs d’éponges, habituellement armés de spicules calcaires internes.
Famille Polyceridae Polycéridés Doridiens limaciformes aux rhinophores lamellés avec souvent quelques papilles frontales et branchiales. Présence de lobes oraux sur la tête ou de tentacules buccaux développés.
Genre Crimora
Espèce papillata

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