Flabelline à lignes rouges

Coryphellina rubrolineata | O'Donoghue, 1929

N° 2819

Mer Rouge, Indo-Pacifique, Méditerranée

Clé d'identification

Eolidien de 4 cm de longueur
Corps crème, extrémité des cérates annelée de rouge
1 ligne médiane rouge violacé sur le dos
1 ligne rouge violacé de chaque côté du corps
Rhinophores en forme de plume pourvus de grosses papilles sur leur face postérieure
Certains individus entièrement violets avec extrémité des cérates violette, puis rouge, puis claire

Noms

Noms communs internationaux

Red-lined flabellina (GB), Flabellina linea rossa (I), Flabelina de líneas rojas (E), Fadenschnecke Flabellina (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Flabellina rubrolineata (O'Donoghue), 1929
Coryphella ornata var. violacea Risbec, 1953
Coryphella violacea Risbec: Gosliner, 1980

Distribution géographique

Mer Rouge, Indo-Pacifique, Méditerranée

Zones DORIS : Indo-Pacifique

Cette espèce à une large répartition géographique, depuis la mer Rouge, dans tout l'océan Indien tropical jusque dans l'ouest du Pacifique tropical, du sud du Japon au New South Wales (Australie) et jusqu'à Hawaï à l'est. Pour la zone DORIS, elle est présente à Mayotte, la Réunion, la Nouvelle-Calédonie et probablement en Polynésie française.

C'est une espèce lessepsienne*, qui est arrivée en Méditerranée par le canal de Suez. Elle a été observée pour la première fois en 1988 en Israël puis en Turquie et à Chypre.

Biotope

La flabelline à lignes rouges se rencontre dans les récifs coralliens et les zones rocheuses riches en hydraires, de quelques mètres sous la surface à une trentaine de mètres de profondeur.

Description

Coryphellina rubrolineata est un nudibranche éolidien pouvant atteindre une longueur de 4 cm.

Il existe une très grande variabilité dans la livrée de cette espèce :

- Livrée classique :
Le corps est de couleur blanc crème. Une ligne rouge violacé court sur tout le dos, dans sa partie médiane, depuis le bout de la queue et se termine entre les deux rhinophores*. Une ligne de même couleur est également présente sur toute la longueur du corps, de chaque côté.
Les rhinophores ont une forme de plume. Ils sont lisses et étroits à leur base, de la même couleur que le corps, puis s'élargissent et portent de nombreuses grosses papilles* sur leur face postérieure et deviennent rouge violacé.
Les tentacules* buccaux sont plus longs que les rhinophores, fins, translucides et leur extrémité est violacée.
Les cérates* sont de la même couleur que le corps. Ils laissent voir par transparence les extensions de la glande digestive et se terminent par une succession d'anneaux rouges à violacés. Ils sont rassemblés en 5 ou 6 petits groupes de chaque côté du corps. Le nombre de cérates par groupe diminue depuis la tête vers l'extrémité de la queue pointue où il n'en reste plus qu'un.

- Livrée violette très fréquente :
Certains individus arborent une livrée entièrement violette, sans lignes, avec le bout des cérates violet foncé, puis rouges et terminés par une pointe claire.

- livrées plus rares :
- Corps pratiquement incolore et transparent avec juste les lignes violettes.
- Corps blanc translucide, lignes violettes et extrémité des cérates violette puis jaune vif (surtout en mer Rouge et Méditerranée).
- Corps blanc translucide, lignes violettes discontinues, un anneau violet un peu avant l'extrémité des cérates, tentacules oraux violets (très fréquent dans la région de Sydney, New South Wales, Australie).
- Corps violet, lignes présentes, extrémité des cérates foncée.

Espèces ressemblantes

Coryphellina expotata : corps translucide à violet, extrémité des cérates et des tentacules oraux blanche précédée de violet foncé. Rhinophores annelés, de couleur orange. Jamais de lignes sur le corps.

Trinchesia sibogae : corps violet, extrémité des cérates jaune précédée de violet foncé. Rhinophores lisses.

En Méditerranée, il existe 3 espèces de flabellines violettes mais aucune n'a de lignes longitudinales : F. affinis et Paraflabellina ischitana ont des rhinophores annelés au lieu de rhinophores portant des papilles, et Edmundsella pedata a des rhinophores lisses.

Alimentation

La flabelline à lignes rouges se nourrit d'hydraires, principalement de Halocordyle disticha mais également d'espèces du genre Eudendrium.

Reproduction - Multiplication

Coryphellina rubrolineata est une espèce hermaphrodite* et possède conjointement un orifice génital femelle et un pénis. Les glandes génitales (ovotestis*) présentent à la fois les caractères d'un testicule et d'un ovaire. Elles forment de petits nodules, parfois visibles par transparence à la base des cérates. La reproduction est sexuée. Les individus se reproduisent deux à deux, en s’échangeant simultanément leurs gamètes*.

Les œufs sont enfermés dans une oothèque* formant un long ruban crème à orangé, enroulé autour des branches des hydraires servant de nourriture.

Vie associée

La flabelline à lignes rouges est étroitement liée aux hydraires dont elle se nourrit (Halocordyle disticha, Eudendrium..). En effet, elle y vit, s'en nourrit, s'y reproduit, y pond et y meurt.

Divers biologie

Coryphellina rubrolineata, comme la plupart des éolidiens, est capable de stocker les cnidocytes* embryonnaires (les cellules urticantes) des cnidaires qu’elle consomme. Ces cellules sont conservées, intactes, dans des réserves appelées cnidosacs* et situées sur le dos, à l’extrémité des cérates*. Elles deviennent ainsi un moyen de défense efficace pour l’animal. Pour prévenir les prédateurs de cette dangerosité, cette flabelline, comme de nombreuses autres espèces toxiques, arbore des couleurs vives, que l’on appelle tenues aposématiques*.

Comme souvent chez les mollusques opistobranches, elle possède dans le larynx une radula*, sorte de râpe dentelée mobile, munie de denticules* acérés, qui lui sert à attaquer les polypes* d’hydraires lui servant de proies. La dentition sur ces radulas est caractéristique d'une espèce.

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom français est la traduction du nom scientifique utilisé jusqu'à peu (Flabellina rubrolineata).

Origine du nom scientifique

Coryphellina : diminutif du latin [coryphella]. Dans la mythologie grecque, Coryphé était la fille de l'Océan.

rubrolineata : du latin [ruber] = rouge et [lineata] = ligné, rayé, en référence au 3 lignes longitudinales rouges sur le corps.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Aeolidiina Eolidiens Corps long et effilé portant des cérates simples, alignés ou non sur plusieurs rangées ou en bouquets. Tête avec deux paires de tentacules, la postérieure (rhinophores) sans gaine. Coins antérieurs du pied parfois effilés en tentacule. La majorité consomme des cnidaires mais certains mangent d’autres opisthobranches ou des œufs de poissons.
Famille Flabellinidae Flabellinidés Éolidiens de forme étroite, avec des tentacules pédieux. Les cérates sont parfois insérés sur des pédoncules dorsaux.
Genre Coryphellina
Espèce rubrolineata

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