Comatule nageuse nocturne

Ctenantedon kinziei | Meyer, 1972

N° 3613

Antilles

Clé d'identification

Comatule grise ou brun clair
10 bras longs et minces (env. 10 cm)
Pinnules en 4 rangées autour de l'axe du bras

Noms

Distribution géographique

Antilles

Zones DORIS : Caraïbes

L'espèce a été décrite en 1972 à partir de spécimens récoltés à Curaçao et en Colombie. D'autres exemplaires ont été trouvés aux îles San Blas (Panama), puis la Barbade, la Jamaïque. Elle est probablement répandue dans tout l'arc antillais, mais rarement observée à cause de ses mœurs discrètes.

Biotope

De jour, on les trouve entre 10 et 50 m de profondeur, cachées dans des anfractuosités ou sous des dômes coralliens. Elles laissent rarement leurs bras dépasser à l'extérieur. En plongée de nuit on peut les surprendre à découvert, accrochées par les cirres sous un surplomb (éponge, bloc de corail). Cette position est apparemment la mieux adaptée à la capture de particules et de microplancton*.

Description

Ctenantedon kinziei est une comatule discrète et nocturne, rarement aperçue de jour. 
Elle a 10 bras de 10 cm de longueur environ. Les bras sont peu colorés, marron clair ou grisâtres, avec un point noir à chaque articulation du bras.

Les pinnules* sont longues et minces, elles sont opposées mais ont tendance à s'écarter en 4 rangées plus ou moins nettes autour de l'axe du bras (pas de disposition en "plume"). Caractéristique du genre, les 3 ou 4 pinnules proximales* ou orales* (c'est-à-dire les plus proches de la plaque centrodorsale et de la bouche) portent des crochets en dents de peigne à leur extrémité.

Si l'animal avec ses bras étendus peut être considéré comme une toile d'araignée, le corps au milieu n'est pas plus gros qu'une minuscule araignée. Le calice* est en forme de bol et mesure 4 à 5 mm de diamètre pour 1 à 2 mm d'épaisseur. La plaque centrodorsale (le couvercle du bol), un peu concave, porte la bouche, à peu près au centre, et un anus en position latérale.

Cette comatule se fixe au substrat* par au moins une cinquantaine de cirres*, minces et courts (1 à 2 cm), terminés par une courte griffe s'opposant à une épine portée par l'avant-dernier segment.

Espèces ressemblantes

Par son mode de vie et le peu de coloration de ses bras, on pourrait confondre avec la comatule perlée Davidaster discoideus, mais celle-ci est définitivement incapable de nager et ne s'enfuit pas à l'approche d'un danger.

Il existe aussi une comatule nageuse, Analcidometra armata, de petite taille et qui se tient habituellement, de nuit comme de jour, accrochée aux branches des gorgones du genre Pseudopterogorgia. Elle est plus vivement colorée et a des pinnules alignées sur 2 rangées par bras.

Alimentation

La disposition des pinnules en volume (en 4 rangées, un peu comme chez les Davidaster quoique de façon beaucoup plus désordonnée) et non en plan comme les barbules d'une plume, est inhabituelle chez les Antédonidés. C'est pourquoi Meyer considère ce trait comme une convergence évolutive, adaptée à la capture de particules alimentaires dans un environnement faiblement hydrodynamique, sans orientation préférentielle face à un courant.

Divers biologie

De nuit, la comatule nageuse se tient habituellement accrochée par les cirres à un support, mais si on s'approche trop vite ou si on l'éclaire elle "bondit" et s'éloigne en nageant à la manière gracieuse des comatules, la face orale en avant : les bras s'élèvent et s'abaissent alternativement de façon synchronisée, avec les bras pairs et impairs en opposition.
Pour se poser sur un nouveau support, la comatule lève tous les bras simultanément ce qui la fait descendre en quelques brasses, et atterrir sur la pointe des cirres.
Ces mouvements ont l'air parfaitement délibérés dans son environnement, ce qui laisse penser que la comatule dispose de l'équivalent de capteurs visuels, pour détecter l'approche d'un prédateur et pour se diriger vers une cible.

Certains auteurs suggèrent que ce rôle de capteur visuel pourrait être tenu par les saccules, minuscules structures sphériques et transparentes qui se trouvent tout le long des sillons ambulacraires* des bras.

Informations complémentaires

Ctenantedon kinziei désigne l'espèce-type du genre Ctenantedon, et elle est à ce jour l'unique espèce du genre.

Origine des noms

Origine du nom français

Comatule nageuse à cause de son mode de locomotion, nocturne à cause de ses mœurs cryptiques*.

Origine du nom scientifique

Ctenantedon est dérivé du grec [kteno-] = peigne, et [antedon] en référence à la famille des Antédonidés.

D. Meyer a nommé l'espèce kinziei en hommage au Dr Robert A. Kinzie, qui découvrit le premier spécimen lors d'une plongée à Curaçao, et sans doute en consolation pour la perte du spécimen : en effet, ce petit animal (avec des bras de 3 cm, encore un bébé) fut gobé par un poisson dès son introduction en aquarium pour observation, si bien que la description détaillée de l'espèce repose sur les paratypes* de Santa Marta, Colombie.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Crinozoa Crinozoaires Echinodermes présentant, au minimum au stade larvaire, un pédoncule les fixant au substrat. Les formes adultes libres savent nager.
Classe Crinoidea Crinoïdes Corps en forme de calice, 5 bras primaires bien définis et des bras terminaux longs et ramifiés. Certaines espèces sont fixées par un pédoncule articulé, d'autres sont libres et nageuses.
Sous-classe Articulata Articulés
Ordre Comatulida Comatulides Seul ordre actuel, comprend 2 sous-ordres, l’un avec des organismes fixés, l’autre avec des organismes non fixés.
Famille Antedonidae Antédonidés Environ 10 cm, bras fragiles, nagent assez vite, mais pas longtemps.
Genre Ctenantedon
Espèce kinziei

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