Castagnole bleue

Chromis cyanea | (Poey, 1860)

N° 2384

Atlantique tropical Ouest

Clé d'identification

Corps comprimé, en ovale allongé, de 13 à 15 cm
Livrée bleu vif, à dos noir aux reflets vert sombre
Caudale très fourchue, en "queue d'hirondelle"
Lobes de la caudale à marges noires
Bordure noire sur la dorsale et l'anale
Œil noir, avec un épais trait noir vers l'avant

Noms

Autres noms communs français

Chromis bleu, demoiselle bleue des Caraïbes

Noms communs internationaux

Blue chromis, blue damselfish (GB), Azulejo,castauela azul, cromis azul, jaqueta azul (E), Blauer Demoisellefisch, Blauer Chromis (D), Blauwe rifbaars, blauwe monniksvis (NL)

Synonymes du nom scientifique actuel

Furcaria cyanea Poey, 1860
Chromis cyaneus (Poey, 1860)
Heliastes cyaneus (Poey, 1860)

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest

Zones DORIS : ● Caraïbes

La castagnole bleue est présente dans l'Atlantique tropical Ouest, depuis le sud de la Floride et les Bermudes jusqu'au nord de l'Amérique du Sud, ce qui inclut la mer des Caraïbes et le golfe du Mexique.

Biotope

Très communes, les castagnoles bleues vivent en banc en pleine eau, au-dessus des platiers coralliens et des pentes externes, dans des profondeurs variant de 3 à 60 m, et plus communément, de 10 à 20 m.
L’espèce se répartit en fonction des possibilités de dissimulation qu’offrent les fonds. Les adultes se constituent un territoire autour d’une cachette dans laquelle ils se réfugient en cas de danger ou pour passer la nuit.
On les rencontre surtout autour d'Acropora cervicornis, le corail corne de cerf, alors que les juvéniles préfèrent Madracis myriaster, le corail digité jaune, ou Agaricia lamarcki, le corail-feuille de Lamarck. Les jeunes restent près du fond pour éviter les prédateurs.

Description

Le corps de la castagnole bleue est comprimé, en ovale allongé et peut atteindre 13 à 15 cm de longueur. Sa bouche est petite, saillante et fendue obliquement ; elle porte deux rangées de dents coniques et elle est surlignée d'un trait noir. Son œil est noir, marqué d'un épais trait noir en avant et d'un arc bleu en "paupière". Des écailles bleues à tache sombre recouvrent l'ensemble du corps, jusqu'à la tête et la base des nageoires.
Son corps est bleu vif, pâlissant à peine vers le ventre, et son dos est noir, à reflets vert sombre, jusque sur la tête et entre les yeux. La ligne latérale*, très visible, est marquée de noir ou de sombre sur chaque écaille. Elle s'interrompt vers l'extrémité de la nageoire dorsale.
La nageoire caudale est très fourchue, en "queue d'hirondelle" et la bande sombre du haut du corps se prolonge jusqu'à l'extrémité de son lobe supérieur. Une marge noire est également présente sur le lobe inférieur de la caudale, le long de la dorsale et sur l'avant de l'anale. Les rayons externes de la caudale se prolongent par 2 filaments. Les rayons souples de toutes les nageoires sont translucides, à reflets bleus.
Chez cette espèce, il n'y a pas de dimorphisme* sexuel.
Les juvéniles ont une forme plus compacte que les adultes.

Espèces ressemblantes

La castagnole bleue se distingue du juvénile du vivaneau noir, Apsilus dentatus, et du hamlet bleu, Hypoplectrus gemma, par ses yeux noirs et le liseré sombre et continu qui borde les nageoires dorsale, caudale et anale.

Alimentation

Les castagnoles bleues sont diurnes : elles se nourrissent le jour et se cachent la nuit.
Elles sont omnivores, à tendance carnivore, et se nourrissent de zooplancton*, en particulier des copépodes et des tuniciers planctoniques*.
Elles restent stationnaires dans la colonne d'eau face au courant qui leur amène la nourriture.

Reproduction - Multiplication

L'espèce est ovulipare* et des couples se forment pour la période de reproduction qui dure trois à sept jours et qui a lieu toute l’année, avec des pics lors des pleines lunes de mars à juillet.
Les mâles se propulsent alors rapidement à la verticale pour revenir à leur point de départ ou nagent en zigzag au-dessus de leur territoire. Au cours de la parade nuptiale, ils présentent des taches pâles sur le dos, qui deviennent plus intenses avec l’augmentation de l’activité reproductrice. Ils conduisent ensuite les femelles vers leur nid. Elles pondent alors des ovules (environ 40 000) qui adhèrent au substrat*, en particulier sur des algues courtes.
Plusieurs femelles peuvent pondre dans le même nid mais une seule y entre à la fois. Le mâle féconde les ovules et monte ensuite la garde auprès des œufs, durant deux ou trois jours, pour éviter qu'ils ne soient mangés par d'autres poissons. Il ventile le nid en battant des pectorales.
Le mâle qui garde un nid nage habituellement à une petite distance de celui-ci, comme s’il ne voulait pas dévoiler l’emplacement exact des œufs. Les intrus, même bien plus imposants que lui (girelles ou perroquets), sont vigoureusement repoussés dès qu’ils s’aventurent à proximité de la zone de nidification.
Les larves* sont planctoniques* pendant trois à sept semaines puis rejoignent le récif.
Les juvéniles évoluent en groupe.

Vie associée

Les bancs de castagnoles bleues sont souvent mélangés avec des créoles, Parenthias furcifer, ou des maniocs-bouteilles, Clepticus parrae.

Le juvénile du vivaneau noir, Apsilus dentatus, s’associe parfois aux castagnoles bleues auxquelles il ressemble.

Divers biologie

La prudence de ce poisson l’expose bien moins aux prédateurs que les autres espèces de castagnoles. Ainsi, des analyses d’estomacs de mérous ont dénombré une cinquantaine de castagnoles brunes (Chromis multilineata) pour seulement une castagnole bleue.

A Bonaire, on a observé que certaines castagnoles bleues se laissaient nettoyer par des gobies tels que Gobiosoma evelynae.

La composition des nageoires est de XII épines et 12 rayons mous pour la dorsale et de II épines et 12 rayons mous pour l'anale.

Informations complémentaires

Les castagnoles bleues sont parmi les moins agressives des demoiselles.

Réglementation

Depuis 2009, cette castagnole est classée LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure. Cela signifie que les informations recueillies sur l’espèce ne permettent pas de la classer dans les autres catégories, en particulier celles qui alertent sur une menace (CR : En danger critique d’extinction, EN : en danger, VU : Vulnérable).
Le poisson-lion (Pterois volitans) dans les Caraïbes et sur la côte atlantique est la plus grande menace pour les castagnoles bleues.

Origine des noms

Origine du nom français

Castagnole : nom féminin provenant du latin [castanea] = châtaigne, probablement en référence à la couleur de l'espèce-type du genre, Chromis chromis.

Origine du nom scientifique

Chromis : c'est le nom d'un poisson non identifié qu'Aristote mentionne dans son Histoire des animaux (Livres IV, V et VIII) et dont il dit notamment qu'il a l'oreille fine et peut émettre un grognement. Le genre a été décrit par Cuvier en 1814, il comporte actuellement (en 2011) 95 espèces. L'espèce-type du genre est Chromis chromis.
cyanea : du grec [kyanos] = bleu sombre, fait référence à la couleur dominante de sa livrée.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 273718

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Labroidei Labroïdes Une seule dorsale, dents molariformes formant un puissant appareil masticatoire.
Famille Pomacentridae Pomacentridés
Genre Chromis
Espèce cyanea

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