Corps bombé et aplati latéralement
6 à 7 bandes transversales orange vif soulignées de bleu
Pédoncule caudal blanc
Dents saillantes bleu ciel
Labre à dents bleues, vieille arlequin
Harlequin tuskfish (GB)
Xiphochilus fasciatus Günther, 1867
Lienardella fasciata (Günther, 1867)
Lepidaplois mirabilis Snyder, 1908
Choerodon balerensis Herre, 1950
Pacifique Ouest (discontinu)
Zones DORIS : ● Indo-PacifiqueSa distribution est morcelée.
On le trouve dans le Pacifique tropical Sud : est de l'Australie, Nouvelle-Calédonie, Vanuatu, et dans le Pacifique tropical Nord : du sud du Japon (îles Ryükyü), Taïwan, aux Philippines et Palau.
Il semble par contre absent de la zone pacifique équatoriale.
Le labre arlequin fréquente les tombants et pentes récifales riches en grottes, arches, surplombs et cachettes, de 5 à 35 mètres de profondeur.
Le corps du labre arlequin est relativement haut et aplati latéralement, avec un dos bombé et un profil convexe. Il peut atteindre 30 cm de longueur.
Mais ce sont ses couleurs bariolées qui frappent immédiatement :
Le fond de la robe est blanc bleuté sur le ventre et vert-de-gris à vert olive sur le dos. Six à sept bandes transversales orange vif, de largeur sensiblement égale à leur espacement, se détachent sur ce fond. Les bandes sont soulignées d'un liséré bleu ciel de chaque côté. Le museau est du même orange, et le front est marqué de 2 lignes bleues en travers.
Avec l'âge, ces couleurs vont en s'assombrissant progressivement vers un rouge vineux à noir sur la partie arrière et supérieure du corps.
La pupille de l'œil est verte, l'iris est orange vif et cerclé de bleu et d'orange. La bouche est située en position terminale basse, et remarquable par la couleur bleu ciel des gencives et des dents. Celles-ci sont saillantes, du moins les 4 canines (2 sur la mâchoire supérieure et 2 sur la mâchoire inférieure) qui s'entrecroisent en formant une tenaille impressionnante.
Les nageoires dorsale, anale et pelviennes sont rouges avec un liseré bleu. Les pectorales sont jaunes.
La caudale est blanche du côté du pédoncule* caudal et teintée de rose ou rouge à la partie postérieure.
Les juvéniles ont une livrée très semblable, mais avec des couleurs moins éclatantes (en particulier, les bandes orange sont plus ternes et ne sont pas cernées de lignes bleues) et ils portent 3 ocelles* noirs cerclés de blanc ou de bleu clair : l'un sur la nageoire anale, l'autre en vis-à-vis à l'arrière de la nageoire dorsale et un dernier tout à l'avant de la nageoire dorsale. Ce dernier subsistera plus ou moins à l'âge adulte sous forme d'une tache noire sur les premiers rayons.
La nageoire caudale est transparente, sauf au niveau de sa base qui est blanc opaque.
Le labre arlequin se nourrit de tous les petits animaux qu'il peut attraper sur les tombants : mollusques, crustacés, vers, ophiures, étoiles et même petits oursins. Il croque les coquilles de ses dents bleues, casse la proie en petits morceaux et les avale.
Grâce à ses canines puissantes, il retourne les morceaux de corail ou les éboulis à la recherche de sa nourriture. Les dents pharyngiennes* servent à broyer les proies ayant la carapace la plus dure.
C’est une espèce hermaphrodite* protogyne*. Il n'y a pas de différence notable entre les sexes, si ce n'est que le mâle est légèrement plus gros.
La reproduction a été observée sur la Grande Barrière, au printemps (novembre-décembre). C’est une espèce ovipare*.
Mâle et femelle "se promènent" ensemble pendant plusieurs jours, puis à la tombée du jour le couple se rapproche, s'immobilise puis "danse" brièvement en décrivant des cercles, serrés l'un contre l'autre. Enfin, le couple effectue une rapide ascension dans la colonne d'eau et libère simultanément ses gamètes* avant de redescendre se cacher dans le récif.
Les couples semblent être stables sur plusieurs saisons successives.
Les larves* issues de la fécondation sont pélagiques* et participent à la dispersion de l'espèce.
Le labre arlequin est solitaire et territorial. Il est sans cesse en mouvement, il prospecte sans arrêt son territoire pour se nourrir. On ne le voit jamais nager en pleine eau. Il est assez timide et furtif mais néanmoins très curieux : il s'écarte autant que possible des plongeurs mais revient fourrager juste après leur passage, à la recherche de proies éventuellement délogées par les bulles ou les mouvements de palmes.
La nageoire dorsale de Choerodon fasciatus est constituée de 12 épines et 8 rayons mous et sa nageoire anale de 3 épines et 10 rayons mous.
La vivacité de ses couleurs en a fait un sujet recherché en aquariophilie. Mais il est assez craintif et doit être isolé des autres espèces, car il n'ose pas se nourrir avant les autres.
Cette espèce est classée dans la liste rouge 2010 UICN sous le statut LC (Least Concern), soit "préoccupation mineure".
On l'appelle labre arlequin à cause de sa livrée à base de couleurs vives et contrastantes. Mais dans les conditions naturelles, sous les surplombs et sans éclairage, ces couleurs ne ressortent pas, et les hachures rendent la silhouette difficile à repérer parmi les branches de gorgones et autres obstacles : c'est ce qu'on appelle une coloration disruptive* (qui casse la forme).
Choerodon : du grec [khoiro-] = porcelet, petit cochon ; et [odon] = dent. Donc poisson à dents de cochon, du fait de ses canines saillantes qui peuvent faire penser à celles d'un cochon sauvage !
fasciatus (latin) signifie "orné de bandes ou bandelettes".
Numéro d'entrée WoRMS : 277268
Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
---|---|---|---|
Embranchement | Chordata | Chordés | Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. |
Sous-embranchement | Vertebrata | Vertébrés | Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. |
Super classe | Osteichthyes | Ostéichthyens | Vertébrés à squelette osseux. |
Classe | Actinopterygii | Actinoptérygiens | Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées. |
Sous-classe | Neopterygii Teleostei | Néoptérygiens Téléostéens | Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées. |
Super ordre | Acanthopterygii | Acanthoptérygiens | Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens. |
Ordre | Perciformes | Perciformes | Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales. |
Sous-ordre | Percoidei | Percoïdes | Une ou deux nageoires dorsales dont les éléments antérieurs sont des épines aiguës. Nageoires pelviennes avec une épine, rayons mous. |
Famille | Labridae | Labridés | Lèvres épaisses. |
Genre | Choerodon | ||
Espèce | fasciatus |
Corps blanc et vert avec barres transversales orange vif
Livrée rayée de bandes orange vif sur fond blanc et vert, nageoire caudale blanche. L’arrière du corps s’assombrit avec l’âge.
Poindimié, Nouvelle-Calédonie, 18 m
13/10/2009
Ou corps orange avec des bandes transversales blanches et vertes ?
C'est tout le problème du zèbre...
Hienghène, Nouvelle-Calédonie, 15 m
02/12/2013
Dents bleues
Vu de face : on remarque les crocs entrecroisés d'un beau bleu ciel, les deux lignes bleues sur le museau et les nageoires rouge vif lisérées de bleu (sauf les pectorales).
Hienghène, Nouvelle-Calédonie, 15 m
28/11/2013
Nageoires
Les pectorales sont jaune pur.
La dorsale, rarement érigée, porte une tache noire sur le premier rayon.
Poindimié, Nouvelle-Calédonie, 15 m
25/11/2013
Croc croc !
Ce labre arlequin a capturé une petite ophiure Ophiolepis superba et s'apprête à la déguster bras par bras.
Poindimié, Nouvelle-Calédonie, 10 m
25/11/2013
Et miam !
Quelques minutes plus tard, les dents bleues du labre ont fait leur office : il ne reste plus qu'un bras, et pas pour longtemps, à la pauvre ophiure.
Poindimié, Nouvelle-Calédonie, 10 m
25/11/2013
Tout petit petit !
La forme et la coloration sont celles des adultes, mais plus ternes, avec 3 ocelles et une nageoire caudale transparente.
Hienghène, Nouvelle-Calédonie, 15 m
01/12/2013
Un juvénile
Assez semblable à ses parents mais encore plus timide, ce jeune arlequin se distingue par ses 3 ocelles noirs. Il se sauve en surveillant l'intrus de ses yeux orange par-dessus son épaule.
Hienghène, Nouvelle-Calédonie, 16 m
01/12/2013
Deux juvéniles
Voici deux jeunes labres, un peu plus âgés, essayant de se trouver une place et un territoire sur le tombant.
Poindimié, Nouvelle-Calédonie, 1m50
23/11/2013
Surplombs et grottes
Le labre arlequin se plaît sous les surplombs (on le voit très souvent nageant ventre en l'air) et ne s'écarte jamais des parois.
Poindimié, Nouvelle-Calédonie, 16 m
23/11/2013
Territoire
Sans l'éclairage du flash, le labre arlequin se fondrait dans le décor.
Hienghène, Nouvelle-Calédonie, 15 m
01/12/2013
Rédacteur principal : Anne PROUZET
Vérificateur : Sylvain LE BRIS
Responsable régional : Anne PROUZET
Donaldson T.J., 1995, Courtship and spawning of nine species of wrasses (Labridae) from the western Pacific, Japanese Journal of Ichthyology , 42(3/4), 311-319.
La page de Choerodon fasciatus sur le site de référence de DORIS pour les poissons : FishBase
La fiche de Choerodon fasciatus dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN