Vieille fraise

Cephalopholis spiloparaea | (Valenciennes, 1828)

N° 3124

Indo-Pacifique tropical

Clé d'identification

Taille entre 10 et 22 cm, maximale observée de 30 cm
Coloration de base rougeâtre recouverte de marbrures et de taches rouge foncé ou brun-rouge
Tache brun-rouge souvent visible près de l'œil
8 à 9 petites taches sombres en forme de selle le long de la base de la nageoire dorsale
Liseré blanc à bleuâtre, souligné de noir sur le contour de la nageoire caudale

Noms

Autres noms communs français

Mérou fraise
Rouge,
vielle fraise (La Réunion), loche fraise (Nouvelle-Calédonie)

Noms communs internationaux

Strawberry hint, orange rock rod, orange-red pigmy grouper, strawberry cod, strawberry grouper, strawberry rockcod, (GB), Cherna frutilera (E), Garoupa marinheira (P), Jordbærbars (Danemark)

Synonymes du nom scientifique actuel

Serranus spiloparaeus Valenciennes, 1828
Cephalopholis spiloparae (Valenciennes, 1828)

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical

Zones DORIS : ● Indo-Pacifique

Cephalopholis spiloparaea a une large distribution à travers l’Indo-Pacifique. Elle s’étend, vers l'est, des eaux côtières de l’Afrique de l’Est (du Kenya au Mozambique) jusqu’au Pacifique, y compris la Polynésie française et l’île Pitcairn et vers le sud, des îles Ryūkyū, au nord du Japon, jusqu’à la Grande Barrière de corail et les récifs de Rowley en Australie.

Cette espèce montre une forte préférence pour les environnements insulaires, tels que les atolls coralliens et les îles océaniques, avec seulement de rares mentions sur le continent, notamment à Pinda, au Mozambique.

Dans les eaux françaises, on la rencontre à La Réunion, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française.

Biotope

Cephalopholis spiloparaea fréquente principalement les récifs coralliens aux structures complexes (grottes, crevasses, ...) et les fonds rocheux fournissant un abri. C'est à des profondeurs dépassant les 40 mètres (jusqu’à 110 m) qu'il est le plus présent.

Description

Cephalopholis spiloparaea est un petit mérou dont la taille reste comprise entre 10 et 22 cm avec une maximale observée de 30 cm. Les femelles ont une taille légèrement inférieure aux mâles.

Son corps est de forme oblongue et comprimé latéralement. Il est couvert d’écailles cténoïdes* y compris sur la tête. Le museau est pointu et doté d’une grande bouche supère* aux larges lèvres. L'œil est grand. La zone interorbitale* est plate. Le préopercule* est arrondi, très finement dentelé.

Ce poisson présente une coloration de base distinctive rougeâtre pâle recouverte de marbrures et de taches dans des tons rouge foncé ou brun-rouge. Une tache brun-rouge, bien ronde, est souvent visible près de l'œil. Une deuxième marque le bord de l'opercule. Parfois, 8 à 9 petites taches sombres en forme de selle* sont apparentes le long de la base de la nageoire dorsale et une autre sur le devant du pédoncule* caudal. Un liseré blanc à bleuâtre, souligné de noir, suit le contour de la nageoire caudale. Il peut s'interrompre par endroit notamment au centre de la nageoire. Des taches blanches plus ou moins prononcées sur la tête, le corps et les nageoires complètent la livrée.

Certains spécimens de l'archipel des Comores peuvent présenter une nageoire caudale distinctement de couleur jaunâtre alors qu'elle est rougeâtre ailleurs.

La nageoire dorsale comprend 9 épines et 14 à 16 rayons mous, la nageoire anale 3 épines et 9 à 10 rayons mous. Les nageoires pectorales sont nettement plus longues que les nageoires pelviennes* et la nageoire caudale est arrondie.

Espèces ressemblantes

Cephalopholis spiloparaea est souvent confondu avec la vieille dorée Cephalopholis aurantia. Ces deux espèces diffèrent légèrement par la couleur. C. aurianta est généralement jaune orangé ou dorée, avec des points rouges à orange sur la tête et sur le devant du dos. Sa caudale comporte aussi un liseré bleuté. En revanche, ses nageoires pelviennes sont plus longues, atteignant généralement l’anus. Cephalopholis aurantia vit plutôt entre 50 et 150 m, voire au-delà.

Toujours dans la catégorie des petits mérous (20 cm), deux autres espèces ressemblent à Cephalopholis spiloparaea :

- Cephalopholis nigripinnis, la vieille ailes noires, qui elle aussi a une robe dans les tons rouges ou brun-rouge avec des taches claires. Elle se différencie toutefois par ses nageoires pectorales sombres qui lui ont donné son nom ;

- Cephalopholis leopardus, la vieille léopard, qui a une robe rose à rouge parsemée de taches plus claires. On la distingue aisément des autres espèces par la selle* noire sur le haut du pédoncule* caudal.

Alimentation

Cephalopholis spiloparaea se nourrit principalement de petits crustacés, en particulier de crabes. Il complète son alimentation par de petits poissons et d’autres invertébrés tels que les stomatopodes.

La recherche de nourriture se fait plutôt avant le lever et après le coucher du soleil.

Reproduction - Multiplication

Les observations de reproduction de l'espèce sont rares et peu documentées. Comme beaucoup de mérous, Cephalopholis spiloparaea est une espèce ovipare*. Bien que l’hermaphrodisme* protogyne* soit courant chez le genre Cephalopholis, il est seulement suspecté chez cette espèce en raison de son organisation sociale (voir § Divers biologie) mais aucune confirmation n’est disponible au moment de la rédaction de cette fiche (08/2026).

La reproduction a lieu probablement sur des sites spécifiques mais sans agrégation à grande échelle, ce qui diffère des grands mérous. Les périodes d'accouplement commencent généralement en fin d’après-midi et se prolongent jusqu’au coucher du soleil. Cette espèce présente un système d’accouplement polygyne, le mâle dominant va courtiser, successivement, plusieurs femelles.

Après une parade nuptiale, le mâle et la femelle remontent ensemble dans la colonne d’eau pour libérer leurs gamètes*. Une fois fécondés, les œufs se dispersent au gré des courants.

Après l'éclosion, les larves* entament une vie en haute mer dont la durée n'est pas vraiment connue. Les informations sur cette vie en milieu pélagique* sont limitées, mais elle doit s'apparenter à celle des autres petits mérous (25 à 30 jours). Une fois atteinte la taille d'environ 2–3 cm de longueur totale, les post-larves* rejoignent les récifs coralliens pour continuer leur développement.

Vie associée

Socialement, les adultes forment des groupes stables composés d'un mâle dominant et de plusieurs femelles. Le mâle consacre un temps important à l'inspection de son territoire pour le défendre activement contre les intrus et les concurrents et pour maintenir la cohésion du groupe. Les relations entre les femelles du groupe restent relativement cloisonnées réduisant ainsi les risques de conflits en son sein. Les juvéniles ont tendance à être solitaires et moins territoriaux.

Divers biologie

L’espèce est décrite comme étant peut-être le mérou le plus commun des récifs coralliens indo-pacifiques en dessous de 40 m, principalement autour des îles. Il est fréquemment observé posé sur le substrat*.

La coloration orange-rougeâtre pâle, recouverte de marbrures et de taches dans des tons rouge foncé ou brun-rouge, offre un camouflage efficace au sein des récifs coralliens, améliorant la capacité de l’espèce à éviter les prédateurs et chasser les proies en embuscade. Chez les mâles, les motifs de couleur peuvent être plus intenses lors d’interactions avec des congénères notamment en période de reproduction.

Informations complémentaires

Les données sur la croissance, la maturité et la longévité de Cephalopholis spiloparaea ne sont pas disponibles à la date de rédaction de la fiche (08/2026).

Statuts de conservation et réglementations diverses

Depuis 2017, ce poisson est classé LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure. Cela signifie que les informations recueillies sur l’espèce ne permettent pas de la classer dans les autres catégories, en particulier celles qui alertent sur une menace (CR : En danger critique d’extinction, EN : En danger, VU : Vulnérable).

Ce statut reflète sa large distribution dans l’Indo-Pacifique et sa présence fréquente en dessous de 40 m ainsi que sa petite taille (généralement autour de 20 cm) qui réduisent sa vulnérabilité en limitant naturellement la surpêche.

Origine des noms

Origine du nom français

Vieille : vieille est un nom vernaculaire* ancien utilisé dans de nombreuses régions françaises pour désigner les Labridés. Peut-être en raison de leur apparence (certains ont une robe terne) et de leur comportement ? Ce nom est aussi utilisé pour des espèces n'appartenant pas à cette famille.

fraise : du fait de sa couleur.

Origine du nom scientifique

Cephalopholis : du grec [kephalê] = tête et [pholis] = écaille, allusion à la tête totalement écailleuse de l'espèce-type* du genre Cephalopholis argus ;

spiloparaea : composé du grec [spilo] = tache et [paraia] = relatif à la joue, en référence aux taches bien visibles sur les joues de ce poisson.

L’espèce a été initialement décrite en 1828 comme Serranus spiloparaea par le zoologiste français Achille Valenciennes (1794-1865), dans le deuxième volume de l'"Histoire naturelle des poissons" co-écrit avec Georges Cuvier (1769-1832). Valenciennes y détaille l’espèce à partir d'un spécimen séché appartenant au médecin, explorateur et naturaliste français Philibert Commerson (1727-1773) sans pouvoir préciser une localité-type* en l'absence de notes, bien qu’il soit présumé originaire de l’océan Indien.

Les mérous ont d'abord été classés dans la sous-famille des Epinephélinés au sein de la famille plus large des Serranidés par les premiers ichtyologues. Des études moléculaires et morphologiques assez récentes (années 2000), et le développement de la phylogénétique* ont conduit à l’élévation d’Epinephélinés au statut de famille soit Epinephélidés.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 218180

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Actinopteri
Classe Teleostei
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Percoidei Percoïdes Une ou deux nageoires dorsales dont les éléments antérieurs sont des épines aiguës. Nageoires pelviennes avec une épine, rayons mous.
Famille Epinephelidae Epinephelidés
Genre Cephalopholis
Espèce spiloparaea

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