Taille d'environ 18 cm avec une maximale observée de 24 cm
Coloration brun-rougeâtre devenant plus pâle sur la surface ventrale
Selle brun foncé présente sur le haut du pédoncule caudal
Nombreuses petites taches rouge-orangé éparpillées sur l'ensemble du corps
Tache brun foncé visible à l'angle de l’opercule
Nageoire caudale marquée de deux raies obliques
Cuisinier (La Réunion), Mérou fauve (Polynésie française)
Leopard hind, leopard grouper, leopard rock cod, red-spotten rockcod (GB), Cherna leopardo (E), Leopard-Zackenbarsch (D)
Labrus leopardus Lacépède, 1801
Cephalopholis leoparda (Lacépède, 1801)
Epinephelus leopardus (Lacépède, 1801)
Serranus leopardus (Lacépède, 1801)
Serranus spilurus Valenciennes, 1833
Serranus homfrayi Day, 1871
Epinephelus urodelops Schultz, 1943
Indo-Pacifique tropical
Zones DORIS : ● Indo-PacifiqueCephalopholis leopardus est une espèce présente dans les eaux de l’Indo-Pacifique tropical, depuis l’Afrique de l'Est (Kenya, Tanzanie, Zanzibar) jusqu’aux îles de la Société vers l’est, et, du nord vers le sud, des îles Ryukyu au sud du Japon jusqu’au nord de l’Australie.
Dans les eaux françaises, on peut la rencontrer à Mayotte, à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna.
Elle est absente des eaux de la mer Rouge et du golfe Persique.
Cephalopholis leopardus affectionne les récifs coralliens aux eaux claires ainsi que les substrats rocheux avec des crevasses, des grottes et des anfractuosités qui lui offrent de quoi se cacher pendant la journée. C'est entre 3 et 20 m que l'on rencontre le plus souvent ce poisson même s'il peut évoluer jusqu'à 40 m environ.
Cephalopholis leopardus est un petit mérou dont la taille est d'environ 18 cm avec une maximale observée de 24 cm. Les femelles ont une taille légèrement inférieure à celle des mâles.
Son corps est fusiforme*, comprimé latéralement. La peau est recouverte d’écailles cténoïdes* s’étendant jusqu’à l’abdomen. Le museau est pointu et doté d’une grande bouche supère* aux larges lèvres. Le maxillaire* dépasse l’œil qui est grand. La zone interorbitale* est plate. Le préopercule* est arrondi, très finement dentelé, le bord supérieur de l’opercule* est distinctement convexe.
Ce poisson présente une coloration brun-rougeâtre devenant plus pâle sur la surface ventrale, avec des variations allant du brun clair au rouge rosé. De nombreuses petites taches rouge-orangé sont éparpillées sur l'ensemble du corps. Celles-ci sont plus apparentes sur le bas du corps et le museau. Elles créent un effet marbré sur le haut du corps. Une tache brun foncé est visible à l'angle de l’opercule*.
Une selle* brun foncé est présente sur le haut du pédoncule* caudal juste après la nageoire dorsale. Elle est accompagnée d'une tache plus petite juste derrière elle.
La nageoire caudale est marquée de deux raies obliques : une raie brun rougeâtre bien nette le long de la marge supérieure et une raie rougeâtre et plus diffuse sur la marge inférieure, convergeant souvent pour former un « V ». La raie supérieure est accompagnée d’une marge noire parallèle. Les nageoires pectorales habituellement rougeâtres peuvent prendre une teinte jaunâtre chez certains poissons.
La nageoire dorsale est continue et comprend 9 épines et 13 à 15 rayons mous. La nageoire anale a 3 épines et 9 à 10 rayons mous et les nageoires pectorales 16 à 18 rayons mous. La nageoire caudale est arrondie. Les nageoires pelviennes sont courtes et n’atteignent pas l’anus.
Cette espèce peut être confondue avec d'autres petits mérous de coloration semblable, mais dans tous les cas, seule la vieille léopard a une selle sombre sur le haut du pédoncule caudal. Parmi eux, on peut citer :
- Cephalopholis nigripinnis, la vieille ailes noires, avec ses nageoires pectorales sombres qui lui ont donné son nom ;
- Cephalopholis spiloparae, la vieille fraise, dont la nageoire caudale comporte un liseré blanc à bleuâtre qui suit son contour ;
- Cephalopholis urodeta,la loche urodèle, dont la nageoire caudale comporte deux lignes claires obliques. Ce poisson vit uniquement dans le Pacifique Ouest.
Le régime alimentaire de Cephalopholis leopardus se compose principalement de petits poissons (gobies, pseudochromides,...) et de crustacés avec une préférence pour ces derniers.
Comme beaucoup d'autres petits mérous du genre Cephalopholis, il chasse généralement en embuscade dissimulé dans le corail ou les anfractuosités du récif, en fondant sur les imprudents qui passent à proximité. Cette activité est plus soutenue en période de faible luminosité, tôt le matin et en fin d'après-midi.
Cephalopholis leopardus est une espèce ovipare* et hermaphrodite* protogyne*, ce qui signifie que tous les individus sont des femelles à la naissance et que certains d’entre eux deviendront des mâles en fonction du contexte social. Cette stratégie sexuelle améliore le rendement reproductif des populations à faible densité en permettant aux femelles les plus grandes de remplacer, si nécessité, les mâles dominants plus sujets à la prédation et à la pêche sélective en taille. La taille de la maturité sexuelle est inconnue à la date de rédaction de cette fiche (07/2026) mais les femelles l'atteignent avant les mâles.
Il y a peu d'informations sur le frai*. Il se produit dans les environnements riches en coraux. Bien que les périodes de frai restent non documentées pour cette espèce, il est probable que, comme pour les autres mérous, elles soient liées aux cycles des saisons et de la lune.
La fécondation* est externe, mâle et femelle libérant leurs gamètes* en pleine eau. La production d'œufs reste relativement faible. Ces derniers sont ensuite dispersés par les courants marins. Après l'éclosion, les larves* entament une phase de vie pélagique* au milieu du plancton* dont la durée n'est pas vraiment connue. Les post-larves* rejoignent ensuite les récifs coralliens pour continuer leur développement et passer au stade juvénile.
Cephalopholis leopardus est un poisson solitaire défendant généralement de petits territoires au sein des récifs coralliens, chaque individu conservant un accès exclusif aux abris et aux zones d’alimentation. Ce comportement territorial n'exclut pas la cohabitation avec d'autres espèces de mérous comme le mérou céleste Cephalopholis argus.
C'est une espèce relativement farouche restant largement inactive et à l'abri pendant la journée. Dérangée, elle se réfugie plus profondément dans sa cachette. Ce mode de vie discret évitant l’exposition aux prédateurs et aux concurrents contribue aussi à sa faible visibilité par les plongeurs.
Les motifs et marques de couleur rouge de sa livrée offrent un camouflage efficace au sein des récifs coralliens notamment dans les eaux plus profondes où la lumière rouge est filtrée. La coloration peut varier en intensité, permettant aux individus d’éclaircir ou d'assombrir légèrement la livrée pour une meilleure dissimulation.
Depuis 2017, ce poisson est classé LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure. Cela signifie que les informations recueillies sur l’espèce ne permettent pas de la classer dans les autres catégories, en particulier celles qui alertent sur une menace (CR : En danger critique d’extinction, EN : En danger, VU : Vulnérable).
Vieille : vieille est un nom vernaculaire ancien utilisé dans de nombreuses régions françaises pour désigner les labridés. Peut-être en raison de leur apparence (certains ont une robe terne) et de leur comportement ? Ce nom est aussi utilisé pour des espèces n'appartenant pas à cette famille ;
léopard : en référence à sa livrée ressemblant au pelage d’un léopard.
Cephalopholis : du grec [kephalê] = tête et [pholis] = écaille ;
leopardus : mot latin, se traduisant par « du léopard » ou « semblable à un léopard », en référence au corps brun-rouge orné de nombreuses petites taches irrégulières ressemblant au motif du pelage d’un léopard.
Cephalopholis leopardus a été initialement décrit par le naturaliste français Bernard-Germain de Lacépède (1756-1825), en 1801, sous le nom de Labrus leopardus dans l'ouvrage "Histoire naturelle des poissons" co-écrit avec le zoologiste Achille Valenciennes (1794-1865). Il s'est servi pour cela d'un spécimen séché, accompagné d'un dessin, de la collection du médecin, explorateur et un naturaliste français Philibert Commerson (1727-1773) sans précision sur sa provenance.
Ce placement initial dans le genre Labrus a été revu par Valenciennes qui a rangé ce poisson dans le genre Serranus après réexamen du spécimen. Les méthodes de classement ont été affinées par la suite ce qui a conduit à de nombreux changements de genre tels que Serranus, Epinephelus et Cephalopholis et à la création de nombreux synonymes. Le nom actuel accepté, Cephalopholis leopardus, a été consolidé à la fin du 20ème siècle grâce à des révisions complètes de la taxonomie* des épinephelidés.
Numéro d'entrée WoRMS : 218185
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Chordata | Chordés | Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. |
| Sous-embranchement | Vertebrata | Vertébrés | Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. |
| Super classe | Actinopteri | ||
| Classe | Teleostei | ||
| Ordre | Perciformes | Perciformes | Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales. |
| Famille | Epinephelidae | Epinephelidés | |
| Genre | Cephalopholis | ||
| Espèce | leopardus |
Poissons osseux nageant près du fond
Spécimen représentatif
La selle brun foncé présente sur le haut du pédoncule caudal, accompagnée d’une tache similaire plus petite juste derrière est le signe distinctif de l'espèce.
Maldives; océan Indien
25/01/2024
Poissons osseux nageant près du fond
Bande sur la caudale
La nageoire caudale présente deux raies obliques : une raie brun rougeâtre bien marquée le long de la marge supérieure et une le raie rougeâtre et plus diffuse sur la marge inférieure, convergeant souvent pour former un « V ». La ligne supérieure est accompagnée d’une marge noire parallèle.
Passe en S, Mayotte (976), océan Indien, 13 m
04/03/2011
Nettoyage
Ce poisson s'accorde une séance de nettoyage en faisant appel aux services d'un labre nettoyeur, probablement Labroides dimidiatus.
Mokotamba, Sulawesi, Indonésie, océan Pacifique, 10 m
13/04/2010
Un poisson discret
La vieille léopard est un poisson solitaire, relativement farouche et restant largement inactif et camouflé pendant la journée comme sur cette photo dans une zone rocheuse.
Maldives, océan Indien
25/01/2025
Juvénile
Ce juvénile est bien reconnaissable grâce à la selle noire sur le pédoncule caudal et les traits obliques sur la nageoire caudale.
Passe en S, Mayotte (976), océan Indien, 8 m
23/04/2011
Biotope
Cephalopholis leopardus affectionne les récifs coralliens ainsi que les substrats rocheux avec des anfractuosités lui offrant de quoi se cacher pendant la journée.
Passe en S, Mayotte (976), océan Indien, 10 m
23/03/2013
En Polynésie française
La vieille léopard est présente en Polynésie française. Elle y est appelée mérou fauve.
Atoll de Manihi, Tuamotu, Polynésie française, 35 m
11/2020
A Mayotte
Ce poisson est bien présent à Mayotte même s'il n'est pas fréquent de le rencontrer du fait de sa grande timidité.
Passe en S, Mayotte (976), océan Indien, 11 m
07/05/2013
Rédacteur principal : Jean-Michel SUTOUR
Vérificateur : Sylvie DIDIERLAURENT
Responsable régional : Jean-Michel SUTOUR
GUIDE D'IDENTIFICATION DES PRINCIPALES ESPECES DE POISSONS PECHES A MAYOTTE - Parc naturel marin de Mayotte 2024
La page sur Cephalopholis leopardus sur le site de référence de DORIS pour les poissons : FishBase
La page de Cephalopholis leopardus dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
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