Adulte :
Taille entre 10 et 20 cm (maximale observée de 30 cm)
Corps brunâtre à verdâtre, parfois très clair
Bande blanche du menton jusqu'à la base de la nageoire dorsale
Tache circulaire foncée sur la partie supérieure de l'opercule
7 à 8 bandes foncées
sur les flancs
Juvénile
(jusqu'à 4 cm) :
Corps gris-brun, sans bandes sur les flancs, arrière
du corps jaune pâle
Large bande médiane blanche du menton à la base de la dorsale bien visible
Mérou de boenak, loche à bandes marron (Nouvelle-Calédonie)
Brown-banded cod, brown-banded rockcod, brownbarred rockcod, brown-banded coral cod, chocolate hind, chocolate grouper (GB), Cherna chocolate (E), Chokoladebars (DK)
Bodianus boenak Bloch, 1790
Serranus
boenak (Bloch, 1790)
Serranus
boenack (Bloch, 1790)
Epinephelus
boenack (Bloch, 1790)
Perca
fusca Thunberg, 1793
Bodianus
zebra Shaw, 1803
Serranus
pachycentron Valenciennes, 1828
Epinephelus
pachycentron (Valenciennes, 1828)
Cephalopholis
pachycentron (Valenciennes, 1828)
Serranus
boelang Valenciennes, 1828
Epinephelus
boelang (Valenciennes, 1828)
Serranus
stigmapomus Richardson, 1846
Serranus
nigrofasciatus Hombron & Jacquinot, 1853
Indo-Pacifique
Zones DORIS : ● Indo-PacifiqueCephalopholis boenak possède une vaste zone de répartition dans l'Indo-Pacifique. Dans l'océan Indien, ce mérou est présent le long des côtes est-africaines, du Kenya au sud du Mozambique et dans quelques îles océaniques (Madagascar, l'atoll d'Aldabra, l'archipel des Comores dont Mayotte et les îles Andaman). Sa présence aux Mascareignes* et donc à l'île de la Réunion est possible mais non confirmée dans certains inventaires. Dans le Pacifique Ouest, on peut l'observer au sud du Japon (archipel des Ryükyü), à Taïwan, sur les côtes chinoises et dans l'archipel Indo-Australien (Malaisie, Philippines, Indonésie). En Australie, on le rencontre depuis Exmouth en Australie-Occidentale jusqu'au Queensland. Il fréquente également les côtes de la Papouasie et de Nouvelle-Calédonie. Il est absent en mer Rouge et dans le golfe Persique.
Cephalopholis boenak est fortement associé aux habitats coralliens, y compris les récifs morts, où juvéniles et adultes coexistent. On le trouve de quelques mètres sous la surface à plus de 60 m de profondeur mais généralement à moins de 30 m.
Cephalopholis boenak est un petit mérou dont la taille reste comprise entre 10 et 20 cm avec une maximale observée de 30 cm. Les femelles ont une taille légèrement inférieure aux mâles.
Le corps est moyennement allongé, sa plus grande hauteur comprise 2,4 à 3 fois dans la longueur standard* (pour les poissons de plus de 10 centimètres), le profil dorsal légèrement élevé. La tête est longue (comprise entre 2,3 et 2,7 fois la longueur standard) et pointue. La bouche est grande avec des lèvres épaisses. La mâchoire inférieure est proéminente, le maxillaire* atteint presque la verticale du bord de l'œil. Ce dernier, positionné haut, est de grande taille. La pupille est ovale et bordée d'orange. Le préopercule* est très finement dentelé, l'opercule* possède trois larges épines plates à son angle supérieur. La ligne latérale*, incurvée, s'étend du haut de l'opercule à la nageoire caudale, elle compte 46 à 51 écailles. Les écailles qui recouvrent tout le corps sont cténoïdes*.
La nageoire dorsale, unique, à base longue, compte 9 rayons épineux (à la membrane indentée) et 15 à 17 rayons mous. La nageoire anale possède 3 épines et 8 rayons mous, la seconde épine étant la plus forte. Les nageoires pectorales ont 16 ou 17 rayons, la nageoire anale en possède 15. Les nageoires caudale et anale sont arrondies.
La couleur du corps est variable, brunâtre à verdâtre, parfois très claire avec 7 à 8 bandes foncées sur les flancs, parfois divisées. Généralement, sont présentes des taches brunes sur la tête, des lignes rayonnant de l'œil et une tache circulaire foncée sur la partie supérieure de l'opercule. Une bande blanche part du menton jusqu'à la base de la nageoire dorsale. Celle-ci s'estompe avec l'âge mais reste visible et devient grisâtre. La partie molle des nageoire dorsale, anale et caudale ont une partie distale* plus foncée et un fin liseré bleu clair (parfois limitée sur la caudale à deux marques, supérieure et inférieure).
Le juvénile, jusqu'à 4 cm de longueur standard, a les deux tiers antérieurs du corps gris-brun, sans bandes sur les flancs. L'arrière du corps, la caudale et les parties molles de la dorsale et de l'anale sont jaune pâle. La large bande médiane blanche du menton à la base de la dorsale est bien visible.
Le genre Cephalopholis compte 25 espèces (au 04/2026), mais aucune d'entre elles ne peut être vraiment confondue avec Cephalopholis boenak. Eventuellement, deux espèces peuvent avoir un patron de coloration assez proche.
Cephalopholis cyanostigma : possède parfois une livrée claire avec des bandes verticales sombres, des marques sombres sur la tête, les nageoires paires avec un bord sombre et un liseré bleu. Mais le corps est entièrement couvert d'une multitude de taches, blanches sur le corps, plus petites et bleues sur la tête et les nageoires.
Cephalopholis microprion : comme l'espèce ci-dessus, certains individus ont une livrée claire avec des bandes verticales sombres mais en moins grand nombre. La tête et la partie antérieure du corps ont de nombreux petits ocelles* bleus, souvent présents sur les nageoires.
Cephalopholis boenak se nourrit de poissons, qui représentent plus de 90 % de son régime alimentaire, et de crustacés. Dans une étude de Beukers-Stewart et Jones à Lizard Island, dans le nord de la Grande Barrière de Corail, les auteurs notent que les proies sont principalement représentées par des apogonidés, des pomacentridés et des clupeidés et que le taux d’alimentation varie fortement au cours de l’année. La fréquence de prises et le volume de proies ingérées sont beaucoup plus élevés en été qu’en hiver, les poissons juvéniles étant alors plus abondants.
Son comportement pendant la chasse varie selon le type d’habitat. Dans les zones ouvertes, il poursuit ses proies jusqu’à la capture, ce qui ne prend généralement pas plus de quelques secondes. Dans les habitats plus complexes, il traque sa proie à l'affut, immobile pendant de longues périodes et en se rapprochant progressivement.
Cephalopholis boenak est une espèce hermaphrodite* protogyne* diandrique*. Il possède donc les attributs des deux sexes à la naissance. La maturation des gamètes* femelles devance celle des gamètes mâles. Il existe deux sortes de mâles, les mâles primaires, se développant à partir de la phase juvénile et les mâles secondaires, se développant à partir de la transformation d'une femelle en mâle dans un contexte social particulier (voir § Divers biologie). Les femelles sont matures dès la taille de 8 cm (longueur standard).
La reproduction a été observée par Donaldson en 1986 en Papouasie-Nouvelle-Guinée lors de la pleine lune. Un couple s'est formé, à partir d'un mâle et d'une femelle occupant le même territoire. La parade nuptiale a commencé environ 20 minutes avant le coucher du soleil, le mâle touchant les flancs de la femelle avec son museau. Après s'être élevés vers la surface en adoptant une position verticale, ils ont fini par émettre leurs gamètes. La fécondation est externe. Les œufs entament ensuite une vie pélagique* au gré des courants.
La vie larvaire* n'est pas documentée pour cette espèce. En se référant à une récente étude (octobre 2025), sur une espèce proche (Cephalopholis sonnerati), on peut penser que les œufs ont une taille d'environ 0,9 mm, que l'incubation* dure environ 24 heures et que les larves* nouvellement écloses mesurent un peu plus de 2 mm. La durée de la phase larvaire, assez variable dans la famille, pourrait être de 20 à 50 jours avant la métamorphose* et l'installation sur le récif.
En dehors des périodes de reproduction, Cephalopholis boenak vit en solitaire. D'un comportement secret et timide, il est rencontré souvent posé sur le sol ou sur un petit promontoire rocheux ou corallien, se retirant rapidement dans les anfractuosités du récif pour s’abriter des prédateurs, aidé en cela par sa coloration camouflante.
Les groupes sociaux sont petits : un mâle dominant, une ou deux femelles plus petites et divers individus sexuellement inactifs. Les mâles défendent un territoire plus étendu que les femelles. La taille du territoire augmente avec la taille du poisson.
Une étude faite en captivité montre que les facteurs sociaux influencent le changement de sexe chez les adultes et la différenciation sexuelle chez les juvéniles. Chez les adultes, le disparition d’un mâle dominant favorise la transformation des femelles en mâles, tandis que des mâles peuvent aussi changer de sexe. Chez les juvéniles, le contexte social modifie la différenciation sexuelle : les jeunes isolés deviennent mâles.
L’interprétation de l’otolithe* sagittal* sectionné a été utilisée pour estimer un âge d’environ 11 ans pour un individu de cette espèce prélevé dans les eaux de Hong Kong. Sa taille de 23,1 cm pour cet âge, classe définitivement ce poisson dans la catégorie des petits mérous.
L'espèce est placée dans le genre Bodianus lors de sa description par Marcus Élieser Bloch (1723-1799), médecin et naturaliste allemand, elle est orthographiée boenak en page 43 (description) mais boenack sur l'illustration, et dans son édition française (Ichtyologie ou histoire naturelle des poissons, partie 7, en 1789) elle est orthographiée boenac. Le nom actuellement reconnu valide est boenack.
Avant 1984, la plupart des auteurs désignaient cette espèce sous le nom de Cephalopholis pachycentron, et Cephalopholis boenak (généralement orthographié boenack) était appliqué, par erreur, à la vieille à lignes bleues (Cephalopholis formosa).
Depuis 2016, ce poisson est classé LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure. Cela signifie que les informations recueillies sur l’espèce ne permettent pas de la classer dans les autres catégories, en particulier celles qui alertent sur une menace (CR : En danger critique d’extinction, EN : En danger, VU : Vulnérable).
Vieille : vieille est un nom vernaculaire ancien utilisé dans de nombreuses régions françaises pour désigner les labridés. Peut-être en raison de leur apparence (certains ont une robe terne) et de leur comportement ? Ce nom est aussi utilisé pour des espèces n'appartenant pas à cette famille.
chocolat : allusion à la couleur générale de cette espèce.
Cephalopholis : du grec [kephalê] = tête et [pholis] = écaille, allusion à la tête totalement écailleuse
de l'espèce-type du genre Cephalopholis argus.
boenak : Bloch note dans sa description : "J'ai reçu ce poisson du Japon sous le nom de Ican Boenak, nom que j'ai conservé". Ikan est le nom indonésien de poisson, il s'agirait donc du nom local en Indonésie bien que Bloch précise " J'ai reçu ce poisson du Japon", ce qui semble erroné.
Numéro d'entrée WoRMS : 218182
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Chordata | Chordés | Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. |
| Sous-embranchement | Vertebrata | Vertébrés | Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. |
| Super classe | Actinopteri | ||
| Classe | Teleostei | ||
| Ordre | Perciformes | Perciformes | Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales. |
| Sous-ordre | Percoidei | Percoïdes | Une ou deux nageoires dorsales dont les éléments antérieurs sont des épines aiguës. Nageoires pelviennes avec une épine, rayons mous. |
| Famille | Epinephelidae | Epinephelidés | |
| Genre | Cephalopholis | ||
| Espèce | boenak |
Poissons osseux nageant près du fond
Spécimen représentatif
7 bandes foncées sur les flancs, des lignes rayonnant depuis l'œil, une tache circulaire foncée sur l'opercule, des nageoires dorsale, anale et caudale bordées de bleu, autant de clés qui permettent d'identifier formellement cet individu.
Three Sisters, Indonésie, océan Pacifique, 18 m
28/11/2014
Poissons osseux nageant près du fond
Tache sombre sur l'opercule
La bouche est grande avec des lèvres épaisses. La mâchoire inférieure est proéminente. Une tache circulaire foncée est visible sur la partie supérieure de l'opercule.
Thaï Anemone city, Thaïlande, océan Pacifique, 24 m
28/02/2017
Bande claire sur le front
Une bande claire part du museau jusqu'à la base de la nageoire dorsale.
Plage de N'Gouja, Mayotte (976), océan Indien, 2 m
12/12/2010
Oeil
L'œil, positionné haut sur la tête, est de grande taille. La pupille est ovale et bordée d'orange. Sur cette photo, les rayons de la nageoire pectorale sont bien visibles et peuvent être comptés aisément.
Détroit de Lembeh, Indonésie, océan Pacifique, 7 m
11/09/2024
Position favorite
D'un comportement secret et timide, la vieille chocolat est souvent rencontrée posée sur le sol ou sur un petit promontoire rocheux ou corallien. Elle se retire rapidement dans les anfractuosités du récif pour s’abriter des prédateurs, aidée en cela par sa coloration camouflante.
Thaïlande, océan Pacifique
02/2007
A Madagascar
Ce petit mérou est présent à Madagascar.
Nosy Tanikely Ouest, Madagascar, océan Indien, 15 m
01/05/2011
A Mayotte
Ce poisson est présent dans les eaux françaises comme ici à Mayotte.
Îlot M'bouzi, Mayotte (976), océan Indien, 10 m
23/10/2010
Gravure ancienne
Dans son ouvrage "Histoire naturelle des poissons étrangers (1790)", Bloch décrit ce poisson sous le nom de Bodianus boenak à partir d'un spécimen qu'il pensait, certainement à tort, venir du Japon sous le nom de ican boenak. Ce nom semble plutôt d'origine indonésienne. Le dessin, d'après nature, est de Johann Friedrich Henning, (1750-1814), graphiste, peintre et graveur allemand.
Planche n° 226
Reproduction de documents anciens
1790
Rédacteur principal : Jean-Luc FERNEZ
Vérificateur : Jean-Michel SUTOUR
Responsable régional : Jean-Michel SUTOUR
Beukers-Stewart B.D., Jones G.P., 2004,
The influence of prey abundance on the feeding ecology of two piscivorous species of coral reef fish, Journal of Experimental Marine Biology
and Ecology, 284, 55-184.
Bloch M.E., 1790, Naturgeschichte der ausländischen Fische. Vierter Theil (Histoire naturelle des poissons étrangers), J. Morino & Comp., 4, 128 p., 43-44 (description), planche n° 226.
Chan T.T.C, Sadovy Y., 2002, Reproductive biology, age and growth in
the chocolate hind,
Cephalopholis boenak (Bloch, 1790),
in Hong Kong,
Martine and Freshwater Research, 53, 791-803.
Donaldson
T.J., 1989,
Pair
spawning of
Cephalopholis boenack (Serranidae), Journal of ichtyologie, 35(4), 497-500.
Liu M., Sadovy Y., 2004, Early
gonadal development and primary males in the protogynous
epinepheline,
Cephalopholis boenak, Journal of Fish
Biology
, 65, 987-1002.
Liu M., Sadovy Y., 2005, Habitat
association and social structure of the chocolate hind,
Cephalopholis
boenak (Pisces: Serranidae: Epinephelinae), at Ping Chau
Island, northeastern Hong Kong waters, Environmental Biology of
Fishes
, 74, 9-18.
Liu M., Sadovy Y., 2006, The
influence of social factors on adult sex change and juvenile sexual
differentiation in a diandric, protogynous epinepheline,
Cephalopholis boenak (Pisces, Serranidae), Journal of
Zoology
, 264(3) 239-248.
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La page sur Cephalopholis boenak sur le site de référence de DORIS pour les poissons : FishBase
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