Algue ciliée

Calliblepharis ciliata | (Hudson) Kützing

N° 3427

Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Clé d'identification

Thalle foliacé
Couleur du rouge vif au rouge foncé
Base de fixation ramifiée
Stipe très court et cylindrique
Fronde en lames plates couvertes de petites proliférations marginales et d'excroissances superficielles épineuses

Noms

Noms communs internationaux

Beautiful eyelash, red fringed weed (GB)

Synonymes du nom scientifique actuel

Fucus ciliatus Hudson, 1762
Ciliaria latifolia Stackhouse, 1809
Rhodymenia ciliate (Hudson) Areschoug, 1845
Calliblepharis ciliata f. angusta Holmes & Batters, 1890

Distribution géographique

Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

Cette algue vit notamment sur les côtes Européennes, de l'Irlande et des îles Féroé jusqu’au sud du Portugal ainsi que sur les côtes nord-ouest africaines du Maroc à la Mauritanie. Elle est également présente en Méditerranée.

Biotope

C'est une algue sciaphile* que l'on trouve en mode semi-battu, en épiphyte* ou fixée sur les rochers recouverts de sédiments. On la rencontre des premiers mètres de l'infralittoral* jusqu'à 25 m de profondeur environ.

Description

Cette algue rouge très polymorphe*, vivace*, se renouvelle annuellement sur une base de fixation pérenne. L’appareil végétatif ou thalle* est foliacé, il varie du rouge vif au rouge foncé voire violacé et se compose de 3 parties.

  • La base de fixation qui est ramifiée, adhère fortement au support par un ensemble de rhizoïdes* cylindriques.
  • Le stipe qui relie la base à la fronde, est très court et cylindrique.
  • La fronde qui est constituée de lames plates de 30 cm de longueur et 20 à 70 mm de largeur. Les lames sont de consistance cartilagineuse et un peu cassante. Elles sont rugueuses au toucher et dépourvues de nervure médiane. Elles sont couvertes de nombreuses proliférations marginales épineuses rigides de moins de 5 mm de longueur ainsi que de petites excroissances superficielles dont le nombre varie suivant la saison (ces dernières sont plus nombreuses en été).

Le thalle est pseudoparenchymateux* avec une médulla* cellulaire composée de grandes cellules à paroi épaisse au centre et un cortex* formé de petites cellules.

Espèces ressemblantes

Calliblepharis jubata : on peut confondre Calliblepharis ciliata avec Calliblepharis jubata dont les lames lancéolées* sont plus étroites, mesurant jusqu’à 1 à 2 cm de largeur. Les proliférations superficielles et marginales peuvent atteindre 3 cm contre 5 mm pour Calliblepharis ciliata.

Alimentation

Comme toutes les algues, c'est une espèce autotrophe*, c'est-à-dire que grâce à la photosynthèse* (utilisation de l'énergie lumineuse captée par la chlorophylle*), elle synthétise la matière organique nécessaire à sa croissance, à partir du dioxyde de carbone et des minéraux dissous dans l'eau.

Reproduction - Multiplication

C'est une espèce dioïque* dont les organes de reproduction mâle et femelle sont portés par des thalles différents.
Elle a un cycle trigénétique* (3 générations se succèdent dans son cycle de vie) se déroulant sur une année.

  • La génération gamétophytique* présente en septembre des organes de reproduction sexués mâles, les spermaties* (gamètes mâles immobiles ou non flagellés) et des organes de reproduction femelles, carpogone* prolongé du trichogyne* contenant l’oosphère*.
  • La génération carposporophytique* ou cystocarpes*, apparaissant en masses saillantes de 1 ou 2 mm de diamètre le long des marges, se développe sur le thalle femelle après fécondation du gamète femelle par le gamète mâle. Cette génération libère des carpospores, s’observant de septembre à décembre. Après libération de carpospores il se développe un nouveau thalle.
  • La génération tétrasporophytique* présente d'octobre à avril des organes de reproduction asexuée ou tétrasporocystes* formant des taches dispersées sur le thalle. Ils vont produire des spores, les tétraspores qui, une fois libérées, se développent en de nouveaux gamétophytes.

Vie associée

Cette algue est souvent colonisée par des bryozoaires comme Electra pilosa.

Divers biologie

Cette algue est comestible mais non référencée comme algue alimentaire en France. En Irlande et en Ecosse, elle forme, après ébulition, une gélatine ayant l'apparence de la gelée.

Origine des noms

Origine du nom français

Algue ciliée : en rapport avec les proliférations marginales et excroissances superficielles qui recouvrent les lames et qui ressemblent à des cils.

Origine du nom scientifique

Calliblepharis : du grec [kallistos] = le plus beau et [blépharon] = paupière, relatif à la paupière (cils).
ciliata : du latin [cilium] = cils.
Le nom scientifique fait référence aux fines proliférations marginales qui bordent les lames.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Rhodobionta / Rhodophyta Rhodobiontes Algues rouges, pour la plupart marines.
Sous-embranchement Eurhodophytina
Classe Florideophyceae Floridéophycées

Thalle élaboré formé de fins filaments branchés ou en lames.

Ordre Gigartinales Gigartinales Intérieur du thalle presque toujours filamenteux, uni ou pluriaxial, souvent avec des incrustations calcaires. Organes fructificateurs en coussinets sur le thalle.
Famille Cystocloniaceae Cystocloniacées Thalle généralement érigé, soit cylindrique, linéaire ou segmenté, à ramification irrégulière ou sub-verticillée, soit aplati à foliacé à ramification marginale; structure uniaxiale; en coupe: filament axial visible ou non, cortex* pseudoparenchymateux, medulla* filamenteuse ou pseudo-parenchymateuse; vu à plat : cortex de cellules généralement disposées en rosettes (cercles de petites cellules autour de plus grandes); cycle isomorphe; cellules auxiliaires issues de cellules végétatives ordinaires; carposporanges en chaînes; tétrasporanges dispersés dans le cortex.
Genre Calliblepharis
Espèce ciliata

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