Bonnemaisonia aux androphores en forme de massue

Bonnemaisonia clavata | Hamel 1930

N° 6153

Méditerranée et Atlantique Nord-Est tempéré, du Maroc aux îles Britanniques

Clé d'identification

Algue souple, érigée, de couleur rose rougeâtre et s'étalant dans plusieurs plans
Thalle monopodial, axe ramifié densément et irrégulièrement couvert de ramules courts distiques opposés ou alternes dans un plan
Base discoïde
Thalle dioïque, organes mâles en forme de massues visibles à l’œil nu (facteur discriminant)
Sur roche ou épiphyte, visible au printemps

Noms

Distribution géographique

Méditerranée et Atlantique Nord-Est tempéré, du Maroc aux îles Britanniques

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

Cette algue se rencontre en Méditerranée, de la Grèce à l'Espagne, et en Atlantique Nord-Est du Maroc aux îles Britanniques.

Localement rare, elle est sous-signalée en raison de confusions avec Bonnemaisonia asparagoides.

Biotope

Le gamétophyte* est épiphyte* sur d'autres algues et la posidonie ou directement fixé sur la roche. Il est visible entre la fin d'hiver et le printemps dans l'étage infralittoral* et le circalittoral*. Il supporte bien les fonds chargés en sédiments.

Description

Cette algue érigée a des frondes* souples de couleur rose rougeâtre en forme de plumes, très divisées, pouvant atteindre une vingtaine de cm de hauteur.
L'axe ramifié irrégulièrement est monopodial*, de forme cylindrique légèrement comprimée, et excède rarement 1 mm de diamètre.
Les axes sont couverts de ramules* courts, régulièrement espacés, divariqués*, alternes ou opposés, en forme d'épines fines.

L’aspect plumeux et iridescent du thalle constitue un caractère visuel distinctif in situ.

Cette algue est fixée au substrat* par un petit disque basal.

Espèces ressemblantes

Bonnemaisonia asparagoides ressemble beaucoup à B. clavata. Son gamétophyte* monoïque* en diffère par sa couleur rouge vif, sa ramification moins fournie dans un plan, et ses petits organes mâles (non visibles à l’œil nu) de forme ovale, portés par un court pédicelle*. Cette espèce est beaucoup plus commune, avec laquelle B. clavata coexiste fréquemment au printemps.

Bonnemaisonia hamifera ressemble aussi beaucoup à B. clavata. Ses gamétophytes en diffèrent par la présence de ramules renflés en forme de « crosses » ce qui permet de les différencier sans difficulté.

Alimentation

Cette algue est autotrophe* photosynthétique* : elle élabore ses composés organiques à partir de dioxyde de carbone, d'eau, de minéraux et de lumière, grâce à des pigments qui lui permettent de faire la photosynthèse*.

Reproduction - Multiplication

Bonnemaisonia clavata a un cycle de vie trigénétique* hétéromorphe*. La description correspond aux gamétophytes* haploïdes* qui sont dioïques* (soit mâles, soit femelles). Les spermatanges* latéraux, en forme de petites massues (claviformes) de 1 mm environ sont visibles à l’œil nu. Les organes femelles sont terminaux sur de petits pédicelles. Après fécondation, ils produisent de petits cystocarpes* (0,5 à 0,9 mm de diamètre), ovoïdes asymétriques qui contiennent le gonimoblaste* producteur de carpospores*.

Les carpospores germent en un réseau pluricellulaire encroûtant, diploïde et monostromatique qui a été assimilé au tétrasporophyte* et décrit sous le nom de stade Hymenoclonium. Il est généralement trouvé fortuitement en examinant des éponges ou des algues sous une loupe. Les tétrasporocystes n’ont pas été observés. Les gamétophytes germent directement sur le stade Hymenoclonium, probablement après une méiose somatique.

Vie associée

Cette algue est le plus souvent épiphyte* sur la posidonie et de nombreuses autres algues de l'infra et du circalittoral*.

Les gamétophytes sont visibles en avril, fréquemment mélangés à ceux de Bonnemaisonia asparagoides. D’après Coppejans [1981], en Corse, un pied sur 50 seulement appartenait à B. clavata, et parmi ceux-ci 1 sur 10 seulement était un gamétophyte femelle, les autres étant des gamétophytes mâles. Cette espèce demeure discrète et probablement sous-échantillonnée.

Divers biologie

La croissance se fait à partir d'une cellule apicale* unique à division oblique. Les cellules axiales, de 1,34 à 1,5 mm de longueur, produisent 2 cellules périaxiales opposées et un cortex* polystromatique* constitué de grandes cellules internes ovoïdes et hyalines*, et de cellules externes petites et pigmentées.

Informations complémentaires

Comme d’autres Bonnemaisoniacées, cette espèce présente une alternance de phases morphologiquement très différentes, longtemps décrites comme des espèces distinctes avant la compréhension complète de son cycle biologique.

Origine des noms

Origine du nom français

Bonnemaisonia aux androphores en forme de massue est proposé par le site DORIS en référence à la forme de ses organes mâles.

Origine du nom scientifique

Bonnemaisonia est un genre d'algues rouges dédié par Carl Adolph Agardh en 1822 à Théophile Bonnemaison (1774-1829), un algologue breton, du début du XIXe siècle, contemporain de Lamarck.

clavata : diminutif du latin [clave] = gourdin, massue ; en rapport avec la forme de ses organes mâles en forme de petites massues allongées.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 144441

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Rhodobionta / Rhodophyta Rhodobiontes Algues rouges, pour la plupart marines.
Sous-embranchement Eurhodophytina Eurhodophytinés
Classe Florideophyceae Floridéophycées

Thalle élaboré formé de fins filaments branchés ou en lames.

Sous-classe Rhodymeniophycidae Rhodyméniophycidées
Ordre Bonnemaisoniales Bonnemaisoniales
Famille Bonnemaisoniaceae Bonnemaisoniacées
Genre Bonnemaisonia
Espèce clavata

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