Coquille fusiforme, solide, d’une taille courante de 8 à 10 mm
Coquille jaunâtre ou brunâtre avec bande brune au niveau de la suture, entre les côtes, bande visible à l’intérieur de l’ouverture sur les spécimens clairs
Protoconque multispirale d’environ 2,5 tours de couleur beige à rougeâtre
Canal siphonal court et ouvert
Animal translucide comportant de grosses taches blanches
Siphon orné de taches roses ou orangées
Bela ornata atticae F. Nordsieck, 1977 (description originale)
Méditerranée
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française]Cette espèce est présente dans toute la Méditerranée. La localité-type* est le golfe Saronique en Mer Egée (Grèce).
L’espèce a été signalée en Turquie (baie d’Izmir, Bozcaada (en français : Ténédos, dans le Nord de la mer Egée), en Croatie (Split en Dalmatie), en Italie (Varazze en Ligurie, Porto Palo en Sicile, Ladispoli dans le Latium romain, île de Capraia en Toscane), en France (sur la Côte d’Azur : Saint-Raphaël, Saint-Tropez. Également sur la côte occitane et en Corse) et en Espagne (Ibiza dans l'archipel des Baléares).
Elle n’est pas mentionnée pour l’Andalousie, dans le livre « Moluscos Marinos de Andalucia de Gofas S., Moreno D. & Salas C. »
C’est une espèce peu courante de l’infralittoral*, dans le sable ou sable vaseux. Elle vit à proximité des prairies de Posidonia oceanica, dans des poches de sable, ou des herbiers de Cymodocea nodosa.
La coquille est fusiforme et solide. Elle est de taille moyenne pour le genre de 8 à 10 mm.
La protoconque* (premiers tours initiaux sur la coquille) est multispirale*, de couleur beige à rougeâtre, d’environ 2,5 tours. Le premier tour et demi est lisse, le tour suivant comporte une sculpture.
La
téléoconque*
(ensemble composé des autres tours) de 5 à 6 tours convexes, comporte 6 à 8 côtes* axiales, traversées par de fins cordons régulièrement distancés. L’ouverture
est étroite, ovale et se termine par un canal siphonal* court et largement
ouvert. L’encoche labiale* est peu profonde et la columelle* peu
sinueuse.
Le labre* externe est mince et ne comporte pas de dent.
La
couleur de la coquille est jaunâtre ou brune pâle avec 2 ou 3 bandes spirales
plus foncées. Dans le cas de 2 bandes spirales, la bande sous-suturale
est parfois absente. Cette bande apparaît à l’intérieur de la coquille plus
visible sur les sujets jaunâtres. Dans le cas de 3 bandes spirales, la
troisième recouvre la partie basale de la columelle. Dans tous les cas, la bande
spirale sur le dernier tour est plus large et passe juste au-dessus de
l’ouverture.
Des
bandes verticales brunes occupent l’espace entre les côtes.
L’animal
est translucide avec de grosses taches blanches. Le siphon est orné de
taches roses ou orangées.
Le dessous du pied possède des taches blanches uniquement sur la périphérie.
Bela atticae peut être facilement confondue avec :
Comme tous les membres de la super-famille des Conoidés, les Bela et genres affines* sont des espèces prédatrices.
Leur radula*, de type toxoglosse*, possède des dents qui se sont transformées en harpons crantés, reliés à une glande à venin. La dent radulaire* se trouve positionnée à l’extrémité du proboscis*, prête à être utilisée pour capturer les proies dont elles se nourrissent.
Leur régime alimentaire semble constitué principalement d’Annélides polychètes.
Les sexes sont séparés (espèce gonochorique*).
Les œufs sont rassemblés, uniformément répartis, dans des capsules ovigères*, fixées à un support solide, roche ou morceau de coquilles vides. Les larves* véligères* ont une vie planctonique* longue.
Le mode de vie larvaire est une caractéristique de l’espèce, dont le témoignage se retrouve sur la coquille, qui possède une protoconque multispirale (voir § Informations complémentaires).
Bela atticae peut être prédatée par des gastéropodes Naticidés, qui les détectent grâce à leurs organes sensoriels. Les natices enveloppent ensuite leur proie de leur pied* musculeux et perforent la coquille par l’action combinée de la radula* et du proboscis* qui sécrète un enzyme* acide. Le résultat est un trou parfaitement rond, par lequel le prédateur aspire les chairs prédigérées.
Des crabes peuvent également s’attaquer aux Bela et laissent des traces de cassure sur la coquille, avec des repousses qui prouvent que certaines ont bien résisté et ont pu survivre.
Les Bela et genres alliés méditerranéens peuvent
avoir deux types de protoconque* :
Bela de l'Attique : francisation du nom scientifique Bela atticae.
Bela : du grec [belos] = dard. Marque une coquille en pointe de flèche.
atticae : du latin [atticae], génitif singulier pour « de l’Attique ». Cela fait référence à la région grecque de l’Attique, autour d’Athènes d’où provient le spécimen-type* (collecté dans le golfe Saronique, mer Égée) et qui a servi au malacologue allemand Fritz Nordsieck (1906-1984) pour décrire l’espèce en 1977.
Numéro d'entrée WoRMS : 1750073
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Caenogastropoda | Caenogastropodes | |
| Ordre | Neogastropoda | Néogastéropodes | Coquille avec canal siphonal bien développé. Un repli du manteau forme un tube extensible : le siphon. La plupart sont des prédateurs ou nécrophages. Tous marins sauf le genre Clea. |
| Super-famille | Conoidea | Conoidés | |
| Famille | Mangeliidae | Mangelidés | Coquille de taille petite à moyenne, caractérisée en général par une absence d'opercule, la présence d'un sinus anal profond sur la rampe sous-suturale et par un cal épais sur la pente de l'épaule de la lèvre externe |
| Genre | Bela | ||
| Espèce | atticae |
Gastéropodes à coquille unique : escargots subaquatiques et assimilés (ex. Prosobranches et Hétérobranches/Pulmonés)
Critères d’identification
Critères d’identification bien visibles sur cette photo.
- La coquille est fusiforme, solide, jaunâtre avec une bande brune au niveau de la suture, entre les côtes ;
- La protoconque est multispirale ;
- L'animal translucide comporte de grosses taches blanches opaques et montre un siphon orné de taches roses ou orangées.
Cagnes-sur-mer (06), Méditerranée, 7 m
05/05/2016
Gastéropodes à coquille unique : escargots subaquatiques et assimilés (ex. Prosobranches et Hétérobranches/Pulmonés)
Aspect de la coquille
La coquille est fusiforme, solide, d’une taille courante de 8 à
Cagnes-sur-Mer (06), Méditerranée, 8 m
27/06/2015
La protoconque
La protoconque, enroulements initiaux de la coquille correspondant à la vie larvaire, est multispirale et fait environ 2,5 tours. Elle est de couleur beige (comme ici) à rougeâtre.
Cagnes-sur-Mer (06), Méditerranée, 8 m
27/06/2015
Le corps de l’animal
L'animal est translucide et comportant de grosses taches blanches opaques. On pourra retrouver ces taches blanches sous le pied, concentrées uniquement sur la périphérie de la sole pédestre.
Cagnes-sur-Mer (06), Méditerranée, 7 m
05/05/2016
Le siphon
A l'avant, le siphon est orné de taches roses ou orangées et sort par un canal siphonal court et ouvert.
Ce siphon sert bien évidemment à la respiration mais également à la prospection.
Cagnes-sur-Mer (06), Méditerranée, 7 m
05/05/2016
Protoconque abîmée ou cassée
Une protoconque cassée rend la distinction avec les deux espèces qui lui ressemblent le plus (Bela zonata, plus fusiforme et ne possédant pas de bande verticale brune entre les côtes ainsi que Bela plicatilis, avec une protoconque paucispirale) difficile, voire impossible.
Parfois, la détermination fine de visu peut donc rester hypothétique en l’absence d’éléments diagnostiques.
Cagnes-sur-Mer (06), Méditerranée, 8 m
05/05/2016
Rédacteur principal : André HOARAU
Rédacteur : Dominique HORST
Vérificateur : Elisabeth JUAN HORST
Responsable régional : Alain-Pierre SITTLER
Öztürk B., Ovalis P., 2024, Bela Leach, 1847 (Gastropoda Conoidea) species distributed along the Turkish coasts and in the Saronic Gulf (Greece) with description of Bela filioae n. sp., Biodiversity journal, 2024, 15 (1) 85-103.
Mariottini P., Vitale F., Trono D., Prkić J., Di Giulio A., Smriglio C., 2025, Description of three new species of Bela Leach, 1847 (Conoidea Mangeliidae) from the Mediterranean Sea, Biodiversity Journal, 16 (2), 271–283.
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