Axinelle plate

Axinella damicornis | (Esper, 1794)

N° 657

Méditerranée, Manche, îles Britanniques

Clé d'identification

Couleur jaune orangé, vif
Courte et compacte, parfois repliée sur elle-même
Surface d’apparence veloutée
Embranchements rares, plats et épais, en forme d’éventail

Noms

Autres noms communs français

Axinelle ramure de daim

Noms communs internationaux

Flat antlers sponge (GB), Spugna corne di daino (I), Axinella plana (E), Flacher Geweihschwamm (D), Platte geweispons (NL)



Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Spongia damicornis Esper, 1794
Spongia lactuca Esper, 1794
Axinella cinnamomea Schmidt, 1868 (cette espèce est acceptée comme valide dans la World Porifera Database)

Distribution géographique

Méditerranée, Manche, îles Britanniques

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Mer Méditerranée où elle est très commune, Manche le long des côtes britanniques bien que plus rare. Elle a été signalée aux îles Canaries mais sans qu'il soit formellement confirmé qu'il s'agit bien de cette espèce.

Biotope

Cette éponge vit fixée, en général sur le sol ou les surplombs des grottes superficielles, entre 2 et 10 m de profondeur. On la trouve également sur les fonds rocheux riches en sédiments, à plus grande profondeur (jusqu’à 30 m). Elle préfère très nettement les roches envasées ou boueuses.
Elle accepte des milieux où l’exposition aux vagues varie.

Description

C’est la plus petite des axinelles, d’une taille comprise entre 10 et 15 cm mais très souvent aux alentours de 5 cm, organisée autour d’un axe court. De couleur jaune-orangé, avec parfois des traces orangées sur les bords, elle est courte et compacte et se replie sur elle-même. Elle n’est pas ramifiée et ses rares embranchements irréguliers et aplatis, à bords plutôt arrondis, sont presque palmés. Ils prennent la forme de petits éventails épais. Sa surface est d’apparence poudreuse comme si elle était recouverte d’une poussière de petites particules jaunes. Elle est de consistance ferme.
On remarque, au bout de ses branches, de petits oscules* surmontés d’un rabat triangulaire en relief. Elle peut présenter un réseau de canaux exhalants superficiels. Ses spicules* sont des styles et des oxes, organisés en plumes réticulées et souvent renflés à proximité des extrémités.

Espèces ressemblantes

- Axinella polypoides est aussi une éponge arboriforme, beaucoup plus grande puisqu’elle peut atteindre 1 m de hauteur. Elle vit depuis 15 m jusqu’à plus de 100 m de profondeur. Les oscules sont en forme d’étoile.



- Axinella verrucosa, d’aspect verruqueux donc, ce qui permet de la reconnaître, vit dans les mêmes conditions et on peut préciser que ces deux espèces sont parfois difficiles à distinguer. Chez A. verrucosa, les tiges sont généralement indépendantes et cylindriques, alors que chez A. damicornis, elles sont courtes, souvent liées entre elles et ne sont jamais cylindriques. La couleur de A. verrucosa peut varier dans la palette des jaunes alors que celle de A. damicornis est la plupart du temps ocre-jaune. Enfin, il est visible à l’œil nu que A. damicornis est vraiment velue ; ce n’est pas si évident chez A. verrucosa.



- Stelligera rigida est elle aussi petite et palmée mais elle est pâle et « poilue ».

Alimentation

Comme la majorité des éponges, c’est un animal filtreur* actif qui peut inhaler de grandes quantités d’eau par des myriades de pores. On retrouve donc cette éponge plus volontiers dans les endroits riches en plancton* et en bactéries.
Des cellules cilliées spécifiques des éponges, les choanocytes*, se mettent en mouvement pour créer le courant d’eau nécessaire à cette forme d’alimentation. Le système de filtre permet la sélection de très fines particules, très abondantes, où la concurrence alimentaire est rare.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être soit asexuée, par bourgeonnement, soit sexuée, par production par un même individu, de gamètes* mâles et femelles. Cependant, la fécondation ne se produit qu’avec deux individus différents. La reproduction est ovipare*. Les œufs donnent des larves*, ciliées, qui nagent quelques temps avant de se fixer.
De plus, il faut noter le très fort pouvoir régénérateur des éponges : les cellules d’un individu écrasé vont se regrouper pour former un nouvel individu. Il faudrait écraser toutes les cellules d’un individu pour s’en débarrasser.

Vie associée

Les tissus de cette éponge sont souvent envahis par le zoanthaire Parazoanthus axinellae; il a même pris le nom de ce spongiaire ! L’axinelle peut alors ressembler à un arbuste fleuri. Cette association facultative (commensalisme*) se fait au bénéfice du zoanthaire qui tire profit des courants que crée l’éponge.

Divers biologie

On la trouve fréquemment proche d’autres éponges, des bryozoaires ou des cnidaires.

Informations complémentaires

Elle ne se contracte pas lorsqu’on la sort de l’eau.

Origine des noms

Origine du nom français

Axinelle ramure de daim : traduction littérale de son nom scientifique.
Axinelle plate : du fait de l’aspect de ses branches.

Origine du nom scientifique

Du latin [axinella] = petite hache, lui-même d’origine grecque [Axine] = hache en grec.
Du latin [dama] = daim et [cornum] = corne. Ses branches ont une forme de cornes de daim.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymella.

Sous-classe Heteroscleromorpha Hétéroscléromorphes
Ordre Axinellida Axinellides
Famille Axinellidae Axinellidés Squelette axial formé de grands spicules monaxones : oxes, strongyles ou styles.
Genre Axinella
Espèce damicornis

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