Palétuvier gris

Avicennia marina | (Forsk.) Vierh.

N° 1650

Littoraux de l'Indo-Pacifique

Clé d'identification

Pneumatophores en crayon
Tronc noueux et tortueux
Feuilles vertes crochues à l'extrémité
Petites fleurs à quatre pétales orange

Noms

Autres noms communs français

Manglier gris
Hmuixetë (drehu, dialecte néo-calédonien)
Mun (laai, dialecte néo-calédonien)

Noms communs internationaux

Avicennia marina : Gray mangrove, grey mangrove, white mangrove, grey avicennia (GB), Manawa (maori)
Avicennia : Black mangrove (GB)

Synonymes du nom scientifique actuel

Avicennia balanophora, Stapf & Moldenke
Avicennia intermedia, Griff.
Avicennia mindanaense, Elmer

Distribution géographique

Littoraux de l'Indo-Pacifique

Zones DORIS : ● Indo-Pacifique

A. marina colonise les littoraux de l'Indo-Pacifique tropical et tempéré. Cette espèce semble absente des pourtours atlantiques.

Biotope

Avicennia marina est un palétuvier commun de la mangrove*. Il se développe de la zone intertidale* jusqu'à 200 m du rivage. Il se rencontre autant isolé qu'en petits groupes, ou disposé en ceinture dans les mangroves* (souvent en arrière des palétuviers du genre Rhizophora) : c'est un palétuvier ubiquiste* des différents types de mangrove.
Il ne craint pas d'être exposé aux premières vagues du lagon car il est un des palétuviers les plus résistants aux conditions extrêmes de fortes salinités. Il peut occuper des zones sursalées (jusqu'à 110 g/L). Il ne colonise jamais bien loin en amont des rivières.
Il est présent dans les littoraux rocailleux plus ou moins envasés, mais son système racinaire ne permet pas d'investir les boues.

Description

Avicennia marina est un arbuste ou un arbre d'aspect rabougri, au tronc noueux et déformé, pouvant atteindre 15 m de hauteur.
Les feuilles sont vert clair, et disposées par deux, en opposition sur la tige. Leur formevarie selon le degré de salinité du milieu : dans un milieu peu salin elles sont légèrement lancéolées avec une extrémité en pointe crochue, tandis que dans un milieu fortement salin elles deviennent elliptiques avec un bout arrondi. Leur face supérieure est recouverte d'une cuticule* épaisse et luisante. Ces feuilles sont caduques et régulièrement renouvelées.
En période de floraison, du bourgeon situé à l'aisselle des feuilles terminales s'érige un long pédoncule floral qui se termine par un bouquet de petites fleurs (environ 5 mm). Celles-ci ont 4 pétales épais et durs d'un orange vif uni, disposés de manière bien symétrique en donnant à la fleur une forme d'étoile à 4 branches. Chaque fleur renferme 4 étamines* disposées entre les pétales, et dont les sacs polliniques* sont marron clair. Les sépales sont verts et recouverts d'un duvet de poils grisâtres, ils sont plaqués contre la base des fleurs. Les fruits sont ovoïdes et jaunâtres à maturité. Ils mesurent 1,5 cm environ.
Quelques racines aériennes partent du tronc et s'enfoncent dans le sol. Mais la plupart des racines sont sous-terraines et s'enfoncent peu profondément dans les sols meubles et inondés du bord de mer. Elles forment un grand tapis horizontal à faible profondeur, et développent à la verticale de très nombreux pneumatophores* en forme de crayon. Ces derniers émergent au-dessus de la surface du sol et ne sont totalement immergés qu'à marée haute. Leur hauteur semble conditionnée par leur temps d'immersion moyen : plus l'inondation est importante, plus ils sont hauts. La partie émergée des pneumatophores est recouverte de lenticelles*.

Espèces ressemblantes

Avicennia marina peut être confondu avec les autres palétuviers formant des pneumatophores en crayon, comme Rhizophora stylosa, qui fait cependant des racines échasses en arceaux, Sonneratia alba dont les pneumatophores sont plus coniques, les feuilles ovoïdes et les fleurs porteuses de très nombreuses et longues étamines blanches et /ou rouges.

Alimentation

Comme tous les végétaux, les palétuviers pratiquent la photosynthèse* qui est leur seule source de carbone. L'eau et les sels minéraux sont puisés dans le substrat grâce aux racines.

Reproduction - Multiplication

Cet arbre fleurit et produit des fruits chaque année.
Comme chez beaucoup d'Angiospermes, la floraison des Avicennia marina est induite par la durée du jour : la floraison n'a lieu que si la journée dure plus de douze heures, ce qui correspond à la période d'octobre / novembre dans les régions tropicales de l'hémisphère sud, et mai / juin dans celles de l'hémisphère nord.
La pollinisation se fait grâce aux insectes et notamment aux abeilles butineuses.
La fructification dure de deux à trois mois dans les zones tropicales, et jusqu'à dix mois en régions tempérées.

Vie associée

Les galles sont fréquentes sur cette espèce.

Divers biologie

Dans la classification classique, le genre Avicennia est mis dans la famille des Verbenaceae, tandis que dans la classification phylogénétique, plus récente, il est mis dans la famille des Acanthaceae. La littérature mentionne aussi, à propos de A. marina, la famille des Aviceniaceae : certains auteurs acceptent encore cette classification (Muzinger et Lebigre, 2007), tandis que d'autres ne l'acceptent plus depuis 2003. Le nom de famille choisi pour cette fiche est celui mentionné par ITIS.

La cuticule épaisse des feuilles agit comme un vernis : elle forme une couche hydrophobe qui protège des brûlures par les forts ensoleillements, du sel lors des immersions et de la prédation (cette couche épaisse est difficile à consommer).

C'est le seul palétuvier apte à se développer sous des latitudes tempérées.

Cet arbre produit des molécules de défense assez puissantes, extraites par les biologistes à des fins pharmacologiques. Ces molécules (saponine dans les tiges, flavonoïdes dans les feuilles) permettent à la plante de se réparer efficacement en cas de blessures.

La forte salinité du milieu et les variations de cette salinité au fil du temps (lors des pluies, selon la marée) imposent des conditions de vie relativement extrêmes pour ces arbres. Or les racines de Avicennia marina sont perméables aux sels de mer, qui pénètrent ainsi dans la plante et circulent dans la sève. Ces sels ne doivent pas sortir de la sève sous peine d'engendrer des équilibres osmotiques qui conduiraient à la mort de l'arbre. Pour s'en débarrasser, les sels marins sont dirigés vers les vieilles feuilles qui font office de stockage. A la chute de ces dernières, les sels sont par la même occasion évacués.

Informations complémentaires

Les fruits tombés à la mer peuvent être consommés par les tortues vertes dans l'océan Pacifique. Ils sont aussi consommés par les aborigènes australiens en temps de disette.

En Iran, l'arbre est utilisé pour la guérison des maladies de peau, de la lèpre et de la gangrène. L'huile de la graine guérit les tumeurs et les blessures. Dans ce pays, les jeunes branches sont cueillies pour nourrir les animaux domestiques, et notamment les chameaux qui apprécient particulièrement le feuillage des palétuviers. Le bois est utilisé comme bois de chauffage, et les feuilles comme source de sel, car elles rejettent à leur surface les sels marins absorbés par les racines.

Réglementation

Le palétuvier gris appartient généralement aux mangroves*, qui sont des forêts parfois situées en zones protégées à cause de leur importance fondamentale dans l'équilibre des écosystèmes lagunaires et littoraux.

Origine des noms

Origine du nom français

L'origine du terme palétuvier semble inconnue. Jusque vers la fin du XVIIe siècle, ce terme n'était employé qu'à la Martinique, et s'appliquait aussi à certains arbres qui ne se développent pas sur les rivages.

Origine du nom scientifique

Avicennia : de [Avicenne Ibn Sina], 980-1037 = médecin iranien, surnommé prince des médecins, qui développa la médecine traditionnelle arabe.
L'utilisation de son nom est un hommage à son travail de biologiste, A. marina étant le palétuvier le plus répandu dans la mangrove iranienne.
marina : du latin [marinus] = marin.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 235040

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Magnoliophyta Angiospermes Plantes à fleurs dont les graines fécondées sont renfermées dans un fruit.
Classe Magnoliopsida Dicotylédones Embryons à deux cotylédons*.
Sous-classe Asteridae Astéridées
Ordre Lamiales Lamiales
Famille Verbenaceae Verbénacées
Genre Avicennia
Espèce marina

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