Adulte
Taille de 7 à 10 cm (maximum 11 cm)
Corps grisâtre,
verdâtre ou bleuâtre
Trois ou quatre bandes verticales foncées
Tache jaune plus ou moins étendue sur les flancs de certains individus
Nageoires
caudale, dorsale et anale bordées de noir
Nageoires pectorales longues et blanches
Juvénile
Corps
bleu pâle et large tache jaune pâle sur les flancs
Demoiselle des cornes de cerf semble être le seul nom vernaculaire utilisé
Staghorn damsel, staghorn damselfish, brownbarred rockcod, chocolate hind, chocolate grouper, brown-banded coral cod (GB)
Chaetodon curacao Bloch, 1787
Abudefduf
curacao (Bloch, 1787)
Abudefduf
curaco (Bloch, 1787)
Glyphisodon trifasciatus Bleeker, 1847
Abudefduf trifasciatus (Bleeker, 1847)
Glyphisodon smaragdinus Brevoort, 1856
Amblyglyphisodon nudirostrum Fowler, 1944
Pacifique Ouest tropical
Zones DORIS : ● Indo-PacifiqueLa demoiselle des cornes de cerf est présente dans l'océan Indien oriental : mer d'Andaman, Sumatra, Australie Occidentale, îles Christmas, îles Cocos (Keeling), atolls de Rowley Shoals et Scott Reef. Dans le Pacifique Ouest, on la rencontre à partir des îles Ryu-Kyu, au sud du Japon, à Taïwan, sur l'ensemble des côtes d'Asie du Sud Est, des Philippines, d'Indonésie, de Papouasie, dans la mer de Corail et la Grande Barrière. On la trouve également en Micronésie, aux Îles Marshall, dans les îles du Vanuatu, des Samoa et de Tonga. Vers le sud, sa distribution s'étend jusqu'à la Nouvelle-Calédonie.
L'espèce est étroitement associée aux récifs coralliens. Elle se rencontre sur les pentes externes des récifs, dans les lagons* et les passes récifales, généralement de 1 à 15 mètres de profondeur, plus rarement jusqu'à 40 mètres.
Amblyglyphidodon curacao a une taille de 7 à 10 cm (maximum 11 cm). Le corps est orbiculaire* (sa plus grande hauteur est comprise de 1,6 à 1,7 fois dans la longueur standard*) et fortement comprimé latéralement. La bouche est petite, oblique, terminale. Les bords du préopercule* et de l'opercule* sont lisses. Le museau ne comporte qu’une seule ouverture nasale de chaque côté.
Le corps est grisâtre, verdâtre ou bleuâtre. La gorge et le ventre sont plus clairs. Généralement, trois ou quatre bandes verticales sont formées par des écailles sombres bleu-verdâtre aux bords plus clairs, mais ces écailles sont parfois réparties sur l'ensemble du corps. Une tache jaune plus ou moins étendue est visible sur les flancs de certains individus. Il existe plusieurs variations géographiques relevées sur des photographies mais non précisément documentées (populations de Nouvelle-Guinée et d'Indonésie par exemple). La nageoire caudale, les parties molles de la nageoire dorsale et de la nageoire anale sont presque transparentes et bordées de noir. Les nageoires pectorales sont longues et blanches.
La nageoire dorsale, unique, est composée de 13 rayons épineux et de 12 ou 13 rayons mous, la nageoire anale de 2 rayons épineux et de 13 à 15 rayons mous, les nageoires pectorales, très longues, comptent 17 ou 18 rayons mous. La ligne latérale*, continue, suit la courbure du dos et va de l’opercule jusqu’au pédoncule* caudal. Elle est bien visible et compte 16 ou 17 écailles.
La nuit, le corps devient bleu foncé avec des bandes verticales gris clair. La partie épineuse de la dorsale prend la même couleur que le corps.
Le corps des juvéniles est bleu pâle avec une large tache jaune pâle sur les flancs. Certains d'entre eux présentent une tache noire à la base de la nageoire dorsale.
Les individus adultes ne peuvent être confondus avec aucune des autres espèces du genre (10 au 03/2026) ni des genres proches.
Les juvéniles arborent les mêmes couleurs que la demoiselle à flancs jaunes (Amblyglyphidodon flavilatus) mais chez cette dernière la zone jaune se trouve sur l'arrière du corps (souvent uniquement dans la partie haute) et sur le pédoncule caudal. Endémique* de la mer Rouge et du golfe d'Oman.
L'espèce est diurne, planctivore opportuniste ; elle se nourrit de larves* de crabes et de crevettes, d'œufs de poisson et d'algues filamenteuses. Cependant, une publication, dans Proceedings of the 12th International Coral Reef Symposium en 2012, note que cette espèce peut brouter des macro-algues benthiques selon la disponibilité alimentaire.
Comme toutes les espèces du genre, Amblyglyphidodon curacao est un hermaphrodite* ovipare*. Il y a appariement pour la reproduction. Les mâles préparent un nid, le plus souvent sur une branche de corail mort ou une surface dure. Les œufs sont déposés par la femelle et fertilisés par le mâle. Celui-ci garde et aère les œufs jusqu’à l’éclosion. Pendant la période de reproduction, les mâles sont très agressifs et territoriaux. La vie larvaire de ce poisson n'est pas documentée, mais si l'on se réfère à des études sur d'autres espèces du genre on constate une éclosion rapide (120 heures), et une période larvaire pélagique* de 18–30 jours.
Dans une étude menée à l'île de Sesoko (préfecture d'Okinawa, au Japon) en 2008, T. Hanahara & T. Sagawa ont observé le comportement des mâles territoriaux d' Amblyglyphidodon curacao. Ils ont constaté que ces mâles quittaient temporairement leur territoire pour visiter plusieurs nids voisins, souvent en picorant la surface de ces nids avec la bouche mais sans consommer les œufs qui pouvaient s'y trouver. Ce comportement de visite a été observé à la fois pendant et en dehors de la saison de reproduction.
Cette espèce forme souvent de petit groupes lâches autour des massifs coralliens, spécialement les Acropora. Leur hiérarchie sociale est généralement établie par la taille, les individus les plus grands occupant les meilleures zones d'alimentation.
En Nouvelle-Calédonie, les murènes et les mérous font partie de ses principaux prédateurs.
Comme beaucoup de demoiselles, cette espèce est agressive et territoriale.
Depuis 2015, ce poisson est classé LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure. Cela signifie que les informations recueillies sur l’espèce ne permettent pas de la classer dans les autres catégories, en particulier celles qui alertent sur une menace (CR : En danger critique d’extinction, EN : En danger, VU : Vulnérable).
Demoiselle : nom appliqué à un grand nombre de Pomacentridés, sans doute par allusion aux couleurs vives, à leur petite taille et à la silhouette gracieuse de ces espèces.
des cornes de cerf : référence au corail Acropora cervicornis, appelé corne de cerf. Cette demoiselle est souvent observée en groupes autour de ces coraux pour se nourrir et pour s'y réfugier en cas de danger.
Amblyglyphidodon : du latin [amblys] = émoussé, du grec [glyphis] = gravé, sculpté et du grec [odoús] = dent. Allusion à la forme des dents garnies de stries.
curacao : de l'île de Curaçao (île des Petites Antilles, mer des Caraïbes), localité-type* selon Bloch (erroné).
Dans la première description de ce poisson qui a été faite de ce poisson, en 1787, par Marcus Elieser Bloch (1723-1799), médecin et naturaliste allemand, ce dernier indique : "Ce poisson est un résident de l'Amérique du Sud et en particulier de l'île de Curaçao". Il s'agit manifestement d'une erreur car on le trouve exclusivement dans l'extrême est de l'océan Indien et dans le Pacifique Ouest.
Numéro d'entrée WoRMS : 277597
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Chordata | Chordés | Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. |
| Sous-embranchement | Vertebrata | Vertébrés | Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. |
| Super classe | Osteichthyes | Ostéichthyens | Vertébrés à squelette osseux. |
| Classe | Actinopterygii | Actinoptérygiens | Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées. |
| Sous-classe | Neopterygii Teleostei | Néoptérygiens Téléostéens | Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées. |
| Super ordre | Acanthopterygii | Acanthoptérygiens | Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens. |
| Ordre | Ovalentaria incertae sedis | Ovalentaria nom temporaire | |
| Famille | Pomacentridae | Pomacentridés | |
| Genre | Amblyglyphidodon | ||
| Espèce | curacao |
Poissons osseux nageant près du fond
Spécimen représentatif
Les trois bandes verticales foncées et la tache jaune sur les flancs sont bien visibles sur cet individu.
Bunaken, Indonésie, océan Pacifique, 9 m
23/10/2009
Poissons osseux nageant près du fond
Nageoires
La nageoire caudale, les parties molles de la nageoire dorsale et de la nageoire anale sont presque transparentes et bordées de noir. Les nageoires pectorales sont longues et blanches.
Bornéo, 15 m
10/2008
Tête
La bouche est petite, oblique, terminale. Les bords du préopercule et de l'opercule sont lisses.
Lembeh, Indonésie, océan Pacifique, 3 m
03/12/2012
Corps comprimé
Le corps est orbiculaire et fortement comprimé latéralement.
Cabilao-Sandigan, Philippines, océan Pacifique, 5 m
12/04/2017
Livrée de nuit
La nuit le corps devient bleu foncé avec des bandes verticales gris clair, la partie épineuse de la dorsale est de la même couleur que le corps.
Minahasa, Indonésie, océan Pacifique, 6 m
11/05/2015
Juvénile
Le corps des juvéniles est bleu pâle avec une large tache jaune pâle sur les flancs.
Lembeh, Indonésie, océan Pacifique, 3 m
08/09/2024
Biotope
L'espèce est étroitement associée aux récifs coralliens. Elle se rencontre sur les pentes externes des récifs, dans les lagons et les passes récifales, généralement de 1 à 15 mètres de profondeur, plus rarement jusqu'à 40 mètres.
Bangka, Indonésie, 11 m
15/05/2015
En Nouvelle-Calédonie
La demoiselle des cornes de cerf est présente en Nouvelle-Calédonie.
Koumac, Nouvelle-Calédonie, 10 m
18/10/2018
Document ancien
Histoire naturelle des poissons étrangers, volume 3, planche no. 212 (figure 1).
Reproduction de documents anciens
23/03/2026
Rédacteur principal : Jean-Luc FERNEZ
Vérificateur : Jean-Michel SUTOUR
Responsable régional : Jean-Michel SUTOUR
Bloch M. E., 1787, Naturgeschichte der ausländischen Fische. Volume 3 (Histoire naturelle des poissons étrangers), 106-107 (description) et planche no. 212 (figure 1).
Allen G.R., 1991, Damselfishes of the world, Mergus Publishers, Melle, Germany, 271 p.
Choi Y. U., Lee D.W., Yoon K.T., C. l.-H. Oh, S.-J. Heo, D.-H. Kang & H.-S. Park, 2013, Annual reproductive cycle of female staghorn damselfish Amblyglyphidodon curacao in the Chuuk Lagoon, Micronesia, Ichthyological Research, 60, 198-201.
Curtis-Quick, A. Jocelyn, G. N. Ahmadia, D. J. Smith, 2012, Feeding plasticity of reef fish, In: Proceedings of the 12th International Coral Reef Symposium, Cairns, Queesland, Australie - James Cook University.
Hanahara T., Sagawa T., 2008, Nest visiting behavior and nest change by male staghorn damselfish, Amblyglyphidodon curacao, Japanese Journal of Ichthyology, 55(1), 27-35.
He S., Berumen M.L., 2023, Egg development and hatching in two Red Sea damselfishes, Frontiers in Marine Science, 10, 1-8.
Jornod M., Roche D.G., 2015, Inter- vs intra-individual variation and temporal repeatability of escape responses in the coral reef fish Amblyglyphidodon curacao, Biology Open, 1-5.
Pankhurst, N., Fitzgibbon Q., Pankhurst P., King H., 2008, Density effects on reproduction in natural populations of the staghorn damsel, Amblyglyphidodon curacao, Cybium, 32(2), 297-299.
Tang K. L., Stiassny M.L.J., Mayden R.L., DeSalle R., 2021, Systematics of Damselfishes, Ichthyology & Herpetology, 10(1), 253-318.
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