2 messages par Patrick SCAPS

30/12/2014 Réponse sur : Tubastraea : Premier signalement en Martinique ?

Il s'agit très probablement de Tubastrea coccinea, espèce normalement présente dans l’Indo-Pacifique, vraisemblablement introduite dans la mer des Caraïbes fixée sur des coques de bateaux provenant du Pacifique oriental ou de l’Indo-Pacifique tropical. Elle a été signalée pour la première fois en 1943 à Porto Rico et à Curaçao (Antilles néerlandaises). Sa présence s’est ensuite étendue au reste des Caraïbes ; l’extension de ses populations coïncidant avec la direction des courants dominants. Elle a ainsi progressivement colonisée les côtes du Venezuela, de la Colombie, du Belize, du Mexique ainsi que les Bahamas et la chaîne des petites et des grandes Antilles. Au début des années 2000, elle a été signalée en Floride ainsi que sur les côtes du Brésil. Elle a colonisé de façon très importante les nombreuses plateformes pétrolières localisées dans le nord du Golfe du Mexique à tel point qu’elle est devenue actuellement l’espèce la plus abondante de scléractiniaires au niveau des plateformes pétrolières (densité pouvant atteindre 36 colonies/m²). Il convient cependant de noter qu’au niveau du Golfe de Mexique, bien que très abondante au niveau des substrats artificiels, elle demeure rare en milieu naturel (Flower Garden Banks, bancs profonds) où elle est présente en faible densité et où elle occupe des habitats cryptiques. Il semble donc que cette espèce soit moins bonne compétitrice pour l’occupation de l’espace au niveau des récifs naturels par rapport aux substrats artificiels. Le fort pouvoir colonisateur de cette espèce peut s’expliquer par ses traits d’histoire de vie particulièrement favorables à l’expansion de ses populations. En effet, T. coccinea peut se propager de manière sexuée ou asexuée et peut engendrer des larves de façon asexuée. Elle présente un taux de croissance particulièrement important (3,02 cm²/an) et se reproduit de façon précoce (1 an et demi). La dispersion des larves par les courants marins est favorisée car elles ont une durée de vie planctonique importante (jusqu’à 100 jours). En outre, lorsque cette espèce occupe des habitats cryptiques, elle a développé une nouvelle stratégie de croissance afin d’éviter la compétition pour l’espace avec les autres espèces d’invertébrés benthiques (principalement les éponges). Dans ces conditions, elle forme une fine excroissance tissulaire dépourvue de polype qui s’étend à la surface du substrat jusqu’à ce qu’elle rencontre une partie du substrat non occupé (taux de croissance maximal 10,4 cm/an). Puis, généralement, un nouveau polype se met en place à l’extrémité de l’excroissance qui demeure connectée à la colonie adulte. L’excroissance la plus longue observée mesurait 12,6 cm. Parfois, ce phénomène se répète et engendre un réseau intimement intriqué de polypes connectés par des excroissances. Par ailleurs, c’est une espèce très résistante qui tolère les fortes variations de température et de profondeur ainsi que la dessiccation. De plus, le seul prédateur connu de cette espèce est l’annélide polychète Hermodice carunculata.


Je suis en train de rédiger un livre sur les scléractiniaires des Caraïbes et serait intéressé par cette photographie afin d'illustrer ce guide. Ne pas utiliser le texte que je viens d'envoyer car if fera parti du livre en fin de rédaction.


 


30/05/2011 Réponse sur : Parasite corail (caraïbes)
Bonjour,

Est ce qu'il y a un trou dans le corail au niveau de l'anneau blanc? Est ce que l'anneau blanc est de consistance molle ou dure (calcaire)? Est ce qu'il y a des appendices qui sont étendus à travers l'anneau blanc?

Patrick.


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