DORIS  
DORIS   
   
 
 
   
  Votre recherche :
   
   
  Chercher par son nom commun :
 
   
  Chercher directement par tous les mots des fiches :
 
   
  Zone recherchée :
 
France
Eau douce
Atl. Nord-Ouest
Indo-Pacifique
Caraïbes
   
Toutes zones
   
  Fiche Espèce   (N°2450)
 
Photos Imprimer cette fiche    
 
 
(N°2450)  
Fistularia commersonii Rüppell, 1838
Indo-Pacifique tropical et Méditerranée
Poisson-flûte
 
Poissons osseux nageant près du fond
 
 
Poisson flûte, fistulaire à points bleus, cornette à taches bleues, poisson-flûte lisse, aiguillette du fond, fistulaire de Commerson, trompette (La Réunion)
Bluespotted cornetfish, reef cornetfish (GB), Smooth flutemouth (Australie), Pesce flauto (I), Corneta pintada, pez trompeta de puntos azules, pez trompeta (E), Flötenfisch (D), Gladde fluitbek (NL)
 Critères de reconnaissance
Corps extrêmement mince et effilé
Aplatissement dorso-ventral
Bouche petite à l'extrémité des mâchoires soudées
Dorsale et anale disposées symétriquement
Queue se prolongeant par un long filament
 Distribution
Il est présent dans le domaine indo-pacifique tropical : mer Rouge, tout l'océan Indien, y compris Mayotte et la Réunion, et dans l'océan Pacifique tropical, de l'Indonésie , la Polynésie française et Hawai à la Californie au Costa Rica, et du sud du Japon à l'Australie et la Nouvelle-Calédonie.
Ce poisson est par ailleurs une espèce lessepsienne* arrivée récemment en Méditerranée depuis la mer Rouge. En 2007 puis en 2009 il a été aperçu sur les côtes méditerranéennes françaises.
 Biotope
Le poisson-flûte est observé le plus souvent à proximité des récifs ou des fonds rocheux, mais il peut être vu également au-dessus des fonds sédimentaires ou des herbiers, depuis la surface jusqu'à 100 m de profondeur.
Il n'hésite pas à s'aventurer par petits fonds.
La fourchette de température dans laquelle il évolue est comprise entre 15 et 30 °C.
 Description
Le poisson-flûte possède depuis la tête jusqu'à la queue un corps extrêmement mince et effilé, ce qui lui a donné son nom. Sa taille moyenne est de 1 m, mais les plus grands individus (mâles) atteignent 1,60 m. La section de son corps montre un aplatissement plus dorso-ventral que latéral. Sur son dos la teinte générale est verdâtre, ses flancs sont parfois parcourus de deux lignes bleutées et de deux rangées de taches bleues. Son ventre est blanchâtre à argenté. La nuit, le poisson-flûte possède une livrée marbrée rayée verticalement de noir. Hors de l'eau, la couleur du poisson vire au gris vert. Son tégument apparaît assez lisse, les écailles sont peu visibles.
La tête fait environ le tiers de la longueur du corps. La bouche est petite et se trouve à l'extrémité d'une structure tubulaire formée par les deux mâchoires soudées sur l'essentiel de leur longueur. Ses nageoires dorsale et anale, de forme triangulaire et de teinte rosée ou orangée, deviennent transparentes à leur base. Elles sont de petite taille et sont disposées symétriquement. La queue se prolonge par un long filament blanc se terminant en pointe.
 Espèces ressemblantes
Il peut être confondu avec le poisson-trompette (Aulostomus chinensis), dont la silhouette très allongée est proche de la sienne, mais celui-ci possède une queue dépourvue de prolongement central, son aplatissement est plutôt latéral, et il peut arborer des couleurs plus chaudes.

Sous la surface des flots on peut observer des Bélonidés argentés à longue silhouette également (cf. Belone belone), mais ils ne s'approchent pas des fonds marins et leur mâchoire s'ouvre très largement. Ces poissons aussi ont une queue sans particularité.

En Méditerranée occidentale, il pourrait être confondu avec une autre espèce de Fistularidé : Fistularia petimba. Cette espèce originaire de l’océan Atlantique n’a cependant été observée qu’à une seule occasion en 1997 en mer d‘Alboran. Fistularia petimba est de teinte marron à vert dorsalement, et est caractérisé par des plaques osseuses disposées en avant et en arrière de la dorsale.
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Fistularia comerson Rüppell, 1838
Fistularia commersoni Rüppell, 1838
Fistularia depressa Günther, 1880
 
  Poissons-trompettes, poissons-flûtes,...
   
  Longiligne  
   
  Teintes  
   
  Aplatissement dorso-ventral  
   
  Sillon  
   
  Bouche  
   
  Œil  
   
  Tête et queue  
   
  Par petit fond à La Réunion  
   
  Appel à signalement  
   
  Confirmation en Méditerranée française  
   
  Première observation à Marseille  
   
  En pyjama !  
   
  Mimétisme disruptif  
   
  Robe annelée  
   
  Changement de robe  
   
  Juvénile en Nouvelle-Calédonie  
   
  Nage à Mayotte  
   
  Poisson furtif  
   
  Corps arqué  
   
  Comptez-les...  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Vincent MARAN Détail
Correcteur scientifique  
Pascaline BODILIS Détail
Responsable régional  
Frédéric ZIEMSKI Détail
 
     
Création le : 05/05/2010
Dernière modification le 18/04/2014 00:21:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Chordata Chordés  Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. 
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés  Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. 
Super-classe Osteichthyes Ostéichthyens  Vertébrés à squelette osseux. 
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens  Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées. 
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens  Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées. 
Super-ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens  Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens. 
Ordre Syngnathiformes Syngnathiformes  Poissons possédant des mâchoires soudées en un tube allongé. Il s'agit essentiellement des syngnathes et des hippocampes. 
Sous-ordre Syngnathoidei Syngnathoïdes   
Famille Fistulariidae Fistulariidés   
Genre Fistularia     
 
Espèce commersonii     
 
 
 Origine du nom français
Le poisson-flûte tire évidemment son nom de l'allure très effilée de son corps, et il s'agit aussi de la francisation de son nom scientifique.
 Origine du nom scientifique
Fistularia du latin [fistula]= tuyau, flûte en raison de l'allure effilée de son corps.

commersonii : en hommage à Philibert Commerson (1727-1773), botaniste et ichthyologiste français, qui participa à l'expédition de Bougainville autour du monde et pendant laquelle il réalisa d'importants travaux naturalistes. Il mourut à l'île Maurice, débarqué par Bougainville parce qu'on avait découvert qu'il avait emmené avec lui son épouse, ce qui était interdit. Il l'avait faite passer pour son valet. Elle se nommait Jeanne Barret, elle fut la première femme française à faire le tour du monde.
 Alimentation
Le poisson-flûte est principalement piscivore*. Cependant il complète son alimentation en capturant aussi des calmars et des crevettes. Cette espèce serait également capable de dévorer le poisson-lion Pterois miles. Le poisson-flûte constituerait ainsi un des seuls prédateurs de cette rascasse. Il peut s'approcher de ses proies avec discrétion, puis fondre sur elles et les gober en aspirant l'eau lors d'un mouvement d'avancée de la mâchoire (celle-ci est dite protractile*).

Lorsqu’il s’approche de sa future victime, le poisson-flûte, lui faisant face, ne lui permet de voir qu’une surface extrêmement réduite de son corps : quelques centimètres carrés tout au plus. Cette discrétion fait de lui un véritable « poisson furtif » et doit être pour beaucoup dans la réussite de ses chasses.

En Méditerranée, il a pris l'habitude de consommer des picarels (Spicara smaris), des bogues (Boops boops), et des rougets de vase (Mullus barbatus).
 Reproduction - Multiplication
La saison de reproduction s'étend sur plusieurs mois (de juin à août au large de la Californie) et se fait par fécondation externe. Fistularia commersonii est une espèce ovipare* qui abandonne ses œufs en pleine eau. Les larves sont au départ dépourvues du filament terminal de la queue présent chez l'adulte. Elles connaissent un stade planctonique assez long pour contribuer à la dissémination de l'espèce.
 Divers biologie
Les poissons-flûtes peuvent vivre de manière solitaire ou évoluer en petits bancs.
La nuit on peut les voir se rassembler dans les parties hautes des récifs.

Il peut être intéressant de souligner que les couleurs de ce poisson sont toujours adaptées à une homochromie* avec le milieu. Le jour : bleu-vert et la nuit, quand il s'approche des récifs ou des herbiers : avec une robe annelée entraînant une rupture de forme (coloration disruptive*).
Une observation exceptionnelle a été réalisée à La Réunion (Philippe BOURJON, 2010) : un poisson-flûte a adopté une robe annelée en plein jour, peut-être sous l'effet d'un stress. Voir la photo "Robe annelée".

La longue partie centrale caractéristique de la queue de ce poisson est constituée des rayons médians de cette caudale, ils sont très allongés et filamenteux.

Il nage souvent lentement, on ne voit que peu ses nageoires s'agiter, mais il est capable de mouvements vifs amenant à des courbures importantes de son corps.
 Informations complémentaires
Les poissons-flûtes ne sont pas trop farouches, ils peuvent être approchés, surtout lorsqu'ils sont près des récifs, par des plongeurs calmes. Sur des fonds d'herbiers ou de sédiment, ils semblent vouloir garder une distance de sécurité plus importante.

Ce poisson est une espèce lessepsienne présente en Méditerranée depuis l’an 2000 : il a été observé pour la première fois en Israël.
En 2001 il était observé en Turquie et en Grèce. En 2004 il avait déjà atteint le sud de l’Italie et la Tunisie. En 2007, il était observé dans les eaux de Porquerolles (France) et en Espagne. C’est ce qu’on appelle un lessepsien rapide. Cette espèce a mis seulement 7 ans pour parvenir des côtes israéliennes à la mer Ligure.

En mars 2009 une affiche a été réalisée par le Laboratoire ECOMERS-UNSA (Professeur Patrice FRANCOUR) invitant les usagers de la mer à signaler la présence de ce poisson sur nos côtes méditerranéennes.

C'est sur le Forum de DORIS qu'a été montrée pour la première fois une photo d'un bel individu en entier.
Ce poisson a été vu et photographié en octobre 2009 dans la baie de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes).
Ce cliché, présent sur cette fiche, a été accueilli avec enthousiasme par les scientifiques.

Les poissons qu'il consomme en Méditerranée ont une certaine valeur économique, mais vu la faible quantité des poissons-flûtes, même en Méditerranée orientale où il est plus abondant, cela ne devrait pas avoir d'impact sur les pêches.

En Méditerranée orientale les populations de ce poisson connaissent une très forte croissance.

On peut trouver sur les marchés des poissons-flûtes commercialisés frais, salés, séchés ou fumés, mais lorsqu'ils sont pêchés, il n'est pas rare qu'ils finissent en farine de poisson...
 Références bibliographiques
Kuiter R.H., Debelius H., 2006, WORLD ATLAS OF MARINE FISH, ed. Ikan, Frankfurt, Allemagne, 728p.
Kuiter R.H., 2001, HIPPOCAMPES, POISSONS AIGUILLES ET ESPECES APPARENTEES. SYNGNATHIFORMES, ed. Ulmer, Paris, 239p.
Lieske E., Myers R.F., 1995, GUIDE DES POISSONS DES RECIFS CORALLIENS, Les guides du naturaliste, ed. Delachaux et Niestlé, 398p.
 Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce
Golani D., 2000, First record of the bluespotted cornetfish from the Mediterranean Sea, Journal of Fish Biology, 56, 1545-1547.

Noël P., Meunier F., 2010. Le poisson-flûte (Fistularia commersonii). in Muséum national d'Histoire naturelle [Ed]. 2010. Inventaire national du Patrimoine naturel

CIESM 2010 Atlas of exotic species in the Mediterranean

La page sur Fistularia commersonii sur le site de référence de DORIS pour les poissons : FishBase

La page de Fistularia commersonii dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  MARAN Vincent, BODILIS Pascaline, ZIEMSKI Frédéric,  in : DORIS, 18/4/2014 : Fistularia commersonii Rüppell, 1838, http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=2450