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(N°486)  
Cristatella mucedo Cuvier, 1798
Probablement cosmopolite
Cristatelle
 
Lophophorates (Bryozoaires...)
 
 
Moostierchen (D), Rupsvormig geleimosdiertje (NL)
 Clef d'identification
Colonies ressemblant à une chenille transparente comme de la gélatine
Taille maximum d’une colonie : 20 à 40 cm
Grands polypides se détachent nettement de la colonie
Couronne de tentacules en forme de sabot de cheval
 Distribution
Cristatella mucedo vit un peu partout dans le monde : Amérique, Grande Bretagne, Belgique, France, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Nouvelle Zélande et très probablement dans beaucoup d’autres endroits.
 Biotope
Lacs et eaux à courant lent et calme, jusqu’à quelques mètres de profondeur.
Sur différents substrats solides (roches, bois, roseaux, etc.). Cependant on a trouvé des colonies de C. mucedo sur de la vase molle, attachées à quelques morceaux d’algues. Contrairement aux autres Ectoproctes, C. mucedo se trouve le plus souvent au dessus ou sur le côté du substrat. Elle peut pendre, par exemple d'une branche, attachée au substrat seulement par une petite partie de la colonie.
On ne sait pas s’il existe une relation entre l’abondance de nourriture présente dans l'eau et l'existence des colonies. Mais on ne les trouve pas dans des eaux polluées fortement eutrophiques.
On ne trouve normalement pas de colonie au-delà de quelques mètres (5 m) de profondeur, ce qui pourrait indiquer un besoin d'eau bien oxygènée. Une exception connue qui pourrait confirmer cette règle : dans la carrière de La Gombe (Liège – Belgique), fréquentée en permanence par des centaines de plongeurs, on a trouvé des colonies de C. mucedo à 13 m de profondeur. Les bulles des plongeurs (oxygénation de l’eau) pourraient peut-être expliquer ce phénomène.
 Description
Les Ectoproctes appartenaient auparavant au groupe des Bryozoaires. Ce sont de minuscules animaux se présentant sous la forme d’un petit cône appelé cystide dans lequel se trouve le reste du corps (polypide) qui est un grand estomac en U portant une couronne de tentacules en forme de fer à cheval appelée lophophore.

Cristatella mucedo forme des colonies de couleur claire (blanc cassé à jaune clair) et d’aspect soyeux, ressemblant à une chenille transparente comme de la gélatine.
La taille d’une colonie peut atteindre une longueur maximale de 20 à 40 cm pour environ 0,6 à 2 cm en largeur. Elle n’est ni ramifiée, ni lobée et a un dessus convexe. Quand elles sont jeunes et petites, les colonies sont rondes. Elle s’allongent ensuite. Les grandes (longues) colonies peuvent se diviser en plusieurs colonies plus petites.
Les zoécies (longueur d’environ 2 mm) sont alignées en rangs parallèles ou concentriques, mais la partie centrale de la colonie est libre de zoécies. Les animaux plus âgés de la colonie forment les rangées internes et les plus jeunes animaux s’alignent dans les 2-3 rangées externes.
Les statoblastes* de forme ronde, se développent au centre de la colonie.
Les lophophores* sont relativement peu réactifs aux stimuli externes et se rétractent rarement. Si cela arrive, c’est seulement pour quelques secondes. Les polypides sont grands et se détachent nettement de la colonie. La couronne de tentacules, en forme de fer à cheval, compte de 80 à 100 tentacules.
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Cristatella mucedo (Cuvier, 1798)
Cristatella vagans (Lamarck, 1816)
Cristatella mirabilis (Dalyell, 1834)
Lophpous crystallinus (Dumortier & Van Beneden, 1850)
Cristatella idae (Leydy, 1858)
Cristatella ophidioidea (Hyatt, 1866)
Cristatella lacustris (Potts, 1884)
Cristatella mucedo var. idae & var. genuina (Kraepelin, 1887)
 
  Bryozoaires arbustifs
   
  Colonie  
   
  Détail des colonies  
   
  Colonies sur plante aquatique  
   
  Colonies et plongeur  
   
  Colonies sur pierre  
   
  Colonies à grande profondeur  
   
  Grand recouvrement  
   
  Planche naturaliste  
   
  Colonie à la loupe binoculaire  
   
  Détail d’une colonie à la loupe binoculaire  
   
  Statoblaste  
   
  Schéma d'une zoécie  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Jean-Pierre COROLLA Détail
Correcteur scientifique  
Yves MÜLLER Détail
Responsable régional  
Jean-Pierre COROLLA Détail
 
     

Création le : 30/03/2007
Dernière modification le 26/12/2009 16:43:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes  Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette. 
Classe Phylactolaemata Phylactolèmes  Les zoécies ne sont pas calcifiées et les zoïdes sont tous identiques. 
Ordre Plumatellida Plumatellides   
Famille Cristatellidae Cristatellidés   
Genre Cristatella     
 
Espèce mucedo     
 
 
 Origine du nom français
Francisation du nom scientifique.
 Origine du nom scientifique
Cristatella = diminutif de "crista" = aigrette (Perrier Fascicule IX)
mucedo = moisissure (Perrier fascicule IX)
 Alimentation
C. mucedo se nourrit de toutes les particules qui peuvent passer par l'ouverture de la bouche bouche des polypides (Chlorophycées, Rhodophycées et Diatomées, petits animaux et plancton, détritus). L'alimentation se fait aussi bien par filtration à l’aide des cils que par utilisation active des tentacules du lophophore.
 Reproduction - Multiplication
Les ectoproctes se reproduisent par voie asexuée suivant deux modalités et par voie sexuée.

Cristatella mucedo a une reproduction principalement asexuée.
Elle peut se faire par accroissement de la colonie qui produit des nouveaux individus à partir de bourgeons d’accroissement.
Le deuxième mode est la production de statoblastes. Ce sont des organes de résistance qui ont la forme de petits disques équipés d’un flotteur circulaire. Chaque statoblaste (bourgeon dormant) est potentiellement une nouvelle colonie. Il est parfaitement rond et possède deux rangées d’appendices munis de crochets : une avec 12-20 appendices du côté dorsal et une l’autre avec 20-40 appendices du côté ventral. Les statoblastes sont fixés seulement sur la partie centrale de la face dorsale de la colonie.
En automne (octobre-novembre) quand la température de l'eau tombe au-dessous d'environ 8 °C, les colonies meurent et libèrent les statoblastes. Flottants, ils sont emportés par les courants mais également par les oiseaux aquatiques (attachés aux pattes ou dans l'intestin quand les colonies sont mangées) et probablement par les poissons. Ils passent l’hiver dans les sédiments ou dans les particules de matière organique.
C.mucedo redevient actif relativement tard au printemps (quand la température de l'eau s'élève au-dessus de 15 - 16 °C) mais le développement est alors explosif. Les enveloppes des statoblastes se déchirent et les nouvelles colonies en sortent. 1 à 2 semaines seulement après la formation d’une nouvelle colonie, on peut voir les premiers nouveaux statoblastes.
La reproduction sexuée est très rare.
 Divers biologie
C. mucedo a une mobilité restreinte (quelques cm/jour, surtout les colonies jeunes). On ne sait pas encore comment elle fait. Certaines sources supposent que ce serait grâce à une mince couche de chitine émise par les cellules de l’ectoderme et sur lequel la colonie glisserait. D’autres sources indiquent que les muscles de la face ventrale de la colonie joueraient un rôle.

Elle arrive à se débarrasser des dépôts de vase. En effet, bien que le substrat environnant soit couvert de vase, la colonie est propre. Peut-être que la manière dont les zoécies sont groupées dans la colonie, favorise la création d’un courant d'eau qui maintient la colonie propre. Cependant, dans les situations où trop de vase se dépose sur la colonie, elle ne survit pas.

Elle n’est pas non plus envahie par les algues ou les cyanobactéries. Celà pourrait-il indiquer une certaine forme de guerre chimique ?
 Informations complémentaires
Comme l’espèce est petite, elle n’attire pas l’attention et il est facile de passer sans la voir.
 Références bibliographiques
Engelhardt W., 1998, LA VIE DANS LES ETANGS, LES RUISSEAUX ET LES MARES, ed. Vigot, 316p.
Olsen L.H., Sunesen E., Persersen B.V., 2000, LES PETITS ANIMAUX DES LACS ET RIVIERES, « Les compagnons du naturaliste », ed. Delachaux & Niestlé, 236p.
 Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce
La page sur Cristatella mucedo sur le site du réseau des observateurs sous-marins: rosm
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  DORIS, 26/12/2009 : Cristatella  mucedo  Cuvier, 1798, http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=486