Dulse poivrée

Osmundea pinnatifida | (Hudson) Stackhouse

N° 2971

Atlantique Nord-Est, Manche, mer du Nord, Méditerranée

Clé d'identification

Couleur variable généralement noir-rougeâtre
Axe principal à ramifications pennées (opposées et dans un même plan)
Fixé sur un crampon discoïde
Axe principale à section ovale

Noms

Autres noms communs français

Dulse (également utilisé pour Palmaria palmata)

Noms communs internationaux

Pepper dulse, Scottish pepper (GB), Laurencia picante (E), Botelho-preto, argacinho-das-lapas (P)

Synonymes du nom scientifique actuel

Chondria pinnatifida (Hudson) Agardh
Fucus pinnatifidus Hudson
Gelidium pinnatifidum (Hudson) Lyngbye
Laurencia pinnatifida (Hudson) Lamouroux

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Manche, mer du Nord, Méditerranée

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ○ [Méditerranée française]

Il semblerait que la dulse poivrée soit une espèce cosmopolite mais cela demande vérification. Pour le moment sa présence est confirmée dans l’Atlantique Nord-Est depuis les côtes de la Scandinavie jusqu’aux côtes de Mauritanie. Cette zone de répartition comprend la mer du Nord et la Manche et s’étend jusque sur les côtes de la mer Noire.

Biotope

La dulse poivrée possède une assez grande capacité d’adaptation morphologique ce qui lui confère une large répartition depuis les zones battues jusqu’aux zones les plus calmes. Elle se développe préférentiellement entre le mi-niveau de l’étage médiolittoral* jusqu’à l’étage infralittoral* mais jamais plus bas. En effet, cette espèce semble être très photophile*, elle apprécie donc peu les eaux troubles ou les zones ombragées. Elle ne se développe jamais en épiphyte*.

Description

La dulse poivrée, Osmundea pinnatifida, est une algue rouge. Sa couleur est pourtant très variable et ne peut être considérée comme un critère d’identification. En effet, la dulse poivrée est généralement de couleur noir-rougeâtre mais, en fonction des conditions environnementales, peut également posséder un thalle* d’aspect brun parfois jusqu’au jaune sombre (parties supérieures de l’estran*). Seule la morphologie du thalle nous permet une identification certaine malgré les importantes variations possibles dépendantes du milieu de vie.

Osmundea pinnatifida possède des frondes* de longueur variable entre 1 et 10 cm. Ces frondes se développent seules ou groupées à partir d’un crampon* discoïde d’où émergent généralement quelques rameaux stolonifères / rhizoïdes*. Dans son ensemble, le thalle est épais et de consistance cartilagineuse. Il se compose d’un axe principal (parfois divisé en plusieurs axes portant chacun des frondes similaires) toujours de section ovale d’une largeur de 3 à 5 millimètres. Ces axes principaux portent plusieurs séries de ramifications pennées*, c'est-à-dire disposées de manière symétrique par rapport à l’axe (d’où le nom pinnatifida) ; ces ramifications se développent toutes dans un même plan ce qui confère aux frondes une forme de large plume. Plus on se rapproche des bords du thalle et plus les ramifications sont courtes et de forme arrondie.

Espèces ressemblantes

Dans la même aire géographique :

Osmundea hybrida partage le même milieu qu'O. pinnatifida et est de forme globalement identique, elle se différencie par la section de ses axes qui est totalement circulaire.

Osmundea osmunda est une espèce de forme proche d’O. pinnatifida bien que généralement plus grande (10-15 cm). Elle se différencie par ses axes principaux qui sont totalement aplatis.

Osmundea ramosissima possède des frondes atteignant la quinzaine de centimètres. La section de la tige est un ovale identique à O. pinnatifida mais O. ramosissima est aisément différenciable par ses ramifications beaucoup plus espacées que O. pinnatifida. (Possible vie épiphyte)

Osmundea truncata possède des frondes d’environ 5 cm qui sont d’un rouge plus vif que O. pinnatifida, et sont fixées sur une base discoïde. Il s’agit d’une espèce infralittorale ou de cuvette à forte circulation d’eau, elle possède une forme quasi identique à O. pinnatifida.

Une autre algue est également appelée la dulse (tout court), Palmaria palmata.

Etant donné les très grandes variabilités morphologiques de la dulse poivrée, la distinguer de ses consœurs n’est pas une mince affaire.

Alimentation

Comme toutes les algues, la dulse poivrée est une espèce autotrophe*. Cela signifie qu’elle est capable de synthétiser elle-même la matière organique qui la constitue et cela grâce à la photosynthèse* (utilisation de l’énergie lumineuse captée grâce aux chlorophylles*). Elle trouve les éléments essentiels à la synthèse de sa matière organique directement dissous dans l’eau de mer qui l’entoure (dioxyde de carbone, nitrates, minéraux…).

Reproduction - Multiplication

Osundea pinnatifida est pérenne* par la formation de nouveaux rejets sur son disque de fixation, et est fertile durant l’hiver et le printemps. Comme toutes les algues rouges, son cycle est trigénétique*, c'est-à-dire qu’elle connaît trois générations d’individus. Ici, les gamétophytes* et les tétrasporophytes* sont semblables et sont représentés toute l’année.

Les gamétophytes mâles produisent des bouquets de spermaties* à l’aisselle des ramifications du thalle. Ces spermaties vont être libérées et aller se fixer sur les carpogones* qui sont portés par les ramules* des gamétophytes femelles de manière latérale. Les carpogones possèdent une forme d’urne qui s’ouvre vers l’extérieur par un pore apical. Après fécondation, il y a formation de carpospores pyriformes*.

Le tétrasporophyte issu du développement du carpospore va produire des tétrasporocystes dans la région corticale des ramules. Ceux-ci présentent une forme tétraédrique et vont se disperser dans l’océan pour aller former de nouveaux gamétophytes.

Informations complémentaires

Comme son nom l’indique, la dulse poivrée possède des qualités culinaires. En effet, elle dégage une saveur poivrée qui permet de l’utiliser comme condiment une fois séchée. Elle est actuellement commercialisée depuis l’Irlande où on la ramasse manuellement. En France, elle n’est pas référencée parmi les plantes comestibles car elle contient des substances qui sont potentiellement dangereuses si elles sont consommées à forte dose.

Pour les amateurs de goûts nouveaux, il faut savoir que ses arômes sont les plus développés au moment du printemps.

Origine des noms

Origine du nom français

Dulse : probablement parce que comme Dilsea carnosa, il s’agit d’une algue rouge fortement charnue,

poivrée : parce que sa saveur rappelle le poivre.

Origine du nom scientifique

Osmundea : du latin signifiant "à forme d’osmonde". L’osmonde (Osmunda regalis) est une fougère des forêts européennes ayant une organisation des frondes semblable à la dulse poivrée.

pinnatifida : du latin [penna] qui signifie "plume" et qui fait référence à la disposition pennée caractéristique des ramifications de la dulse poivrée.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Rhodobionta / Rhodophyta Rhodobiontes Algues rouges, pour la plupart marines.
Sous-embranchement Eurhodophytina Eurhodophytinés
Classe Florideophyceae Floridéophycées

Thalle élaboré formé de fins filaments branchés ou en lames.

Sous-classe Rhodymeniophycidae Rhodyméniophycidées
Ordre Ceramiales Céramiales Structure toujours uniaxiale.
Famille Rhodomelaceae Rhodomelacées
Genre Osmundea
Espèce pinnatifida

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