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  Fiche Espèce
 
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(N°1730) Espèce réglementée  
Fulmarus glacialis (Linnaeus, 1761)
Atlantique et Pacifique Nord
Fulmar boréal
 
Oiseaux
 
 
Pétrel fulmar, pétrel glacial, ou simplement fulmar
Northern fulmar (GB), Fulmaro (I), Fulmar boreal (E), Eissturmvogel (D), Noordsche Stormvogel (NL)
 Critères de reconnaissance
Longueur 45 à 50 cm ; envergure de 102 à 112 cm
Narines en forme de tubes
Pattes palmées et bleuâtres
Tête et dessous blanc pur
Œil entouré d'un petit masque noir
Dos des ailes et croupion gris
 Distribution
Cet oiseau est présent dans tout l'hémisphère Nord : océans Atlantique et Pacifique.
C'est une espèce migratrice erratique* ; les populations les plus nordiques migrent vers le sud de novembre à février.
On peut trouver aussi des juvéniles qui entreprennent la traversée entre l'Atlantique et le Pacifique en traversant le Canada.
La Bretagne Nord semble être la limite sud de son aire de répartition pour la France.
 Biotope
Il passe sa vie en pleine mer au-dessus des eaux froides de l'Atlantique Nord et du Pacifique Nord. On parle d’un oiseau pélagique*.
Ce n'est qu'en période de nidification que l'on peut l'apercevoir sur les falaises des côtes rocheuses ou près des baies et des estuaires.
 Description
Le fulmar boréal mesure entre 45 et 50 cm de long pour une envergure de 102 à 112 cm et un poids de 700 à 900 grammes. La tête, relativement grosse, porte un bec jaune, puissant et crochu ; les narines tubulaires, particulièrement développées, communiquent avec les glandes à sel, et prennent une couleur grisâtre. Les ailes longues et étroites caractérisent les grands voiliers que sont les oiseaux du large.
Les pattes palmées et bleuâtres sont plutôt faibles ; en effet le fulmar a du mal à se tenir debout. Elles ont aussi un rôle d'aérofreins en vol permettant un atterrissage précis.
On peut rencontrer cet oiseau sous 2 livrées : la forme claire et la forme bleue.
En livrée claire
La tête, le cou épais et court, et le dessous du ventre sont de couleur blanc pur. L'œil est cerné d'un petit masque noir.
Le dos, le dessus des ailes et le croupion présentent un aspect gris écailleux, avec l'extrémité de la queue blanche.
Les rémiges* primaires et secondaires sont plutôt sombres.
En livrée bleue, que l'on rencontre uniquement près de l'Arctique, l’oiseau a le corps entièrement gris.
Le duvet des juvéniles est unicolore blanc-gris.
Il n'y a pas de dimorphisme* sexuel ; les mâles sont légèrement plus gros que les femelles.
 Espèces ressemblantes
Il peut être confondu facilement avec Larus argentatus, le goéland argenté, bien que n'ayant aucun lien de parenté. Mais son vol plané, entrecoupé de courtes périodes de battements, et ses ailes toujours tendues, permettent aisément de le différencier du goéland.
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Procellaria glacialis Linnaeus, 1761
On compte trois sous-espèces, dont la différenciation ne se fait pratiquement qu'en fonction de la zone géographique où on les rencontre :
- Fulmarus glacialis glacialis (Linnaeus, 1761) : zone la plus arctique de l'Atlantique Nord.
- Fulmarus glacialis rodgersii (Cassin, 1862) : zone Pacifique Nord.
- Fulmarus glacialis auduboni (Bonaparte, 1857) : zone boréale de l'Atlantique Nord.
 
   
  Fulmar en vol  
   
  Sur l'eau  
   
  Fulmar en vol plané  
   
  Reflet  
   
  www.fulmar-chat.com  
   
  Identification  
   
  Couvaison  
   
  Poussin  
   
  Vie de famille  
   
  Suspendu en vol  
   
  Planeur  
   
  Fulmar boréal au repos dans les dunes  
   
  A terre  
   
  En vol  
   
  Chasse  
   
  Envol  
   
  Planche naturaliste  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Murielle TOURENNE Détail
Rédacteur  
Laetitia BEAUVERGER Détail
Vérificateur  
Jean-Pierre COROLLA Détail
Vérificateur  
Michel BARRABES Détail
Responsable régional  
Michel BARRABES Détail
 
     

Création le : 27/08/2012
Dernière modification le 01/10/2012 13:58:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Chordata Chordés  Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. 
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés  Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. 
Classe Aves Oiseaux  Vertébrés à plumes, ovipares. Les membres antérieurs sont transformés en ailes. 
Ordre Procellariiformes Procellariiformes  Oiseaux marins pourvus de narines tubulaires externes. Les sens olfactifs (odorat et goût) sont très développés. Ils sont équipés de glandes nasales qui excrètent le sel. 
Famille Procellariidae Procellariidés   
Genre Fulmarus     
 
Espèce glacialis     
 
 
 Origine du nom français
Fulmar : composé de deux mots dérivés d'un vieux dialecte nordique, [full] = puant et [mar] = oiseau marin. Soit un oiseau marin qui crache sur les intrus un jet nauséabond provenant de la régurgitation d'un liquide stomacal sentant fort le poisson en cours de digestion.

boréal : pour déterminer son lieu d'origine sous le cercle Arctique.
 Origine du nom scientifique
Fulmarus, de fulmar latinisé en "Fulmarus".

glacialis : du latin [glacialis] = glacial car cette espèce est très septentrionale : la France est à la limite sud de sa répartition géographique.
 Alimentation
Il ne plonge que rarement, et ne descend à plus de 3 m de profondeur qu'exceptionnellement. Il se nourrit de petits poissons, de céphalopodes, de méduses et de divers animaux marins, qu'il peut attraper en surface. Grâce à son très bon odorat, il recherche les bateaux de pêche pour se nourrir des déchets de poissons rejetés à la mer.
 Reproduction - Multiplication
C'est un animal grégaire qui niche en colonies et dont la maturité sexuelle n'arrive qu'entre 8 et 10 ans. Au printemps, ou en début d'été, mais pas forcément tous les ans, la nidification se fait à même la roche dans les éboulis ou dans un nid des plus rustiques, garni de débris végétaux ou de cailloux. Ce nid est édifié sur une pente inaccessible, à flanc de falaise, rarement dans les dunes.
Les couples sont fidèles et se reconstituent tous les ans, après la séparation de l'automne.
La femelle dépose dans le nid un seul œuf blanc mat, mesurant entre 65 à 80 mm par 44 à 54 mm. Il est couvé par les 2 parents pendant 7 à 8 semaines. La ponte a lieu vers le mois de mai et l'éclosion en juillet ou août.
C'est une espèce dont le petit est nidicole* ; il reste au nid sous la dépendance des parents pendant 6 à 8 semaines. Ils le nourrissent une fois par jour alternativement. Pendant les 2 premières semaines, l'un des deux parents maintient toujours le jeune au chaud. Sa nourriture très riche est composée de la régurgitation* d'un liquide huileux composé essentiellement de poissons prédigérés. Cela va lui permettre de faire des réserves de graisse qui seront nécessaires pour faire la liaison entre le moment où les parents vont l'abandonner et le moment où il aura son plumage d'adulte et où il pourra s'envoler pour chercher sa propre nourriture.
Les juvéniles prennent leur envol à l'âge de 7 ou 8 semaines.
 Vie associée
Pendant la nidification, on peut le voir nicher en colonie ou à proximité d'autres espèces, comme les fous de Bassan.
On lui connait comme prédateurs les goélands argenté, brun et marin qui se nourrissent des œufs sur les sites de nidification communs.
 Divers biologie
Cet oiseau est parfaitement adapté au milieu aérien ; les ailes longues et étroites lui confèrent une souplesse et une puissance lui permettant de supporter les pires conditions météorologiques. Il apprécie les longs vols planés au ras des flots. Comme l’albatros, il rencontre des difficultés à décoller lorsqu’il se trouve sur l’eau.
Le cri assez sommaire se compose de caquètements rauques pendant la période nuptiale.
Des glandes à sel permettent d’éliminer l’excès de sel qu’il ingère en s’alimentant et en buvant de l’eau de mer. 
En Bretagne, le premier couple nicheur a été enregistré en 1960 dans l'archipel des Sept-Îles.
En France, on a recensé 1100 couples nicheurs en 1998 ; à ce jour on compterait autour de 1500 couples.
La population européenne en 2007 était estimée à plus de 2,8 millions de couples, Russie et Groenland inclus.
 Espèce réglementée
Le fulmar boréal est protégé au niveau international par la Convention de Berne : Annexe III.
Au niveau national, il est concerné par les "Mesures de protection des espèces animales (oiseaux et mammifères) représentées à Saint-Pierre et Miquelon : Article 1" et est inscrit sur la "Liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection : Article 3".
Cependant, il est inscrit sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine (2008), et sur Liste rouge mondiale de l'UICN (Novembre 2011) avec le statut LC, c'est-à-dire à faible risque d'extinction. Les effectifs sont même en augmentation.
 Informations complémentaires
C'est un oiseau dont l'espérance de vie est très longue, généralement entre 20 et 30 ans ou davantage, le maximum constaté par baguage* est de 43 ans et 10 mois. Certains ornithologues avancent qu'elle pourrait dépasser les 50 ans.
Les sacs en plastique sont une des causes de mortalité de cette espèce. En effet, sur des oiseaux retrouvés morts et ayant fait l'objet d'une étude de leur contenu stomacal, on a retrouvé des débris de sacs plastiques dans 90 % des cas.
Autrefois, il était chassé pour en extraire de l'huile, utilisée dans les lampes ou en médecine traditionnelle. Les oisillons étaient capturés pour servir de nourriture humaine.
Pour se défendre, il crache une substance jaune huileuse et nauséabonde, composée de poissons semi-digérés et qu'il projette à plus d'un mètre avec une grande précision.
Lors de la nidification on peut rencontrer des colonies de plusieurs dizaines de milliers d'oiseaux comme sur les îles de Saint-Kilda au large de l’Écosse.
 Références bibliographiques
(Ouvrage collectif), 1995, FAUNE ET FLORE DU BORD DE MER, ed. France Loisirs, Collection La Nature en couleur, 287p.
(Ouvrage collectif), 2003, GUIDE DES OISEAUX, Sélection du Reader's Digest, 319p.
Bentz G., 2007, LES OISEAUX DU BORD DE MER, Découverte nature, LPO, Ed. Ouest-France, 32p.
Brûlotte S., 2007, LES OISEAUX DU QUÉBEC, GUIDE D’IDENTIFICATION, ed. Broquet Québec, 463p.
Claustre G., Lemoine C., Bourgaut Y., Scott C.W., Gayral P., Cosson J., Loir M., Lusardi C., Tavernier Y., 1997, NATURE EN BORD DE MER, ed. Ouest-France, 196p.
Felix J., 1995, OISEAUX DES PAYS D 'EUROPE, Ed. Librairie Gründ, 320p.
 Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce
La page sur Fulmarus glacialis sur le site de référence de DORIS pour les oiseaux : oiseaux.net
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  TOURENNE Murielle, BEAUVERGER Laetitia, BARRABES Michel, COROLLA Jean-Pierre,  in : DORIS, 1/10/2012 : Fulmarus glacialis (Linnaeus, 1761), http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=1730