Zyzzyzus

Zyzzyzus warreni | Calder, 1988

N° 1093

Amphi-atlantique (présent des deux côtés de l'Atlantique)

Clé d'identification

Hydraire de 1 à 2 cm de haut maximum
Colonne gélatineuse, transparente, parcourue de cannelures longitudinales
Deux couronnes de tentacules filiformes
Gonophores orange

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Tubularia solitaria : première description par Warren (1906) mais ce nom est invalide car c'était l'homonyme junior d'un autre Tubulariidae (Rapp, 1829). En fait cette homonymie n'existe plus car l'espèce de de Rapp est aujourd'hui transférée dans le genre Pachycerianthus et celle de Warren dans Zyzzyzus !
Zyzzyzus solitarius (Stechow, 1921)
Zyzzyzus calderi Petersen, 1990

Distribution géographique

Amphi-atlantique (présent des deux côtés de l'Atlantique)

Zones DORIS : Caraïbes

Cet hydraire est largement distribué des deux côtés de l'Atlantique.
Côté ouest : des Bermudes aux côtes du Brésil.
Côté est : de l'Afrique du Sud aux îles du Cap Vert.

Biotope

Le Zyzzyzus se rencontre à faible profondeur (rarement au-delà de 20 m), et comme beaucoup d'hydraires il affectionne les zones où l'eau est constamment renouvelée par un courant faible. On le trouve en premier lieu sur les éponges.

Description

Cet animal se présente comme un polype solitaire, mais on trouve le plus souvent les individus regroupés à plusieurs sur un même emplacement favorable.
Il mesure au maximum 1 à 1,5 centimètres de haut.

L'hydranthe* lui-même est transparent, mais on le repère facilement car il porte des gonophores* d'un rose orangé.
La colonne ou hydrocaule* est assez large à la base et se rétrécit vers le haut. Elle est parcourue longitudinalement de canaux qui sont visibles par transparence comme des cannelures.
A la base de la colonne, des prolongements filamenteux appelés hydrorhizes* (pseudo-racines) permettent au polype de s'ancrer sur son support.

La bouche est entourée de 2 couronnes de tentacules filiformes : une couronne de tentacules oraux (comprenant 7-18 tentacules courts) entoure immédiatement la bouche, et une autre couronne (comprenant 16-24 tentacules longs) se situe plus bas. Les gonophores* se forment juste au-dessus des tentacules aboraux, ils ont la même forme globulaire chez les deux sexes.

Espèces ressemblantes

Zyzzyzus floridanus Petersen, 1990, plus petit, est signalé sur les côtes de Floride et des Bahamas.
Dans l'Indo-Pacifique : l'espèce Zyzzyzus spongicola, d'Australie et de Nouvelle-Zélande, est très proche de Zyzzyzus warreni.

Alimentation

Le Zyzzyzus est carnivore et se nourrit de minuscules organismes planctoniques.
Contrairement à d'autres hydrozoaires, il n'attrape pas activement ses proies mais les piège avec ses longs tentacules urticants étendus dans la colonne d'eau, où ils viennent se prendre. S'il est touché par un petit crustacé ou autre animal trop gros pour être ingéré, il ne s'incline pas vers le point de contact, mais au contraire il rétracte ses tentacules.

Reproduction - Multiplication

Les gonophores* mâles et femelles ne sont pas portés par le même hydranthe. Ces gonophores sont dits cryptomédusoïdes* (c'est-à-dire méduses cachées) : en effet ils n'ont plus du tout la structure d'une hydroméduse "classique" avec manubrium*, canaux radiaires et circulaire : ils ne se détachent jamais du polype, mais arrivent à maturité et forment les gamètes sur place.
Après fécondation, les gonophores femelles incubent les petites larves*, puis les libèrent directement au stade actinula* : elles possèdent déjà une dizaine de tentacules formés autour de la bouche. Ces petites larves vont ramper sur le fond et se fixer sur un emplacement favorable.
Les larves apparaissent seulement pendant une partie de l'année (dormance hivernale).

Occasionnellement, on peut voir de petits polypes de la même espèce sur la colonne de certains hydranthes. Il ne s'agit probablement pas d'un phénomène de multiplication asexuée par bourgeonnement, cette localisation est dûe à la fixation immédiate des larves sur l'individu qui les a engendrées, quand elles n'ont pas eu le temps d'être dispersées par les courants.

Vie associée

Le Zyzzyzus se trouve presque toujours sur des éponges (Iotrochota birotulata, Callyspongia plicifera, Mycale laxissima, Tedania ignis) mais pas exclusivement : on l'a signalé également sur des tuniciers, d'autres hydraires (Eudendrium, Zoanthus), des algues et même des racines de mangliers (Rhizophora).

Il est la proie de vers polychètes errants, d'ophiures, de nudibranches.

Divers biologie

Z. warreni est l'espèce-type du genre Zyzzyzus.

Origine des noms

Origine du nom français

Pas de vrai nom vernaculaire si ce n'est la reprise du nom de genre.

Origine du nom scientifique

Le nom de Zyzzyzus a été créé par E. Stechow, 1921, pour y accueillir cette seule espèce (d'autres espèces ont été décrites depuis). Cette bizarre combinaison de voyelles et de consonnes semble avoir été inventée par un amateur de Scrabble... pourtant le jeu n'a été commercialisé que bien plus tard ! Il s'agit probablement d'un jeu de lettres, dont le résultat est que ce taxon est et restera définitivement le dernier de tous par ordre alphabétique.

warreni : en hommage à E. Warren, premier descripteur de l'espèce. Calder qui a proposé le binôme Zyzzyzus warreni (nomen novum) en 1988, et dont le nom est donc désormais attaché à l'espèce, a eu l'élégance de rappeler ainsi le premier descripteur.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Hydrozoa Hydrozoaires Cnidaires dont le cycle de vie est alterné, mais de façon inconstante, par deux phases différentes : le polype et la méduse. Présence d’un velum dans la méduse (dite craspédote), gonades ectodermiques, perte des septes, perte des cnidocytes endodermiques. Coloniaux ou solitaires. Quelques espèces d’eau douce.
Sous-classe Hydroidolina Hydroïdes Hydrozoaires dont le cycle de vie présente toujours une phase polype.
Ordre Anthoathecata Anthoathécates

Hydraires dont la phase polype est dépourvue de thèques protectrices rigides. Phase polype presque exclusivement benthique, quelques espèces tropicales sécrétant un exosquelette calcaire (coraux de feu). Méduse avec ombrelle haute possédant des ocelles, les gonades se développent autour du manubrium.

Sous-ordre Filifera Filifères Hydroïdes coloniaux, tentacules des polypes filiformes, anthoméduses, quelques espèces sécrètant un squelette calcaire (Hydrocoralliaires).
Famille Tubulariidae Tubulariidés Grands hydraires solitaires en forme de fleurs.
Genre Zyzzyzus
Espèce warreni

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