Pastenague jamaïcaine

Urobatis jamaicensis | (Cuvier, 1817)

N° 1836

Atlantique tropical Ouest

Clé d'identification

Forme de disque ovale aplati plus long que large
Museau court et obtus
Queue mince et effilée
Face dorsale brune, avec taches jaunâtres et verdâtres

Noms

Autres noms communs français

Raie pastenague jaune, pastenague à taches jaunes, raie jaune, raie jamaïcaine, trygon de la Jamaïque

Noms communs internationaux

Yellow stingray (GB), Razza (I), Raya látigo pintada (E), Jamaika-Stechrochen (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Raia jamaicensis Cuvier, 1816
Urolophus jamaicensis (Cuvier, 1816)
Trygonobatus torpedinus Desmarest, 1823
Urobatis sloani vermiculatus Garman, 1913

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest

Zones DORIS : Caraïbes

La pastenague jamaïcaine est présente dans l'Atlantique tropical Ouest ; de la Caroline du Nord au golfe du Mexique. Elle est commune en Floride, occasionnelle aux Bahamas. On la retrouve dans les Caraïbes et aux Antilles. On la rencontre également au Brésil.

Biotope

La pastenague jamaïcaine affectionne les fonds sableux, vaseux, ou coralliens à des profondeurs variant de 1 à 30 m. Elle fréquente également les baies et les estuaires. Certains individus aiment parfois se rassembler sur les fonds d'herbes à tortues Thalassia testudinum. Pendant la journée, elle est assez inactive, elle aime s'enfouir et ne laisser dépasser que les yeux et les opercules branchiaux. Elle passe alors beaucoup de temps enterrée sous une mince couche de sédiment ou couchée immobile dans la végétation.

Description

La pastenague jamaïcaine possède un corps en forme de disque ovale aplati (plus long que large) dont le diamètre maximum est de 36 cm. Le corps est constitué de la tête, du tronc et des nageoires pectorales soudées au tronc.
La queue est modérément mince et effilée, elle est presque aussi longue que le diamètre du disque ; elle est marquée irrégulièrement par des points sombres et des taches. Elle est dotée d'un dard effilé, aux bords dentelés, qui est relié à une poche à venin. La queue se termine par une petite nageoire caudale en forme de feuille.
La face dorsale du corps est brune, avec des taches et des marbrures jaunâtres et verdâtres formant un motif vermiculé. La face ventrale est blanche à jaunâtre brunâtre. Le museau est court et obtus. La bouche est presque droite. Sur la face dorsale les yeux sont rehaussés, ils sont de forme rectangulaire. Derrière les yeux se trouvent les orifices respiratoires appelés également spiracles*.

Espèces ressemblantes

La raie ronde Urobatis halleri est une espèce ressemblante, présente dans le Pacifique. L'extrémité de la queue est parfaitement lisse chez la raie ronde, chez la pastenague jamaïcaine il est rugueux et comporte des épines. Son disque est aussi long que large alors que celui de la jamaïcaine est plus long que large.

Alimentation

La pastenague jamaïcaine se nourrit de petits crustacés et de petits poissons.

Reproduction - Multiplication

C'est une espèce ovovivipare*: les œufs éclosent, puis se développent à l'intérieur du corps de la femelle. Les jeunes se nourrissent de leurs réserves vitellines* puis absorbent un fluide composé de mucus, graisses et protéines fourni par la mère grâce à des structures spécialisées. La femelle peut donner naissance jusqu'à sept petits par portée tous les six mois, le diamètre de leur disque est de 6 cm. La coloration des nouveaux nés est identique à celle des adultes. Les mâles atteignent leur maturité sexuelle lorsque le diamètre du disque atteint 15 cm.

La parade nuptiale et l'accouplement impliquent un ou plusieurs mâles par femelle. Le mâle cherche à mordre et saisir la marge arrière du disque de la femelle. Lorsqu'il réussit à saisir la femelle, il la retourne, les deux raies sont alors alignées abdomen sur abdomen. Le mâle insère un seul ptérygopode* dans le cloaque* de la femelle. Des mâles rivaux peuvent tenter d'interférer avec le couple en les mordant ou en les heurtant. La copulation peut durer jusqu'à quatre minutes. Le cycle de reproduction semble connaître un rythme bi-annuel.

Vie associée

Elle peut être parasitée par des vers tels Acanthobothrium cartagenensis, Phyllobothrium kingae, Rhinebothrium magniphallum et Discobothrium caribbensis.

Divers biologie

Comme toutes les pastenagues, la pastenague jamaïcaine respire en absorbant l'eau riche en oxygène par ses évents (spiracles) situés au-dessus de la tête et l'expire par les fentes branchiales situées sur la face ventrale. Ce système inversé permet d'éviter d'ingérer du sable ou de la vase.

Elle peut rapidement changer la tonalité de sa coloration pour améliorer son camouflage et se confondre avec son environnement.

Sa longévité est de 7 à 8 ans.

Informations complémentaires

Le requin Caraïbes Carcharhinus perezii et le requin tigre Galeocerdo cuvier sont ses principaux prédateurs.

La pastenague jamaïcaine n'est pas farouche. Il convient cependant de s'en approcher prudemment : elle possède en effet un dard effilé doté de denticules reliés à des glandes à venin. Elle est capable dans une réaction de défense d'infliger des blessures douloureuses pouvant entraîner une paralysie momentanée.

Le réseau Guadeloupe requins (Reguar) en charge des recensements d'observation de requins et de raies sur l'archipel Guadeloupéen n'a eu à ce jour aucun retour concernant cette espèce. Sa présence est relevée dans les eaux de Saint-Barthélemy.

Réglementation

L'espèce est classée dans la catégorie "Préoccupation mineure" (ou LC pour Least Concern) par l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Origine des noms

Origine du nom français

Pastenague : issu du latin [pastinaca] = panais, qui désigne une racine comestible proche de la carotte. Rondelet en 1554 précise que la queue de ce poisson dépourvue de nageoires a la « couleur et rondeur » de la racine du panais. Par la suite la langue provençale a fait évoluer ce mot dans deux directions :
- pastenade pour désigner la plante connue aujourd'hui sous le nom de panais
- pastenago pour désigner localement le poisson. Au XVIe siècle, Ambroise Paré écrivait (XXIII, 9) : "Les bestes venimeuses sont aspics, pastenaques, vives, torpedes, araignées".
La pastenague jamaïcaine doit son nom au lieu de sa découverte, la Jamaïque.

Origine du nom scientifique

Urobatis : du grec [oura] = queue et [batis] = raie
jamaicensis : du latin jamaic[a] et du suffixe latin [ensis] = qui vit dans, qui habite. Lui a été donné en référence au lieu de sa découverte, la Jamaïque.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Chondrichthyes Chondrichthyens Squelette cartilagineux, deux nageoires dorsales et une anale (primitivement), nageoire caudale hétérocerque*, deux paires de nageoires paires, bouche disposée sur la face ventrale.
Sous-classe Elasmobranchii Elasmobranches Squelette des nageoires pectorales tribasal. Deux nageoires dorsales. 5 ou 6 paires de fentes branchiales et des spiracles.
Super ordre Euselachii Sélaciens Raies et requins.
Ordre Rajiformes Rajiformes Les Rajiformes regroupent l'essentiel des raies. Poissons cartilagineux sans vessie natatoire, très plats mais apparentés aux requins.
Famille Urotrygonidae Urotrygonidés Raies rondes américaines.
Genre Urobatis
Espèce jamaicensis

Nos partenaires