Turbicellépore cornu

Turbicellepora avicularis | (Hincks, 1860)

N° 12

Europe

Clé d'identification

Souvent verdâtre à brunâtre
Surface rugueuse
Branches multidirectionnelles en doigts pointus (Méditerranée)
Principalement sur des supports filiformes (gorgones, hydraires, algues, fils de pêche...)

Noms

Noms communs internationaux
Bryozoan (GB), Bryozoo (I, E), Moostierchen (D)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Cellepora avicularis Hincks, 1880
Turbicellepora incrassata, (Lamouroux, 1816)

Distribution géographique

Europe

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Europe : Zones côtières de l’Atlantique tempéré boréal, Manche, mer du Nord et Méditerranée. (Limite nord : îles Shetlands et ouest de la Norvège).

Biotope

En Méditerranée il est abondant entre 20 et 60 m. Turbicellepora avicularis est une espèce typiquement coralligène où il affectionne les supports filiformes, en particulier la base et les ramifications des gorgones sur les portions dénudées de leurs axes ainsi que les fils de pêche ! Il est également présent sous les surplombs et les fonds exposés à un courant modéré et régulier. Ce cellépore* est plutôt sciaphile*. Mais ce grand bryozoaire dressé, comme les autres (Smittina cervicornis, Pentapora fascialis,...) vit aussi libre à la surface des fonds détritiques propres et bien parcourus par les courants à une profondeur supérieure à 40 m.
En Atlantique/Manche il est fréquent dès le niveau de marée basse de vive eau et au delà sur tous supports fermes (crampons de laminaires, pierres, coquilles...) et filiformes (hydraires, vieilles gorgones, bryozoaires érigés...).

Description

En Méditerranée où Turbicellepora avicularis est le plus remarquable, ce cellépore* forme des colonies fortement calcifiées aux longues branches cylindro-coniques finissant par une ou plusieurs pointes émoussées. Les branches en doigts pointus de ce bryozoaire se divisent irrégulièrement suivant des angles marqués (plus ou moins 90°) et le plus souvent dans toutes les directions de l'espace. La surface hérissée est rugueuse au toucher. La taille des colonies va de quelques cm à 15/20 cm de diamètre. La couleur beige à jaune sale est souvent bien verdie ou brunie par la présence d'algues unicellulaires qui profitent du support. La base encroûtante ne s'étend pas beaucoup sur les supports filiformes où on le rencontrera le plus souvent (gorgones, fils de pêche...).
En Atlantique/Manche Turbicellepora avicularis forme une coupole sur substrat dur ou un cylindre épais autour de grands hydraires, d'autres bryozoaires érigés ou sur de vieilles gorgones.

Espèces ressemblantes

La forme méditerranéenne est facilement identifiable par son aspect, il y a peu de confusions possibles pour les grandes colonies branchues. Par contre, pour les petites colonies simplement encroûtantes de Méditerranée mais plus particulièrement pour les formes atlantiques plus banales et plus petites (croûtes épaisses ou cylindres sur son support filiforme), l’identification en plongée, ou même sur photo, est beaucoup plus aléatoire et la confusion avec les espèces suivantes est fréquente.
Dans tous les cas, il faut bien noter que seule une étude microscopique de la structure des colonies et des logettes pourra permettre une identification sûre de l’espèce.

Turbicellepora magnicostata (Barroso, 1919), forme des colonies fort semblables à T. avicularis (forme atlantique). Répandu en Méditerranée avec des colonies de forme différente, en amas noduleux et présent au nord jusqu’en Manche où il gaine les stipes des fucales.

Cellepora pumicosa (Pallas, 1766) forme des colonies massives en dôme de consistance pierreuse et de teinte orangée. La surface finement hérissée et régulièrement bosselée est rugueuse au toucher. L’épaisseur de ces colonies encroûtantes peut avoisiner 2 cm et la taille peut atteindre 10/12 cm. Sous les plafonds mais aussi sous forme de petits manchons autour d’algues ou d’hydraires, ainsi le biotope mais aussi la distribution sont semblables à T. avicularis.

Omalosecosa (Cellepora) ramulosa (Linnaeus, 1767) forme de petits arbuscules très calcifiés, hérissés, orange pâle et aux rameaux cylindriques émis dans plusieurs plans. De petite taille (3-4 cm) la colonie est fragile et cassante. Sur la roche et d’autres supports dressés. Distribution large : de l’ouest de la Norvège à la Mauritanie et la Méditerranée. Remarque : fréquent dans la Manche mais très rare en sud Bretagne.

Alimentation

Comme tous les bryozoaires, c'est un filtreur suspensivore* microphage*. Les diatomées (algues unicellulaires) sont la base de l'alimentation des bryozoaires. Les cils des tentacules sont capables de créer des microcourants permettant l'acheminement des particules alimentaires vers la bouche au centre du lophophore* (dont les fonctions sont aussi celles de respiration et de nettoyage de la colonie).

Reproduction - Multiplication

Comme tous les bryozoaires, cette espèce est capable de se reproduire de manière sexuée. Les œufs fécondés vont incuber dans une chambre (ovicelle*) avant d’être libérés sous forme de larves. la larve nageuse va ensuite se fixer pour bourgeonner une nouvelle colonie par multiplication asexuée. Cette multiplication asexuée peut aussi se faire à partir d’un fragment cassé ou d’un clivage des rameaux de la colonie en plusieurs colonies filles, qui vont pousser dans des directions différentes.

Vie associée

Une épibiose* (vie fixée) importante se développe sur la majorité des colonies. Elle est constituée d’organismes microscopiques (algues unicellulaires, folliculinidés, foraminifères, ...) et est matérialisée par la couleur verdâtre à brunâtre que prennent les colonies. Cette épibiose ne semble pas affecter la vivacité de la colonie qui continue à présenter un duvet dense de tentacules (lophophores) dans les zones verdies.

Divers biologie

Variations saisonnières : présent toute l’année en bonne santé.
Sur les côtes méditerranéennes françaises, T. avicularis est abondant et fréquent.

Informations complémentaires

Il faut noter que ce Chilostome fait partie des six grands bryozoaires arbustifs (Adeonella calveti, Myriapora truncata, Pentapora fascialis, Smittina cervicornis, Sertella spp. et Turbicellepora avicularis) présents sur les côtes méditerranéennes françaises, qui ont été touchés par l’élévation de la température de l’eau de la fin de l’été 1999 (mortalité plus ou moins partielle de nombreuses colonies).

Origine des noms

Origine du nom français

Turbicellépore cornu est une proposition de jean-Georges Harmelin.

Origine du nom scientifique

Turbi- : de [turba] = trouble, en désordre.
-celle- : de [cella] = petite chambre, cellule, loge, cabinet.
-pora : signifie pore, poreux.
avicularis : de [aviculus] = petit oiseau. En rapport à la forme des aviculaires de ce bryozoaire.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Gymnolaemata Gymnolèmes Colonies polymorphes. Les zoïdes sont cylindriques ou aplatis, les lophophores circulaires. Les parois peuvent être calcifiées ou non. Presque tous marins.
Ordre Cheilostomatida Cheilostomes Bryozoaires calcifiés, zoïdes* en forme de boîte obturée par un opercule à charnière. Gymnolèmes les plus nombreux et les plus diversifiés des régions littorales, souples à rigides. Groupe au polymorphisme marqué où l’on trouve des individus différenciés (aviculaires, vibraculaires, ovicelles globuleux…).
Sous-ordre Neocheilostomatina/Ascophora Ascophores Paroi frontale calcifiée sous laquelle un sac flexible invaginé s'ouvre sur l’extérieur par un pore médian situé derrière le péristome et nommé ascopore.
Famille Celleporidae Celléporidés Colonies encroûtantes ou dressées, fortement calcifiées, épaisses et où les loges sont disposées sans ordre, en plusieurs assises.
Genre Turbicellepora
Espèce avicularis

Nos partenaires