Tubastrée arborescente

Tubastraea micranthus | (Ehrenberg, 1834)

N° 2149

Indo-Pacifique tropical, mer Rouge

Clé d'identification

Colonies branchues de couleur vert foncé à marron, branches pouvant atteindre 1 m de longueur
Polypiérites cylindriques espacés sur les branches
Polypes de couleur verte à brun jaunâtre aux extrémités pointues, épanouis à faible éclairement
Zones à fort courant

Noms

Autres noms communs français

Corail-soleil noir, tubastrée verte

Noms communs internationaux

Branching black sun coral, green tube coral, green cup coral, black turret coral (GB), Corallo ramification (I), Coral sol negro, coral árbol verde (E), Grüne Becherkoralle, Grosse Kelchkoralle, Grüne Zäpfchenkoralle (D), Boom-Tubastrea (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Le nom de genre est très souvent orthographié Tubastrea.
Tubastraea (ou Tubastrea) micrantha (Ehrenberg, 1834) est un nom très couramment rencontré dans les guides.

Ces autres synonymes sont moins courants (il en existe d'autres signalés dans les listes CITES) :
Oculina micranthus Ehrenberg, 1834
Dendrophyllia micrantha (Ehrenberg, 1834)
Dendrophyllia micranthus (Ehrenberg, 1834)
Dendrophyllia nigrescens Dana, 1846
Dendrophyllia aequiserialis Milne Edwards & haime, 1848
Dendrophyllia viridis Milne Edwards & Haime, 1848
Dendrophyllia micrantha var. grandis Crossland, 1952

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical, mer Rouge

Zones DORIS : Indo-Pacifique

Cette espèce est présente en zone tropicale de l'Afrique de l'Est jusqu'à Fidji en Océanie. Sa limite nord est au Japon. Dans les eaux françaises, on peut la rencontrer à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, et Wallis et Futuna.

Biotope

Cette espèce se rencontre dans les zones récifales à fort courant en général à partir d'une quinzaine de mètres jusqu'à 50 m de profondeur. L'espèce est plutôt sciaphile* et peut se trouver à moindre profondeur dans les zones protégées du soleil.

Description

La tubastrée arborescente est un scléractiniaire branchu de couleur vert foncé à marron. Les branches sont épaisses et peuvent atteindre couramment 1 m de longueur (maximum 1,5 m).

Les polypiérites* sont cylindriques et sont disposés sur les branches assez éloignés les uns des autres. Le calice* dépasse de 10 à 12 mm de la branche et mesure 5 à 6 mm de diamètre. Les septes* sont arrangés en 3 cycles et suivent le plan de Pourtalès (voir plus bas). Le coenosteum* (partie squelettique entre les polypiérites) est généralement lisse mais peut présenter de fins sillons, sa porosité augmente de la base à l'extrémité des branches.

Les polypes*, de 6 à 8 mm de diamètre, sont visibles de nuit, et éventuellement de jour dans les zones abritées du soleil. Ils sont de couleur verte à brun jaunâtre avec des extrémités pointues et de couleur vert clair, la bouche est verte ou marron foncé.

Espèces ressemblantes

Sous l'eau, il est impossible de différencier les espèces du genre Dendrophyllia de la plupart des espèces du genre Tubastraea : la différence ne s'observe que sur le squelette au niveau de l'arrangement des septes*, organisés en cycles, dont la fusion partielle forme un dessin particulier, appelé plan de Pourtalès.
Les coraux du genre Tubastraea ont 3 cycles de cloisons septales alors que les coraux du genre Dendrophyllia en ont 4.
Néanmoins, en ce qui concerne la tubastrée arborescente, la confusion n'est pas possible, du fait de la forme particulière branchue de ce corail et de sa couleur vert foncé.

Alimentation

Tubastraea micranthus est une espèce dépourvue de zooxanthelles* ; de ce fait, elle ne se nourrit que grâce aux proies capturées par les polypes. En général, les polypes sont épanouis la nuit, quand la quantité de plancton* est maximale, ou dans des eaux agitées.
C'est un corail « vorace » car les tentacules* des polypes restent beaucoup plus déployés, en position de capture, que chez les autres espèces. Chaque polype se nourrit individuellement.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être sexuée ou asexuée (bourgeonnement ou régénération à partir d'un fragment).

Vie associée

Le nudibranche Phestilla melanobranchia se nourrit de ce corail.
Les copépodes ectoparasites Cholomyzon brevisetigerum et Coralliomyzon latitergum se rencontrent aussi sur ce corail.
Des vers plats acoeles du genre Waminoa sont souvent présents à sa surface.

Divers biologie

Cette espèce est fragile et les branches peuvent se briser au moindre coup de palme. Une croissance de 4 cm par an a été reportée.
Cette espèce est considérée comme un constructeur de récif (hermatypique*), de par la densité de son squelette, ce qui est un cas particulier pour les espèces dépourvues de zooxanthelles.

Informations complémentaires

L'introduction récente de ce corail dans les eaux du golfe du Mexique a été rapportée en 2010. Il est trop tôt pour savoir si cette espèce suivra le même destin que l'espèce indo-pacifique T. coccinea, qui a largement colonisé les plates-formes pétrolières du golfe du Mexique.

Réglementation

Cette espèce est inscrite sur la liste II de la CITES depuis janvier 1990 (Référence aux annexes de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction). En 2005, la CITES a autorisé un quota d'exportation de 339 pièces issues de l'aquaculture. Aucun quota n'a été édicté depuis.

La cueillette de ce corail est interdite à Mayotte par arrêté préfectoral.

Origine des noms

Origine du nom français

Tubastrée arborescente : nom dérivé directement du nom de genre et de la forme des branches de cette espèce.

Corail soleil noir : la forme des polypes peut évoquer le soleil, et leur couleur est sombre comparée à celle des autres espèces du genre.

Origine du nom scientifique

Tubastraea : du latin [tuba] = trompe, trompette, et [astrum] = étoile ; du fait de la forme de chaque individu.

micranthus : du grec [micros] = petit et [anthos] = fleur : qui a de petites fleurs.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Scleractinia Scléractiniaires / Madréporaires Hexacoralliaires coloniaux (quelques espèces solitaires) produisant un exosquelette calcaire abritant de petits polypes.
Famille Dendrophylliidae Dendrophylliidés Solitaires ou coloniaux. Les septes en lamelles sont nombreuses et ont des angles arrondis. Chez de nombreux genres, les septes ont une disposition particulière (plan de Pourtalès). La plupart des genres n’ont pas de zooxanthelles dans leurs tissus.
Genre Tubastraea
Espèce micranthus

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