Tubastrée orange

Tubastraea coccinea | Lesson, 1829

N° 1166

Circumtropicale

Clé d'identification

Massif orange clair à rose fuchsia de 10 cm de diamètre maximum
Polypes en fleur, jaune vif
Base en coupelle, calice de 1,5 cm maximum de longueur

Noms

Autres noms communs français

Tubastrea (nom générique), corail-soleil, dendrophyllie, corail arbuscule, corail doré

Noms communs internationaux

Orange cup coral, orange tube coral, orange sun coral (GB), Coral naranja de tubo (E), Orange-Gelbe Kelchkoralle, Orange-Gelbe Sonnenkoralle (D), Oranje zon koraal (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Astropsammia pedersenii Verrill, 1869
Tubastraea aurea (Quoy & Gaimard, 1833)
Les bases de données de référence (voir lien INPN) signalent 18 synonymes pour cette espèce. Nous n'avons retenu pour la fiche que le basionyme (premier nom donné) ainsi que T. aurea, qui apparaît encore dans de nombreux guides et publications, même récents.

Distribution géographique

Circumtropicale

Zones DORIS : Indo-Pacifique, Caraïbes

Tubastraea coccinea est originaire de l'océan Pacifique. On trouve actuellement ce corail en mer Rouge et dans les zones tropicales de la zone Indo-Pacifique et du Pacifique Est.
Cette espèce a colonisé plus récemment les zones de l'Atlantique tropical Ouest et de la Caraïbe, et se répand rapidement dans le golfe du Mexique, suivant l'implantation des plateformes offshores pour l'extraction du pétrole.
En eaux françaises, sa présence est avérée à Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, Polynésie française, Clipperton, en Guadeloupe, et en Martinique.

Biotope

Ce corail se développe dans les zones à l'ombre, souvent aux entrées de grotte, dans les épaves ou sous les débords des grandes colonies de coraux, dans les eaux riches en plancton*, à des températures allant de 23 à 26 °C. 
Contrairement à ce qui est souvent dit, s'il s'installe à l'ombre, ce n'est pas parce qu'il craint la lumière mais parce qu'il n'a pas besoin de lumière pour vivre. D'autre part, ce sont en général des zones où le plancton est abondant.

C'est une espèce commune que l'on peut rencontrer dès 5 m de profondeur et jusqu'à 60 m.

Description

Ce Scléractiniaire forme des colonies semi-sphériques qui peuvent atteindre une dizaine de cm de diamètre. Les calices, sont en forme de coupelle d'environ 1 cm de diamètre, dépassant au maximum de 1,5 cm le cœnosteum*.
La chair (cœnenchyme*) est de couleur orange clair à rose fuschia. La bouche est centrale et proéminente. Les polypes* ne sont visibles que lorsqu'ils sont déployés, en fleur, et apparaissent uniformément jaune vif. Les tentacules* sont épais à leur base puis très fuselés, en pointe. On voit bien les cellules urticantes, les nématocystes*, qui font comme des boutons opaques sur les tentacules transparents.

Espèces ressemblantes

Le genre Tubastraea comprend sept espèces avec le très connu T. micranthus (corail soleil noir, impossible à confondre) et surtout les très ressemblants T. faulkneri, T. floreana et T. tagusensis.
 Il faut préciser que l'identification n'est souvent pas possible sur les colonies vivantes et ces coraux sont de ce fait très souvent confondus. 
Pour les déterminer de façon certaine, il faut étudier les squelettes au microscope. La forme des calices* (courts chez T. 
coccinea, plus longs et étroits chez T. tagusensis, colonies pouvant atteindre 150 mm de diamètre) peut permettre une première discrimination.
La répartition géographique peut aussi nous aider : à ce jour (2014), T. faulkneri n'a pas encore été identifié dans les eaux françaises ; T. floreana est endémique* des Galapagos (statut CR sur la liste rouge de l'UICN) ; T. tagusensis est aussi originaire des Galapagos, mais se répand actuellement dans l'Atlantique tropical Sud-Ouest.

On peut aussi très facilement confondre ces Tubastraea avec des coraux du genre Dendrophyllia. La différence est impossible à voir sur les coraux vivants, elle se situe au niveau de l'organisation des septes* du squelette calcaire. Là encore, une observation microscopique est souvent nécessaire.

Alimentation

Ce corail se nourrit principalement de zooplancton*.
Il est ahermatypique*, c'est à dire qu'il n'est pas bâtisseur de récif et ne contient pas de zooxanthelles*. Il dépend donc uniquement pour vivre de la nourriture qu'il capture lorsque le polype se déploie. En général, les polypes sortent la nuit, quand la quantité de plancton est maximale, ou dans des eaux agitées. Ce sont des coraux « voraces » car les polypes restent beaucoup plus déployés, en position de capture, que chez les autres espèces.
Chaque polype se nourrit individuellement.

Reproduction - Multiplication

Une colonie peut se multiplier de façon asexuée lorsqu'un polype se développe à partir de la « colonie-mère » : il pousse alors à partir du pied d'un autre polype, et reste inclus dans la colonie.
Les sexes sont séparés (espèce gonochorique*) : les mâles libèrent les spermatozoïdes dans l'eau, captés par les femelles. La fécondation, et le développement des larves* se passent dans la cavité des individus femelle.
Les larves sont libérées une fois qu'elles sont totalement formées. Elles quittent alors la colonie pour aller se fixer ailleurs, et fondent alors une nouvelle colonie.

Vie associée

Certains nudibranches vivent en parasite sur ce corail (en aquarium au moins).
La scalaire jaune, Epidendrium billeeanum, vit presque exclusivement sur ce corail, y pond et s'en nourrit.

Informations complémentaires

Ce corail, peu agressif, est apprécié en aquariophilie.

Réglementation

Cette espèce est inscrite dans l'Annexe II de la CITES depuis le 18/01/1990 (commerce international contrôlé par quotas d'exportation).

Comme tous les autres Scléractiniaires, cette espèce est soumise à réglementation par son inscription à l'Annexe 3 du Protocole relatif aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées à la Convention pour la protection et la mise en valeur du milieu marin de la région des Caraïbes (dit Protocole SPAW ou de Kingston).

Par arrêté préfectoral, elle est aussi soumise à interdiction de la cueillette du corail et du ramassage de certains coquillages à Mayotte (articles 1 et 2).

Origine des noms

Origine du nom français

Tubastrée orange : en référence à la couleur des polypes.
Corail-soleil : la forme et la couleur des polypes peuvent évoquer le soleil.

Origine du nom scientifique

Tubastraea : du latin [tuba] = trompe, trompette, et [astrum] = étoile ; du fait de la forme de chaque individu.
coccinea : de [coccus] = grain rouge ou/et du latin [coccinus] = écarlate, en rapport à la couleur de sa chair.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Scleractinia Scléractiniaires / Madréporaires Hexacoralliaires coloniaux (quelques espèces solitaires) produisant un exosquelette calcaire abritant de petits polypes.
Famille Dendrophylliidae Dendrophylliidés Solitaires ou coloniaux. Les septes en lamelles sont nombreuses et ont des angles arrondis. Chez de nombreux genres, les septes ont une disposition particulière (plan de Pourtalès). La plupart des genres n’ont pas de zooxanthelles dans leurs tissus.
Genre Tubastraea
Espèce coccinea

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