Grégoire mauricien

Stegastes pelicieri | Allen & Emery, 1985

N° 4745

Sud-ouest de l'océan Indien

Clé d'identification

Taille maximale 14 cm
Couleur dominante brun très foncé ou gris anthracite plus ou moins bleuté à noir
Corps parsemé de points bleus à blancs bordés de bleu électrique
Extrémité postérieure des nageoires dorsale et caudale jaune vif à jaune-orange
Marque bleue sur la partie supérieure de la base des pectorales

Noms

Noms communs internationaux

Mauritian gregory (GB)

Distribution géographique

Sud-ouest de l'océan Indien

Zones DORIS : Indo-Pacifique

Présente dans le sud-ouest de l'océan Indien, cette espèce se rencontre dans les îles Éparses, Madagascar, La Réunion, Maurice et Rodrigues.

Biotope

Cette espèce se rencontre dans les récifs entre 0 et 20 m dans les zones détritiques* des platiers* internes et dans des zones rocheuses faiblement couvertes de coraux. On ne la trouve jamais très loin d’une crevasse ou d’un massif de corail de petite taille sous lequel elle peut se cacher.

Description

Le corps est ovale avec un dos élevé et un arc ventral prononcé. Il est comprimé latéralement. Sa hauteur (distance entre la base du troisième rayon dur de la dorsale et la base du premier rayon des pelviennes) entre environ 2 fois dans sa longueur standard (longueur sans la queue). La taille maximale documentée est de 14 cm.
Description sommaire : poisson brun à gris foncé et ponctué de petits points bleus à blancs sur les flancs. L’extrémité postérieure des nageoires dorsale et caudale est jaune.

Description détaillée :
La couleur dominante est un brun très foncé qui peut virer au gris anthracite plus ou moins bleuté et paraître noir. Le bord des écailles est plus foncé, ce qui donne au corps un aspect réticulé. Le corps est parsemé de points bleus à blancs bordés de bleu électrique, placés au centre de la partie visible de certaines écailles et généralement groupés sur la moitié supérieure des flancs. Ces points peuvent être inapparents chez certains individus. L’extrémité postérieure des nageoires dorsale et caudale est jaune vif à jaune-orange plus ou moins soutenu. Il en va de même pour la nageoire anale chez les juvéniles et les jeunes adultes.

La tête vue de profil est massive. La bouche, petite et oblique, est terminale. Les lèvres sont épaisses, de couleur gris foncé. La bouche est protractile*. Les yeux, globuleux, sont de grande taille, l’iris* est doré. La partie charnue qui les entoure peut être brun clair à jaunâtre et porter des points bleus. Une série de points bleus à parme forme parfois un arc de cercle sous les yeux, d’autres marquent la plaque sous-orbitale et l’opercule, d’autres encore, plus petits, sont dispersés sur le front et la nuque.

Les nageoires impaires (dorsale, anale, caudale) sont largement couvertes de très petites écailles, seules leurs franges en étant dépourvues. Elles sont de la même couleur que le corps, à l’exception des franges postérieures jaune orange des nageoires dorsale et caudale (et parfois de l’anale). Certaines de ces écailles portent des points bleus. La dorsale a un liseré bleu, tout comme l’anale sur son bord antérieur.
On trouve une marque bleue sur la partie supérieure de la base des pectorales, les autres rayons étant uniformément bruns à membrane translucide. La membrane des pelviennes est teintée de brun. La caudale est fourchue.

La livrée de nuit ne diffère pas de celle de jour.

Espèces ressemblantes

Plectroglyphidodon lacrymatus : les deux espèces sont morphologiquement très proches et ont une couleur dominante similaire, ainsi que des points bleus groupés dans la moitié supérieure du corps. Cependant, chez P. lacrymatus l’extrémité postérieure de la nageoire dorsale, le pédoncule* caudal et la nageoire caudale sont blancs à jaunâtres ou beige clair, alors que chez S. pelicieri le pédoncule caudal est de même couleur que le corps, et la bordure postérieure des nageoires dorsale et caudale, et parfois de l’anale, est jaune-orange. P. lacrymatus peut être rencontré dans tout le domaine indo-Pacifique ainsi qu’en mer Rouge.

Alimentation

L’espèce est herbivore, mais à notre connaissance son alimentation précise n’a pas été documentée à la date de publication de cette fiche (mars 2019).

Reproduction - Multiplication

A notre connaissance et à la date de publication de cette fiche (mars 2019), la reproduction n’est pas documentée chez cette espèce. Toutefois, les Pomacentridés sont tous des pondeurs démersaux* dont les œufs adhèrent au substrat* et sont gardés et ventilés par les mâles.
La reproduction se fait en couples (vs en groupes). La durée de vie larvaire* moyenne calculée pour 11 espèces dans ce genre va de 21 à 24 jours. Les larves* sont pélagiques* et apparemment incapables, contrairement à celles de nombreuses autres familles, de retarder leur métamorphose* en juvénile après le dernier stade larvaire. Il est donc impératif qu’elles aient trouvé un récif adapté à leurs besoins pendant cette période. Cette impossibilité limite la capacité de dispersion de ces espèces.

Divers biologie

Contrairement à beaucoup d’espèces de Stegastes, S. pelicieri est solitaire et farouche.

La nageoire dorsale comprend 14 rayons durs et de 14 à 16 rayons mous, l’anale comprend 2 rayons durs et de 12 à 15 rayons mous. La ligne latérale* contient 19 à 20 écailles perforées.

Origine des noms

Origine du nom français

Grégoire : de nombreuses espèces du genre Stegastes portent ce nom vernaculaire, en français comme en anglais (« gregory »). Dans la mesure où les noms vernaculaires sont le plus souvent descriptifs et/ou issus de traditions régionales, il est hasardeux de leur chercher une origine savante. Cependant, il est frappant de constater que le grec [gregoros], signifie « le vigilant, celui qui veille », ce qui s'applique fort bien à ces poissons du fait de la surveillance continuelle et agressive, souvent collective, de leur domaine, que ces grégoires soient « jardiniers » ou pas. Cependant, cela ne s’applique pas à S. pelicieri, qui est une espèce relativement craintive et solitaire.

mauricien : du nom de l’île Maurice, qui est la localité du type*.

Origine du nom scientifique

Stegastes : du verbe grec [stegazô], qui signifie « héberger », par extension « garnir d'un toit » et par dérivation, couvrir de tuiles, [stegastos] signifiant « couvert ». La comparaison est explicitement motivée par le créateur du genre (Leonard Jenyns, 1800-1893, homme d'Église et naturaliste britannique) par la couverture d’écailles que présente la majeure partie des nageoires impaires chez les espèces qui le composent. Le genre contient actuellement 39 espèces acceptées.

pelicieri : d’après le patronyme latinisé de Daniel Pélicier (1946?-2018), plongeur et aquariophile de l’île Maurice, pour son assistance logistique et sur le terrain lors d’une mission de Gerald Allen à Maurice en 1979. Une seconde espèce a été nommée en son honneur : le labre Halichoeres pelicieri.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Labroidei Labroïdes Une seule dorsale, dents molariformes formant un puissant appareil masticatoire.
Famille Pomacentridae Pomacentridés
Genre Stegastes
Espèce pelicieri

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