Demoiselle bicolore de l'Atlantique

Stegastes partitus | (Poey, 1868)

N° 3196

Atlantique tropical Ouest

Clé d'identification

Avant du corps gris anthracite, arrière blanc à beige
Tache ventrale jaune d'or parfois
Dorsale continue, bicolore, de hauteur constante
Anale bicolore, pointée vers l'arrière, bordée d'un trait bleu vif
Caudale blanche, bifide, très échancrée
Tache noire à la base des pectorales, dorées

Noms

Autres noms communs français

Caca merle (Antilles)

Noms communs internationaux

Bicolor damselfish (GB), Damisela bicolor, chopita bicolor (E), Zweifarben-Gregory (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Pomacentrus partitus Poey, 1868
Eupomacentrus partitus (Poey, 1868)
Pomacentrus freemani Beebe & Tee-Van, 1928

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest

Zones DORIS : Caraïbes

La demoiselle bicolore est présente dans l'Atlantique Ouest, depuis le sud de la Floride, les Bermudes et le nord du golfe du Mexique jusqu'au nord de l'Amérique du Sud et, probablement, jusqu'aux côtes brésiliennes.

Biotope

On rencontre cette demoiselle dans tous les biotopes*, en particulier les roches et les récifs coralliens, continus ou isolés, jusqu'à 45 m de profondeur, mais surtout entre 6 et 25 m, où l'eau est tempérée, plutôt chaude.
Territoriale et agressive, elle n'hésite pas à mordiller les plus gros poissons et même les plongeurs qui approcheraient trop près de son lieu de vie.

Description

Le corps de cette demoiselle est ovale, haut et comprimé, atteignant une longueur de 7 à 8 cm (maximum 10 cm).
Sa coloration est simple : l'avant est sombre, gris anthracite, et l'arrière est clair, blanc ou beige, mais la distinction entre ces deux tons, si elle est plutôt nette, n'est pas localisée de façon systématique. En effet, la zone sombre peut se limiter à la tête ou s'étendre à la base du pédoncule* caudal. Cette robe contrastée est assez souvent complétée par une tache ventrale jaune d'or. La surface de ce halo est plus ou moins grande et cela semble être un critère dépendant de l'implantation "régionale".
La bouche est petite et terminale, légèrement protractile*. L'œil est cerclé de doré. Les écailles sont plutôt grandes et bien visibles, présentes jusqu'aux nageoires impaires ; la ligne latérale* est haute, près de la dorsale.
La nageoire dorsale continue est de hauteur constante. Elle part en arrière de la nuque pour finir au droit du pédoncule caudal, avec, en général, une pointe vers la caudale. Du fait de sa longueur, elle est bicolore comme le corps de la demoiselle.
La nageoire caudale est bifide*, très échancrée. Comme le pédoncule caudal, elle est toujours blanche.
La nageoire anale est, elle aussi, bicolore et en pointe vers l'arrière. Elle est souvent bordée d'un fin trait bleu vif.
Les nageoires pelviennes sont colorées comme la nageoire anale.
Une tache noire est située à la base des nageoires pectorales mais cette marque est difficilement distincte quand elle est incluse dans la zone sombre. Les rayons des pectorales sont jaune d'or, leur membrane est transparente.

Espèces ressemblantes

Dans la même aire de répartition, la demoiselle à queue jaune, Microspathodon chrysurus, a le corps entièrement sombre, à l'exception de la nageoire caudale, jaune. Des points bleu métallique, répartis de façon aléatoire, complètent sa livrée.

La demoiselle trois points, Stegastes planifrons, porte, comme la demoiselle bicolore, un gros point noir à la base des pectorales, mais aussi un croissant jaune autour de l'œil et une tache en selle noire sur le pédoncule caudal. De plus, les rayons mous de la dorsale et de l'anale s'étendent au-delà du pédoncule caudal.

Alimentation

La demoiselle bicolore est un omnivore, bien que plutôt herbivore (algues), qui ne dédaigne pas les débris de polychètes ou de copépodes, trouvés sur le substrat*.

Reproduction - Multiplication

Quelques jours avant le frai*, le mâle nettoie une surface rocheuse en enlevant les algues et les invertébrés qui s'y trouvent. Il commence sa parade en même temps : mouvements de nage rapide, poursuite des femelles alentour en les mordillant et en nageant au-dessus d'elles, toutes nageoires dépliées. Puis, une femelle décidée conduit le mâle vers la surface du nid, en lâchant des ovules qui adhèrent à la roche. Le mâle suiveur féconde ces ovules au fur et à mesure.
Ces œufs forment des grappes rouge foncé ou violettes. Le mâle monte ensuite la garde auprès d'eux pour éviter qu'ils ne soient mangés par d'autres poissons. Il ventile le nid en battant des pectorales et le nettoie en enlevant les œufs où l'embryon est mort. Le nid peut contenir des œufs provenant d'ovules de différentes femelles, à des stades de développement différents.
Une semaine plus tard, des larves* transparentes éclosent. Elles sont planctoniques* jusqu'au moment où, moins d'un mois après, les courants les ramènent vers des récifs peu profonds où elles se stabilisent, commençant à prendre leur livrée juvénile.

Vie associée

A Bonaire, des plongeurs ont remarqué que différents gobies, dont Gobiosoma evelynae, nettoyaient cette demoiselle.

Divers biologie

La composition des nageoires est de XII épines et 14 à 17 rayons mous pour la dorsale et de II épines et 13 à 15 rayons mous pour l'anale.

Réglementation

Depuis 2010, cette demoiselle est classée LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure.

Origine des noms

Origine du nom français

Demoiselle : il est possible que le choix de ce mot soit lié à la petite taille, à la grâce et aux couleurs vives de certaines des espèces regroupées sous ce nom.

bicolore de l'Atlantique, en rappel de sa robe typique et de son aire de répartition (proposition du site DORIS pour ne pas porter à confusion avec l'autre demoiselle bicolore, Chromis dimidiata, de l'Indo-Pacifique).

Origine du nom scientifique

Stegastes : du grec [stegastos] = couvert. Le créateur du genre (Leonard Jenyns, 1800-1893) y fait allusion en raison de la couverture d’écailles que présente la majeure partie des nageoires impaires chez les espèces qui composent ce genre (The zoology of the voyage of H. M. S. Beagle, under the command of Captain Fitzroy, R. N., during the years 1832 to 1836. Part IV., pp. 62-63).

partitus : du latin [partio] = partager.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Labroidei Labroïdes Une seule dorsale, dents molariformes formant un puissant appareil masticatoire.
Famille Pomacentridae Pomacentridés
Genre Stegastes
Espèce partitus

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