Sertularelle blanche

Sertularella crassicaulis | (Heller, 1868)

N° 3445

Méditerranée (endémique)

Clé d'identification

Buisson dont la tige principale dressée est polysiphonique
Ramifications dichotomiques en différents plans
Les gonothèques, ovoïdes, sont marquées d'ondulations transversales et se terminent par trois pointes

Noms

Distribution géographique

Méditerranée (endémique)

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

L'espèce Sertularella crassicaulis est considérée comme endémique de la Méditerranée.

Biotope

Espèce largement répandue entre 5 et 50 m, Sertularella crassicaulis est épibionte* d'algues, d'hydraires, de gorgones ou de bryozoaires.

Description

Sertularella crassicaulis est un hydraire colonial benthique* qui forme de petits buissons lâches, de couleur blanc pur et de moins de 10 cm de diamètre. La fixation au substrat* est assurée par une hydrorhize*, structure formée de stolons* tubulaires et ramifiés. La colonie est érigée, avec une tige principale dressée (hydrocaule*) et formée de plusieurs tubes accolés (polysiphonique*), haute de 45 à 60 mm. Celle-ci est ramifiée de manière dichotomique* en différents plans. Les internœuds sont séparés par des nœuds obliques inclinés vers la gauche ou la droite. Les hydrothèques* sont cylindriques, à peu près aussi larges que longues, latérales par rapport à l'axe et alternées à raison d'une par internœud. Les gonothèques* sont allongées, ovoïdes, avec des ondulations transversales et présentent une encolure apicale* distincte avec 3 pointes. Les hydroclades* sont généralement blancs mais les portions recouvertes par des algues épibiontes* (voir vie associée) peuvent apparaître rose-rouge.

Espèces ressemblantes

Les caractéristiques morphométriques de Sertularella crassicaulis peuvent entraîner une confusion avec Sertularella gayi. Cependant, l'examen attentif de ces caractères permet de différencier les deux espèces. Par exemple, les bords de l'hydrothèque* sont larges chez S. crassicaulis avec un col peu différencié mais sont étroits chez S. gayi. Par ailleurs, chez S. crassicaulis le périsarc* (cuticule* chitineuse* servant de squelette) de la paroi abcaulinaire (hors axes principaux) est mince alors qu'il est épais chez S. gayi. Enfin, les gonothèques* possèdent trois dents apicales chez S. crassicaulis tandis que chez S. gayi, on observera deux lèvres inégales.

Sertularella polyzonias (Linnaeus, 1758) et Sertularella mediterranea Hartlaub, 1901, d'aspect proche, peuvent également être observées en Méditerranée. Ces deux espèces sont de plus petites tailles et forment de courtes tiges en zigzag, simples et rarement ramifiées. Leur coloration est moins blanche que chez Sertularella crassicaulis.

Alimentation

Les hydraires sont en général microphages*. Ce sont des carnivores qui capturent leurs proies au moyen de nématocystes* placés sur les tentacules* des hydranthes* (polypes nourriciers). Les proies sont amenées par les mouvements d'eau (courant par exemple) dont le flux est un facteur limitant : trop rapide et les proies peuvent s'échapper, trop lent et un nombre insuffisant de proies sera disponible. La nourriture est variée mais essentiellement constituée de petits organismes zooplanctoniques.

Reproduction - Multiplication

Sertularella crassicaulis n'a pas de saisonnalité marquée et se trouve donc présente toute l'année. Les sexes sont séparés et les spécimens fertiles apparaissent d'octobre à février et d'avril à mai. Les gamètes* sont contenus dans les gonothèques* qui, en période de reproduction, sont allongées et ovoïdes. Les gonothèques sont caractérisées par trois pointes autour de l'ouverture.

Vie associée

L’espèce sert parfois de support pour différentes algues. Les algues corallinales Melobesia membranacea et Pneophyllum fragile ont pu être observées. Elles sont réparties sur les branches et concentrées à proximité des hydranthes, probablement à cause des émissions de nutriments générées par le métabolisme de l'hydraire. Ces algues rouges calcaires encroûtantes sont responsables de la couleur rose-rouge des parties colonisées.

Les hydraires du genre Sertularella sont la nourriture de plusieurs nudibranches éolidiens. Trinchesia caerulea est le seul nudibranche observé sur Sertularella crassicaulis.

Informations complémentaires

Cette petite espèce n'est pas urticante pour l'homme.

Origine des noms

Origine du nom français

Sertularelle blanche est une francisation du nom de genre associé à la couleur blanche caractéristique en plongée de cette espèce.

Origine du nom scientifique

Sertularella : diminutif de sertularia, lui-même diminutif du latin [serta] = tresse, guirlande : ce nom évoque les entrelacs d’une toute petite guirlande.

crassicaulis : du latin [crassus] = épaisse, charnue et de [caulis] = tronc, tige. Donc à tiges épaisses (polysiphoniques*).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Hydrozoa Hydrozoaires Cnidaires dont le cycle de vie est alterné, mais de façon inconstante, par deux phases différentes : le polype et la méduse. Présence d’un velum dans la méduse (dite craspédote), gonades ectodermiques, perte des septes, perte des cnidocytes endodermiques. Coloniaux ou solitaires. Quelques espèces d’eau douce.
Sous-classe Hydroidolina Hydroïdes Hydrozoaires dont le cycle de vie présente toujours une phase polype.
Ordre Leptothecata / Leptomedusa Leptothécates / Leptoméduses Hydroïdes coloniaux dont les polypes sont protégés par une enveloppe chitineuse, la thèque. Méduses (quand elles existent) aplaties, parfois de grande taille, portant des statocystes sur le bord de l’ombrelle, et des gonades sur les canaux radiaires.
Famille Sertularellidae Sertularellidés

Colonies généralement érigées, les hydranthes peuvent se rétracter complètement dans leurs hydrothèques.

Genre Sertularella
Espèce crassicaulis

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