Vingt-quatre heures

Scorpaena plumieri | Bloch, 1789

N° 2387

Mer des Caraïbes, golfe du Mexique, Atlantique tropical Ouest et Centre

Clé d'identification

Poisson marbré d’une longueur commune de 18 à 30 cm
3 bandes verticales de couleur sombre sur la nageoire caudale
Une bande de couleur sombre verticale à l’arrière du corps, juste avant la nageoire caudale
Face supérieure des nageoires pectorales présentant une zone noire parsemée de points blancs
Une série d’épines venimeuses à l’avant de la nageoire dorsale

Noms

Autres noms communs français

Poisson-pierre, poisson-scorpion, rascasse tachetée, rascasse de Plumier

Noms communs internationaux

Spotted scorpionfish (GB), Scorfano macchiato (I), Rascacio negro (E), Pez escorpión (E), Gebänderter Drachenkopf (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Scorpaena bufo Cuvier, 1829
Scorpaena scrofina Valenciennes, 1833
Scorpaena rascacio Poey, 1860

Distribution géographique

Mer des Caraïbes, golfe du Mexique, Atlantique tropical Ouest et Centre

Zones DORIS : Caraïbes

On le trouve dans toutes les îles des Petites et Grandes Antilles, les Bahamas, les Bermudes.

Il est répertorié le long des côtes Nord-Est d'Amérique jusqu’au nord de New-York, en Amérique centrale (Mexique, Honduras, Nicaragua, Costa Rica, Panama) et il est présent également au sud du Brésil.

Il est signalé aux îles de Sainte-Hélène et Ascension.

Biotope

Scorpaena plumieri se retrouve principalement sur les récifs coralliens, entre 1 et 60 m de profondeur, on trouve ce poisson globalement sur tout type de support, fond sableux, herbiers, etc.

Description

Poisson marbré d’une longueur de 18 à 30 cm (des spécimens rares de 45 cm ont été signalés dans la bibliographie pour un poids de plus d’1,5 kg) exhibant une palette de couleurs allant du rouge au noir en passant par le marron et le blanc. Grâce à ses couleurs qui se confondent avec l'environnement il se dissimule aisément sur tout type de substrat.

Il présente 3 bandes verticales de couleur sombre sur la nageoire caudale, ainsi qu’une bande verticale de couleur sombre à l’arrière du corps, juste avant la nageoire caudale.

Les nageoires pectorales présentent, quand elles sont déployées (lors de la fuite par exemple), une face supérieure décorée de couleurs vives dont une zone noire parsemée de points blancs.

Des « plumes », aussi appelées cirres* se dressent au-dessus des yeux, au-dessus de la bouche, sur la tête et sur le menton ; à noter qu’elles peuvent être totalement absentes.

Si elle se sent menacée, la rascasse dresse une série d’épines venimeuses à l’avant de sa nageoire dorsale.

Espèces ressemblantes

Scorpaena plumieri peut être confondue avec S. brasiliensis que l’on trouve le long les côtes brésiliennes, et aussi très rarement aux Bahamas, en Floride ou dans les Caraïbes.
La distinction entre ces 2 espèces se fait par la taille, S. plumieri étant généralement plus grande, et par le nombre de bandes sombres sur la nageoire caudale : 3 pour S. plumieri et 2 pour S. brasiliensis.
S. brasiliensis présente une ou plusieurs taches sombres sur le corps au-dessus de ses nageoires pectorales contrairement à S. plumieri.

Deux autres espèces de rascasse beaucoup plus petites et assez discrètes peuvent être rencontrées sur la même zone : la rascasse à plumes Scorpaena grandicornis et la petite rascasse de récif Scorpaenodes caribbaeus.

Alimentation

S. plumieri, comme la plupart des Scorpaenidés, est un poisson carnivore, chassant la nuit pour se nourrir de petits poissons, crustacés, escargots, etc.

La rascasse se maintenant immobile et camouflée de par sa couleur, sa proie s’aperçoit de sa présence trop tard et se fait gober.

Reproduction - Multiplication

S. plumieri est une espèce ovipare* qui pond des œufs translucides à verdâtres. 15 000 œufs en moyenne sont libérés par la femelle dans l’eau avant d’être fécondés par un ou plusieurs mâles, et partent ensuite flotter à la surface de la mer où les prédateurs mangeurs d’œufs sont moins susceptibles de les chercher.

Les œufs éclosent deux jours après la fécondation et les poissons juvéniles restent en surface jusqu’à être suffisamment gros pour rejoindre le récif où se trouvent les adultes. On connaît très peu de détails (parade, etc.) sur le mode de reproduction de S. plumieri.

Divers biologie

S. plumieri est un prédateur, mais est aussi la proie de prédateurs tels que requins, raies, murènes, ou encore certains pagres (Lutjanus apodus ou L. analis). Pour se protéger durant sa phase d’inactivité (le jour), il se cache dans des crevasses.

Informations complémentaires

S. plumieri n’est pas une espèce farouche et il est possible de l’approcher de très près (même sans le vouloir).

Néanmoins, comme nous l’avons vu précédemment, ce poisson est une espèce venimeuse dangereuse pour l’homme, une des plus dangereuses de l’Atlantique. Sa piqûre peut entraîner des complications sérieuses (désordres cardiovasculaires et neurologiques) pouvant aller jusqu’à la mort (souvent sous la forme d’un accident de plongée). Campos et al. (2016) indiquent qu’il faut généralement plusieurs jours à plusieurs semaines aux personnes piquées pour récupérer. A ce jour, malgré de considérables efforts menés en chimie moléculaire, le venin de nombreuses espèces marines, dont S. plumieri, reste relativement peu connu en comparaison avec les poisons des espèces terrestres.

En revanche, le venin injecté est thermolabile, c'est-à-dire que ses effets peuvent être atténués par une hausse de température (flamme d’un briquet, eau chaude, etc.) au delà de 52 °C. Gomes et al. (2011) ont montré que l’antivenin du poisson-pierre de l’Indo-pacifique (Synanceia verrucosa) réagit positivement au venin de S. plumieri, ouvrant ainsi la voie à la production d’un antivenin pour pouvoir réagir efficacement contre les piqûres de S. plumieri dans l’Atlantique Ouest.

A noter que leur habitat principal, les récifs coralliens, sont menacés par le réchauffement climatique global.

Origine des noms

Origine du nom français

Ce poisson a été baptisé "vingt-quatre heures" du fait de la durée des douleurs intenses et de la fièvre qui affectent en général le malheureux qui se fait piquer.

Son second nom « scorpion » est toujours lié à la piqûre qui doit rappeler celle du scorpion.

Origine du nom scientifique

Scorpaena : du grec [skorpaina] = rascasse (féminin de [skorpios] = scorpion) qui donnera par la suite le mot latin [scorpaena], retenu par Linné comme nom de genre

plumieri : du nom du naturaliste C. Plumier dont les croquis ont permis au docteur Bloch de décrire l’espèce pour la première fois en 1789, travail également réalisé sur la base de ces croquis par Lacepède (1800).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Ordre Scorpaeniformes Scorpéniformes Poissons scorpions.
Famille Scorpaenidae Scorpénidés
Genre Scorpaena
Espèce plumieri

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