Schizomavelle à lignes régulières

Schizomavella linearis | (Hassall, 1841)

N° 3468

Méditerranée, Atlantique Est et Nord-Est

Clé d'identification

Bryozoaire encroûtant, parfois partiellement décollé de son support
Plaque de taille moyenne et de faible épaisseur (majoritairement unilamellaire)
Coloration rosée
Organisation des zoïdes en lignes radiantes bien visibles

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Lepralia linearis Hassall, 1841
Schizoporella linearis Hincks, 1880
Schizoporella linearis multiavicularis d'Hondt, 1974
Schizomavella hastiformis Hayward & Ryland, 1978

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique Est et Nord-Est

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Toute la Méditerranée, l'Atlantique tempéré boréal Est et jusqu'à l'océan Arctique (Norvège et îles Féroé).
Espèce fossile originaire du bassin méditerranéen, elle y est apparue à l'Helvétien avant de s'étendre vers le nord au Pliocène et au Quaternaire.

Biotope

En Méditerranée : à la base des posidonies, sur les fonds coralligènes* et précoralligènes, à la base de bryozoaires, ascidies, gorgones, tubes d'annélides, hydraires et débris de test d'oursins. Présent jusqu'à plus de 100 m, abondant de 10 à 60 m de profondeur, avec un maximum vers 40 m où la reproduction sexuée est active.

En Atlantique Nord-Est Schizomavella linearis est largement présent et commun du littoral jusqu'au bord du plateau continental sur des substrats durs : sur la roche, les coquilles et les laminaires, entre les pierres des fonds à galets.

Description

Schizomavella linearis est un bryozoaire encroûtant de couleur rose pâle. Les colonies au contour arrondi peuvent atteindre des dimensions importantes. De forme irrégulière, feuillue ou circulaire, les colonies (ou zoarium*) peuvent être partiellement décollées du substrat*. Comme la grande majorité des bryozoaires encroûtants, la croissance se fait en périphérie de la colonie de façon majoritairement unilamellaire, mais aussi en hauteur par bourgeonnement* frontal des zoïdes*, cependant l'épaisseur de ces croûtes reste faible (quelques mm). La surface des colonies est relativement lisse et régulière pour les parties unilamellaires où les zoïdes s'organisent en lignes radiantes régulières et bien visibles à l'œil nu. Les parties centrales plurilamellaires sont plus rugueuses et plus irrégulières. Les lophophores* sont facilement observés alors que les ovicelles* teintées de rouge sombre par les embryons, saillantes s'aperçoivent facilement ici ou là sur les zones uni- et plurilamellaires des colonies.

Voir la description microscopique indispensable à l'identification de cette espèce dans la partie "Divers biologie".

Espèces ressemblantes

La confusion in situ avec les différentes espèces des genres Schizomavella et Stephanotheca est inévitable sans observation microscopique.

Deux sous-espèces semblent actuellement acceptées :

Schizomavella linearis linearis (Hassall, 1841)
Schizomavella linearis profunda Harmelin & d'Hondt, 1992

Schizomavella hastata se caractérise par de longues épines bien visibles et a longtemps été confondue avec S. linearis qui peut aussi présenter des umbos* (épines) sporadiques.

Stephanotheca monoecensis forme des plaques encroûtantes généralement d'un orange vif soutenu et un peu plus grenues. Méditerranée et Atlantique Nord-Est limitrophe.

Alimentation

Comme tous les bryozoaires, c'est un filtreur suspensivore* microphage*. Les diatomées* (algues unicellulaires) et particules organiques sont la base de l'alimentation des bryozoaires. Les cils des lophophores* sont capables de créer des micro-courants permettant l'acheminement des particules alimentaires vers la bouche au centre du lophophore (dont les fonctions sont aussi celles de respiration et de nettoyage de la colonie).

Reproduction - Multiplication

Chez les bryozoaires, les deux types de reproduction, sexuée et asexuée, concourent au développement de l'espèce.
Au sein d'une même colonie, des zoïdes mâles et femelles existent, mais on connaît aussi des zoïdes hermaphrodites*.
La fécondation (reproduction sexuée) conduit à la formation d'œufs incubés dans les ovicelles*. Les œufs et les larves*, de couleur rouge sombre chez Schizomavella linearis forment de petits points parfois visibles in situ. Ils donnent ensuite des larves libres nageuses, assurant la dissémination spatiale de l'espèce. Puis, ces larves se fixent sur un substrat* dur et libre, et se transforment en zoïdes primaires isolés appelés ancestrules*.
Chaque ancestrule forme une nouvelle colonie (reproduction asexuée) par bourgeonnement*, qui assure la croissance de la colonie. Cela s'accompagne d'une spécialisation de certains individus au sein de la colonie : on parle de polymorphisme* des zoïdes (autozoïdes*, aviculaires*, ovicelles...).
Les ovicelles sont observées toute l'année chez Schizomavella linearis, les embryons de mars à novembre.

Divers biologie

Description microscopique :
- Colonie encroûtante uni- ou plurilamellaire de faible d'épaisseur, bien calcifiée.
- Autozoïdes* sub-rectangulaires organisés en files radiaires régulières, de grande taille, à paroi frontale plane, granuleuse et finement perforée. Umbo* sub-oral sporadique. Taille approximative des autozoïdes : 0,44 à 0,66 mm de longueur sur 0,36 à 0,58 mm de largeur.
- Aperture* (ouverture primaire par où sort le lophophore) orbiculaire à petit sinus triangulaire (échancrure médio-proximale) et armé de 2 à 4 épines orales. Opercule* doré.
- Parois frontale perforée, principalement en périphérie.
- Ovicelle* au dessus de l'ouverture, de taille moyenne, saillante avec des perforations irrégulières et non close par l'opercule* de l'aperture.
- Aviculaires de deux types : 1) généralement deux aviculaires par zoïde, parfois un seul asymétrique ou totalement absent, petits, triangulaires ou sub-ogivaux, symétriques et un peu au dessous de l'aperture, orientés obliquement et distalement, 2) sporadiquement remplacés par un très gros aviculaire à mandibule en croissant, perpendiculaire et ayant presque la largeur d'un zoïde.

Informations complémentaires

Le genre Schizomavella a été caractérisé à l'origine par la présence d'un aviculaire médian, mais plusieurs espèces comme Schizomavella linearis ne répondent plus à ce critère simple.

Origine des noms

Origine du nom français

Schizomavelle à lignes régulières est une traduction du nom scientifique et une proposition du site DORIS.

Origine du nom scientifique

Schizomavella : du grec [schizo-] = fendre, séparer en fendant (et donc évoquant, ici, une "lame encroûtante"), de "mav" qui est l'abréviation de "median avicularium" (Canu & Bassler 1917) et de [-ella] = petit.

linearis : provient directement du latin et signifie en forme de ligne, allongé, étroit, ce qui correspond bien à l'organisation des individus en lignes régulières.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Gymnolaemata Gymnolèmes Colonies polymorphes. Les zoïdes sont cylindriques ou aplatis, les lophophores circulaires. Les parois peuvent être calcifiées ou non. Presque tous marins.
Ordre Cheilostomatida Cheilostomes Bryozoaires calcifiés, zoïdes* en forme de boîte obturée par un opercule à charnière. Gymnolèmes les plus nombreux et les plus diversifiés des régions littorales, souples à rigides. Groupe au polymorphisme marqué où l’on trouve des individus différenciés (aviculaires, vibraculaires, ovicelles globuleux…).
Sous-ordre Neocheilostomatina/Ascophora Ascophores Paroi frontale calcifiée sous laquelle un sac flexible invaginé s'ouvre sur l’extérieur par un pore médian situé derrière le péristome et nommé ascopore.
Famille Bitectiporidae Bitectiporidés
Genre Schizomavella
Espèce linearis

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