Saumon

Salmo salar | Linnaeus, 1758

N° 769

Atlantique Nord, nord-est de l'Amérique, nord-ouest de l'Europe

Clé d'identification

Corps allongé et élancé
Caudale concave chez les adultes, fourchue chez les jeunes
Dos de couleur bleu à bleu gris, flancs argentés
Gros points noirs sur fond pâle formant des X sur tête, dos et nageoire dorsale
Bouche fendue jusqu'au bord postérieur de l'œil
Taille jusqu'à 1,50 m

Noms

Autres noms communs français

Saumon d'eau douce, saumon de l'Atlantique, tacon atlantique, ouananiche, saumon noir, bec croche, tacon

Noms communs internationaux

Atlantic salmon, parr, salmon (GB), Salmone, salmone atlantico (I), Salmón del Atlántico (E), Lachs, Salm (D), Zalm (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Trutta salar Linnaeus, 1758
Salmo salmo Valenciennes, 1848
Salmo sebago Girard, 1853
Salmo salar sebago Girard, 1853
Salmo brevipes Smitt, 1882

Distribution géographique

Atlantique Nord, nord-est de l'Amérique, nord-ouest de l'Europe

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Eau douce, Atlantique Nord-Ouest

Le saumon atlantique est présent dans le bassin de l'Atlantique Nord depuis le cercle arctique (Islande, Norvège et sud du Groenland) jusqu'au Portugal à l'est, et de la baie d'Ungava au Nunavut jusqu'à la rivière Connecticut en Nouvelle Angleterre à l'ouest.

Au Canada, il est répandu à Terre Neuve, au Labrador, dans les provinces maritimes et dans l'est du Québec.

En Europe, on le rencontre dans tous les pays ayant une façade "Atlantique" (en considérant les mers du Nord et Baltique comme des sous-ensembles). En France il est principalement présent en Bretagne et en Basse Normandie.

Biotope

Les jeunes saumons fréquentent les rivières au fond graveleux et au courant moyennement rapide. Par la suite ils se déplacent vers les grands lacs ou en eau salée (eaux côtières et haute mer). A l'âge adulte ils retournent en rivière pour frayer. Après la période de frai, les adultes hivernent dans les endroits les plus profonds de la rivière avant de retourner en mer au printemps suivant. C'est à cette période qu'ils sont surnommés "saumons noirs".

Description

Le saumon atlantique possède un corps allongé et élancé.
La nageoire anale possède de huit à onze rayons. La caudale est grande, de forme concave chez les adultes et fourchue chez les jeunes.
La tête est petite et aplatie sur le dessus. La bouche est grande (fendue jusqu'au bord postérieur de l'œil) et munie de fortes dents sur les mâchoires, la langue et le palais.
Les écailles sont grosses et visibles. La ligne latérale est droite.
De gros points noirs sur fond pâle forment des X sur la tête, le dos et la nageoire dorsale. La coloration varie du bleu au bleu-gris sur le dos, elle est argentée sur les côtés. Elle varie en période de frai, les adultes prenant une teinte bronze à brun foncé. Ils perdent leur livrée argentée au moment de leur pénétration en eau douce. Les mâles sont marqués de points rouges sur les flancs. Les jeunes sont marqués de sept à onze marques verticales en forme de doigt qu'ils perdront à leur entrée en mer.
Le saumon atlantique peut mesurer jusqu'à 1,50 m et peser jusqu'à 36 kg. A l'approche du frai, la tête du mâle va se modifier : elle va s'allonger, la mâchoire inférieure va se développer et se recourber pour former un crochet (mâle "bécard").

Espèces ressemblantes

Le saumon atlantique Salmo salar se distingue par ses taches noires et ses grandes écailles de l'omble chevalier Salvelinus alpinus et de l'omble de fontaine Salvelinus fontinalis qui eux possèdent des taches blanches.
Il se distingue de la truite arc en ciel Oncorhynchus mykiss par l'absence de taches noires regroupées sur la caudale. Et enfin de la truite brune Salmo trutta par une mâchoire plus courte, un pédoncule* caudal étroit, l'absence de rouge sur la nageoire adipeuse* et la présence d'écailles plus grandes.

Alimentation

En mer sa nourriture est principalement constituée de petits poissons tel le hareng atlantique (Clupera harengus harengus), l'éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax), le capelan (Mallotus villosus) et le lançon d'Amérique (Ammodytes americanus) mais également de petits crustacés (amphipodes et décapodes).
Lorsqu'il retrouve sa rivière, il cesse de s'alimenter.
Les jeunes tacons se nourrissent principalement d'insectes terrestres et aquatiques tels les phryganes ou les éphémères. Les larves* de ces mêmes insectes font également partie de son alimentation.

Reproduction - Multiplication

Le saumon est avant tout anadrome* c'est à dire qu'il vit habituellement en mer mais remonte les fleuves, rivières et cours d'eau pour frayer. La période de frai a lieu en octobre-novembre.

La femelle creuse un nid à faible profondeur (0,5 m à 3 m) sur un fond graveleux dans le courant. Elle utilise sa caudale comme une pagaie pour creuser une dépression profonde de 10 à 30 cm pour une longueur allant jusqu'à 3 m. Elle y dépose en plusieurs fois, à cinq ou dix minutes d'intervalle, des œufs de grande taille (5 à 7 mm), un peu gluants et plus lourds que l'eau. Ils sont fécondés par les mâles au moment de leur expulsion. Ensuite, la femelle creuse un nouveau nid en amont et indirectement recouvre le premier nid de gravier. La ponte dure entre cinq et douze jours, la femelle déposant entre 1 500 et 1 800 œufs de forme sphérique par kilo de son poids (soit près de 25 % de son poids ! ).
Les œufs passent l'hiver entre les graviers et éclosent en avril-mai, la température de l'eau avoisinant les 4 °C.

Les alevins vont rester enfouis dans le sol graveleux se nourrissant de leur sac vitellin* jusqu'en juin où ils gagnent des eaux peu profondes à courant modéré. Ils mesurent alors 6 cm en moyenne et s'appellent des tacons. Ils demeurent entre deux et cinq ans en rivière avant d'entreprendre entre mai et juin leur première migration en eau salée. Ils mesurent alors entre 12 et 15 cm et portent le nom de saumoneaux ou smolts.

Si la croissance est lente en rivière, elle est très rapide en mer où, après un an, le saumon atlantique mesure de 50 à 65 cm. Certains mâles reviennent à leur rivière d'origine après un hiver passé en mer (grâce à leur faculté de mémoriser l'odeur de leur rivière natale), d'autres restent en mer encore deux ou trois ans avant de se reproduire. Les grands saumons se présentent à l'embouchure des rivières à la fin de l'hiver (saumons d'hiver) et les petits un peu plus tard (saumons d'été).

Ils déploient une grande énergie et une grande habileté à franchir les obstacles - certains sauts atteignent 3 m de hauteur. La graisse accumulée pendant le séjour dans l'océan est transformée en énergie et utilisée pour produire œufs et spermatozoïdes. Lors de la remontée des rivières et le frai, les saumons perdent de 30 à 40 % de leur poids. Épuisés, beaucoup meurent et les survivants hivernent dans la rivière ou retournent à la mer. Seuls 4 à 6 % d'entre-eux pourront se reproduire une seconde fois.

L'élevage du saumon produit des individus de moins en moins "intelligents". On a ainsi établi qu'à partir de la septième génération en captivité, le saumon devenait incapable de rechercher et capturer sa nourriture.

D'une population à l'autre, le nombre de ses chromosomes peut varier de 58 à 64.

Les nouveaux-nés réagissent de manière innée à l'odeur d'un brochet (Esox lucius) alors qu'ils restent indifférents à celle d'un gardon (Rutilus rutilus).

Vie associée

Les parasites du saumon atlantique sont nombreux. On identifie principalement des copépodes parasites dont certains sont appelés communément "asticots de branchies" ou "pou du poisson" mais également des vers blancs tel le nématode parasite (Anisakis simplex).

Divers biologie

La longévité moyenne du saumon atlantique est estimée à 10 ans.

La scalimétrie* est une méthode qui permet de connaître avec une grande fiabilité l'âge et la vie d'un saumon. Basée sur les anneaux de croissance des écailles, elle indique les années passées en eau douce (années maigres) et celles passées en mer (croissance rapide).

Dans certains lacs n'ayant plus de communication avec la mer, on trouve des populations de saumons sous des formes naines. Ces populations sédentaires fraient généralement dans les affluents de ces lacs.

En mer les saumons atlantiques sont la proie des goberges, des thons, des morues, des espadons, des requins, des phoques gris (Halichoerus grypus), des phoques communs (Phoca vitulina), des fous de bassan (Morus bassanus) et des cormorans (Phalacrocorax sp.)

En rivière, les prédateurs des jeunes saumons sont les ombles, les anguilles (Anguilla anguilla), les brochets (Esox lucius), les grenouilles, et certains oiseaux aquatiques tels le harle huppé (Mergus serrator) et le héron (Ardea cinerea).

Informations complémentaires

Le saumon atlantique est vénéré depuis l'Antiquité. L'énergie qu'il déploie pour remonter les cours d'eaux et franchir les chutes d'eaux est sans pareil. La pollution des eaux, les pluies acides, les barrages sont autant de facteurs qui nuisent considérablement au développement de l'espèce en Amérique du Nord et en Europe.

A la fin du 19e siècle et au début du 20e, le saumon était tellement commun que les domestiques faisaient indiquer dans leur contrat de travail qu'il n'en recevraient pas plus de trois fois par semaine.

Début octobre 2008 un spécimen de 97 cm de longueur et d'un poids de 7 kg a été pêché au barrage de Suresnes dans les Hauts-de-Seine en France. Cela n'était pas arrivé depuis 70 ans. Les efforts de préservation et de reconstitution des milieux naturels menés au cours des dernières années, les efforts d'aménagements (passes à poissons visant à faciliter les migrations), le maintien de zones potentielles de frayères ont facilité le retour de l'espèce dans les eaux dulcicoles françaises. Il s'agit là sans nul doute d'un signe mesurable de l'amélioration de la qualité de l'eau.

Le mystère des migrations de saumon est tout entier. Kenneth Lohmann et son équipe américaine (Department of Biology, University of North Carolina, Chapel Hill) ont travaillé à démontrer que les saumons possédaient une certaine sensibilité au champ magnétique et qu'ils pourraient s'en servir en haute mer pour nager dans la direction de leurs lieux de ponte. Les saumons enregistreraient plusieurs paramètres du champ magnétique terrestre et s'en souviendraient.

Réglementation

Communautaire :
- Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe II
- Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe V
International :
- Convention de Berne : Annexe III
- Convention OSPAR : Annexe V
De portée nationale :
- Poissons protégés : Article 1

Pêches et Océans Canada a rendu public un plan de gestion quinquennal (2007-2011) régissant la pêche du saumon atlantique à Terre-Neuve-et-Labrador. Ce plan vise à établir un équilibre entre, d'une part, la conservation et le rétablissement des stocks de saumon et, d'autre part, les possibilités de pêche récréative et la stabilité de cette pêche. Ce plan inclut également la poursuite d'une stratégie de gestion adaptative et d'une classification des rivières qui tient compte de l'état de santé des stocks de saumons. La période de pêche est habituellement comprise entre le début juin et le début septembre. Les pêcheurs ont le droit de garder six saumons atlantiques dans les trois rivières de l'île de Terre-Neuve, soit les rivières Gander, Exploits et Humber.

Origine des noms

Origine du nom français

Saumon : du latin [salmo].
atlantique en raison de sa distribution en Atlantique.

Origine du nom scientifique

Salmo du latin [salmo] = saumon.
salar du latin [salio] = sauter, bondir, rebondir.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Protacanthopterygii Protacanthoptérygiens
Ordre Salmoniformes Salmoniformes
Famille Salmonidae Salmonidés
Genre Salmo
Espèce salar

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