Raphitome hérissée

Raphitoma horrida | (Monterosato, 1884)

N° 4601

Méditerranée et Atlantique européen

Clé d'identification

Coquille fusiforme en forme de tour (turriculée), à l'aspect épineux
Extrémité (protoconque) à deux tours (paucispirale)
Côtes axiales fortes, espaces plus larges que les côtes
Présence d’une encoche labiale au niveau de la suture
Marques en forme de virgules sous la suture
Pas d’opercule
Animal blanc avec une ponctuation couleur de craie

Noms

Autres noms communs français

Raphitome hirsute

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Clathurella cordieri var. pungens Bucquoy, Dautzenberg & Dollfus, 1883
Cordieria horrida Monterosato, 1884
Raphitoma monterosatoi
Nordsieck, 1977

Distribution géographique

Méditerranée et Atlantique européen

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

En Méditerranée, outre les côtes françaises de métropole et de Corse, l’espèce a été signalée à Malte, en Sicile, en Sardaigne, à Alger, dans l'Adriatique et en Grèce.
On peut également la trouver sur les côtes européennes de l'Atlantique Nord-Est.

Biotope

Espèce de l’infralittoral*, on la rencontre principalement sous les pierres.

Description

La coquille est fusiforme, turriculée*, d’une longueur allant de 8 à 15 mm.
La protoconque* (premiers tours initiaux sur la coquille) est paucispirale* à 2 tours en forme de bouton. La téléoconque* est formée de 6 à 7 tours.
La sculpture se compose d’environ 12 à 13 côtes axiales fortes et de 9 à 10 cordons spiraux (voir photo 2) dont 4 au-dessus de la suture*. Leur point de rencontre forme une pointe qui donne à la coquille un aspect épineux, d’où son nom d’horrida (hérissé en latin). Les espaces sont plus larges que les côtes et forment un quadrillage rectangulaire (aspect cancellé).
La suture est large
, lisse et ornée de flammules blanches en forme de virgule. L’ouverture ovale se termine par un canal court, ouvert en forme d’entonnoir.
L’encoche labiale est profonde
et le bord columellaire* est peu sinueux. Le bord labial est épaissi chez les sujets adultes et comporte de 8 à 9 dents.
La coquille est de couleur grise, plutôt marron pour les spécimens vivants, et ornée de lignes verticales et horizontales blanches plus ou moins nombreuses. L’extrémité du canal siphonal* est blanche.

L’animal lui-même est blanc avec une ponctuation dense de couleur craie. Le siphon* est de la même couleur. Les yeux sont portés sur les tentacules* oculaires à mi-hauteur.

Espèces ressemblantes

Cette espèce possède une coquille suffisamment caractéristique pour ne pas, à l'examen, être confondue avec les autres raphitome (par exemple Raphitoma concinna, Raphitoma linearis ou Raphitoma leufroyi), à la coquille moins hérissée.

Alimentation

Comme tous les membres de la super-famille des Conoïdés, les Raphitoma sont des prédateurs. Leur radula*, de type taxoglosse*, possède des dents qui se sont transformées en harpons crantés, reliés à une glande à venin. Cette arme redoutable est utilisée pour capturer les proies dont ils se nourrissent.

Reproduction - Multiplication

Les sexes sont séparés. Les œufs sont déposés dans des capsules ovigères*.
Les larves* véligères* lécithotrophiques* qui en sont issues, ont une vie planctonique* courte et se retrouvent proches de leur lieu d’éclosion.
Le mode de vie larvaire est une caractéristique de l’espèce, dont le témoignage se retrouve sur la coquille qui possède une protoconque paucispirale (voir § Informations complémentaires).

Vie associée

Il n'y a pas de vie associée à cette espèce pour les sujets observés.

Informations complémentaires

Les Raphitoma peuvent avoir deux types de protoconque :

  • une protoconque paucispirale à 2 tours, témoignant d’un développement larvaire dit lécithotrophique*. Ce stade de développement est court. Les larves véligères* peuvent passer quelques minutes à quelques jours sans se nourrir, ni grandir et se retrouvent proche de leur lieu d’éclosion.
  • une protoconque multispirale de 3 à 4 tours, témoignant d’un développement larvaire dit planctotrophique*. Les larves se déplacent au gré des courants marins, se nourrissent du plancton* et peuvent ainsi coloniser des espaces beaucoup plus lointains.
Les Raphitomidés méditerranéens sont en cours de révision et comptent actuellement une quarantaine d’espèces, dont certaines sont encore à décrire.

Origine des noms

Origine du nom français

Raphitome hérissée : nom francisé du binom scientifique.

Origine du nom scientifique

Raphitoma : du grec [rhaphé] = couture, suture ; et [tomé] = coupe, coupure, taille. Il s'agit effectivement d'un gastéropode caractérisé par une petite entaille attenante à la suture postérieure.

horrida : du latin [horridus] = rugueux, garni d’objets saillants et pointus. L'auteur de la description a donné ce nom, horrida, à cette espèce pour la sculpture cancellée (à l'aspect grillagé, quadrillé) et hérissée de sa coquille.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Ordre Neogastropoda Néogastéropodes Coquille avec canal siphonal bien développé. Un repli du manteau forme un tube extensible : le siphon. La plupart sont des prédateurs ou nécrophages. Tous marins sauf le genre Clea.
Famille Raphitomidae Raphitomidés
Genre Raphitoma
Espèce horrida

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