Ascidiole néon

Pycnoclavella aurilucens | Garstang, 1891

N° 1140

Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Clé d'identification

Colonie de 2 à 6 zoïdes pédonculés d'au plus 10 cm de diamètre
Grappes de petits sacs attachés en paquets
Zoïdes de 12 mm de hauteur
Thorax de 2 à 3 mm de long
Espèces méditerranéennes : orange ou roses, pigments concentrés sur l'endostyle et entre les stigmates
Espèces vivant en Atlantique : trois points blancs orange ou jaunes au sommet de chaque zoïde
Corps sphériques de couleur vert-olive dans la tunique

Noms

Autres noms communs français

Claveline naine jaune-orangé

Noms communs internationaux

Small neon sea-squirt, orange lights seasquirt (GB), Kleine Neonseescheide (D)

Distribution géographique

Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

P. aurilucens est présente en Méditerranée, en Atlantique Nord-Est, sur les côtes bretonnes, les côtes sud-ouest de l'Angleterre, les côtes ouest de l'Irlande et les côtes espagnoles, et en Manche.

Biotope

P. aurilucens affectionne les zones à fort dynamisme, comme les courants de marée et occupe souvent les surfaces verticales. On la trouve dans les forêts de varech jusqu'à plus de 30 m de profondeur.

Description

Les Pycnoclavella sont des ascidies sociales pédonculées se présentant sous forme de grappes de petits sacs attachés à un pied. Chaque individu ou zoïde* est constitué d'un thorax de forme globuleuse contenant le sac branchial, se prolongeant en un abdomen étiré et renflé à la base là où l'animal se fixe.

Pycnoclavella aurilucens forme des colonies jusqu'à 10 cm de diamètre, d'au plus une douzaine d'individus regroupés en paquets de 2 à 6 zoïdes. Les zoïdes sont fixés sur un réseau de petites tiges de tunique épaisse, qui dans certains cas forme une masse commune. Ils peuvent mesurer jusquà 12 mm de haut, pour un thorax de 2 à 3 mm de long.
P. aurilucens présente 5 à 9 rangs de stigmates. La distribution du pigment ainsi que sa couleur diffèrent selon que l'espèce vit en Méditerranée ou en Atlantique.
Les espèces méditerranéennes sont de couleur orange ou rose. Les pigments sont concentrés sur l'endostyle* et entre les stigmates. Il y a également une tache de chaque côté du siphon* buccal, et chez certains spécimens cette tache forme un anneau autour du siphon, se prolonge en une ligne sur le cordon nerveux, laquelle ensuite entoure la base du siphon buccal, puis dessine un point sur l'arrière du siphon buccal. P. aurilucens serait reconnaissable à la présence de corps sphériques de couleur vert-olive dans la tunique.
Les espèces vivant en Atlantique possèdent une bande de pigments jaune d'or sur la face ventrale (face opposée au siphon cloacal) du thorax, qui se prolonge dans la région de l'œsophage. Elles présentent également trois points blancs, orange ou jaunes au sommet de chaque zoïde, un sur l'endostyle et un de chaque côté de la glande neurale. Le sac branchial présente 7 à 9 lignes de stigmates.

Les colonies présentent des formes et des tailles très variables. L'épaisseur de la tunique basale peut varier ainsi que la longueur de la tige joignant le thorax à la base. En général seuls les zoïdes sont visibles, la base étant cachée par les autres organismes recouvrant la roche. Les tiges sont d'autant plus longues que ces autres organismes sont abondants et élevés.

Espèces ressemblantes

Pycnoclavella brava, présente en Méditerranée, forme des petites colonies d'au plus une douzaine de zoïdes joints par un réseau de tiges de tunique*. La tunique est fine et transparente autour du thorax, épaisse opaque et recouverte de débris le long de l'abdomen et le long des plis en surface. Un anneau de pigment à la base du siphon buccal caractérise l'espèce.

Les colonies de Pycnoclavella communis, présentes en Méditerranée et signalées en Atlantique Nord-Est, peuvent comporter quelques dizaines à plusieurs centaines de zoïdes. Les zoïdes peuvent mesurer jusqu'à 12 mm de long, pour un thorax d'environ 3,5 à 5 mm. P. communis présente 6 à 8 rangs de stigmates. La couleur varie de blanche à jaune intense. Des spécimens orange et roses ont été observés.

Pycnoclavella nana est présente en Méditerranée et signalée en Atlantique Nord. Les zoïdes de cette espèce tapissent le substrat, couvrant des surfaces de plusieurs dizaines de centimètres carrés. Ils peuvent mesurer jusqu'à 13 mm de long, pour un thorax d'environ 4mm. Les zoïdes présentent un anneau jaune sur chacun des siphons. Le thorax est coloré de pigment blanc, orange ou rose concentré sur l'endostyle et sur la membrane le long des stigmates.

Les colonies de Pycnoclavella taureanensis sont présentes en Méditerranée et Atlantique Nord. Elles s'étalent sur une dizaine de centimètres. Les individus mesurent 6 à 11 mm de haut, le thorax 2 à 3 mm de long. La couche externe de la tunique* est ferme, ridée, opaque et inscrustée de sable et d'épibiontes*.

En Méditerranée, P. communis est l'espèce la plus répandue. Cependant, l'abondance de P. aurilucens et P. communis est maximum en hiver. L'été n'est pas une période favorable à leur croissance : les fortes températures et les faibles pluies conduisent à une diminution de la nourriture. Ainsi P. communis et P. brava entrent en dormance lorsque la température de l'eau s'élève. Les zoïdes se résorbent et il ne reste que la base de la colonie dissimulée par des épibiontes*. La colonie se reformera à la saison suivante. En été, seule P. aurilucens est observable sur les surfaces rocheuses habituellement tapissées par P. communis.

Pycnoclavella producta est présente en Atlantique et Méditerranée. La tunique est blanc translucide, le pharynx et l'intestion sont visibles. Des corps granuleux sont présents dans la tunique. Les zoïdes présentent trois lignes de stigmates, séparées de 2 anneaux blancs.

Pycnoclavella neapolitana est présente en Méditerranée et Atlantique Nord. Les individus tapissent le substrat sans former de bouquet. Le thorax et la majeure partie de l'abdomen sont transparents. La base de l'abdomen est opaque. De petites taches de pigment jaune sont disséminées dans la paroi du thorax et dans celle de l'abdomen. Le bord des siphons est souligné de jaune et des lignes jaunes longitudinales sont visibles au niveau de la branchie.

Plusieurs espèces de petite taille du genre Clavellina peuvent être confondues avec les Pycnoclavella:

Clavelina lepadiformis est plus grande, mesurant 2 à 4 cm et peut former des bouquets de plusieurs centaines d'individus. Les siphons sont cerclés d'une fine ligne blanche, le siphon buccal présente un autre anneau blanc un peu plus bas. Deux lignes longitudinales blanches parcourent le thorax.

Clavelina oblonga, moins transparente que C. lepadiformis, forme des colonies aplaties.

Clavelina sabbadini espèce récemment décrite (Brunetti, 1987) au corps cylindrique et marqué de jaune orangé (siphons et rangées de fentes branchiales), rare et limitée à l'Adriatique (des spécimens ont été trouvés notamment dans le golfe de Venise).

Ecteinascidia herdmani , présente en Méditerranée seulement, mesure au maximum 5 à 7 mm. Les zoïdes en une seule partie sont reliés par des stolons. Ils sont transparents et teintés de jaune-verdâtre.

Alimentation

Comme les autres tuniciers, c'est un animal filtreur*. L'eau, chargée des particules nutritives, pénètre par le siphon* buccal. Ce dernier est muni d'une couronne de tentacules sensoriels. Par contraction, ils sont capables de boucher l'entrée aux objets aspirés de trop grande taille. Le liquide qui a pénétré dans l'animal débouche à l'intérieur d'un sac branchial*, puis est amené au niveau de fentes que l'on appelle les trémas ou stigmates. Il passe ensuite dans la cavité péribranchiale, puis ressort par le siphon cloacal*.
Les particules sont retenues au niveau des fentes du filtre et sont enrobées par du mucus, l'ensemble constituant un agrégat nutritif qui est conduit par le battement des cils vers l'estomac via l'œsophage. La digestion y est facilitée par l'action d'une glande digestive qui y est accolée. Après le passage dans l'intestin, les déchets de la digestion sont évacués, sous forme de chapelets de fèces, par un anus débouchant dans le siphon cloacal.

Reproduction - Multiplication

Les ascidies coloniales se reproduisent selon une alternance de cycles sexués et asexués. Elles sont hermaphrodites*, vivipares* et la fécondation est interne. Chez certaines espèces, l'embryon se développe dans l'ascidie "mère". Chez P. aurilucens, l'incubation se fait dans l'abdomen.

La période de reproduction dépend de la température et d'autres facteurs comme la disponibilité des ressources alimentaires.

Les ascidies coloniales présentent également une multiplication asexuée pour la croissance de la colonie. En général, les périodes de croissance de la colonie et de production de larves* alternent.
Chez P. aurilucens le pic de reproduction sexuée se produit avant le pic de croissance de la colonie.
Le mode de reproduction asexuée est l'un des principaux caractères différenciant les Clavelinidés des Pycnoclavelinidés. Chez ces derniers la réplication se produit à partir de la division horizontale au travers de l'abdomen du zoïde parent. Chez les Clavelinidés la réplication vient du bourgeonnement d'un stolon dans la masse basale de tunique.

Divers biologie

Les espèces du genre Pycnoclavella étaient rangées dans la famille des Clavelinidés. La famille des Pycnoclavellidés a été créée en 1990 et comprend 2 genres dont Pycnoclavella. Les principaux caractères différenciant les Pycnoclavellidés des Clavelinidés sont la morphologie de la larve, le mode de reproduction asexuée et la morphologie des zoïdes, les zoïdes des Pycnoclavellinidés présentant un abdomen long et des gonades de petite taille. Cependant des débats scientifiques perdurent concernant l'attribution de certaines espèces à la famille des Clavelinidés ou à celle des Pycnoclavellidés ou encore à celle des Polycitoridés.

Les vers plats sont des prédateurs des Pycnoclavella. Ils se nourrissent des zoïdes, mais aussi de la base formée par l'ascidie lorsqu'elle est en dormance.

Origine des noms

Origine du nom français

Ascidie ou ascidiole vient du grec [ascid] = petite outre.
néon en référence au tube fluorescent

Origine du nom scientifique

Pycnoclavella, du grec [pykno-] = épais, compact, poing, tenu à poing fermé, serré, et du latin [clava] = qui a la forme d'une massue. Le nom du genre évoque la forme de chaque zoïde qui ressemble à une petite massue.
aurilucens vient du latin [aurum] = or et [luceo] = qui resplendit, afin d'évoquer l'aspect brillant des zoïdes qui ressemblent à des petits bijoux.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Urochordata / Tunicata Urochordés / Tuniciers Chordés marins fixés (ascidies) ou pélagiques (thaliacés), solitaires ou coloniaux. Epaisse tunique cellulosique. Deux siphons, pharynx bien développé, la chorde larvaire régresse chez l'adulte (sauf chez les Appendiculaires).
Classe Ascidiacea Ascidies / Ascidiacés Tuniciers fixés. Solitaires ou coloniaux (seuls capables de bourgeonnement). Chorde uniquement au stade larvaire. Siphon inhalant au sommet, proche du siphon exhalant latéral. Souvent en eau peu profonde.
Ordre Aplousobranchia Aplousobranches Ascidies coloniales.
Famille Pycnoclavellidae Pycnoclavellidés Ascidies pédonculées de petite taille en forme de petites massues.
Genre Pycnoclavella
Espèce aurilucens

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