Populage des marais

Caltha palustris | L.

N° 3008

Europe, Asie, Est Amérique du Nord

Clé d'identification

Tige charnue, dressée, de 15 à 50 cm
Feuilles simples, larges de 5 à 25 cm, en forme de cœur arrondi
Grande fleur jaune d’or brillant
Fruits sec composé de 5 à 10 follicules

Noms

Autres noms communs français
Caltha des marais, souci d'eau, souci des marais, chaudière d'enfer, gannille, grand bassin, sarbouillotte, cocue, pacoteure
Noms communs internationaux
Marsh Marigold, cowslip, american cowslip, king cup, kingcup (GB) ; Calta palustre, farfarugine (I) ; Dotterblume, Sumpf Dotterblume, Sumpf-Dotterblume, Sumpfdotterblume (D) ; Calta, hierba centella, hierba del rosario (E) ; Dotterbloem (NL)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Caltha radicans T.F. Forster (1807)
Caltha flabellifolia Pursh (1814)
Caltha arctica R. Br. in W. Parry (1821)
Caltha alpestris Schott, Nyman & Kotschy (1854)
Caltha cornuta Schott, Nyman & Kotschy (1854) (synonyme = C. palustris subsp. cornuta)
Caltha laeta Schott, Nyman & Kotschy (1854) (synonyme = C. palustris subsp. laeta)
Caltha alpina Schur (1866)
Caltha longirostris G. Beck (1886)
Caltha polypetala Hochst. ex Lorent

Distribution géographique

Europe, Asie, Est Amérique du Nord

Zones DORIS : Eau douce, Atlantique Nord-Ouest

On la trouve partout en Europe mais elle est rare, voire absente dans les régions méditerranéennes. 
Elle est présente presque partout en France, mais rare dans le Midi, de la mer jusqu'à 2 200 m d'altitude.

Cette plante est également présente en Asie tempérée ainsi qu’en d'Amérique du Nord, abondante au Québec, particulièrement au nord où elle atteint une forte taille et où on la trouve jusqu'au 56 ème parallèle (Nunavik, Groenland).

Biotope

Le populage des marais se trouve dans les zones humides : résurgences de source, ruisselets à eaux acides, torrents de montagnes, bords des rivières, roselières bordant des eaux calmes, étangs, mares, marais, marécages et fossés, prairies humides, bois très humides, bois de plaine.

Description

Le populage des marais est une plante vivace*, qui à son plus fort développement peut mesurer de 15 à 60 cm de hauteur et de 25 à 30 cm d'étalement. Elle a un port dressé ou étalé, très ramifié, à partir d'une souche courte, verticale, à fibres charnues.
La tige érigée, de 15 à 50 cm, est creuse, glabre et luisante.

Les feuilles luisantes, vert foncé, larges et grandes (5 à 25 cm), en forme de cœur arrondi, ont une bordure crénelée ou dentée ; les feuilles supérieures sont sessiles* (directement insérées sur la tige) au contraire des feuilles inférieures à long pétiole*. Les feuilles d’été se distinguent des feuilles de printemps par des dents plus marquées.

La plante porte de grandes fleurs jaune d’or brillant, rappelant la renoncule rampante ou bouton d'or (Ranunculus repens), de 1,5 à 5 cm de diamètre, ouvertes, solitaires. Le calice est formé de 5 sépales* pétaloïdes* (se dit d’un organe qui mime un pétale, par la forme et/ou par la coloration). Il n'y a pas de vrais pétales. Au centre de la fleur, on trouve de 5 à 10 carpelles* en étoile, et de nombreuses étamines* (plus de 60).

Les fruits sont composés de 5 à 10 follicules, chacun issu de la maturation d'un carpelle et disposés sur 1 seul rang. Ce sont des fruits secs, déhiscents* par une seule fente, comprimés, ridés en travers, de 8 à 18 mm dans leur plus grande dimension, à bec court, divergent, droit ou crochu. Les follicules contiennent de 5 à 15 graines rouges à brunes, qui ont la propriété de flotter à la surface de l'eau.

Remarque : le populage des marais est une plante très polymorphe*. Il y a un grand nombre de variétés, de sous-espèces et de cultivars.

Espèces ressemblantes

De par sa taille, ses fleurs jaunes et sa présence en bord de marécage, essentiellement en milieu montagnard, le trolle d’Europe ou trolle des montagnes (Trollius europaeus), autre Renonculacée, rappelle le populage des marais mais possède des feuilles composées et une fleur jaune composée de plus de 5 sépales.
Quant à la grande douve (Ranunculus lingua), elle présente également des fleurs jaunes, mais ses feuilles sont lancéolées et peu cordiformes (en forme de cœur).

Les plantes naines du nord de l’Europe à tiges rampantes, qui s’enracinent aux nœuds, sont souvent désignées sous le nom suivant : Caltha palustris subsp. minor (Miller) Ash & Graebner, 1768.

Alimentation

Comme tous les végétaux, cette plante est autotrophe* grâce à la photosynthèse*. Elle fabrique sa propre matière organique à partir de l'eau, du dioxyde de carbone et de l'énergie lumineuse.

Reproduction - Multiplication

Reproduction asexuée : la plante s'étend par ses rhizomes*.

Reproduction sexuée : C'est une plante hermaphrodite* : il y a les deux sexes chez une même fleur.
Mode de pollinisation : entomogame* (reproduction par les insectes). Sa fleur jaune nectarifère (très riche en nectar), attire nombre d’Insectes, en particulier des Diptères (Mouches et apparentés), Coléoptères, Lépidoptères (Papillons) et Hyménoptères (Abeilles et apparentés).
La floraison a lieu du printemps jusqu'en été (de mars à juin - juillet), voire parfois également en septembre - octobre, suivant la région.
La dissémination suit le mode hydrochore*, ce qui signifie que ses graines se disséminent au fil de l’eau, comme celles de l’iris jaune des marais ou iris faux-acore (Iris pseudacorus).

Divers biologie

C'est une plante vivace, hélophyte* (plante aquatique émergée ayant son système foliaire hors de l’eau et ses racines sous l’eau) ou hémicryptophyte* (plante vivace dont les bourgeons de renouvellements se trouvent au ras du sol). 
Elle peut supporter de pousser jusqu’à 5 cm sous l’eau.

Cette espèce, très précoce, fleurit dès le début de la fonte des neiges. Espèce bioindicatrice de bonne santé du milieu, elle aime les eaux saines, pures et bien oxygénées.

Cette plante mellifère* est très appréciée des jardiniers qui la reproduisent soit par division des rhizomes soit par semis des graines. Elle préfère les sols neutres à légèrement acides, de préférence argileux, riches en humus, très humides ou zone inondée, avec une exposition soleil ou mi-ombre.

Informations complémentaires

Ses boutons floraux étaient autrefois consommés, confits dans du vinaigre en guise de câpres sous le nom de Câpres d’Allemagne. Dans le nord-est des États-Unis, les jeunes pousses sont encore consommées en salade au printemps, et les boutons floraux sont souvent marinés.

Cependant, comme la quasi-totalité des Renonculacées, le populage des marais est entièrement toxique et ne peut être consommé frais : toute la plante fraîche contient de la protoanémonine, des saponines et des flavones. La protoanémonine est un alcaloïde qui est une substance légèrement vénéneuse et qui provoque des vomissements.
Cependant, ses feuilles séchées peuvent être employées roulées en cigarettes pour se déshabituer de l’usage du tabac.

Le populage des marais n’est pas consommé par le bétail. Au Moyen Âge il avait la réputation d'être sudorifique (qui cause la sudation). Le populage des marais était autrefois utilisé comme l’anémone pulsatille (Pulsatilla vulgaris). En homéopathie, on prépare une teinture, indiquée lors d'éruptions cutanées, de bronchites et de dysménorrhées.

Cette espèce souffre de la raréfaction des zones humides (tourbières, marécages, etc.). En Allemagne, elle a été fleur de l’année 1999 afin de sensibiliser le public à cette problématique.

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom de populage lui a été attribué au XVIe siècle, en allusion à la forme de sa feuille qui rappelle celle du peuplier (Populus).

Origine du nom scientifique

Caltha : ce nom de genre, officialisé par Linné à la page 558 de son ouvrage bien connu SPECIES PLANTARUM de 1753, proviendrait :
- « du nom latin d’une fleur jaune, peut-être du Souci », selon la flore de l’abbé Paul FOURNIER,
- « du grec [calathos] = corbeille, coupe, vase d’offrande, en allusion à la disposition des fleurs », selon la flore de l’abbé COSTE. Cette information est reprise mot pour mot dans le Dictionnaire étymologique de la flore française de Jean-Patrick FERRARI. On peut donc supposer qu’il y a eu lien entre la forme ouverte de la corolle des fleurs du Caltha palustris avec la forme des coupes et corbeilles.

palustris, du latin [palustris] = marécageux, des marais.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Magnoliophyta Angiospermes Plantes à fleurs dont les graines fécondées sont renfermées dans un fruit.
Classe Magnoliopsida Dicotylédones Embryons à deux cotylédons*.
Sous-classe Magnoliidae Magnioliales
Ordre Ranunculales Renonculales
Famille Ranunculaceae Renonculacées
Genre Caltha
Espèce palustris

Nos partenaires