Eponge à languettes

Polymastia penicillus | (Montagu, 1814)

N° 557

Manche, Atlantique, Méditerranée

Clé d'identification

Forme de coussin hémisphérique
Nombreuses tubulures dressées
Coloration jaune pâle

Noms

Autres noms communs français

Eponge-mamelles blanche

Noms communs internationaux

White tit-sponge (GB), Esponja mamaria blanca (E), Weisser Zitzeschwamm (D), Hvis vortesvamp (NL), Esponja mamilar branca (P)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Spongia penicillus Montagu, 1818

Distribution géographique

Manche, Atlantique, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest

Mer du Nord, mer de la Manche, côtes atlantiques européennes et nord américaines, Méditerranée.

Biotope

Fonds rocheux à proximité du sable de l'infralittoral* essentiellement entre 5 et 25 m de profondeur mais peut être présente jusqu'à 2300 m. Elle préfère les zones riches en particules en suspension.

Description

Cette éponge en forme de coussin hémisphérique peu épais (guère plus de 1 cm d'épaisseur) à la surface rugueuse est couverte de nombreuses papilles ou tubulures dressées, longues, cylindriques et rétractiles. Le diamètre du coussin peut atteindre 10 à 20 cm et la hauteur des languettes dépasse rarement 3 cm, leur diamètre variant entre 3 et 5 mm. La couleur est jaune pâle, les languettes souvent plus claires et translucides. L'ouverture des oscules* se trouve au sommet et les ostioles* à la périphérie.

Espèces ressemblantes

Polymastia mamillaris : voir informations complémentaires.

Polymastia boletiformis : l'éponge à mamelles, souvent trouvée dans le même biotope, est de couleur plus foncée avec des cheminées en forme de grosses papilles arrondies. Plus épaisse et moins étalée, elle est d'aspect généralement propre alors que Polymastia penicillus est fréquemment recouverte de sédiments.

Polymastia arctica : longtemps mise en synonymie avec P. mamillaris, cette espèce, présente en Arctique, s'en diffère par une épaisse couche de collagène, par la formation de bourgeons au sommet des papilles et de spicules dans les lames cellulaires des papilles.

Ciocalypta penicillus, l'éponge pinceau ou éponge de verre, également fixée sur les roches bien ensablées, mais base plus mince que les Polymastia, avec des excroissances caractéristiques, pointues et presque translucides. Couleur blanc sale à beige clair.

Alimentation

Animal filtreur microphage* : bactéries, phytoplancton*.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être sexuée ou asexuée.
- Sexuée : par œufs et spermatozoïdes*, aboutissant à la naissance d'une larve* ciliée* nageuse qui se fixe rapidement pour donner une nouvelle éponge, de juillet à septembre pour cette espèce (Lévi, 1956). Les éponges sont généralement hermaphrodites*, l'émission des gamètes* mâles et femelles est parfois spectaculaire, mais rarement observée.
- Asexuée : par bourgeonnement* ou bouturage de fragments qui se détachent de l'éponge mère pour se fixer un peu plus loin. Bien qu'existante, cette reproduction est relativement secondaire.
Les éponges ont une forte capacité de régénération.

Divers biologie

Spicules : de grands tylostyles* (950 à 1200 µm) constituent la structure principale des mégasclères* mais on note la présence de tylostyles de taille moyenne (250 à 725 µm) et d'autres de petites tailles (115 à 175 µm) souvent courbes et présentant un petit renflement à une extrémité. Il n'y a pas de microsclères*.

Informations complémentaires

Cette éponge appelée, à tort, depuis Johnston (1842) “mamillaris" dans tous les ouvrages scientifiques ou de vulgarisation vient d'être récemment redécrite (Morrow C. & Boury-Esnault N.) suite à la redécouverte du spécimen-type au Muséum zoologique de Copenhague (Danemark),
Polymastia mamillaris correspondant en fait à une espèce vivant sur la côte ouest de la Suède. Le réexamen du spécimen décrit par Montagu montre que cette Polymastia commune correspond à Polymastia penicillus. Les différences principales entre P. mamillaris et P. penicillus sont le nombre de couches qui constituent le cortex*, la forme des spicules cylindriques chez P. penicillus et fusiformes chez P. mamillaris et l'épaisseur des spicules qui varient entre 4 à 12 µm chez P. penicillus contre 8 à 24 µm chez P. mamillaris (Morrow C. et Boury-Esnault N., 2000).

Origine des noms

Origine du nom français

Allusion aux papilles en forme de languettes.

Origine du nom scientifique

Polymastia : du grec [polus] = beaucoup et [mastos] = tétine (mamelle) en rapport aux nombreuses tubulures qui caractérisent cette éponge.
penicillus (latin) = pinceau, à cause des expansions en forme de languettes.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymula.

Sous-classe Heteroscleromorpha Hétéroscléromorphes
Ordre Polymastiida Polymastiides
Famille Polymastiidae Polymastiidés
Genre Polymastia
Espèce penicillus

Nos partenaires